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Session du 9 avril 2010 _____________________________________________________________________________________
Intervention de Monsieur Jean Mallot, Président du groupe socialiste et républicain du Conseil régional d'Auvergne
Monsieur le
Président, Mes cher(e)s collègues, Les urnes ont
rendu, le 21 mars dernier, un verdict sans ambiguïté. Elles ont donné une
assemblée de gauche dans 21 Régions métropolitaines sur 22. En cela les
citoyens ont sanctionné clairement la politique du gouvernement Sarkozy –
Fillon. Ils ont exprimé leur mécontentement, leur défiance, leur désapprobation
vis à vis d’une politique ultralibérale qui casse les services publics,
détricote la République, lamine les acquis sociaux et défait le lien social. Ils ont rejeté le
modèle social que veut nous imposer la droite, une société de l’accroissement des
inégalités, de l’appauvrissement et de la dislocation des territoires. Ils ont
dit clairement leur préférence pour l’équilibre, la justice et le maintien
d’une cohésion sociale et territoriale. Il est vrai que
nos adversaires de droite avaient annoncé qu’ils voulaient faire à l’Auvergne
ce que M. Sarkozy fait à la France. La réponse a été claire. Ce résultat
électoral, par son ampleur, donne à l’évidence à toutes les Régions socialistes
sortantes un satisfecit sur leur bilan qui est aussi celui de leurs partenaires
écologistes et du Front de Gauche. Car c’est aussi le
résultat d’une dynamique du rassemblement à gauche qui correspond aux
aspirations de l’électorat et qui s’est manifestée très clairement entre les
deux tours. Le vote des 14 et
21 mars reconnaît le rôle de bouclier social assumé par les Régions dans les
compétences qui sont les leurs, et, au-delà, dans leur rôle de premier
investisseur public de France, ce qui a grandement contribué à l’amortissement
de la crise financière, économique et sociale que nous traversons. A propos de
compétences, je rappelle que la Région qui agit déjà, au-delà de ses
compétences, sur le plan rail ou pour les Universités, n’a pas vocation à
financer les routes. Il n’y a pas de
routes régionales. L’Auvergne a donné
à la gauche sortante le troisième score le plus élevé des 22 Régions françaises
de métropole. Les électeurs de notre région ont écarté l’extrême droite des
bancs de notre Assemblée, ce dont nous devons nous réjouir, tant le climat
installé par les représentants du Front National durant les douze dernières
années de présidence de Monsieur Giscard d’Estaing avait parfois des côtés
malsains, à l’opposé de notre idéal républicain. Il est tout aussi
vrai que le début de cette campagne électorale avait pris lui aussi un tour
malsain avec certains messages que plusieurs candidats de l’UMP véhiculaient
abondamment et n’hésitaient pas à reproduire dans leurs tracts. Je n’insisterai
pas sur ce candidat tête de liste UMP dans un département que je connais bien qui
appelait ses amis et colistiers à « prendre leur fusil » pour entamer
la campagne… Il y a eu,
souvenez-vous, ces calomnies de la Droite qui visaient directement le Président
du Conseil régional, répandant des contre-vérités sur l’état des finances régionales,
inventant des parcs de voitures de fonction, fustigeant d’imaginaires budgets
pharaoniques de communication… tandis que ces mêmes candidats multipliaient les
promesses démagogiques, annonçaient des créations d’emplois par milliers,
oubliant qu’ils étaient eux mêmes les meilleurs soutiens du gouvernement du chômage
et de la casse sociale. Heureusement que
la lucidité des Auvergnats aura permis de démasquer ces candidats da la
caricature, du mensonge et de la calomnie. Alors, bien sûr,
nous déplorons l’abstention trop forte qui s’est manifestée les 14 et 21 mars.
