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Session des 27 et 28 septembre 2010 _____________________________________________________________________________________
Intervention de Monsieur Jean Mallot, Président du groupe socialiste et républicain du Conseil régional d'Auvergne
Monsieur le Président,
mes Chers Collègues,
Les Français sont
inquiets et en colère. Dans les villes comme dans les campagnes, dans les
champs comme dans les ateliers, salariés du privé comme du public, ouvriers du
bâtiment, de la métallurgie, du commerce, jeunes ou moins jeunes, employés en
CDI ou CDD, intérimaires, travailleurs non salariés, les Français crient leur
opposition à l’injustice, au creusement des inégalités, à la casse sociale.
Mais ils disent aussi leur inquiétude face au dérèglement de l’État et au
piétinement des valeurs de la République. Cette colère, mes
chers collègues, est palpable en Auvergne où nous avons vu défiler un très
grand nombre d’hommes et de femmes manifestant leur mécontentement, leur
inquiétude… pour eux-mêmes comme pour leurs enfants, plus nombreux encore le 23
septembre que le 7, que ce soit à Clermont-Ferrand, au Puy en Velay, à Moulins
ou encore à Aurillac. Ils ne comprennent
pas que l’on veuille transformer des retraités en chômeurs, que l’on prive les
jeunes d’un emploi que des plus âgés sont en âge de libérer. Ils appartiennent
à toutes les catégories professionnelles et sont de tous les âges. Ils
constatent l’acharnement anti-social, le rétablissement des privilèges,
l’affaiblissement de la République…qui sont le résultat de l’omni présidence
d’un homme. Ils constatent que
le nombre de chômeurs de catégorie A a augmenté de 2,8 % en Auvergne sur un an,
avec 49 181 personnes recensées. Si l’on y ajoute
les autres catégories, principalement celles qui exercent une activité réduite,
le plus souvent contrainte, ce chiffre d’inscrits s’élève à 89 115 pour l’Auvergne,
en hausse de 8,1 % sur un an ! Pour la France
entière, nous indiquent les statistiques de Pôle Emploi, 4,58 millions de
personnes sont aujourd’hui inscrites, toutes catégories confondues, en hausse
de 7,1 % sur un an. Malgré cela, ceux
qui se retrouvent dans la rue ne veulent pas se résigner. Il faut dire qu’un
grand nombre d’entre-eux ne sont pas surpris, car ils avaient compris que le
discours du candidat Sarkozy de 2007 n’était qu’une vaste supercherie à
laquelle ils ne s’étaient pas laissés prendre.
Mais d’autres se
trouvent aujourd’hui floués, trahis, ébahis par ce fossé qui peut exister entre
les discours de campagne d’un candidat et son action réelle dès l’élection
acquise. Car la promesse
d’équité devient le rétablissement des privilèges, la promesse de récompense
d’une vie de travail devient privation d’une retraite méritée… tandis que se
poursuivent les cadeaux fiscaux aux plus fortunés, les retraites chapeaux, le
refus de faire contribuer le capital à l’effort commun, le secours de fonds
publics en direction des responsables de la crise… Les résultats
promis en 2007 ne sont pas au rendez-vous. Le pays a donc perdu confiance. Il
assiste, consterné, à cette crise de système, à cette fin de règne où l’État ne
joue plus son rôle. La succession des événements récents
montre que le régime est devenu celui de l’irresponsabilité et de la
provocation : - une
circulaire qui stigmatise les Roms et dont nul ne se souvient de l’avoir vue ; - une
intervention du contre-espionnage pour rechercher les sources d’un journaliste
sans qu’il soit possible de savoir qui l’a diligentée et sur quelle base légale
; - une
Assemblée nationale dont le président ne respecte pas son propre règlement ; - un
projet de loi sur les retraites dont la mise au point ne laisse jamais place à
la négociation, quelle que soit l’ampleur des manifestations… sans évoquer la
situation pour le moins scabreuse du ministre du travail qui ne sait plus s’il
doit parler du dossier dont il a la charge ou de l’affaire dans laquelle il est
empêtré, et qu’il traverse de mensonge en mensonge. L’affaiblissement de l’État, les
blessures infligées à la République, l’abaissement du Parlement… Tout cela est
mauvais pour la démocratie. Cette situation encourage la Gauche à
se rassembler, à élever le niveau et à préparer l’alternative avec soin. Il ne
faut plus seulement dénoncer, il faut ouvrir un autre chemin, offrir un espoir
au pays. Le projet de loi
sur les retraites est devenu le symbole de la politique d’injustice et
d’inefficacité du système Sarkozy. Nous considérons
pour notre part que les propositions sérieuses formulées par les centrales
syndicales méritaient d’être entendues, discutées et négociées avec le ministre
