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Interventions
des élus du groupe
socialiste

du  Conseil  régional  d'Auvergne

 

Session des 26 et 27 septembre 2011
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Intervention de Monsieur Olivier Harkati,  
au nom du groupe socialiste et républicain du Conseil régional d'Auvergne

Monsieur le Président, Mes chers collègues,
Comme à son habitude, le Conseil régional est actif. Il agit au quotidien. L’été n’a pas constitué pour lui une parenthèse, dans l’attente de la traditionnelle rentrée politique de septembre.
Il faut dire que les fronts étaient nombreux : du tourisme à la sécheresse, de l’organisation du réseau ferroviaire à l’accélération estivale des travaux dans les lycées, de l’élaboration du Contrat de Plan régional de Développement des Formations Professionnelles à la mise en œuvre du Fonds d’Investissements Auvergne Durable…
Comme vous le constatez, les sujets d’une nécessaire vigilance n’ont donc pas manqué !
Pour se convaincre de cette grande activité estivale, il n’y a qu’à mesurer la portée des centaines de dossiers que notre Commission Permanente a examinés hier. Et pour lesquels nous avons pris, sans tarder, les décisions concrètes attendues par les acteurs économiques de notre région.
Ainsi donc, des centaines de demandes ont été validées par notre Assemblée. À partir du travail constant et pertinent accompli durant l’été par les services du Conseil régional.
Je tiens ici à les remercier pour leur activité qui traduit leur sens du service public et leur souci du bien commun.
Ainsi avons nous pu attribuer des subventions attendues par nos jeunes et leurs familles, par nos entreprises, nos lycéens, nos étudiants, nos agriculteurs, nos artisans et commerçants… bref, tout ce qui compose le tissu dynamique de l’Auvergne.
Au lendemain de cette très dense Commission Permanente, le rendez-vous d’aujourd’hui, en session plénière, comporte un ordre du jour tout aussi  copieux.  Nous examinerons des rapports d’une extrême importance et d’une portée décisive pour l’économie régionale.
Parmi ceux-ci est proposé le lancement de l’appel à souscription d’un emprunt obligataire régional pour financer la création, le développement et l’innovation de notre tissu de PME.
Concrètement, il s’agit de mobiliser l’épargne des auvergnats - contre intérêt bien évidemment - et avec la signature sécurisée du Conseil régional, aux fins d’abonder un Fonds d’Investissement pour l’Auvergne Durable.
Cette manière de procéder anticipe sur les objectifs qui seront assignés à une future banque publique d’investissement prévue dans le projet socialiste, notamment par la mobilisation de l’épargne populaire au seul service de l’économie.
Pour nous, un seul objectif : l’emploi.
Tous les fonds que permettra cette levée de l’épargne populaire lui seront consacrés. Il s’agit là d’une démarche novatrice, responsable, et attendue par nos concitoyens qui souhaitent s’impliquer directement dans le développement économique de l’Auvergne.
Nous ne pouvons pas, en effet, nous satisfaire d’une augmentation constante du chômage qui touche 81 786 personnes en Auvergne, avec 50 151 demandeurs d’emplois de catégorie A, soit une progression de 1,6 % en un mois et 2,7 % en un an.
L’emploi féminin est le plus durement touché, comme celui des jeunes de moins de 25 ans et celui des plus de 50 ans (+ 16,1 % en un an), alors qu’à la manière d’un paradoxe, le gouvernement éloigne de plus en plus ces travailleurs âgés de l’heure de la retraite.
Nous savons bien que l’emploi est, en principe, de la seule compétence de l’État. Mais la région participe largement à l’effort en consacrant 115 M€ à la Formation Professionnelle Continue et fera désormais jouer à plein ce Fond d’Investissement pour l’Auvergne Durable alimenté par l’épargne populaire.
Mais notre session d’aujourd’hui sera consacrée à bien d’autres dossiers capitaux, qu’il s’agisse d’Éducation ou de Formation, de Tourisme, d’Aménagement du Territoire, d’Environnement ou encore de Transports… J’y reviendrai au long de mon intervention.
Notre Assemblée est donc à la tâche. Et elle l’est d’autant plus en des temps dominés par une sombre actualité sociale, économique et financière, avec des responsabilités bien établies
Il est juste de dire que ce Gouvernement, celui de la désunion des Français, du creusement des inégalités et des déficits des comptes publics, est une des causes majeures de la très grave crise dans laquelle s’enfoncent la France, mais aussi l’Europe.
Il existe certes des causes internationales à la très grave situation que nous connaissons : l’absence de régulation financière tout d’abord, l’inertie d’un système bancaire ensuite -  qui s’exerce à d’autres missions qu’à sa vocation première qui est celle du financement de l’économie - une spéculation anarchique enfin, qui peut défaire en un jour les monnaies, affamer les populations du globe ou jeter à la rue des millions de salariés.
Pas de jours ou de semaines sans que ne soient dévoilés des exemples d’une incurie financière généralisée ou des dysfonctionnements bancaires propres à faire vaciller l’économie du monde.
Pas de jours ou de semaines sans nouveau scandale, l’un des derniers en date étant celui de ce « trader » de la banque UBS, jonglant avec des positions de plusieurs milliards d’euros, sans contrôle nous dit-on.
Il laisse une ardoise de deux milliards d’euros derrière lui. Pâle résultat, me direz-vous,  après les cinq milliards du recordman mondial Jérôme Kerviel, pour le compte de la Société Générale.
