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COMMISSIONS PERMANENTES

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Motions, Voeux, Propositions...

 

(adoptés par le Conseil régional,
déposés par  le groupe Socialiste ou l'intergroupe PS, PC et Vert)

du  Conseil  régional  d'Auvergne

 

    SESSION DES 9, 10 et 11 JANVIER 2006
    VOEU CONCERNANT LE LABORATOIRE DE RECHERCHE BIOGEMMA

    En 2005, le Laboratoire BIOGEMMA des Cézeaux a été détruit par un incendie.
    C'est pourquoi, considérant :

    -     les liens qui unissent LIMAGRAIN à la Région Auvergne,

    -     l'importance de la recherche pour le développement et la compétitivité de l'Auvergne,
    notamment en matière agroalimentaire, qui constitue un de ses pôles d'excellence,
    -     l'hypothèse d'un transfert de ce laboratoire dans une autre région ou un autre pays,
    ce qui serait susceptible de faire perdre à l'Auvergne un atout important.
    Le Conseil régional d'Auvergne :

    -     réaffirme l'importance de la recherche agroalimentaire pour notre Région,

    -     souhaite que le Laboratoire BIOGEMMA soit reconstruit en Auvergne et continue ainsi à participer au développement de notre Région,

    -     rappelle cependant les deux vœux précédemment votés par le Conseil régional d'Auvergne, lors de sa Session du 11 juin 2004 et du 12 septembre 2005, concernant son
    opposition à toute culture O.G.M. en plein champ.

    SESSION DES 9, 10 et 11 JANVIER 2006 
    VOEU CONCERNANT LA FISCALITE

    Considérant que :
    Les collectivités locales se heurtent de plein fouet à des difficultés financières d'une extrême gravité, alors qu'elles doivent assumer des charges de plus en plus importantes.
    La Loi de Finances aggrave cette situation. Il s'agit d'une rupture sur l'un des principes du
    financement des collectivités locales depuis plus d'un siècle qui reposait sur la redistribution d'une partie de la richesse produite collectivement.
    La réduction de la progressivité de l'impôt, l'application du «bouclier fiscal», de nouveaux abattements de l'I.S.F., le plafonnement de la taxe professionnelle sur la valeur ajoutée, sont
    autant de mesures qui conduisent à transférer sur les ménages l'explosion inéluctable de la fiscalité locale.
    Pour faire face à des obligations toujours plus nombreuses dans le cadre de la décentralisation, les régions ne disposent plus que de la taxe foncière sur le bâti et le non bâti.

    La définition d'une nouvelle fiscalité est donc urgente.

    Aussi, le Conseil régional d'Auvergne demande au gouvernement une réforme de la fiscalité permettant aux collectivités territoriales d'assurer pleinement toutes leurs compétences, cette réforme devant aussi prendre en compte la situation des territoires et organiser un rééquilibrage
    fiscal par le biais de la péréquation.

    SESSION DU 15 MAI 2006
    VOEU CONCERNANT LES PRODUITS COUTELIERS

    Considérant que les couteliers thiernois ne comprennent pas, ajuste titre, pourquoi les produits couteliers entrant dans l'Europe ne portent pas un marquage du pays d'origine,
    Considérant que cette même interrogation émane des autres bassins couteliers d'Europe (Shefield, Albacete, Maniago, Solingen, etc),

    Considérant que les bassins de Thiers, Albacete et Solingen ont signé
    "la déclaration
    cfAlbacete" pour demander aux institutions européennes de reconnaître le patrimoine coutelier, son activité et sa tradition culturelle pour réagir contre l'invasion de produits de coutellerie fabriqués hors des limites de l'union Européenne utilisant indûment leurs signes d'identité pour tromper les consommateurs,
    Considérant que le pillage ainsi fait des symboles, noms, origines ou images qui appartiennent à leur patrimoine culturel et industriel a de graves conséquences sur les
    entreprises de coutellerie thiernoises,
    Le Conseil Régional d'Auvergne :

    Se déclare favorable à la proposition de règlement du Conseil Européen sur l'indication du pays d'origine de certains produits importés de pays tiers,

    Demande que soient inclus dans l'annexe de cette proposition de règlement les
    produits de la coutellerie,
    Soutien les démarches de la Fédération Française de Coutellerie, à la fois dans cette demande de marquage pour les produits importés de pays tiers, mais aussi dans
    la mise en place des actions destinées à promouvoir le label "esprit de Thiers" qui permettra de garantir une origine de provenance et de qualité.