en charge de cette réforme, plutôt que de recevoir une fin immédiate de non-recevoir. Ce n’est pas comme
cela que l’on gouverne un pays. Il faut aussi savoir entendre les propositions
de ses opposants qui avancent des mesures bien construites, de nature à
rétablir vraiment et durablement l’équilibre des comptes, des mesures justes
par une répartition équilibrée des efforts. Le Président veut
passer en force alors que son rôle est d’abord et avant tout de garantir le
dialogue social. Il adopte ainsi
une posture dogmatique, partisane… qui nous éloigne de l’esprit républicain. Alors oui, mes
chers collègues, l’heure est venue de préparer pour la France une alternative
entièrement tournée vers l’intérêt commun. Cette politique
est déjà à l’œuvre dans nos régions, et nos concitoyens nous savent gré d’être,
avec les autres collectivités locales, les premiers pourvoyeurs
d’investissements, de prospectives et
d’actions concrètes. Il faut que nos
concitoyens sachent que cet état d’esprit, qui nous anime dans les régions et
que ce gouvernement veut briser, nous serons en capacité de le proposer au pays
en 2012 pour lui redonner espoir et fierté. Nous
proposerons un nouveau modèle de développement social et écologique à la France
comme nous l’avons proposé en mars 2010 à l’Auvergne. Nous avons
des propositions sur la politique industrielle et sur l’agriculture. Nous sommes
résolus à rééquilibrer un juste effort entre capital et travail. Comme en
Auvergne nous proposerons un avenir pour la jeunesse, car il n’est pas de
société viable lorsque sa jeunesse est privée d’horizon. Comme en
Auvergne nous proposerons le renforcement des services publics, notamment de
l’école pour assurer la réussite de chaque enfant et permettre l’émancipation
de chacun. Dans cette
période difficile, les Français et les Auvergnats doivent savoir qu’ils peuvent
compter sur nous, qu’il existe une parole politique qui peut être tenue. C’est bien
là, dans nos régions, sans effets d’annonces, sans gesticulations médiatiques,
sans bling-bling, que nous mettons en œuvre des politiques innovantes, qui
inspireront plus tard un programme de gouvernement juste et solidaire. Nous le
faisons avec tous nos partenaires de gauche car notre gestion locale est le
laboratoire de la gauche solidaire qui, demain, devrait être appelée aux
responsabilités nationales. Notre session
d’aujourd’hui est là pour traduire concrètement cette action que nos
concitoyens attendent de nous. Elle
succède aux quelques centaines de décisions votées hier par notre Commission
Permanente, après une sérieuse instruction par nos services et des débats
fructueux en commission. Nous projetons
donc l’Auvergne, au long de nos débats d’aujourd’hui, dans un avenir que nous
appréhendons avec confiance et conviction. Confiance et
conviction lorsque nous examinerons les réelles avancées de l’Auvergne Haut
Débit : l’ouverture des 289 sites prévus au contrat, l’opticalisation de
19 sites en anticipation du programme 2013, ou encore l’élargissement du
périmètre à 301 Très petits Sites Techniques… Confiance et
conviction lorsque nous aborderons le bilan 2009 du transport ferroviaire
régional et le très gros effort que nous consacrons à l’exploitation des Trains
Express Régionaux. Confiance et
conviction lorsque nous débattrons des dossiers de Formation Professionnelle et
d’Éducation, ou encore des programmes très ambitieux que nous portons pour le
tourisme en Auvergne. Confiance et
conviction encore lorsque nous examinerons le rapport d’activités pour 2009 de
la SEM Volcans et celui de la Grande Halle d’Auvergne dont nous ne pourrons que
nous satisfaire, tant ces outils utilisent au mieux leurs capacités, produisent
de la valeur ajoutée et contribuent au rayonnement de l’Auvergne. Une
progression de la fréquentation extrêmement satisfaisante pour Vulcania, un
nombre d’événements organisés en hausse pour la Grande Halle. Avec à la clef
des résultats comptables et financiers qui sont rassurants, dans la difficile
période de crise que nous traversons. Oui nous avons
bien fait de sauver Vulcania de la faillite et de le relancer en 2007. Confiance et
conviction enfin lorsque nous devrons nous prononcer sur le projet et le
périmètre de création du Parc Naturel régional « Gorges du Haut Allier
Margeride », faisant de notre Auvergne la région couverte par trois Parcs
Naturels Régionaux de très haute qualité et sans doute un quatrième lorsqu’aura
émergé le projet de Parc Naturel régional de l’Aubrac. Le Conseil
régional d’Auvergne travaille. Il agit. Cela se sait. Cela se voit. Et nos
compatriotes nous le disent.
