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COMMISSIONS PERMANENTES

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Motions, Voeux, Propositions...

 

(adoptés par le Conseil régional,
déposés par  le groupe Socialiste ou l'intergroupe PS, PC et Vert)

du  Conseil  régional  d'Auvergne

 

    SESSION DES 9 ET 10  JANVIER 2007
    VOEU CONCERNANT LA BIODIVERSITE

    Considérant que l'association Kokopelli promeut, conserve et cultive, par le biais d'une douzaine de producteurs et de ses membres, plus de 2.000 variétés de fleurs, céréales et légumes anciens ce qui fait d'elle le plus important réservoir génétique français qui soit accessible à tous.
    Considérant que, pour ses actions, elle a été maintes fois inquiétée et traduite en justice,
    Considérant que la Cour d'Appel de Nîmes, alors que le tribunal d'Alès l'avait relaxé, vient de condamner très lourdement le président de cette association pour "mise sur le marché de semences de variétés non conformes".
    Considérant que la directive CEE 98/95 œuvrant en faveur de la biodiversité, est transcrite
    en droit français, mais n'est pas appliquée,
    Considérant que cette carence de l'État permet aujourd'hui la condamnation de Kokopelli à près de 20.000 euros d'amendes et frais.

    Le Conseil régional d'Auvergne
    demande à l'État de produire d'urgence les décrets d'application permettant le respect d'une bonne transcription de la dite directive, compte tenu pour l'avenir de l'extrême importance de préserver le patrimoine cultivé de l'humanité.

    SESSION DES 9 ET 10 JANVIER 2007 
    VOEU CONCERNANT LA FISCALITE LOCALE

    Considérant que les collectivités locales se heurtent de plein fouet à des difficultés financières d'une extrême gravité, alors qu'elles doivent assumer des charges de plus en plus importantes,
    Considérant que la loi de finances 2006 a singulièrement aggravé cette situation notamment en instaurant le plafonnement de la taxe professionnelle qui représente un trou considérable pour le financement du développement local tout en constituant de fait une formidable incitation à l'évasion fiscale en permettant aux entreprises de choisir le mode d'imposition qui leur sera le plus favorable mais également en les incitant à recourir à l'intérim plutôt qu'à l'embauche,

    Considérant que la réduction de la progressivité de l'impôt, l'application du «bouclier fiscal», de nouveaux abattements de l'ISF, le plafonnement de la taxe professionnelle condamnent les collectivités à transférer sur les ménages l'explosion inéluctable de la fiscalité la plus injuste : la fiscalité locale,
    Considérant que les transfert de compétences sont de plus en plus fréquemment assis sur des bases fiscales non dynamiques, avec par exemple la fraction de la TIPP, et que l'écart entre les besoins et les financements est donc amené à s'accroître mécaniquement,
    Considérant que pour faire face à des obligations toujours plus nombreuses dans le cadre de la décentralisation, les régions ne disposent plus que de la taxe foncière sur le bâti et le non bâti,
    Considérant qu'il est aujourd'hui communément admis qu'une profonde réforme de la fiscalité locale est urgente et nécessaire,

    Le Conseil régional d'Auvergne
    demande au gouvernement une réforme de la fiscalité garantissant l'autonomie financière aux collectivités territoriales qui leur permettra d'assurer toutes leurs compétences. Il demande notamment que l'assiette de la taxe professionnelle soit revue et élargie en prenant en considération la taxation des actifs financiers dont il faut souligner qu'un taux de 0,5 % rapporte 25 millards d'euros alors que les seuls cadeaux fiscaux accordés par le gouvernement s'élèvent à 50 milliards d'euros annuels.
    Contrairement à ce qu'avancent ses détracteurs, il ne s'agit absolument pas de mesures maximalistes, mais au contraire d'une avancée vers la refonte d'une véritable progressivité de la fiscalité et donc vers une plus grande justice fiscale.

    SESSION DES 23 et 24 avril 2007 
    VOEU CONCERNANT LA MODERNISATION DE L'AXE
    NEUSSARGUES - BEZIERS

    Suite aux vives réactions suscitées par l'interruption du trafic sur la section Neussargues -Saint Chély d'Apcher de l'axe ferroviaire Clermont-Ferrand - Béziers, des travaux d'urgence viennent d'être entrepris afin de rouvrir l'itinéraire d'ici fin juillet.
    Les travaux prévus ne comportent qu'une remise à niveau sur la partie Neussargues -Saint-Flour et un simple replâtrage au-delà, avec conservation du rail « double champignon » ; ces travaux ne permettent donc pas d'assurer la pérennité de la ligne.