Il n’y aurait en cela rien que de très banal pour ces apprentis sorciers, si ce n’est que ces milliards de perte devront être épongés en bout de ligne par des salariés jetés à la rue ou par des États à qui l’on demandera une nouvelle fois le renflouement des banques.
Rendez-vous compte, mes chers collègues, du monde totalement virtuel dans lequel évoluent ces individus qui seraient, nous dit-on, des cas parfaitement indétectables par leur hiérarchie. Ils seraient des électrons libres, des sortes de virus, évoluant dans un  gigantesque « casino boursier ».
Rendez-vous compte aussi que ce même « trader » d’UBS, selon les journaux économiques pourtant les plus sérieux, se confiait en ces termes sur son compte face book, la veille de son arrestation : « Il me faudrait un miracle » !
Alors, mes chers collègues, je vous le demande, dans quel monde vivent donc ces gens là et avec eux une hiérarchie complaisante ou totalement incompétente ! Un monde virtuel où l’on attend que se produisent des miracles !
Ce monde là n’est, à l’évidence, pas celui des actifs utiles qui peinent pourtant à boucler leurs fins de mois.
Il n’est pas celui des responsables de PME qui s’échinent à trouver un volume de travail garantissant l’emploi dans leur entreprise ou qui bataillent avec leur banque pour que celle-ci leur maintienne une ouverture d’escompte pourtant indispensable !
Il n’est pas celui des ouvriers, cadres, ni même celui des commerçants, agriculteurs artisans ou fonctionnaires qui vivent dans un monde réel n’ayant nul besoin d’être pollué par des spéculateurs irresponsables.
Il n’est pas non plus le monde dans lequel notre Assemblée veut pouvoir évoluer. Un monde concret. Un monde prospectif. Un monde tout entier tourné vers le bien public et l’intérêt commun.
Et les rapports qui nous sont présentés aujourd’hui ou que nous avons examiné hier procèdent de cette noble intention.
A commencer par les conditions de collecte et d’utilisation des fonds provenant de l’emprunt obligataire que nous lançons le 10 octobre prochain.
20 millions d’euros entièrement affectés au service de l’emploi et de l’innovation dans les PME et TPE de notre région, à partir de critères d’éligibilité, de procédures et de règles de cumul d’aides publiques incontestables.
Voilà qui tranche avec le monde virtuel totalement dérégulé dans lequel évoluent les irresponsables dont je parlais tout à l’heure.
Ce monde du concret, nous le servirons aussi en adoptant le très sérieux et utile Contrat de Plan régional de Développement des Formations Professionnelles.
Avec celui-ci seront renforcés le service public régional de Formation, sécurisés les parcours de formation, assurée la continuité professionnelle des salariés, développés de nouveaux métiers… Bref, des objectifs et des résultats parfaitement ancrés dans la réalité du monde en mouvement dans lequel nous évoluons.
Nous examinerons aussi divers projets d’aide à la recherche, à l’enseignement supérieur, au tourisme. Nous prendrons aussi connaissance des résultats de nombreux équipements régionaux, à l’instar de Vulcania que nous avons non seulement sauvé du naufrage il y a quelques années, mais qui affiche désormais des résultats remarquables qu’une augmentation irresponsable de la TVA sur les billets a bien failli compromettre.
Heureusement, sous la pression, le gouvernement a battu en retraite et renoncé à taxer tous les parcs à thèmes qui marchent, hormis le plus gros d’entre eux,  Disneyland, qui se serait vu exonéré de cette ponction. C’est dire l’iniquité sur laquelle se fondait la tentative du gouvernement.
Nous parlerons aussi d’environnement, de conventions avec le Parc Naturel Régional des Volcans d’Auvergne, de Schéma régional du climat, de l’air et de l’énergie. Nous déciderons de notre d’adhésion au Syndicat Mixte du Puy Mary…
Bref, nous sommes, nous élus de la Région Auvergne,  bien ancrés dans le monde réel, dans l’Auvergne réelle, celle que nous voulons servir par les décisions les plus utiles et les plus appropriées, avec pour fil rouge, l’intérêt général.
Reste que nos choix se trouvent trop souvent contrariés par  un gouvernement peu soucieux du rééquilibrage entre les territoires.
Un gouvernement qui opte pour l’étranglement financier des collectivités locales, pourtant pourvoyeuses de 70 % de l’investissement public. Un gouvernement qui sacrifie le service public.
Certaines régions paraissent cependant plus méprisées que d’autres, à l’instar de l’Auvergne que l’on voudrait tenir éloignée, par exemple, du réseau ferroviaire à grande vitesse.
Cette Auvergne qu’on relèguerait dans l’obscure et inadaptée gare de Paris Bercy, après un voyage vers la capitale dans des voitures TEOZ dont le confort ne correspond plus à ce que sont en droit d’attendre les usagers.
Je me réjouis cependant que nous nous retrouvions unanimes, sur les bancs de cette Assemblée, pour crier à l’injustice et obtenir le réexamen de cette décision unilatérale prise par RFF et la SNCF.
Notre action commune a permis que soit lancée une étude sur la réalité de la saturation de Paris gare de Lyon et, le cas échéant, les possibilités offertes par la gare d’Austerlitz.
Il faut que les choses soient bien claires pour nos interlocuteurs. Nous ne voulons pas de la gare de Paris Bercy. Il faut le dire et le redire encore.
C’est pourquoi je vous demanderai de vous associer, une nouvelle fois, mes chers collègues, à l’adoption d’un vœu commun exigeant le respect d’un service ferroviaire équitable pour l’Auvergne.
Car c’est bien l’ensemble des services ferroviaires régionaux et nationaux qui connaît une dégradation continue, malgré les participations financières massives de la Région, sur le matériel roulant comme sur les voies et les gares.