    SESSION DU 15 MAI 2006  
    VOEU CONCERNANT EDF - GDF

    Depuis l'ouverture à la concurrence des marchés de l'électricité et du gaz, les tarifs se sont envolés et les groupes énergétiques se livrent à une bataille de fusions - acquisitions. À la faveur du projet gouvernemental de fusion GDF/Suez, Gaz de France réclame une hausse supplémentaire de 16 % du prix du gaz étalée sur l'année 2006.
    GDF vient de réaliser le plus gros bénéfice de son histoire (1,75 milliard d'euros) et le gouvernement demande aux usagers de payer un projet qui ne servirait que les actionnaires des 2 groupes, les actionnaires de Suez étant déjà assurés d'empocher 1,3 Milliard d'euros de dividendes exceptionnels. Cette fusion soutenue par le gouvernement n'est autre que l'absorption par Suez de GDF, entreprise appartenant aux usagers !
    Les conséquences pour l'emploi et le service public seraient désastreuses.
    Les promoteurs du projet affichent déjà l'objectif de réduire les coûts de 500 millions d'euros par an. Comme dans toute fusion, ces « économies » se feraient sur l'emploi dans les deux groupes au détriment de la qualité du service rendu.
    Considérant que ce projet conduirait à une concurrence exacerbée avec EDF (Suez étant un important producteur/distributeur d'électricité à l'étranger) et à l'éclatement du service mixte d'EDF GDF distributeur (60.000 agents),
    Considérant que ce projet mettrait également en cause le système de concession de service public confié à EDF GDF et ouvrirait la voie à une multiplicité de distributeurs privés, comme pour l'eau, avec des augmentations inévitables de coûts et la fin de l'égalité de traitement des usagers sur les tarifs et les services,
    Considérant que ce projet au travers de la fusion, la privatisation de GDF (qui n'aurait plus que 30 % de capitaux publics) ferait perdre à la Nation la maîtrise d'un secteur énergétique essentiel pour les usagers et l'économie du pays,
    Considérant qu'avec ce projet, l'Etat ne serait plus le décideur principal des tarifs qui seraient livrés aux actionnaires privés,
    Considérant qu'avec ce projet, Suez, compagnie privée, entend convoiter le nucléaire à EDF tandis que le Président de Bouygues ne cache pas son intérêt pour AREVA, constructeur des centrales nucléaires françaises,

    Le Conseil Régional d'Auvergne
    demande :
    1 -
           Des mesures anti OPA (offres publiques d'achat)
    II est possible de protéger Suez sans sacrifier Gaz de France. Des participations publiques existent au sein du capital de Suez (Caisse des Dépôts et Consignations et autres entreprises publiques). Rien n'empêche l'État d'en garder la maîtrise publique.
    2 -
           La création d'un pôle public de l'énergie à vocation européenne
    II s'agit de s'appuyer sur EDF et Gaz de France déjà fusionnés en partie (60 000 agents) pour constituer un pôle public de l'énergie. À partir d'une fusion plus poussée des 2 entreprises, ce pôle permettrait de lancer les investissements indispensables à la sécurité de l'approvisionnement énergétique.

    3 -
           La création d'une agence européenne de l'énergie.
    Les problèmes énergétiques ont une dimension planétaire. L'Europe de l'énergie doit se construire concrètement. Par l'intermédiaire d'une agence européenne de l'énergie, il est possible, si la volonté politique s'exprime, d'en faire l'instrument d'une politique énergétique alternative à la concurrence sur les marchés de l'électricité et du gaz.
    4 -        Une intervention forte du gouvernement pour maîtriser l'évolution des hausses du gaz.