    Le Conseil régional d'Auvergne, conscient de l'intérêt majeur de cet axe non seulement pour la desserte du Massif Central mais aussi en tant qu'axe de transport de fret national Nord/Sud, souhaite que le futur gouvernement reprenne la modernisation radicale décidée et commencée en 2001.

    SESSION DES 23 et 24 avril 2007 
    VOEU CONCERNANT LE TRANSPORT DE BALLAST

    Afin d'assurer le renouvellement de la voie entre Vic sur Cère et Le Lioran en juillet prochain, la SNCF prévoit l'acheminement des 8000 tonnes de ballast nécessaires au moyen d'une noria ... de camions.
    L'approvisionnement est effectué à partir de carrières (Cusset ou Bagnac sur Celé) pourtant directement embranchées au rail. Le ballast sera déchargé en gare d'Arpajon sur Gère pour être rechargé ... sur les wagons du train de travaux !

    Le Conseil régional d'Auvergne, considérant qu'il s'agit là d'une aberration complète, compte tenu du coût en énergie et en pollution d'une telle option, des conséquences en matière d'insécurité routière sur la N 122, de l'usure de la chaussée... ainsi que pour la crédibilité même du rail, demande à la SNCF de mettre en œuvre une solution ferroviaire pour les approvisionnements de ballast et de traverses de tous les chantiers de modernisation et de régénération de voies effectués sur la région
    .

    SESSION Du 26 juin 2007
     
    VOEU CONCERNANT L'EQUIPEMENT DES LABORATOIRES
    UNIVERSITAIRES

    Selon les derniers chiffres communiqués par le ministère de la recherche, notre Région se situe au 4ème rang des régions françaises en matière de dépenses de Recherche & Développement par habitant. Il s'agit là d'un atout considérable pour le développement à long terme de nos territoires.
    Convaincus de la nécessité de conforter cet effort, la Région Auvergne a décidé de s'engager, dans le cadre du Contrat de Projets, avec l'État, dans un lourd programme d'équipement de nos laboratoires de recherche universitaires.

    Une disposition fiscale dérogatoire permettait jusque là aux universités de ne pas payer de TVA sur les équipements acquis dans le cadre du contrat de plan. Malheureusement, nous venons d'être informés que cette disposition n'a pas été reconduite dans le cadre de l'actuel contrat de projet.
    Par conséquent, du fait de cette discrète disposition, on nous impose l'amputation d'un cinquième de l'effort régional consenti pour nos laboratoires publics.
    Alors que la priorité nationale pour la recherche est publiquement affichée, nous ne pouvons accepter une telle régression imposée sans aucune compensation.
    Alors que le gouvernement ne cesse de reprocher aux Régions l'évolution de leur fiscalité, le Conseil régional d'Auvergne ne peut pas accepter sans réagir qu'il soit contraint de payer davantage d'impôts d'État financés par la fiscalité locale pour financer des équipements universitaires (de compétence d'État !)
    Le Conseil régional d'Auvergne, réuni en session plénière le 26 juin 2007, demande qu'une solution soit apportée au plus vite soit sous la forme de la reconduction du dispositif antérieur soit par la mise en place d'un dispositif compensateur.

    SESSION DU 26 juin 2007
     
    VOEU CONCERNANT LES MILANS ROYAUX DU CANTAL

    Le milan royal, oiseau rapace emblématique de l'Auvergne, n'est présent comme nicheur que dans 28 pays dans le monde, uniquement en Europe. La France abrite 20% de la population mondiale (3 500 couples sur 19 000). La population nicheuse auvergnate est estimée entre 600 et 1 100 couples dont 300 à 500 dans le seul département du Cantal. L'Auvergne occupe également une place importante dans l'hivernage de l'espèce au niveau national avec 1201 individus hivernants sur la région (dont 714 dans le Cantal) soit 12,3 % de l'effectif hivernant national.
    La France s'est engagée au niveau du Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable (MEDD) dans un « Plan National de Restauration du milan royal » dont la première phase est fixée à 5 ans (2003- 2007). L'objectif général est de « stopper le déclin des effectifs français et de restaurer les populations » par diverses mesures favorables aux populations nicheuses, migratrices et hivernantes ainsi que par des mesures relatives à l'organisation nationale, et à la cohérence européenne de conservation.