Notre politique
obtient des résultats importants qui ont, en seulement quelques années, modifié
en profondeur l’image d’une Auvergne jadis dépassée par la modernité, repliée
sur elle-même. L’Auvergne est
désormais bien ancrée dans son siècle. Moderne, à la pointe de la technologie,
avec un outil de formation rénové, des équipements de qualité, une recherche de
pointe. Et pourtant les
coups durs ne manquent pas. Le dernier en date étant l’annonce par l’État des
fermetures de prisons à Montluçon et Aurillac. Ce genre d’annonce nous oblige à
nous mobiliser pour obtenir parfois gain de cause comme pour le TGI de Moulins
rétabli par le Conseil d’État. Toutes ces
batailles nous les menons de façon déterminée comme nous le faisons pour
obtenir la modernisation de la Route Centre Europe Atlantique dans l’Allier -
pour laquelle le débat public va enfin commencer et pour laquelle nous
demandons à l’État de tenir ses
engagements - ou celle de la N122 dans le Cantal ou encore la N102 dans la
Haute-Loire. Reste que, au-delà
de tous ces combats, notre rôle est de préparer d’autres grands projets sur
lesquels l’État traîne encore, peu soucieux qu’il est de ses devoirs de
solidarité dans l’aménagement du territoire national. Je veux parler
bien sûr du TGV, pour lequel, souvenez-vous, nous avons collecté 60 000
signatures en seulement deux semaines en 2008 et pour lequel nous avons
obtenu la signature d’une déclaration commune avec la Région Rhône Alpes,
plusieurs départements et agglomérations comme celle de Roanne, de Lyon, de
Saint-Étienne, de Vichy et de Clermont-Ferrand.
Notre demande est
légitime. Elle est appuyée par les Auvergnats et déborde même nos frontières
régionales. Avec les régions,
départements et agglomérations signataires, nous voulons une ligne à grande
vitesse qui passe le plus à l’Ouest et le plus au Sud possible, irriguant
véritablement l’Auvergne et ne délaissant pas Montluçon, faisant en sorte que
Clermont-Ferrand soit à deux heures de Paris et que Lyon soit accessible en une
heure depuis la capitale régionale. Voilà ce que nous
souhaitons pour l’Auvergne. Voilà sur quelle base l’État et Réseau Ferré de
France doivent travailler pour doter enfin le centre de la France d’un mode de
déplacement ferroviaire à grande vitesse. En acceptant le
schéma de ce futur tracé le gouvernement montrerait qu’il sait prendre en
compte les véritables enjeux d’aménagement du territoire, répondre aux besoins
de solidarité nationale, pour mettre fin au désert ferroviaire grande vitesse
du centre de la France. Mais nos projets
vont aussi au-delà de ces exigences en grands équipements puisque nous avons
placé cette rentrée sous le signe de la jeunesse proclamée « grande cause
régionale ». Au-delà des 586
000 € quotidien que nous consacrons à l’Éducation et à la Formation de nos
jeunes, nous souhaitons leur ouvrir l’accès à l’autonomie dans les domaines
essentiels comme le logement, la santé, les transports, l’accès à d’autres
services essentiels touchant à leur quotidien. Nous sommes entrés
dans la phase active de la concertation, de la consultation, de la fédération
des acteurs et de la recherche de partenaires. Nous souhaitons
que tous y participent et fassent preuve d’imagination et d’audace dans leurs
propositions. Nous devrons être
prêts pour une mise en œuvre en 2011 de cet ensemble de mesures en faveur de l’autonomie
des jeunes d’Auvergne. Nous voulons que ce pack - jeune soit une réussite. Autre sujet majeur
qui reçoit toute notre attention, tant ce secteur revêt de l’importance pour
l’Auvergne : l’agriculture. Je veux ici
rappeler l’essentiel de l’avis d’initiative du Comité des Régions d’Europe qui
a été voté le 9 juin 2010 à Bruxelles, et qui porte en lui l’espoir pour toute
la profession agricole en proie aujourd’hui à une inquiétude et un sentiment
d’abandon de la part des pouvoirs publics, à commencer par ce gouvernement qui
n’aura fait que promettre et promettre encore, tout en laissant faire le marché
pour, au final, brader les intérêts de l’agriculture française. Nous voulons être
dans une autre logique, lucide et réaliste à l’égard de l’échéance de 2013 pour
la PAC. Avec le Président
Souchon et le Comité des Régions d’Europe, nous inscrivons notre action en accompagnement
d’une PAC 2013 : - qui doit demeurer
une politique commune ; - qui doit assurer
l’indépendance et la sécurité alimentaire des Européens ; - qui doit assurer
une stabilité des revenus des agriculteurs ; - qui doit
bénéficier à l’ensemble des productions, favoriser le changement des pratiques