    SESSION DU 15 MAI 2006  
    VOEU CONCERNANT LE TRANSFERT D'UNE UNITE DE L'INRA
    DE CLERMONT-FERRAND VERS TOULOUSE

    Avec des pôles d'excellence économique, des laboratoires de renom, des grandes écoles et des centres universitaires reconnus, l'Auvergne a les moyens de relever les défis de demain.
    Lors des assises territoriales, les Auvergnats nous ont dit : « pour créer les emplois de demain, il faut miser sur nos forces et faire le pari de l'enseignement supérieur et de
    la recherche » (engagements 42 et 43).
    L'institut National de la Recherche Agronomique (INRA) implanté en Auvergne représente une part importante du potentiel de la recherche publique en Auvergne, il est un acteur incontournable du développement régional avec une dimension scientifique internationale
    reconnue.
    L'INRA de Clermont-Ferrand dispose de nombreuses unités de recherche dont l'une d'elle mène actuellement des études sur le tournesol, en collaboration d'ailleurs avec l'Université Biaise Pascal.
    Nous nous inquiétons aujourd'hui de la délocalisation annoncée de cette unité à Toulouse.
    Il n'est pas acceptable qu'un organisme d'Etat pratique le déménagement du territoire et déshabille la région Auvergne au profit d'une région déjà très riche en terme de recherche.

    Le Conseil régional
    demande au Ministre de l'Agriculture et de la Pêche d'intervenir auprès de Madame GUILLOU, Présidente de l'INRA, afin que cet organisme public renonce à cette
    délocalisation.

    SESSION DU 15 MAI 2006 
    VOEU CONCERNANT L'OFFICE NATIONAL DES FORETS

    Conscient de l'importance de la forêt pour notre région, sous les aspects économiques, écologiques, énergétiques et sociaux ;
    Préoccupé par les évolutions de l'O.N.F. qui lui paraissent dangereuses pour une gestion responsable de la forêt publique dans un souci de développement durable et de multifonctionnalité et alors que la forêt publique devrait servir d'exemple ;
    Inquiet des conséquences de la réforme de 2002 qui s'est traduite par des réductions massives d'effectifs, en particulier de ceux affectés aux tâches de terrain, mais aussi par le redéploiement au profit des activités commerciales au détriment des missions de service public par le cloisonnement des tâches et par la très nette dégradation du climat social ;
    Le Conseil Régional d'Auvergne :
    - affirme son attachement aux missions de service public de l'O.N.F. : éducation, gestion
    durable, préservation de la biodiversité,
    - demande la mise en place de nouvelles sources de financement en relation avec les rôles social et écologique de la forêt,
    - demande la mise en place d'une information transparente, et une large concertation pour
    l'élaboration du futur contrat de plan État - O.N.F.
    - demande au minimum le maintien du versement compensateur en euros constants à son
    niveau actuel.

    SESSION DU15 MAI 2006  
    VOEU CONCERNANT LA REMISE A NIVEAU DU RESEAU FERROVIAIRE 

    Le 25 février 2006, le train l'Aubrac a déraillé entre Neussargues et Saint-Flour suite à une rupture de rail sur une portion de voie hors d'âge datant de la construction de la ligne.
    Cet accident, qui aurait pu avoir des conséquences humaines graves, survient quelques
    mois après le déraillement du Paris - Montluçon à Saint-Amand-Montrond le 14 octobre 2005.
    L'état du réseau ferré de la France est préoccupant et indigne d'un pays moderne. Le constat a été confirmé par l'audit de l'école polytechnique de Lausanne remis en septembre 2005 et qui préconise un doublement des dépenses d'entretien et
    régénération du réseau.

    En dépit des annonces ministérielles, il n'est toujours pas prévu de moyens de financement à la hauteur des besoins pour assurer la remise à niveau.

    Ainsi, dans le plan d'action remis le 29 mars par les présidents de RPF et de la SNCF au ministre des transports, il n'est prévu que le maintien des performances nominales sur les lignes des groupes UIC 1 à 6. Pour les lignes des groupes 7 à 9, qui constituent l'essentiel des voies irriguant le Massif Central, il n'est prévu qu'une levée progressive des restrictions de vitesse sur les lignes supportant plus de 10 circulations de trains de voyageurs par jour, et ceci seulement après 2010. Entre temps, on se contentera de stopper la dégradation du réseau. Quant aux lignes avec moins de 10 trains par jour, rien n'est prévu et c'est donc leur pérennité même qui est en jeu.