    Dans le cadre de ce Plan National de Restauration, l'Auvergne a donc une responsabilité particulière dans la sauvegarde du milan royal, eu égard à ses effectifs nicheurs comme hivernants.
    L'un des plus importants dortoirs à milans royaux de France (plus de 150 individus) se situe à Colsac, commune d'Andelat, à proximité immédiate du tracé de la future déviation nord de Saint-Flour.
    Compte tenu des menaces très importantes liées au projet d'aménagement, il est absolument nécessaire que des précautions particulières soient prises pour tenter de les réduire. En particulier, il conviendrait d'éviter de remembrer la zone proche du dortoir. Il est indispensable de mener une étude d'impact approfondie sur les conséquences de l'aménagement routier, les moyens susceptibles de les minimiser et les mesures compensatoires. Cette étude devrait également s'intéresser aux conséquences possibles des aménagements d'urbanisation future que la présence de la rocade ne va pas manquer de susciter. Enfin, il faut prévoir la mise en place d'un comité de suivi des travaux (sur le modèle de celui du tunnel du Lioran qui a montré son efficacité) afin de minimiser les dommages pendant la phase de chantier.

    Aussi, le Conseil régional d'Auvergne demande au maître d'ouvrage, le département du Cantal, de mettre tout en œuvre pour que l'impact de la déviation de Saint-Flour soit le plus réduit possible sur les populations de milans royaux du secteur de Colsac.

    SESSION DU 26 juin 2007
     
    VOEU CONCERNANT L'IMMIGRATION

    II n'est pas dans la tradition républicaine que l'État définisse ce qu'est « l'identité nationale ». Notre société s'est toujours constituée et enrichie par des siècles d'apports migratoires successifs, et il n'est pas acceptable de laisser entendre que les étrangers mettraient en péril l'identité nationale.
    C'est pourquoi nous refusons de cautionner l'existence d'un « Ministère » dit « de l'identité nationale et de l'immigration ». Nous nous inquiétons de voir regroupés sous le thème « immigration » des services jusque là confiés à des ministères différents et indépendants tels que le Ministère des Affaires Étrangères, le Ministère du travail et le Ministère de l'Intérieur.
    Or, il est paradoxal de constater que Monsieur Brice Hortefeux, chargé de ce ministère, a demandé aux forces de l'ordre de procéder à 150 000 arrestations et 25 000 expulsions cette année, alors que la France n'assume pas ses responsabilités en matière d'aide aux pays du Sud. En effet, seule une véritable politique de coopération solidaire, dans un cadre européen, permettra de répondre à la fracture Nord-Sud, et de réguler durablement les flux migratoires.
    Dans l'immédiat, une procédure de régularisation des sans-papiers actuellement sur le territoire français est la seule solution humaine permettant de donner un statut aux immigrés, au moment où leur abandon les laisse aux prises avec les entrepreneurs véreux, abusant du travail au noir, marchands de sommeil et passeurs profitant de leur détresse et de l'organisation cynique de la précarité.

    Le Conseil régional d'Auvergne, face à cette situation dramatique, demande au gouvernement un moratoire sur les expulsions de sans-papiers et s'associe à la pétition des 200 intellectuels et universitaires demandant au président de la République le changement de dénomination du Ministère de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité Nationale et du Co-Développement.

    En effet, s'ouvre un risque d'un nationalisme d'État et d'une xénophobie institutionnelle.