Car ces retards, ces suppressions de trains, ces coupures interminables de lignes… aboutissent à une dissuasion de l’usage de ce mode de transports collectif pourtant essentiel dans le combat mené en faveur d’un développement durable.
L’annonce récente de l’allongement de tous les temps de trajets en 2012, pour les grandes lignes comme pour les TER, pouvant aller jusqu’à cinquante minutes, et ce en raison d’une réorganisation du cadencement, nous apparaît tout aussi inacceptable. Et il faut que nous le disions haut et fort.
Il paraît tout aussi évident que les blocages de certaines lignes, sur de très longues durées - comme ceux engagés sur le tronçon Arvant /Aurillac par exemple - qui bien que nécessaires pourraient être organisés avec une moindre pénalisation des usagers.
A moins que ces atermoiements et ces lenteurs de réalisation des travaux ne cachent une autre raison beaucoup moins avouable.
Reste que tous ces exemples traduisent bien l’absence de considération dont l’Auvergne est victime depuis trop longtemps de la part des acteurs principaux du transport ferroviaire.
Cela nous convainc cependant encore davantage d’apporter notre contribution très argumentée au Débat Public de la Ligne à Grand Vitesse Paris/Orléans/Clermont/Lyon, qui va s’ouvrir dans quelques jours.
Nous adopterons aujourd’hui, je l’espère et à l’unanimité le projet de cahier d’acteurs qui est le projet des Régions Auvergne et Rhône Alpes, des agglomérations du Grand Lyon, de Saint-Etienne, de Clermont-Ferrand, de Vichy, de Montluçon, de Moulins, de Roanne et des Conseils généraux de la Loire, du Puy de Dôme et de l’Allier.
Ainsi donc ne sommes nous pas isolés pour réclamer, en le justifiant, le choix d’un tracé Ouest – Sud pour le TGV qu’attend l’Auvergne.
Nous sommes en cela conformes à nos positions validées notamment dans notre motion régionale du 19 avril 2011 qui réclame un tracé le plus à l’Ouest et le plus au Sud possible.
Nous sommes aussi en conformité avec les souhaits d’une très grande majorité d’auvergnats, du simple usager des transports collectifs aux responsables des instances économiques et sociales les plus larges.
Je ne doute pas que les auvergnats seront nombreux à participer et à s’exprimer dans le Débat Public qui va s’ouvrir dans quelques jours et auquel nous les convions à venir en masse.
Parce que la question du TGV va au-delà d’un simple question de transport, parce que l’aménagement du territoire national et européen doit être pensé de manière équilibrée.
Parce qu’il s’agit aussi d’une question de dignité et d’égalité des droits, parce que le tracé Ouest - Sud garantira à la fois le désenclavement ferroviaire grande vitesse de l’Auvergne mais aussi  de sa métropole régionale comme de son réseau de villes.
Voilà pour quels motifs les auvergnats doivent faire entendre leur voix dans ce décisif débat public !
Cette opportunité s’apparente à une véritable consultation populaire, méthode qui est celle de  notre Assemblée depuis 2004.
Permettre aux citoyens de s’exprimer, les associer aux grandes décisions, les écouter… comme nous l’avons fait lors de grands débats ou assises régionales sur les transports, la jeunesse, l’emploi, la formation professionnelle… Cette consultation populaire est la règle de notre Assemblée, notre marque de fabrique, si j’ose dire.
C’est pourquoi les auvergnats ne manqueront pas, j’en suis sûr, ce rendez-vous capital.
Et je ne résiste pas à la tentation d’établir un parallèle avec les primaires citoyennes  qu’organise le parti politique que je représente et qui permettront aux Français, le 9 octobre prochain, de désigner leur candidat ou candidate à l’élection présidentielle.
Cette pratique démocratique est nécessaire. Elle est juste. Elle est jugée favorablement par les Français. Ce qui est d’ailleurs une invitation aux autres composantes politiques à en faire de même… mais ce sera visiblement pour une échéance plus lointaine.
Voilà, mes chers collègues, quelques-uns des sujets que je souhaitais aborder dans l’intervention que j’ai l’honneur de prononcer au nom du groupe socialiste et républicain.
Cette intervention met en exergue, je le crois, le fossé qui existe entre notre vision concrète du monde dans lequel évolue notre région et celui, totalement virtuel et individualiste vers lequel tentent de nous conduire les apprentis sorciers de la finance, sous les mannes bienveillantes des défenseurs d’un libéralisme débridé.
Ce monde là n’est pas, et ne sera jamais le nôtre.
Un vœu de mon groupe rappellera d’ailleurs aux plus éloignés de la réalité que, pour d’obscures raisons technocratiques, il est parfaitement intolérable d’affamer des millions d’européens en taillant dans les crédits du Programme Européen des plus Démunis.
Ce vœu a toute sa place dans les débats de notre Assemblée régionale puisqu’il rappelle que 
les denrées alimentaires fournies par l’Union Européenne à partir de ses excédents sont indispensables aux associations caritatives qui, chaque année, prodiguent une aide alimentaire vitale à 13 millions d'européens.
Notre position d’élus régionaux est attendue car la réduction drastique annoncée du PEAD, dont le budget chuterait de 75%, passant de 480 millions à 113 millions d'euros, provoquerait une véritable catastrophe alimentaire et sociale en Europe.
Dans une période de crise majeure, où la précarité et la pauvreté progressent, le démantèlement de ce programme sonnerait comme un véritable sacrifice des plus démunis. Le désastre social pour les populations concernées le disputerait au désastre politique pour une Europe qui perdrait toute crédibilité.