    Les moyens nécessaires à ce programme minimum ne seraient fournis que par un gain espéré sur la productivité du système ferroviaire (qui risque de n'être que relativement limité), l'augmentation des péages (qui ont déjà atteint des niveaux élevés et qui entament la compétitivité du train, tant pour le fret que pour les voyageurs) et par une légère augmentation des concours de l'Etat.
    Le Conseil Régional d'Auvergne :

    - considère ce plan de « remise à niveau » du réseau ferré comme totalement hors de proportion avec les besoins et exige la remise à niveau de l'ensemble des lignes d'ici 2010 et le développement des performances et des capacités de l'infrastructure ferroviaire française,

    - demande la mise en place d'un système de financement national, durable et abondant pour les infrastructures ferroviaires (redevance poids-lourds, part affectée de la TIPP, ...).

    SESSION DES 26 ET 27 JUIN 2006
    VŒU CONCERNANT LE CODE DE L'ENTREE ET DU SEJOUR DES ETRANGERS ET DU DROITS D'ASILE (CESEDA)

    La loi réformant le Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d'Asile (CESEDA) conduit à une négation radicale des droits fondamentaux de la personne.
    En modifiant les conditions du regroupement familial, en durcissant les conditions de délivrance de la carte vie privée et familiale pour les mineurs atteignant la majorité, en supprimant la notion
    de « plein droit » pour les malades étrangers et le droit à une autorisation de séjour pour les sans papiers présents sur le territoire depuis au moins 10 ans, elle restreint de façon totalement inhumaine le droit de séjour des familles, des conjoints, des enfants, de toutes celles et tous ceux qui veulent construire leur vie en France. Elle entérine la quasi disparition de la carte de résident.
    Cette loi s'inscrit délibérément dans une perspective utilitariste des êtres humains. Ne sera « acceptable » en France que l'étranger perçu comme rentable pour son économie. Ni sa personne, ni sa situation personnelle ne lui conféreront désormais de droits, au point que les régularisations deviendront quasi impossibles.

    Cette loi crée une nouvelle catégorie de travailleurs étrangers dont la durée du séjour est limitée au bon vouloir de leur employeur. Elle sélectionne également beaucoup plus l'entrée des étudiants étrangers.

    Dans le même texte et sans aucun scrupule, alors qu'il condamne des étrangers plus nombreux que jamais à l'irrégularité perpétuelle, le gouvernement affiche sa volonté d'aller piller des « capacités et des talents » dans le monde en facilitant l'immigration d'étrangers très qualifiés. Des visas et des titres de séjour précaires et liés à la poursuite de l'emploi seront offerts pour des projets professionnels intéressant la France.

    En fait, rien ne manque de la politique de ce gouvernement : ni la volonté de mettre à la disposition du grand patronat une main d'œuvre flexible, utilisable à flux tendu, dans l'impossibilité de défendre ses droits ou de revendiquer, ni la mise en cause du droit aux soins et de la protection sociale, ni la stigmatisation des immigrés comme fauteurs de troubles a priori et boucs émissaires de la mal vie et du chômage.

    Cette loi et les propos inqualifiables tenus par le ministre de l'intérieur Nicolas SARKOZY pour en défendre les principes suscitent dans le pays un large mouvement de protestation.

    De nombreuses associations, des organisations politiques et syndicales se sont regroupées dans un collectif dénommé « Unis contre une immigration jetable ». En cette fin d'année scolaire, ils se mobilisent contre l'exclusion des enfants et des leurs familles.
    Le Conseil Régional d'Auvergne,
    profondément attaché aux valeurs de solidarité et d'accueil, exige du gouvernement le retrait immédiat de cette loi. Le Conseil régional exprime son soutien
    aux élus s'engageant dans le processus de parrainage en faveur des étrangers demandeurs du droit d'asile.