agricoles, privilégier l’emploi et l'occupation du territoire ; - qui doit
privilégier les systèmes de production les plus respectueux de l’environnement
et des ressources naturelles ; - qui doit adapter
ses dispositifs au niveau régional pour prendre en compte les disparités
géographiques et les spécificités territoriales ;
- qui doit être doté
d’un budget à la hauteur des enjeux et des défis à relever. Les conférences
régionales agricoles qu’organise l’exécutif régional permettent de faire
avancer ces idées auprès de la profession, d’ancrer la possibilité d’une
relocalisation de l’économie agricole dans le but de favoriser les productions
locales, de miser sur la qualité et la spécificité de nos productions, de
valoriser les atouts des productions auvergnates auprès des consommateurs et
transformateurs. J’ai par ailleurs
lu avec intérêt l’avis du Conseil Économique et Social régional sur l’ensemble
des rapports soumis à notre session d’aujourd’hui. Je ne peux que me
féliciter de la belle unanimité de jugement favorable qui en ressort. Cela est
vrai pour les aides exceptionnelles à la société Régional qui déboucheront sur
la création de 40 emplois industriels propres à conforter l’émergence et le
développement d’un authentique pôle aéronautique régional. Mais cela est vrai
aussi pour les dossiers agricoles, de formation professionnelle ou encore
d’attractivité touristique autour de la marque « Auvergne Nouveau
Monde » dont on peut attendre qu’elle bouleverse de fond en comble la
communication régionale et l’image de l’Auvergne autour d’un concept centré à
la fois sur l’Humain et sur la Nature. Monsieur le
Président, mes chers collègues, je voudrais conclure mon propos en attirant
votre attention sur les trois vœux et motion déposés aujourd’hui par le groupe
socialiste et républicain, et sur lesquels nous aurons à nous prononcer cet
après-midi. Ils reflètent
bien, je le crois, la situation dramatique que vit une France en crise, au plan
intérieur comme au plan extérieur. L’un est lié aux
condamnations par les instances internationales de la politique migratoire de
la France et demande au Gouvernement de mettre un terme
à cette politique de l’arbitraire et de la discrimination, et d’inscrire la
politique migratoire de la France dans le respect du droit, de l’éthique et des
hautes valeurs morales incarnées à l’extérieur par notre Pays. L’autre,
concernant la défense du système de retraite par répartition et le maintien de
l’âge légal de départ à 60 ans, propose de bâtir, dans la concertation avec les
organisations syndicales, une réforme réaliste, durable et juste, partagée par
tous, autour des axes attendus par les Français : - maintenir l’âge légal de départ à soixante ans et l’âge de
départ sans décote à soixante cinq ans, - garantir le niveau de vie des retraités, - faire une réforme juste qui repose sur des efforts partagés, - créer les conditions pour que l’impact de cette réforme soit
durable, - permettre davantage de choix individuels dans le cadre de
garanties et de protections collectives, - trouver de nouvelles ressources notamment auprès des revenus
du capital, - faire de l’emploi des seniors un enjeu majeur, - prendre réellement en compte la pénibilité et les petites
retraites, pour des raisons de justice. Et enfin
une motion, pour dénoncer l’imposture de la prétendue réforme territoriale qui
aboutira à l’étouffement des initiatives régionales et stoppera la modernisation
de notre pays. Ces trois
vœux et motion sont révélateurs du dysfonctionnement de nos institutions et du caractère néfaste de la
politique nationale actuelle. Il convient
donc que le Conseil régional d’Auvergne exprime solennellement son opposition à
cette politique, qui se trouve à l’exact opposé de l’action que notre majorité
conduit en Auvergne et que je vous invite à soutenir. Je vous remercie.
Session des 27 et 28 septembre 2010 _____________________________________________________________________________________
Intervention de Monsieur René Souchon, Président du Conseil régional d'Auvergne,
Mes
cher(e)s collègues,
L’heure a
sonné pour notre collectivité de faire sa rentrée de manière collégiale même
si cela fait déjà plusieurs semaines
que nous sommes les uns et les autres au travail. Comme il
est de coutume, je prendrai quelques instants pour vous faire part de mon
sentiment sur les évènements qui se sont déroulés cet été, un été
symboliquement ensoleillé sur le plan régional, mais avec de grandes tâches
d’ombre à l’échelle nationale. Nous
venons de vivre une séquence politique et médiatique terrible pour notre Pays.