Voilà mes chers collègues, pourquoi,
au nom de l'idéal de solidarité sur lequel s'est fondée l'ambition européenne, le Conseil régional d’Auvergne demandera,  en adoptant notre vœu, que les instances européennes garantissent le maintien et la pérennité de ses financements pour protéger les millions d'européens menacés de pénurie alimentaire.
Je vous remercie.


Session des 26 et 27 septembre 2011
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Intervention de Monsieur René Souchon,
 

Président du Conseil régional d'Auvergne,

Mes cher(e)s collègues,
Cette session de rentrée se déroule dans un contexte mondial, européen et national encore plus perturbé qu’au printemps dernier.

Nous pourrions écrire des pages sur l’agonie d’un système, le système libéral.

Nous pourrions multiplier les exemples des décisions injustes et inefficaces du Gouvernement.

Nous pourrions disserter sur la désespérance de beaucoup de nos concitoyens face à des injustices à répétition.

Tout cela, nous l’avons tous les jours dans nos journaux et dans notre vie quotidienne ; je préfère m’en tenir au séisme politique que représente le basculement à gauche du Sénat.
C’est une première sous la Vème République qui en dit long sur l’exaspération de tous les élus. C’est de bon augure pour la Présidentielle qui s’ensuivra.
On peut, sans grand risque, prévoir que c’est la fin annoncée de cette réforme territoriale inique qui sonnerait le glas des régions et qui n’a été voté qu’à une voix de majorité.
Des régions -nous allons encore le voir au cours de cette session- qui sont des laboratoires d’innovation, des outils formidables de préparation de l’avenir. Tous les pays d’Europe en ont fait le constat depuis longtemps ! Il n’y a que la France pour tourner le dos à la décentralisation et à la promotion des Régions.
Aujourd’hui, nous pouvons légitimement penser qu’une page de l’histoire de l’organisation territoriale de notre pays est sur le point de se tourner, avec l’immense espoir que fait naître le basculement à gauche de la Haute Assemblée.
Lorsque nous nous sommes soumis en 2010 au suffrage des Auvergnats, l’emploi faisait partie de nos trois priorités.