    SESSION DES 26 ET 27 JUIN 2006
    VŒU CONDAMNANT LES PROPOS A CARACTERE RACISTE

    Le Conseil régional d'Auvergne condamne les propos à caractère raciste d'où qu'ils viennent, tant lorsque Georges Frêche prononce, à propos des Harkis, la phrase suivante : "Vous n'avez aucun honneur, vous êtes des sous-hommes, vous êtes les cocus de l'histoire", que lorsque M. Nicolas Sarkozy traite de "racailles" les jeunes des banlieues et propose de nettoyer lesdites banlieues "au kärcher".
    Le Conseil régional d'Auvergne s'inquiète de la montée des sentiments racistes dans la société française contemporaine, condamne sans ambiguïté celles et ceux qui y participent et considère que nos concitoyens doivent rapidement retrouver les valeurs
    de la République.

    SESSION DES 26 ET 27 JUIN 2006  
    VOEU CONCERNANT LA SANTE

    La droite libérale s'attaque aujourd'hui avec une violence inouïe au droit à la santé. Or, garantir à tous l'accès à des soins médicaux de qualité est un fondement majeur de notre société.
    Le plan hôpital 2007 et son système de financement fondé sur la T2A est un désastre porteur de drames humains, de fraudes dénoncées par la CNAM et d'une dérive inflationniste dénoncée par les rapports de l'IGAS et de Bercy. Il nie radicalement la notion de besoins au profit d'une vision purement comptable de tous les domaines de la vie. Chaque année, l'Assemblée vote un budget calculé sur la base d'enveloppes prédéterminées faisant totalement abstraction d'une évaluation des besoins. Les notions de soins de proximité, d'aménagement du territoire et d'équilibre territorial sont totalement niées par ce système.
    Les budgets des hôpitaux sont désormais calculés sur la base de ces impératifs financiers. Le rapport Vallancien récemment publié montre quelles vont être les premières conséquences visibles de cette politique uniquement basée sur des données statistiques et comptables et qui ne prend en aucun compte les éléments de proximité et de sécurité. Six blocs opératoires de notre région sont menacés de fermeture. La loi de l'argent met directement en danger les hôpitaux de proximité mais également les CHU qui devront faire face à un nouvel afflux alors qu'ils sont déjà débordés. Les conditions de travail des personnels hospitaliers seront ainsi encore dégradées et le risque de pertes de compétence plus aigu encore. Le présent et l'avenir de notre système de santé sont ainsi
    pénalisés.
    Le Schéma Régional d'Organisation Sanitaire récemment adopté sans la moindre consultation du Conseil régional créé un barrage supplémentaire à la résistance citoyenne. Les territoires de santé sont un nouvel échelon administratif uniquement destiné à fragmenter, à isoler les territoires, à découper et à détruire. Le SROS sert uniquement à produire un système technique dans lequel la politique et donc les citoyens n'auront plus la possibilité d'intervenir.
    Face à cette politique destructrice du système de santé assis sur la solidarité, le Conseil régional réaffirme sa détermination à maintenir la santé hors de la sphère marchande :
    - il dénonce le vote d'enveloppes fermées à l'Assemblée Nationale
    - il dénonce donc le rôle uniquement financier de l'ARH
    - il dénonce l'absence de tout contrôle démocratique sur les décisions en cours
    - il dénonce la constitution des territoires de santé et la logique de transferts de charge qu'ils font peser sur les collectivités et notamment sur le Conseil régional d'Auvergne
    - il réaffirme la nécessité d'un système de santé qui couvre l'ensemble du territoire, avec une égalité de traitement pour l'ensemble des citoyens.