La désignation d’un bouc émissaire ethnique en la personne des Roms a fait
l’objet d’une condamnation quasi unanime en Europe. Il n’est que le sulfureux
Berlusconi pour avoir approuvé les choix du gouvernement français en la
matière ! Partout
dans le monde, des voix se sont élevées pour dénoncer la politique du
gouvernement français. L’amalgame
entre insécurité et immigration, outre qu’il est injuste, introduit des
ferments de division et d’hostilité dans notre Pays. Le populisme
xénophobe qui inspire le gouvernement traduit une dérive idéologique
préoccupante et dangereuse. Force est
de constater que les idoles et les modèles de la droite ont changé de visage.
De Gaulle a laissé la place à Barrès ! Je suis
comme beaucoup de Français consterné et triste que l’on participe au plus haut
niveau de l’Etat à la déchéance des valeurs de la République. Le risque
est grand, à continuer ainsi, de voir
la France ne plus se ressembler et tourner le dos à son histoire et à ses fondamentaux. En tant
que citoyen, en tant qu’élu, je ne me résignerai jamais à accepter de tels
errements. Ma conception de la République est toute autre. Ceci étant
dit, je ne m’attarderai pas et reviendrai à l’actualité régionale –sachant, de
toute façon, qu’on ne peut pas faire comme si l’Auvergne se situait hors du
temps et de l’histoire-. A la
lecture des rapports qui nous réunissent aujourd’hui, vous constaterez que
notre région est en mutation, une mutation que nous entendons bien accentuer
malgré les contraintes administratives et financières qui pèsent sur nous. Sur le
plan touristique tout d’abord, vous avez pu lire dans la presse qui s’est fait
le relais d’une étude récente que notre région se porte bien et que les
professionnels du tourisme sont en très grande partie satisfaits de leur
saison. Le taux d'occupation
moyen a avoisiné les 70 % si l’on considère tous les modes d'hébergements. Le niveau de dépense
touristique revient à un niveau de 45 euros par jour et par personne,
correspondant ainsi à celui précédant la période de crise. Enfin, signe
encourageant pour l’avenir du secteur et de l’économie auvergnate : un
professionnel sur deux a l'intention d'investir dans son outil de travail, et
un quart envisage de recruter du personnel supplémentaire dans les quatre
prochaines années. Ces tendances se sont
largement vérifiées à l’entrée de Vulcania où le nombre de visiteurs estivaux est
en hausse pour la quatrième année consécutive. Les visiteurs passent
en outre plus de temps sur le parc : la durée de visite atteint presque 7
heures, contre 6 heures en 2009. L’explication se
trouvant dans un développement des nocturnes, des animations et dans le
renouvellement des attractions, engagés depuis 2007 grâce aux efforts
financiers de la Région. Les Auvergnats
renouent avec le site (+28 %) alors que 85 % de visiteurs viennent des autres
régions françaises. Quant au public
étranger, il est en progression de 9 % sur juillet et août, ce qui représente cette année 10 % de la
fréquentation estivale. La tendance très positive décrite dans le rapport d’activités
2009 se confirme donc et Vulcania s’installe bel et bien dans le paysage touristique régional et national. Mais surtout, Vulcania
occupe une place de choix dans le cœur de ses visiteurs et en particulier des
Auvergnats qui semblent enfin s’être appropriés ce parc du vulcanisme. Monsieur le président
de la SEM Vulcania, cher Jean MALLOT, votre travail et celui de vos équipes est
en train de payer. Je proposerai bien sûr
que la Région continue d’apporter son soutien, prévu dans la délégation de
service public. Nous poursuivons notre accompagnement car les résultats,
si bons soient-ils, ne doivent pas nous inciter à relâcher nos efforts. Nous
savons tous que les tendances et les modes passent, que l’habitude et le
conservatisme engendrent la mollesse et mettent en péril les efforts passés. Dans un parc, il faut sans
cesse innover et remettre sans relâche le travail sur le métier. Innover, c’est ce que
je vous propose de faire en élaborant la plateforme de marque « Auvergne
nouveau Monde » : il s’agit de dire et de redire, de la manière la