Un peu plus d’un an après ces élections, nous sommes dans la mise en œuvre. 

La session d’aujourd’hui est donc prioritairement orientée vers l’économie et l’emploi.
J’avais eu l’occasion de vous présenter lors des sessions précédentes le dispositif Graine d’emplois. Il s’agit d’une démarche innovante, pragmatique, réaliste. La présentation officielle de Graines d’emploi a eu lieu le 6 juin dernier à la Grande Halle.
Je rappelle que ce dispositif consiste à déceler les nouveaux emplois pour l’Auvergne, c'est-à-dire les emplois dont le contenu est totalement ou partiellement nouveau dans notre Région. Ces emplois concernent tous les secteurs d’activité.
Graines d’emploi est entré dans sa phase opérationnelle prévue pour 2011 / 2014.  Deux axes seront privilégiés : d’une part les emplois permettant d’innover, de créer de la valeur ajoutée et de nous différencier. D’autre part, des emplois qui contribuent à la qualité de vie en Auvergne, comme les services à la personne.
En lien étroit avec Graines d’emplois, nous lançons dans 15 jours le  fonds d’investissement Auvergne durable, le FIAD.
Il s’agit d’un emprunt populaire, à travers l’émission -autorisée par l’Autorité des Marchés Financiers (AMF)- d’obligations. Ouvert à tous, garanti par l’institution régionale, il permettra aux Auvergnats de  mobiliser leur épargne en direction de l’économie régionale et des entreprises auvergnates, notamment les plus petites d’entre elles. Avec ce fond, les Auvergnats seront acteurs à part entière de leur avenir ; c’est la raison fondamentale  de cet appel à l’épargne populaire.
Toutes les banques de la place sont à nos côtés pour proposer un coupon dont la valeur est fixée à 200 euros. Ce montant relativement faible doit permettre à l’ensemble des citoyens auvergnats de souscrire à l’émission.
Le taux, quant à lui, est fixé à  4  %. C’est un taux attractif, supérieur au taux de 2,25 % actuellement en cour pour le Livret de développement durable ou le Livret A.
Cet emprunt permettra ainsi de recueillir 20 millions d’euros supplémentaires. Ces 20 millions s’ajouteront aux 15 millions d‘euros dévolus actuellement aux aides aux entreprises. Notre capacité financière d’intervention va ainsi passer de 15 millions à 35 millions d’euros d’ici la fin de la mandature en faveur du développement économique et donc de l’emploi. C’est tout à fait considérable, alors que l’accès au crédit bancaire se durcit !
Alors, très naturellement, la question qui suit est : qu’allons nous en faire ? Comment allons-nous utiliser ce fonds Auvergne durable ?
Notre ambition est de stimuler la modernisation de nos petites entreprises, de les engager sur la voie de l’innovation, de « booster » leur développement qui permettra la création d’emplois.

Nous allons remplacer par un système unique toutes les aides à la création, au développement et à l’implantation des entreprises dans la Région.
Tous les secteurs de l’économie  ciblés dans Graines d’emplois seront bien évidemment concernés mais au-delà -et c’est une nouveauté, et j’insiste sur ce point- les très petites entreprises seront privilégiées dès lors que leurs projets seront créatifs, porteurs d’emplois, respectueux de l’environnement et de la qualité de vie en Auvergne.
Une partie de ce volume financier sera donc accordée aux entreprises sous forme de prêts sans intérêt et de subventions en faveur de la création d’emploi, une autre fera l’objet d’un certain nombre d’appels  à projets pour amorcer de nouvelles dynamiques, dans des secteurs repérés comme porteurs.
Le sujet majeur de l’emploi est en lien direct avec celui de la formation professionnelle et de l’apprentissage. L’outil essentiel de cette politique est le Contrat de Plan Régional de Développement des Formations Professionnelles.  Celui-ci est prévu pour 2011 / 2014.
Il s’agit d’un important travail de prospective et d’une nouvelle gouvernance régionale de la formation. Le CPRDF doit permettre de satisfaire les aspirations de l’ensemble des Auvergnats, tout en répondant aux besoins de l’économie régionale actuelle et future. Le CPRDF doit donc être vu comme un outil déterminant et partie intégrante de la politique régionale en faveur de l’emploi.
Nous avons travaillé avec méthode, pragmatisme et esprit d’initiative pour élaborer un Contrat de Plan Régional de Développement des Formations Professionnelles qui privilégie la qualité des formations et non la quantité : les objectifs quantitatifs fixés par le Gouvernement ne sont pas notre priorité. Ils sont d’ailleurs totalement irréalistes.
J’ai eu l’occasion de le dire, et je le répète à nouveau : nous souhaitons cibler notre action sur les personnes et sur les besoins de l’économie et de l’aménagement du territoire. 
Le Contrat de Plan Régional de Développement des Formations Professionnelles 2011 / 2014 identifie trois orientations fondamentales.