    SESSION DU 26 juin 2007
     
    VOEU VISANT A CONSACRER MADAME GERMAIN TILLION 
    CITOYENNE D'HONNEUR DE LA REGION AUVERGNE 

    Germaine Tillion a 100 ans. Née à Allègre (Haute-Loire) le 30 mai 1907, elle s'est imposée comme le symbole de la connaissance contre toutes les oppressions.
    Après des études à Clermont-Ferrand, à Jeanne-d'Arc, elle suit ses parents en région parisienne, à partir de 1922. Elle entre à l'École du Louvre, puis à la Sorbonne et à l'École pratique des Hautes Études. A l'Institut d'ethnologie, elle suit les cours de Marcel Mauss, une rencontre déterminante dans son parcours professionnel et humain.
    En 1934, Marcel Mauss recommande en effet Germaine Tillion à l'Institut des langues et civilisations africaines pour une mission de recherches dans les Aurès, dans l'Est algérien. Durant deux années, elle conduit ses travaux dans la tribu semi-nomade des Ah-Abderrahman. Elle retourne en Algérie en 1939. Elle rentre à Paris le 9 juin 1940, 5 jours avant l'entrée des Allemands dans la capitale. Elle prend les routes de l'exode avec sa famille. Un mois plus tard, dans l'élan patriotique de ses camarades communistes et de tous les progressistes, elle s'engage dans la Résistance avec ses amis du Musée de l'Homme. En 1941, plusieurs membres du réseau sont arrêtés. Le 23 février, 7 d'entre eux sont exécutés au Mont Valérien. Germaine Tillion est arrêtée à la gare de Lyon le 13 août 1942, en compagnie de sa mère. Elle est détenue à Paris, à la prison de la Santé, puis à Fresnes. En octobre 1943, Germaine Tillion est déportée à Ravensbrùck. Sa mère suivra le même chemin, avant d'être gazée en mars 1945.
    A Ravensbrùck, Germaine Tillion entreprend aussitôt, dans le plus grand secret, un travail sur l'univers concentrationnaire du camp. Pour elle, la connaissance de ce monde criminel est essentielle pour survivre. Une entreprise de survie qui la conduit aussi à écrire, toujours en cachette, une opérette.
    Libérée par la Croix Rouge suédoise en avril 1945, elle mène une enquête systématique auprès des détenues qui sont à ses côtés, en convalescence à Gôteborg. Le 11 juillet, Germaine Tillion retrouve Paris et son poste au CNRS. Le 23 juillet, elle assiste au procès du Maréchal Pétain.

    Un an plus tard, elle publie sa première étude sur le camp de Ravensbrùck. En 1947, elle prend en charge la recherche sur les femmes et les enfants déportés de France, sous l'égide du ministère des anciens combattants puis du CNRS. Et en 1951, elle est membre du jury de la Commission internationale contre le régime concentrationnaire chargé d'enquêter sur l'existence de camps de concentration en URSS. Un engagement qui lui vaut de violentes critiques de la part de ses camarades communistes.

    Toujours à la quête de la vérité, Germaine Tillion enchaîne les missions : en 1954, elle est aux USA pour retrouver les documents officiels allemands saisis par l'armée américaine au moment de la Libération. La même année, François Mitterrand, alors ministre de l'Intérieur, lui demande d'enquêter sur le sort des populations civiles dans les Aurès.
    Car l'Algérie revient en force dans la vie de Germaine Tillion. En 1955, elle est chargée de mission auprès de Jacques Soustelle, alors Gouverneur général de l'Algérie. Elle crée le service des centres sociaux: en sept ans, 120 centres seront construits en Algérie. En 1956, nouvelle rencontre décisive : elle participe à la réunion organisée à Alger par Albert Camus pour une trêve civile.
    De retour à Paris, elle publie « L'Algérie» en 1957. Quelques mois plus tard, elle accompagne une mission d'enquête dans les camps et les prisons en Algérie. Elle rencontre alors Yacef Saadi, l'un des responsables du FLN et tente d'amorcer une négociation. Jusqu'à la fin de la guerre, elle multiplie les démarches en faveur des condamnés à mort, dénonce la torture et les attentats
    terroristes.
    A partir de 1958, elle enseigne à l'École Pratique des Hautes Études. En mai, elle signe l'appel de plusieurs personnalités en faveur du retour du Général de Gaulle au pouvoir. Durant l'année 1959, Germaine Tillion retrouve l'action : membre du cabinet du ministre de l'Éducation nationale, elle développe l'enseignement dans les prisons et instaure les bourses pour les étudiants algériens. Son travail d'ethnologue se traduit par de nombreuses publications et plusieurs missions, en Suisse (en vue des négociations de paix en Algérie), en Tunisie, au Maroc, en Mauritanie, au Moyen et Extrême Orient, en Libye, au Sénégal, au Mali, au Niger, en Egypte.
    En janvier 1978, elle préside l'Association contre l'Esclavage moderne. Ses combats se poursuivent, témoignant toujours de sa capacité de révolte et d'engagement. En mai 1992, Germaine Tillion se rend à Moscou pour y rencontrer des anciens déportés au Goulag. En 1996, elle s'engage aux côtés du collectif de soutien aux Sans-papiers de l'église Saint-Bernard. En 2000, à 97 ans, elle signe l'Appel des douze pour que soit reconnue et condamnée la pratique de la torture en Algérie. Puis dénonce la torture en Irak.
    En 2005, Germaine Tillion fait don de toutes ses archives à la Bibliothèque nationale de France. Ses documents relatifs à la déportation sont déposés au musée de la résistance et de la déportation de Besançon.
    En 2007, à l'occasion de ses 100 ans, Germaine Tillion voit son opérette, « Le Verfùgbar aux Enfers », être mise en scène et jouée au Théâtre du Châtelet, à Paris.
    Germaine Tillion a également reçu de très hautes distinctions venant saluer ses combats et son travail : Médaille de la Résistance avec rosette, Croix de guerre avec palmes, Commandeur des Palmes académiques, Grand officier de la Légion d'Honneur, Prix mondial Cino del Ducca pour l'ensemble de son œuvre, Grand croix de l'Ordre du mérite, Prix de l'Académie française pour l'ensemble de son œuvre, Grand croix de la Légion d'Honneur, Grand prix de la Ville de Paris, Commandeur de l'Ordre des Arts et des lettres, Grand croix du Mérite de l'Allemagne.