plus pertinente et efficace qui soit, que l’Auvergne est une terre qui offre
une qualité de vie exceptionnelle et qu’à ce titre, elle est en capacité d’accueillir
de plus en plus et de mieux en mieux,
ce qui est vital pour notre avenir. Ce
message mérite d’être transmis sans modération. La stratégie de marque
que nous engageons doit nous aider à atteindre cet objectif : - parce qu’elle
véhicule l’image de la Région à l’extérieur, - parce qu’elle
consolide le sens que donne chacun d’entre nous à l’Auvergne, - parce qu’elle peut
être utilisée comme un véritable lien social. Nous
avons le titre du roman, reste désormais à l’écrire…à plusieurs mains. Nous devons donc par
l’entremise du comité régional de développement touristique d’Auvergne
approfondir cette stratégie, réunir dans les semaines qui viennent l’ensemble
des acteurs concernés autour de cette initiative, et donner toutes les chances
à la marque « Auvergne nouveau monde » de rayonner largement. Autre nouvelle page de
l’histoire de la région qu’il convient d’écrire : celle de la jeunesse. Nous entrons
maintenant dans le vif du sujet avec une concertation qui a débuté et qui va se
poursuivre tout au long de l’automne, sous l’impulsion de la Vice-Présidente
Anna Aubois. Nous allons énormément consulter, échanger avec les partenaires
institutionnels, associatifs, avec les jeunes, de manière à trouver et proposer
les réponses les plus adaptées aux besoins de cette frange de la population à
laquelle nous souhaitons accorder une attention toute particulière. Il ne s’agit pas pour
la Région de se mêler de tout. Il s’agit de créer une dynamique, de faire en
sorte que chaque Auvergnat se sente concerné par l’avenir de notre jeunesse. D’ailleurs, dès cette rentrée,
nous avons fait preuve de réactivité sur le problème des manuels scolaires. En effet, la donne a changé. Les
élèves et leurs parents ont pu constater que la réforme des lycées, par le
truchement du renouvellement de nombreux manuels scolaires en classe de
seconde, les pénalisait financièrement.
Les élèves de seconde de l’an dernier se sont en effet retrouvés avec un stock
de livres invendables et de fait,
privés d’une ressource pour l’achat de leurs nouveaux manuels. Voilà pourquoi il nous est apparu juste de proposer une aide
exceptionnelle pour l’achat des manuels scolaires : 60€ en plus au profit
des lycées inscrits en classe de première. Les modalités de cette mesure
exceptionnelle font l’objet d’un rapport détaillé qui vous sera présenté lors
de cette session. L’accès à l’éducation, à la
connaissance passe en Région par la gratuité des manuels scolaires dans les
lycées. Nous nous efforçons de nous y tenir. Cette nécessité de
l’action est également au cœur d’un
autre grand chantier que nous avons entrepris il y a trois ans : celui du
haut débit et du très haut débit. Les mutations de
l’Auvergne en la matière s’accélèrent et il faut s’en réjouir. Mais là encore, le
mouvement ne doit pas être interrompu. Pour cette raison,
j’ai proposé en accord avec le Préfet de région de coprésider une réunion
d’information et de sensibilisation aux enjeux du numérique et du très haut
débit avec les Préfets des quatre départements à destination des
Conseillers généraux et des élus communautaires de tous les EPCI. Quatre réunions
départementales sont ainsi prévues durant les mois d’octobre et novembre. Nous
présenterons ainsi l’état d’avancement du schéma directeur d’aménagement du
numérique pour l’Auvergne élaboré en partenariat avec l’Etat, la Région, les
Départements de l’Allier, du Cantal, de la Haute Loire, et du Puy-de-Dôme, les
communautés d’agglomérations du Bassin d’Aurillac, de Montluçon, du
Puy-en-Velay, de Vichy Val d’Allier ainsi que Clermont-Communauté et Moulins
Communauté, avec le soutien de la Caisse des dépôts et consignations. Dans le même temps,
nous nous sommes mis en capacité de répondre, pour le 5 octobre prochain, à
l’appel à projets pilotes, lancé par le
gouvernement dans le cadre du plan très haut débit. Cet appel a pour objet de faire
émerger des expérimentations, menées conjointement par les opérateurs et les
collectivités locales, qui seront subventionnées à hauteur de 500 000€ chacune.