Tout d’abord,  la  place centrale de « l’humain » dans le projet global. C’est pourquoi les thématiques liées à la personne sont très largement développées dans les thèmes 3 (AIOA : Accueil Information Orientation Accompagnement) et 4 (individualisation et égalité des chances).
Deuxième orientation : la volonté d’agir pour les personnes les plus fragiles, de faible niveau de formation, éloignées de l’emploi ou de la formation, souffrant de discrimination.

Troisième orientation : un véritable engagement en faveur de Service Public Régional de Formation, avec de nou
velles modalités de commande de formation (Service d’Intérêt Economique Générale- SIEG-).

Ce CPRDF doit nous permettre de sécuriser les parcours de formation, de mettre en cohérence et de rechercher les complémentarités entre les acteurs de la formation et enfin d’accompagner le développement économique et l’émergence de nouveaux métiers par la formation.
Ces enjeux sont donc en parfaite adéquation avec Graines d’emplois : répondre aux besoins actuels et futurs de l’économie régionale. Avec le Contrat de Plan Régional de Développement des Formations Professionnelles, la Région affiche le souhait d’organiser la carte des formations professionnelles à travers des pôles de compétences directement issus des réflexions de Graines d’emplois. Je pense notamment au pôle aéronautique, au pôle rééducation, ou à la filière bois.
Autre priorité de Graines d’emploi, prise en compte dans le CPRDF : le développement d’un  incubateur de formation pour innover en matière pédagogique et accompagner l’émergence de nouveaux métiers par la formation. 
Le « Pack Jeunes Adulte », dont l’ossature –la Carte Auvergne Jeune- que la Région lancera début 2012 (l’appel d’offre est en cours), est en adéquation avec ce CPRDF. Celui-ci prend en compte pleinement les priorités du Pack Jeune, en ce qui concerne les problèmes de logement, de mobilité, de santé des jeunes.
Le CPRDF affiche des orientations autour de la création d’activité pour les jeunes. Et les mesures -sous conditions de ressources- prévues dans le Pack jeunes contribueront à lever des freins à la professionnalisation des jeunes.

La priorité pour l’emploi, nous la mettons également en œuvre également dans le domaine agricole. L’agriculture est une activité majeure pour nos zones rurales, et donc l’emploi, en particuliers dans les zones d’élevage.

L’année agricole 2011 restera marquée par la sécheresse. La sécheresse du printemps 2011 a été préoccupante. Les pluies de juillet et août ont atténué les effets du manque d’eau du premier semestre. Mais le manque de fourrage est réel.
Il nous a semblé utile d’agir, sans pour autant nous précipiter : la météo nous a donné raison : les conséquences de cette sécheresse 2011 seront finalement moins graves que prévues. Aujourd’hui, pour la Région, l’objectif est d’aider les éleveurs par une action ciblée, efficace et juste.
Je tiens à préciser que la Région a engagé sur ce dossier un réel dialogue.
Dialogue avec les éleveurs : dès le mois de juin, Marie-José Chassin a rencontré les organisations syndicales.
Dialogue avec les Conseils Généraux : en juillet et août, la Région a organisé deux réunions avec les élus des quatre départements.
Dialogue également avec tous les représentants de l’agriculture auvergnate : à mon initiative, la Région a organisé une conférence agricole le 12 septembre au cours de laquelle j’ai annoncé le montant d’aide que la Région engagera, sous réserve du vote de notre assemblée : 1,1 million d’euros.
C’est un effort très significatif pour le budget régional. Vous savez à quel point les budgets des collectivités locales sont de plus en plus contraints.
Nous sommes responsables devant les Auvergnats de la bonne utilisation des ressources de la Région, qui doit être synonyme d’équité, d’efficacité et de justice pour les éleveurs.
Pour la Région, le meilleur dispositif pour utiliser au mieux cette enveloppe semble être de nous adosser au Fonds National de Garantie des Risques en Agriculture (FNGRA). Un système qui permet d’agir sur les zones les plus touchées par la sécheresse en ciblant au mieux notre soutien.
Les responsables professionnels font des propositions différentes, et demandent une aide collective aux fourrages. Nous avons entendu ces propositions le 12 septembre, et c’est pourquoi nous allons poursuivre le dialogue.
Sur la base de l’enveloppe de 1,1 M€, les modalités d’intervention de la Région seront rediscutées avec les quatre conseils Généraux, l'Etat, la Chambre Régionale d'Agriculture, tous les syndicats agricoles ainsi que les banques, dès le 29 septembre prochain.