    En conséquence des mérites de cette éminente personnalité native de Haute-Loire, le Conseil régional d'Auvergne décide de distinguer l'action et la personne de Germaine Tillion en la consacrant Citoyenne d'Honneur de la Région Auvergne.

    SESSION DES 24 ET 25 SEPTEMBRE 2007
     
    MOTION CONCERNANT LA DEFENSE DU CENTRE HOSPITALIER DE FIRMINY

    Le Conseil régional d’Auvergne a récemment adopté des dispositifs de lutte contre la désertification médicale. Nous avons fait le choix de soutenir le développement des maisons de santé, nous soutenons les médecins stagiaires. Notre intervention dans le champ de la santé repose sur le souci de l’aménagement et de l’équilibre des territoires.
    Malheureusement, les politiques nationales, relayées par les Agences Régionales d’Hospitalisation, semblent aller dans un sens parfaitement inverse, celui de la concentration des services médicaux, au mépris de l’égal accès à la santé pour tous.
     
    L’ARH de Rhône-Alpes a ainsi décidé de retirer l’autorisation d’activité de réanimation du Centre Hospitalier de Firminy. L’Auvergne est très directement concernée par cette décision puisque 40% des patients du CH viennent de Haute-Loire et notamment de l’Yssingelais.

    Cette décision risque de condamner le Centre Hospitalier de Firminy. Sans service de réanimation, la chirurgie, l’anesthésie et les urgences sont fragilisées et mises en danger. Le rapport Vallacien préconise en outre la fermeture des services de chirurgie pratiquant moins de 2000 actes par an. Ce contexte nourrit notre inquiétude quant à l’avenir du Centre Hospitalier.
    Les services de réanimation du sud du département de la Loire seront désormais concentrés sur trois établissements distants de moins de 10 kilomètres ! La décision de l’ARH Rhône-Alpes favorise la concentration et les déséquilibres territoriaux en matière d’accès aux soins.
    Compte tenu de la gravité de l’impact de cette décision mais aussi de ses efforts en matière de santé, le Conseil régional d’Auvergne demande à l’Agence Régionale Hospitalière de Rhône-Alpes de revenir sur sa décision et d’autoriser à nouveau l’activité de réanimation au Centre Hospitalier de Firminy.

    SESSION DES 24 ET 25 SEPTEMBRE 2007
     
    MOTION CONCERNANT LE SERVICE MINIMUM
    DANS LES TRANSPORTS

    Dans un communiqué en date du 10 juillet 2007, l’association des  Régions de France a fait connaître son opposition à assumer la mise en œuvre du service minimum, rappelant le principe de libre administration des collectivités locales et territoriales et l’esprit de la décentralisation.
    Elle a également fait observer  que les conséquences des grèves étaient mineures dans la dégradation du service public du transport régional de voyageurs et que les difficultés quotidiennes des usagers étaient essentiellement dues au manque de moyens financiers pour le fonctionnement, les infrastructures et le personnel.

    La loi sur le service minimum, adoptée cet été après une pseudo-concertation  par la majorité de droite à l’Assemblée,  a pour  objectif de museler le mouvement social et de reporter les responsabilités de sa mise en œuvre aux collectivités territoriales.
     
    Cette loi en trompe l’œil, sous couvert d’améliorer le quotidien des usagers, s’attaque au droit de grève, sans traiter les véritables dysfonctionnements des TER.

    Pour le fonctionnement du TER, les personnels relèvent de la responsabilité exclusive de la SNCF et des autocaristes qui ont en charge le dialogue social et l'organisation du service en cas de grève.
    L’information due aux usagers en cas de perturbations, quelle qu’en soit la nature étant par ailleurs prévue dans les conventions entre les Régions et la SNCF comme une mission de service public.