    SESSION DES 26 ET 27 JUIN 2006
    VOEU CONCERNANT LES SUPPRESSIONS DE POSTES DANS LA
    FONCTION PUBLIQUE ET L'EDUCATION NATIONALE

    Le gouvernement a programmé, dans le budget 2007, seulement 4000 créations de postes pour 19 000 départs en retraite non remplacés, soit un solde de 15 000 suppressions de postes, trois fois plus que cette année.
    Or, les effectifs sont déjà très insuffisants dans les secteurs de la justice, de la santé et particulièrement de l'éducation nationale qui paie le plus lourd tribut.
    Six mois après la crise qui a secoué les banlieues, et deux mois après celle du CPE, la moitié de ces suppressions, soit 8700, devraient intervenir dans l'Éducation nationale. Ainsi, le pouvoir fait de la fonction publique une variable d'ajustement budgétaire.
    Cette façon de supprimer les postes sans analyser les missions des fonctionnaires besoins est totalement irresponsable alors que les besoins sont immenses pour permettre à chacun d'accéder à un haut niveau de culture commune et à une formation de qualité, alors qu'il faudrait une véritable mobilisation nationale sur les enjeux de l'école et du système éducatif.
    Le Conseil régional Auvergne dénonce cette politique de casse et de démantèlement des services publics. Il demande à ce que l'Éducation Nationale retrouve sa place prioritaire et soit le 1er budget de l'État avec un effort financier à la hauteur des enjeux pour l'avenir de notre pays. Le Conseil régional d'Auvergne propose la création de postes d'enseignement et de personnels d'accompagnement au moment où la déscolarisation, la délinquance - scolaire -, l'insécurité, ne peuvent que s'aggraver en raison de la pénurie d'enseignants et d'encadrements scolaires.

    SESSION DU 23 OCTOBRE 2006  
    VOEU  VISANT A OFFICIALISER LE JOUR ANNIVERSAIRE DU
    CESSEZ-LE-FEU DU 19 MARS 1962

    Depuis 1963, un hommage solennel est rendu chaque année le 19 mars en l'honneur du sacrifice des victimes de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie.
    Toutes les enquêtes d'opinion confirment qu'une imposante majorité de nos concitoyens :

    -   approuve la loi n°99-882 du 18 octobre 1999, reconnaissant la guerre d'Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie, votée à l'unanimité par l'Assemblée Nationale et le Sénat ;
    -   approuve la proposition de loi votée le 22 janvier 2002 par l'Assemblée Nationale visant à instituer, chaque année, le 19 mars, la Journée Nationale du Souvenir et du Recueillement pour commémorer le sacrifice des victimes militaires et civiles de la guerre d'Algérie, en y associant celles des combats de la Tunisie et du Maroc ;
    -   affirme sans ambiguïté que l'hommage d'une nation aux victimes civiles et militaires d'un conflit ne peut l'être qu'au Jour anniversaire de la fin officielle de celui-ci, le 19 mars 1962 pour la guerre d'Algérie.
    En conséquence, le Conseil régional d'Auvergne demande au gouvernement d'officialiser le jour anniversaire du cessez-le-feu du 19 mars 1962 dédié à la mémoire des 30 000 soldats français
    tombés en Afrique du Nord et des victimes civiles de ces conflits.
    Le 19 mars deviendrait ainsi la Journée Nationale du Souvenir et du Recueillement pour la troisième génération du feu, ni chômée, ni fériée, en respect de la volonté exprimée par les Françaises et les Français lors du référendum organisé le 8 avril 1962, sur l'initiative du Président de la République, le Général de Gaulle : 90,71 % d'entre eux approuvèrent en
    effet la date mettant fin officiellement à la guerre d'Algérie.

    SESSION DU 23 OCTOBRE 2006
    VOEU NOMMANT MONSIEUR ROLAND DE LA POYPE "CITOYEN D'HONNEUR D'AUVERGNE"