Ces tests "grandeur nature" serviront à valider les aspects
techniques, financiers et juridiques des déploiements dans les zones à faible
et moyenne densité. Les premiers travaux doivent démarrer avant le 1er décembre
2010 et s'achever au plus tard le 1er juin 2011. Autant dire que nous ne ménageons
pas nos efforts pour être sur les rangs et occuper une place de choix, comme
nous avons su le faire pour le haut débit (je vous renvoie au rapport annuel
2009 remis par France Telecom, titulaire du partenariat ). J’ai d’ailleurs
rencontré récemment, pour plaider le dossier auvergnat, le directeur de l’ARCEP
et l’adjoint au responsable des investissements d’avenir. Autre partenariat dans le domaine
numérique qui montre l’avance prise par la Région, le centre régional auvergnat
de l’information géographique. Né d’un partenariat Etat/ Région, le CRAIG porte
aujourd’hui de nouvelles ambitions, qui se traduisent par sa transformation en groupement d’intérêt Public avec comme
membres fondateurs : l’Etat, le Conseil régional, les 4 conseils généraux,
les agglomérations d’Aurillac, de Clermont, de Montluçon de Moulins, du Puy en
Velay, de Vichy et l’IGN. Ce tour de
table et la présence de l’IGN en font un dispositif unique en France. Et pour faire le lien avec mon
propos précédant relatif à nos ambitions en matière de très haut débit, le
CRAIG aura vocation à gérer toutes les données géographiques nécessaires à
l’aménagement numérique de notre territoire. Cela peu paraître un peu abstrait
au premier abord mais cela détermine fortement l’avenir numérique de notre
région , et par voie de conséquence, la clé de son développement. L’accès de tous les Auvergnats au très
haut débit le plus vite possible constitue une chance inespérée pour
l’attractivité de nos territoires, y compris les plus ruraux. A l’heure de l’économie mondiale, l’Auvergne doit être en relation
instantanée avec n’importe quel pays de
la planète ; nous y travaillons de façon à être dans les premières régions
européennes entièrement couvertes par le THD comme nous avons su le faire pour
le HD. Je le répète, c’est un enjeu
essentiel pour notre région. Mais la modernité de l’Auvergne ne
se mesure pas seulement en mégabits seconde. Nos paysages, l’activité
économique qui en résulte reçoivent toute notre attention. Cela s’est traduit dans
l’actualité récente par deux types d’interventions : La deuxième conférence régionale
agricole qui nous a permis avec Marie-Josée CHASSIN, vice présidente chargée de
la ruralité et de l’agriculture, de refaire un point sur la mise en œuvre de la
politique agricole de la Région Auvergne, en insistant notamment sur l’emploi en agriculture, la
modernisation des unités de production, l’agriculture biologique, ainsi que la qualité
et la valorisation de la production. Au cours des trois heures de
débats que nous avons eues avec les représentants du monde agricole, je dois
vous dire que j’ai observé une convergence de vues parfois surprenante, en tout cas nouvelle, sur un certain nombre
de points. A
ainsi été acté que : - la concentration des moyens de
la collectivité sur les actions les plus efficaces compte tenu du contexte
budgétaire dans lequel nous nous trouvons était tout à fait appropriée, -
mais également que nous avions besoin de renouveler les modèles de
développement agricole mis en place depuis 4O ans au niveau européen et
national. Je pense en effet que nous avons
besoin d’un modèle d’agriculture plus économe et plus écologique et
surtout d’une gouvernance renouvelée s’appuyant sur le périmètre régional afin
de tenir compte, au plus près des lieux de production, de la spécificité des
territoires. Par exemple, l’élevage ovin de la
Margeride n’est pas celui du Bourbonnais. C’est le discours que j’ai eu
l’occasion de développer au Comité des régions à Bruxelles et je ne peux que me réjouir de l’évolution des
positions de certains représentants du monde agricole sur le sujet. Nous organisons d’ailleurs, sur ce
sujet de l’agriculture, une table ronde au sommet de l’élevage qui réunira des
intervenants de très haut niveau et une représentation syndicale dans toute sa
diversité. Le deuxième niveau d’intervention
qui renforce la modernité de l’Auvergne dans un monde de plus en plus conscient
de la valeur de son environnement naturel, c’est notre politique particulièrement
volontariste en terme de parcs naturels régionaux. Les deux parcs actuels dont
dispose l’Auvergne– celui des Volcans d’Auvergne et celui du Livradois-Forez- représentent 27% du territoire auvergnat. Il
est entendu par tous qu’il s’agit d’un atout exceptionnel et pour cette raison,
la Région les accompagne financièrement
à travers une dotation de fonctionnement et une aide à la programmation
opérationnelle, cela représente en 2010 un total de 3 120 000 €. Mais là encore, il nous faut voir
plus loin et renforcer les atouts dont nous disposons aujourd’hui. Forts de ce
constat, nous nous sommes attachés avec Lionel ROUCAN et plus récemment
Christian BOUCHARDY, à faire émerger deux nouveaux parcs régionaux : - l’Aubrac, qui concerne également les régions