    En faisant porter à l'autorité organisatrice la responsabilité du plan de transport adapté, sans moyens supplémentaires, la loi lui transfère donc la charge d'un pseudo-service minimum. L'état, responsable d'une situation qui, au final, pénalise gravement les autorités organisatrices de transport, se dégage paradoxalement de toute responsabilité dans la mise en œuvre de cette loi.

    Dans ces conditions, le Conseil régional d’Auvergne se refuse à cogérer l'application du dispositif de la loi visant à définir des dessertes prioritaires très discriminatoires entre les usagers.

    SESSION DES 12 ET13 NOVEMBRE 2007
     
    MOTION CONCERNANT LE TGV : L'AUVERGNE ET LE MASSIF
    CENTRAL VEULENT LA GRANDE VITESSE

    L’accès à des modes de transport efficaces, rapides et respectueux de l’environnement est une des conditions essentielles de la croissance et du développement durable. Aujourd’hui, ce formidable lien au monde qu’est le TGV permet de franchir les obstacles de la distance tout en étant une solution d’avenir face à l’épuisement des énergies fossiles et pour préparer la sortie du tout-routier.

    En France et en Europe, de nombreux projets de TGV à l’horizon 2015-2020 sont en discussion. Pour certains, les travaux sont déjà en cours. Dans ce maillage, le Massif Central a longtemps été oublié, tenu à l’écart. Bientôt, si rien ne change, les 4 millions d’habitants du centre de la France seront les seuls à ne pas être desservis par la grande vitesse, avec les perspectives de décrochage économique que cela comporte.

    Or, les solutions pour l’attractivité et le dynamisme de nos territoires sont à portée de main !

    En ce qui concerne les relations nord-sud, le TGV Lyon – Paris sera saturé à l’horizon 2015 et tout le monde convient qu’il est urgent d’explorer des scénarios alternatifs. Face à cet étranglement certain, un nouveau TGV Paris - Lyon via Clermont irriguera le Centre de la France et l’Auvergne et contribuera à rapprocher le Massif Central de Paris.

    En outre, le développement du Massif Central et les liaisons entre villes proches nécessitent le désenclavement à l’ouest et à l’est, de façon complémentaire aux liaisons nord-sud. TRANSLINE, la première ligne TGV reliant l’arc atlantique à Lyon en passant par Poitiers, Limoges et Clermont-Ferrand répond à cette exigence.

    Demain, des TGV circuleront depuis Bordeaux vers l’Espagne et depuis Lyon vers l’Italie, l’Allemagne, et au-delà. Avec TRANSLINE, une opportunité unique de relier les ports de l’arc atlantique aux régions de l’est de la France et de l’Europe est donc ouverte !

    La fatalité n’existe pas. Le désenclavement et la mobilité sont un droit pour tous.

    Parce que la question du TGV n’est plus seulement une question de transport, parce que l’aménagement du territoire national et européen doit être pensé de manière équilibrée et solidaire, parce que c’est aussi une question de dignité et d’égalité des droits,

    Réuni en séance plénière le 13 novembre 2007, le Conseil Régional d’Auvergne ne peut qu’exprimer sa grande satisfaction au sujet des annonces de mise à l’étude du doublement du TGV Paris - Lyon par l’Auvergne et Clermont-Ferrand, annonces faites par le Secrétaire d’Etat aux Transports, Monsieur Dominique Bussereau le 30 octobre et confirmées le 8 novembre lors des Rencontres Nationales du Transport Public.

    Le Conseil régional se félicite par ailleurs que le Secrétaire d’Etat aux Transports, ait publiquement reconnu la complémentarité des projets TGV nord-sud et de TGV est-ouest « TRANSLINE Alpes-Auvergne-Atlantique».

    Le Conseil régional d’Auvergne entend désormais veiller à ce que les actes concrets suivent rapidement les annonces et affirme toute sa volonté pour obtenir la réalisation de liaisons à grande vitesse dans le cadre d’une croix ferroviaire nord-sud et est-ouest qui assurera définitivement le désenclavement de l’Auvergne et du Massif Central.

    Le Conseil régional soutient l’ensemble des actions que mèneront son Président René SOUCHON et le Ministre, Conseiller régional, Brice HORTEFEUX afin de faire avancer et aboutir ces dossiers majeurs.