    Roland Paulze d'Ivoy de la Poype est né le 28 juillet 1920 aux Pradeaux (Puy de Dôme). Son père ingénieur et colonel de réserve sera tué par l'ennemi en 1940. Le 5 décembre 1939, Roland de la Poype, étudiant, s'engage pour la durée de la guerre au bataillon de l'air 131 du Mans. Affecté comme élève pilote à l'école élémentaire de pilotage d'Angers, il est promu Caporal en février 1940 et Caporal Chef le mois suivant.
    Pilote à l'école principale d'aviation d'Etampes en mars 1940, il entend l'appel du 18 juin et décide de rallier l'Angleterre. Il quitte la France à Saint Jean de Luz le 21 juin 1940 sur le Sobieski, un bateau polonais à destination de l'Angleterre.
    Parvenu à Plymouth, il s'engage rapidement aux Forces Aériennes Française Libres (FAFL) ; il est promu au grade de Sergent le 1er août 1940. Il prend part à l'expédition de Dakar puis à la campagne du Gabon en qualité de mitrailleur du groupe réservé de bombardement n°1 (GRB1 ).
    Cinq mois plus tard, après un entraînement en Grande Bretagne, il est incorporé dans la RAF. Affecté qu Squadron 602 en Février 1941 au sud de Londres. Pendant cette période il escorte des bombardiers dans leurs missions. Aspirant en mars 1942, il est ensuite volontaire pour rejoindre
    l'escadrille "Normandie". Il est muté au groupe de combat n° 3 "Normandie" en Russie où il arrive, via Téhéran, le 14 novembre 1942.
    Sous-lieutenant, pilote chef de patrouille, Roland de la Poype est ensuite nommé commandant
    en second de la 1êre escadrille du groupe de combat n° 3 "Normandie" en octobre 1943.
    Il se distinguera pendant les opérations d'Orel, de Briansk, d'Ielna, de Smolensk, de Vitebsk, d'Orcha, de Borissov, de Minsk et du Niémen. Il prend le commandement de la 1ère escadrille le 25 février 1945 avec le grade de Capitaine.
    La guerre terminée, après un bref séjour à Moscou, le régiment part pour la France et arrive au Bourget le 20 juin 1945. Comme tous les autres pilotes survivants du régiment, Roland de la Poype, titulaire de 10 citations à l'ordre de l'armée aérienne et de 2 citations à l'ordre de l'aviation de chasse et totalisant 1200 heures de vol, rentre sur le territoire français.
    Affecté au 2ème bureau de l'État Major de l'armée de l'air en mars 1946, Roland de la Poype quitte l'armée en 1947. Le Commandant de réserve Roland de la Poype, redevenu civil, exerce après la guerre plusieurs fonctions : agriculteur (propriétaire de ferme, éleveur), industriel (société d'études et d'applications du plastique), Maire de Champigné (Maine et Loire) et fondateur du Marineland d'Antibes.
    Roland de la Poype est membre du conseil de l'ordre de la libération.
    > Grand Officier de la Légion d'Honneur
    > Compagnon de la Libération (décret du 29 décembre 1944)
    > Croix de guerre 39/45 (12 citations)
    > Croix de guerre Tchécoslovaque
    > Héros de I Union Soviétique
    > Ordre du drapeau rouge
    > Ordre de Lénine
    > Mérite de la guerre pour la Patrie
    > Ordre de la victoire
    La région Auvergne ne peut que saluer l'exceptionnel courage dont a su faire preuve Monsieur Roland de la Poype et son dévouement pour notre pays et la liberté à travers son parcours de résistant. S'il compte déjà de nombreuses décorations, parmi les plus illustres, il revient à sa région natale et à la collectivité d'Auvergne de lui attribuer une distinction.
    En conséquence le Conseil régional d'Auvergne réuni en session plénière le 23 octobre 2006 décide de nommer Monsieur Roland de la Poype "Citoyen d'honneur d'Auvergne".

    SESSION DES 11 et 12 SEPTEMBRE 2006
    VOEU CONCERNANT LES O.G.M.

    Au moment où le débat public sur l'opportunité du développement de l'agriculture utilisant des O.G.M. est plus ouvert et plus serein ;

    Au moment où le Conseil régional d'Auvergne vient d'organiser avec une forte participation un libre débat sur le sujet ;
    Le Conseil régional d'Auvergne, respectueux du bon fonctionnement de la Démocratie et du respect de la loi, rappelle sa position votée sous forme de motion par l'Assemblée régionale le 12 septembre 2005, en particulier :
    - "Qu'il considère que le Gouvernement, en ne consultant ni les élus, ni la population, sur le sujet des OGM, a manqué à son devoir de concertation et a méprisé gravement les élus du suffrage universel.
    - Qu'il condamne toutes les violences faites aux personnes ou aux biens au sein ou aux alentours des parcelles OGM".