Les conséquences de la sécheresse sur les résultats des exploitations seront connues seulement à la fin de l’année. La Région agira en fonction de la réalité des chiffres. 
J’ajoute que nous n’en resterons pas à une action de court terme. Nous souhaitons anticiper ces épisodes de sécheresse qui ont tendance à se multiplier.
C’est pourquoi nous engageons conjointement avec l’INRA une réflexion de fond sur l’avenir de l’agriculture auvergnate. Un premier rendez-vous est pris : le 9 février 2012 à la Grande Halle d’Auvergne pour discuter des adaptations que devront mettre en place les agriculteurs, et en particulier les éleveurs.
Enfin, permettez-moi d’attirer votre attention sur la thématique des transports, élément essentiel de la qualité de vie des Auvergnats et également condition de l’accès à l’emploi.
Les Auvergnats sont en droit d’attendre un service de qualité.
En moyenne, 19.000 voyageurs empruntent chaque jour nos TER. Les exigences de qualité de la Région à l’égard de la SNCF, de RFF et de l’Etat sont donc fortes.
Je rappelle que la Région s’est pleinement engagée dans le Contrat de Projet Etat Région 2007 – 2013 à hauteur de 44,6 millions d’euros.
Le Plan rail 2009 – 2013 représente un investissement de 60 millions d’euros.
En cinq ans, la Région aura investi 104,6 millions d’euros pour le train.
En 2011, la Région dépense chaque jour 363 000 euros pour le train.
Nous sommes en droit d’attendre, comme les usagers d’ailleurs, un service irréprochable.
Ce n’est malheureusement pas le cas.

Les suppressions de trains ont été régulières en 2010 et 2011, en particulier au cours des trois mois écoulés.
La SNCF évoque des « difficultés de production ». Elle reconnaît avoir mal anticipée les besoins en terme de renouvellement du  personnel. Cette situation s’est traduite par la suppression de près de 10.600 trains-kilomètres au mois de juillet et août 2011 en raison de « problèmes de ressources » humaines selon la SNCF.
J’ai eu l’occasion de saisir le Président de la SNCF et le Directeur Régional sur ces problèmes d’annulation de train. Je leur demande de prévoir, dès la conception des services par la SNCF, une réserve suffisante de personnel afin de pallier toute difficulté d’exploitation. La SNCF doit assumer en totalité la responsabilité de l’exécution du service.
Un Comité de pilotage entre la Région et la SNCF a eu lieu le 15 septembre pour évoquer les problèmes que je viens de citer. Il a été demandé à la SNCF de fournir rapidement un reporting quotidien permettant à la Région d’avoir connaissance officiellement et systématiquement des trains supprimés et des causes afférentes, et ce en application de la convention TER.

Je rappelle que pour l’année 2010, l’application des pénalités prévues conventionnellement entre la Région et la SNCF représente 2,7 M€.

Mais je rappelle encore une fois, aujourd’hui que la SNCF fait en fonction des moyens dont elle dispose, et qu’elle n’est pas seule responsable des difficultés qu’elle traverse. L’Etat doit, lui aussi, remplir son rôle à l’égard de la SNCF.
Concernant le cadencement, sa généralisation est imposée aux Régions par RFF et par l’Etat, et non par la SNCF.
A offre de service constante, les premières propositions faites par RFF pour la Région Auvergne pénalisaient les usagers. La Région a donc fait le choix de renforcer son offre ferroviaire. 
Au total, l’offre TER conventionnée avec la SNCF va augmenter de 4% (en trains-kilomètres) entre 2011 et 2012, avec 38 trains supplémentaires. Ce renforcement d’offre concerne surtout les zones périurbaines pour lesquelles l’augmentation de la fréquentation est la plus significative.

Afin de tenir compte des incidences de cette offre nouvelle, la contribution régionale devrait être majorée de l’ordre de 2,3M€.
En France, la Région Auvergne est celle qui fera l’effort le plus significatif en matière d’amélioration de l’offre pour s’adapter au cadencement !

Mais tout n’est pas réglé ; l’allongement des temps de parcours sur certaines lignes reste inacceptable : c’est le cas sur Clermont-Ferrand/Lyon, Le Puy-en-Velay/Saint-Étienne et Montluçon/Paris. La réponse qui vient de nous parvenir n’est pas satisfaisante.

Concernant les transferts des Teoz en gare de Bercy, la décision a été prise unilatéralement et sans aucune concertation préalable par RFF et la SNCF. Les Auvergnats ont été choqués par cette décision.
En annonçant le 15 septembre une étude complémentaire, l’Etat, la SNCF et RFF reconnaissent que ce transfert avait été décidé avec précipitation.
Le comité de suivi de la ligne suivra avec vigilance ces travaux. Dès le 3 octobre, il se réunira pour examiner les demandes déjà formulées sur le renouvellement du matériel et les conséquences négatives du cadencement sur les temps de trajets.
La mobilisation des élus, dont beaucoup parmi vous, et je vous en remercie, est très significative. Cette mobilisation a certainement quelque peu surpris l’Etat, la SNCF et RFF qui ne s’attendaient pas à une telle levée de boucliers. J’en profite pour vous indiquer que la Région a reçu plus de  450 délibérations de communes toutes fermement opposées au transfert en gare de Bercy.