    SESSION DES 12 ET 13 NOVEMBRE 2007
     
    MOTION CONCERNANT LA DEFENSE DE LA LIGNE SNCF
    CLERMONT - MONTLUCON VIA VOLVIC

    La ligne SNCF Clermont-Ferrand - Montluçon via Volvic risque de fermer très bientôt,  pour raison de sécurité.
    Cette menace provoque mécontentement et colère de la part des usagers et des populations, mêlés au sentiment d’abandon dans une région déjà défavorisée dans le domaine des transports collectifs.
     
    De nombreux Conseils municipaux, le SMADC, le Collectif de défense et de développement des services publics se sont souvent mobilisés  pour demander la rénovation de cette unique ligne irriguant le quart nord-ouest du Département du Puy de Dôme, reliant les bassins de Clermont-Ferrand et Montluçon et desservant trois pôles industriels de toute première importance dans leur domaine, Volvic ( usine des eaux ), Les Ancizes-Comps ( Aubert et Duval, aciers spéciaux), Saint- Eloy-les-Mines ( Rockwool, isolation ).

    La rénovation de la ligne avec de meilleures dessertes, permettrait de répondre efficacement aux déplacements croisés d’une main d’œuvre clermontoise nombreuse et des habitants des Combrailles vers la métropole, ainsi que ceux des élèves des lycées agricole de Saint-Gervais d’Auvergne et professionnel de Saint-Eloy-les-Mines, lycéens qui ont participé nombreux au rassemblement initié par le Collectif de défense des services publics, le 13 octobre dernier.

    Mais aujourd’hui, ces flux existants ou potentiels sont contraints par la vétusté de la ligne qui entraîne des temps de trajet dissuasifs, et par les tarifs et pratiques prohibitifs de la SNCF sur le fret.

    Nous considérons qu’à l’heure du Grenelle de l’environnement, il est inadmissible d’entendre parler de fermeture de lignes ferroviaires. Au contraire, tous les objectifs de développement durable, visant à favoriser les transports collectifs, à lutter contre l’effet de serre et l’émission de gaz carbonique, à sécuriser et préserver un réseau routier saturé de camions, sont rassemblés dans la sauvegarde et la réhabilitation de cette ligne, incluant la restauration du Viaduc des Fades, symbole par-dessus la Sioule aux qualités environnementales et touristiques largement reconnues, de l’architecture de fer et de l’audace des ingénieurs du début du XX
    ème siècle.
    Avec de nombreux conseils municipaux des Combrailles ayant délibéré pour demander le maintien et le développement de cette ligne ferroviaire, le Conseil régional d’Auvergne :    
               
     
    - demande  que dans ce dossier, il soit fait preuve de prospective et d’anticipation dans le cadre d’un développement durable et économique des territoires,
     
    - demande  que la ligne ferroviaire Clermont-Montluçon, via Volvic, ainsi que l’ensemble du réseau ferroviaire auvergnat concerné par la nécessaire régénération, soient inscrits dans les décisions du Grenelle de l’environnement de régénérer des lignes ferroviaires sur le territoire national,

    - refuse de participer au financement de la rénovation du réseau ferroviaire, les contribuables auvergnats n’ayant pas à supporter le coût d’une responsabilité qui incombe à l’Etat, le Conseil régional assurant par ailleurs un investissement important et lourd dans le financement des TER.

    SESSION DES 17, 18 et 19 DECEMBRE 2007

    VOEU CONCERNANT LA REFONTE DE LA CARTE JUDICIAIRE POUR L'AUVERGNE

    Considérant l’impact négatif pour l’Auvergne qu’entraîne la suppression des Tribunaux d’instance d’Yssingeaux, de Brioude, de Mauriac, de Murat, d’Issoire, d’Ambert, de Gannat ; des Tribunaux de Grande Instance de Moulins et de Riom ; des Tribunaux de Commerce de Moulins, de Thiers et de Riom, Considérant l’émoi soulevé par ces décisions prises sans véritable concertation, tant auprès des populations et des élus que des professionnels,  
    Considérant que la refonte de la carte judiciaire entreprise par le Garde des Sceaux s’est faite selon des critères imprécis qui condamnent injustement de nombreux territoires de l’Auvergne,

    Considérant la nécessité du maintien d’une justice de proximité et de qualité pour tous les publics, notamment pour les personnes qui ne se déplacent pas facilement,

    Le Conseil régional d’Auvergne apporte son soutien à la mobilisation et à la protestation générale. Il demande au Gouvernement de renoncer à cette refonte inacceptable de la carte judiciaire, d’en revenir à l’élaboration d’un projet équitable, issu d’une réelle concertation avec les populations concernées, les élus, les fonctionnaires, les magistrats et l’ensemble des professionnels de la Justice, sur la base de critères clairs permettant d’assurer un service public de proximité, de qualité et accessible à tous, en cohérence avec les nécessités de l’aménagement de notre territoire.