Languedoc-Roussillon et Midi -Pyrénées - les Gorges du Haut/Allier Margeride, avec de nombreux
partenaires des régions Auvergne et
Languedoc-Roussillon. Cela se traduit aujourd’hui par l’engagement
de la collectivité sur la préfiguration de ces deux parcs qui prendra la forme,
pour le premier, d’un syndicat mixte d’émergence –nous avons constitué une
association en juillet- et pour le deuxième d’une association, ceci dès janvier
2011. Sur tous ces sujets majeurs et
beaucoup d’autres comme les nouveaux emplois et les nouveaux services, le
soutien à l’innovation, la Région est en action, en mouvement. Avec
enthousiasme, avec détermination. Nous avons lancé de nombreux chantiers et
nous commençons à récolter les fruits de notre travail et de nos choix
stratégiques. L’exemple de l’aéronautique est à
ce titre très parlant car il illustre bien
le rôle de la Région à travers deux évènements -l’un qui vient d’avoir
lieu et l’autre qui est prévu dans les prochains jours. - Pour le premier il s’agit de la pose
de la première pierre du site de maintenance de la compagnie Régional, qui
constitue la première étape d’un investissement de 18,5 millions d’euros sur
l’aéroport Clermont-Ferrand Auvergne et
la création de 40 emplois. Vous aurez l’occasion de voter une
aide exceptionnelle de 870 000€ au total, qui sera étalée dans le temps et
conditionnée notamment à la création effective des emplois prévus. Cette aide
sera complétée par l’agglomération de Clermont-Ferrand et le Conseil général du
Puy de Dôme selon la clé de répartition du syndicat mixte de l’aéroport
Clermont-Ferrand Auvergne. Le
syndicat mixte a par ailleurs prévu l’aménagement d’un parking de 310 places en
2011 et signé le protocole permettant une nouvelle autorisation d’occupation
temporaire de la zone Sud de l’aéroport,ce qui
assure le développement des activités de Régional tout en offrant la
possibilité au syndicat de faire émerger d’autres projets sur la zone Nord de l’aéroport ; je pense notamment à l’implantation du pôle
régional de formation aéronautique pour la rentrée scolaire de 2012. Un pôle qui devrait confirmer notre détermination
pour la formation et conforter l’Auvergne dans sa place de 4ème
région aéronautique en France. - Autre événement majeur de
l’automne dans le secteur aéronautique, l’organisation de la convention
d’affaires Aeroliance qui se tiendra à la Grande Halle le 13 octobre prochain.
Cette initiative conduite par l’ARDE et son Président Hamid BERKANI est très
prometteuse puisqu’à ce jour, se sont
inscrites plus de 700 entreprises dont 41 auvergnates, ainsi qu’une
délégation chinoise du Liaoning très importante parmi la trentaine de pays
représentés. Chacun connaît ici le contexte
financièrement contraint dans lequel nous a placé le gouvernement. L’opinion
publique est donc en droit de s’interroger pour savoir comment nous allons
réussir tous ces chantiers et ceux à venir avec des ressources sur lesquelles
nous n’avons plus de maîtrise. A cela je réponds avec clarté. L’exécutif régional et sa majorité
travaillent depuis 3 mois et demi à caler le budget 2011. Nous n’avons plus d’autonomie
fiscale, plus d’impôt direct à voter ; nos ressources vont, au mieux,
stagner. Il faut donc prendre des mesures
lourdes pour préserver notre capacité d’autofinancement, limiter notre
endettement et diminuer notre budget de fonctionnement. L’exécutif est sur le point de
toucher au but quant aux propositions à faire à notre assemblée lors du débat
d’orientation budgétaire. Je veux ici remercier les
Vice-présidentes et Vice-présidents pour leur sens des responsabilités. Le gouvernement programme l’asphyxie
financière des Régions. Nous avons décidé de faire face, sans céder sur les
priorités de notre programme. Je peux d’ores et déjà vous dire
que nous tiendrons nos engagements, en particulier en direction de la jeunesse,
du développement économique, de l’agriculture et du développement durable. Pour combien de temps me
direz-vous ? A l’heure de la présentation du
texte de la réforme territoriale à l’Assemblée nationale, la question se pose
malheureusement avec acuité et mon inquiétude est grandissante. Le gouvernement, après avoir
bâillonné le Sénat, procède, ce jour même, à l’enregistrement par l’Assemblée
Nationale du texte qui condamne les Régions et plus largement ampute la
démocratie locale. Le Président de la République a méprisé les élus locaux en
les excluant de ce débat. Il trompe les Français car cette réforme sera très
coûteuse, profondément centralisatrice et elle aura pour conséquence de
réduire l’investissement des collectivités locales tout en créant de la
confusion dans les relations entre les Français et leurs élus. En attendant la remise en cause de
cette réforme rétrograde dans une prochaine mandature, je vous invite à
poursuivre notre action en suivant la ligne que nous nous sommes fixée depuis
mars dernier. Et malgré le contexte très
alarmant, je souhaite que nos travaux de ce jour se déroulent dans un climat serein
et constructif. Je vous en remercie par avance.
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