    Le Conseil régional d'Auvergne rappelle son attachement par essence aux formes démocratiques du débat public et regrette que la loi promise par le Gouvernement avant l'été 2006 n'ait pas été examinée par le Parlement.

    SESSION DES 20 ET 21 NOVEMBRE 2006
    VOEU CONCERNANT LA SITUATION DE FATIMA CHARBI

    L'histoire de Fatima Charbi est l'histoire d'une jeune fille dont le père est venu travailler en France en 1973, à l'usine Dunlop de Montluçon, au bénéfice de l'économie française. Victime d'un accident du travail en 1976, le père de famille est amené à multiplier les allers retours entre la France et le Maroc. Un premier enfant est né à Montluçon, puis Fatima et son frère jumeau au Maroc.

    Monsieur Charbi décide de revenir en France en 2000 et demande le regroupement familial. Celui-ci étant systématiquement refusé, Monsieur Charbi décide finalement de retourner au Maroc. Ses enfants, mineurs à l'époque, choisissent de rester en France pour poursuivre leurs études.

    En devenant majeure, Fatima est donc devenue expulsable. C'est ainsi, que le 26 octobre dernier, la police l'arrête à son domicile pour la conduire, le soir même, au centre de rétention administrative de Lyon Saint-Exupéry.
    Le cas de Fatima a été examiné le 12 novembre par le tribunal de Grande instance de Lyon. Son maintien en rétention a finalement été décidé fermant ainsi la porte à une régularisation. Fatima a finalement été expulsée dans le plus grand secret, embarquée sans argent, sans effets personnels et sans information sur le lieu où on la ferait débarquer.
    Face à l'inhumanité et à la violence de cette décision, face à ce parcours humain brisé, le Conseil régional d'Auvergne demande aux autorités compétentes le retour de Fatima Charbi à Montluçon, afin qu'elle puisse terminer les études qu'elle a entamées.

    Le Conseil régional apporte son entier soutien aux collectifs, associations, élus ou citoyens qui s'opposent aux expulsions.

    SESSION DES 20 ET 21 NOVEMBRE 2006
    VOEU CONCERNANT LA REFORME DE LA TAXE PROFESSIONNELLE

    La réforme de la taxe professionnelle qui instaure un plafonnement doit entrer en vigueur le 1er janvier 2007.
    Cette loi représente pour l'Auvergne un manque à gagner annuel de minimum 6 millions d'euros. C'est une nouvelle atteinte au principe d'autonomie financière des collectivités locales. La réforme rend largement inopérante la possibilité jusque là laissée aux collectivités locales de rehausser le taux de la taxe professionnelle. Les collectivités locales ne pourront plus faire participer les grands groupes au développement territorial. Les outils fiscaux régionaux ne pourront plus, à l'avenir, atteindre que les citoyens, les PME et FMI.
    Il faut de surcroît et malheureusement constater que cette disposition a d'ores et déjà créé des effets d'aubaines. De nombreux bureaux spécialisés dans la « défiscalisation » proposent aujourd'hui aux grands groupes de restructurer leurs bases de taxe professionnelle en la répartissant entre diverses sociétés. Le manque à gagner sera donc probablement supérieur aux
    estimations actuelles.
    Cette mesure est d'autant plus scandaleuse que 2007 sera également l'année de l'attribution aux régions d'une plus grande part de la TIPP. Ce qui n'est plus pris dans les poches des grands groupes le sera dorénavant dans le portefeuille de l'ensemble des citoyens, sans distinction de
    revenu.
    De nombreux élus locaux, de tous bords, s'inquiètent publiquement des conséquences financières de cette mesure. Nous sommes face à la nécessité d'une réforme profonde de la fiscalité locale. Le Conseil Economique et Social travaille actuellement sur cette question, à la demande conjointe de l'Association des Régions de France, de l'Association des Maires de France et de l'Association des Départements de France.
    Dans l'attente, le Conseil régional d'Auvergne demande au gouvernement le report d'un an de l'application de la réforme de la taxe professionnelle, afin d'avoir le temps d'évaluer plus précisément l'impact de cette mesure.