    SESSION DES 17, 18 et 19 DECEMBRE 2007

    VOEU CONCERNANT LES MOYENS FINANCIERS DES REGIONS

     

    Le Conseil régional d’Auvergne a affirmé ses engagements en faveur du développement durable en adoptant son Agenda 21 le 13 novembre 2007.

    Le Conseil régional d'Auvergne a enregistré les déclarations d'intention du "Grenelle de l'Environnement".

    Il souhaite que celles-ci se traduisent très concrètement dans les faits le plus rapidement possible.
    Il demande au gouvernement de prévoir dans les tous prochains jours la mise en place de moyens de financement nouveaux (taxe carbone, TIPP, redevance poids lourds ou autres) afin d'assurer notamment :

    §
              la modernisation du réseau ferroviaire,
    §
              le développement du fret,
    §
              la construction de nouveaux réseaux de transport en commun en site propre,
    §
              la construction de nouvelles lignes de TGV,
    §
              le développement des énergies renouvelables,
    §
              la création de corridors de diversité biologique,
    §
              le développement de l'agriculture biologique.

     

    SESSION DES 17, 18 et 19 DECEMBRE 2007

    VOEU CONCERNANT LA REFORME DES  FILIERES PROFESSIONNELLES EN LYCEE

     

    Le Ministère de l’éducation Nationale vient d’annoncer son objectif de suppression progressive des filières B.E.P. La déclinaison locale de cette décision vient d’être annoncée aux établissements et à la Région par les autorités académiques avec premiers effets à la rentrée 2008. Ces annonces s’accompagnent d’un retrait sans  précédent du nombre de postes mobilisés dans notre Académie par l’état.

    Considérant l’importance croissante consentie par le budget régional à l'éducation,

    Considérant le rôle donné par le législateur aux Régions en matière de formation initiale,

    Considérant le souci du Conseil Régional, réaffirmé récemment dans le Plan Régional de Développement des Formations, de permettre l’accès du plus grand nombre à un parcours de réussite en formation initiale au service  d’une  bonne  insertion professionnelle et  d’une  capacité à s’inscrire dans une stratégie de formation tout au long de la vie,

    Considérant son objectif de voir réduit sensiblement le nombre de jeunes sortant sans diplôme du système éducatif,

    Le Conseil Régional d’Auvergne réuni en session plénière :

    - dénonce les choix budgétaires, votés par le Parlement et mis en œuvre par le Gouvernement, ne faisant plus de l’éducation une priorité.

    - regrette l’absence de concertation avec l’état sur le contenu des réformes en cours dans les filières professionnelles ; cette démarche est contradictoire à la pratique des échanges initiés dans les COTEF.

    - demande à l’état de ne pas accroître, par la suppression des parcours en 4 ans vers le bac professionnel, les sorties du système éducatif sans diplôme.

    - refuse également que la majorité des sorties diplômantes au niveau 5 ne soient renvoyées sur l’apprentissage impliquant un transfert de charges massif de l’état à la Région.

     

    SESSION DES 17, 18 et 19 DECEMBRE 2007

    VOEU CONCERNANT LA GARE DE SAINT GERMAIN DES FOSSES

     

    Depuis le 9 décembre 2007, la desserte de la Gare de Saint-Germain-des-Fossés sur la liaison Clermont-Ferrand-Paris n’est plus assurée.

    Bien que prévisible dans une optique de diminution du temps de trajet entre la capitale régionale et Paris, cette décision suscite l’émoi de la population et des élus locaux d’une commune dont la vie et l’économie est fortement marquée par le transport ferroviaire.

    Entre la nécessaire compétitivité de notre réseau Grandes Lignes et les besoins des territoires, un équilibre doit être trouvé afin que les effets de cette suppression d’arrêt soient le moins préjudiciable possible à la ville de Saint-Germain.

    Aussi, le Conseil Régional d’Auvergne demande à la SNCF d’étudier sérieusement les besoins des usagers et de leur proposer les meilleures solutions pour leur permettre un accès équitable au service public.