Au sujet de la LGV, la Région vient de lancer une campagne d’information et de mobilisation pour dire « oui » à un tracé Auvergnat ! Je note d’ailleurs que RFF lance également en ce moment une grande campagne de communication avec le slogan : « De grand projet pour vous ».  Je suis convaincu que RFF a donc de grands projets pour l’Auvergne !

La Région a le devoir d’expliquer, de faire comprendre aux auvergnats qu’il faut qu’ils se mobilisent avec nous dans le cadre du débat public.

Pour ce qui concerne le débat public, si j’ose dire, les choses sérieuses commencent !
J’ai peine à croire qu’à ce stade, le projet puisse être abandonné. Je pense que dans moins d’un an, RFF aura confirmé la poursuite du projet. L’enjeu du débat sera donc bien celui des tracés.
Les uns et les autres en étaient restés aux déclarations d’intention. Mais les positions vont s’affirmer et la confrontation va commencer. Il s’agit bien de cela : nous entrons dans une bataille, et nous devons disposer de toutes les armes pour nous défendre et surtout pour gagner. Ceux qui comptent se présenter lors du débat public avec une position de compromis ne rendent pas service à l’Auvergne ! Les compromis, ils se feront à la fin du débat.
Pour la Région Auvergne, il n’y a aucune ambiguïté : le Ouest - Sud est le seul tracé acceptable et c’est le tracé que nous défendrons.

La Région portera donc, dès le 3 octobre, à l’ouverture du débat, si vous le validez,  un cahier d’acteur en faveur du tracé Ouest – Sud. Cette contribution vous est proposée aujourd’hui.
Ce document reprend les éléments de la motion adoptée en avril par notre Assemblée régionale. Il est enrichi par les données de l’étude que la Région a menée avec l’agence d’urbanisme de Clermont-Ferrand et d’autres collectivités auvergnates ainsi que l’association interconsulaire pour la LGV POCL, l’université Blaise Pascal et l’association ALTRO.
Les conclusions de cette étude insistent fortement sur les fonctionnalités auxquelles devra répondre le POCL, en particulier pour l’aménagement équilibré du territoire auvergnat.
Il devra permettre la création d’un système métropolitain d’envergure européenne (Clermont/Vichy/Roanne/Saint-Etienne/Lyon), en favorisant la mise en réseau des territoires d’Auvergne et de Rhône-Alpes. Seul le scénario Ouest-Sud répond à cette attente et permet en particulier la création d’une gare TGV nouvelle en Auvergne, ce que ne proposent pas les autres scénarios. Au coté de la Région, il est d’ores et déjà acquis que d’autres collectivités nous rejoindront pour porter le cahier d’acteur AUVERGNE. C’est le cas j’en suis sûr de la Communauté d’agglomération de Montluçon qui sera au coté de la Région. Il serait surprenant que ce ne soit pas le cas, le Ouest-Sud étant le plus favorable -et de loin- à Montluçon. La Région aura aussi le soutien de Vichy Val d’Allier et, c’est fait, de Clermont-Ferrand Communauté. Le Conseil Général du Puy-de-Dôme devrait aussi nous rejoindre.
Soyons vigilants, ce serait une erreur politique majeure de prendre le risque d’une LGV qui ne ferait qu’effleurer l’Auvergne.
Je le répète, le débat public sera une bataille ; nous avons le devoir de la conduire avec le souci de l’avenir de l’Auvergne et non de tel ou tel micro-territoire.
Mes cher(e)s collègues, l’Auvergne est et sera une Région attractive. La récente étude de l’INSEE le prouve d’ailleurs. L’Auvergne attire, l’Auvergne séduit, notamment pour sa qualité de vie.
Cela nous conforte dans notre démarche « Auvergne Nouveau Monde », notre marque territoriale dont le lancement aura lieu le 18 octobre à Polydome.
Nous travaillons tous les jours à rendre plus attractive notre Région. Je ne l’ai pas évoqué, mais de ce point de vue, l’enjeu du très haut débit est d’une importance considérable, au même titre que la grande vitesse ferroviaire.
La Région est consciente de ses responsabilités, elle agit et innove dans les territoires en faveur de l’emploi pour tous les Auvergnats. C’est une priorité pour nous. Cela le restera d’autant plus face à la crise qui nous menace.
Je vous remercie.