Elle traduit d’abord et avant tout le désaveu complet d’une politique nationale
qui accroît les inégalités et conduit de plus en plus de français à la
désespérance. Cette
désespérance, créée par la trahison des promesses mensongères de la campagne
Présidentielle de 2007, s’est retrouvée amplifiée par la crise et par les choix
désastreux du gouvernement, notamment celui du bouclier fiscal en faveur des
plus riches ou celui des banquiers au détriment de l’équilibre des comptes
publics. Cette désespérance touche désormais toutes les catégories d’âge et
toutes les catégories sociales et professionnelles. Les salariés, les
demandeurs d’emploi, les retraités, les agriculteurs, les jeunes… aucune catégorie
ne se sent désormais à l’abri de menaces qui pèsent sur leur vie quotidienne ,
comme sur leur avenir L’abstention
massive est aussi l’expression d’une distance qui s’est créée entre les
citoyens et les responsables politiques dans leur ensemble. Beaucoup de
Français n’y croient plus. La bonne réponse se trouve certainement dans l’action
concrète, quotidienne, expliquée, assumée, pour reconstruire le dialogue et la
confiance. Nous y reviendrons. Le résultat de
cette élection a donc traduit cette inquiétude et cette distance. Mais il a
aussi traduit ce besoin de protection, d’équilibre, de justice, que l’on trouve
dans les bilans et programmes proposés par les majorités de gauche sortantes. Cette voie de
l’espoir que nous avons su tracer a été reconnue par les Auvergnats. Ils ont
souhaité voir poursuivre et faire aboutir l’ambition que nous nourrissons pour
l’Auvergne. Ils ont tranché en
notre faveur car ils ont comparé durant cette campagne à la fois les programmes
mais aussi les attitudes. D’un côté la vindicte et la démagogie, de l’autre
l’esprit de responsabilité, au service d’un projet. D’un côté les
promesses sans lendemain, de l’autre l’expérience d’une équipe et son souci de
bâtir avec eux l’avenir de l’Auvergne. C’est sur cet
équilibre que s’est bâti le choix des auvergnats et nous nous devons désormais
de ne pas décevoir leurs attentes. Mes chers
collègues, les électeurs ont donc choisi le camp de ceux qui proposent la
solidarité entre les hommes et la solidarité entre les territoires. Il sont
choisi le camp de ceux qui unissent plutôt que le camp de ceux qui divisent. L’Auvergne a
besoin d’une équipe qui sache tracer les perspectives de son avenir. Cet avenir
était décliné dans notre programme qui a, pour nous, valeur d’engagement. Le groupe
socialiste et républicain veillera à ce que nos engagements soient respectés,
car rien ne serait pire que d’avoir promis une espérance et de l’abandonner au
lendemain des élections. Oui, mes chers
collègues, le groupe socialiste et républicain sera source de proposition. Mais
il sera aussi d’une grande vigilance sur l’application d’un programme adopté à
près de 60 % par le corps électoral. Notre groupe
gardera sa force de propositions mais il n’abandonnera pas son esprit critique.
Cette clarté de fonctionnement entre un exécutif qui met en œuvre la politique
pour laquelle nous avons été élus et le groupe majoritaire que j’ai l’honneur
de présider sera le garant du respect de nos engagements. Notre équipe est
en place. Les responsabilités sont bien définies. Ce tout forme un ensemble cohérent, animé par une envie de
réussir et d’honorer les engagements pris, à l’instar des 82 engagements remplis
durant le mandat précédent. Monsieur le
Président, vous avez constitué votre exécutif en attribuant à chacun de vos
vice-présidents un ordre de mission précis, des compétences clairement
identifiées, une feuille de route en tous points conforme aux lignes du
programme validé par les électeurs et porté en commun par le Parti Socialiste,
le Mouvement des Citoyens, le Parti Radical de Gauche, le Front de Gauche et
Europe Écologie. Monsieur le
Président, vous souhaitez une implication forte de tous les conseillers
régionaux en faisant de chacun d’eux des membres à part entière de la
Commission Permanente. De la sorte, tous les élus de cette Assemblée,
opposition comprise, qu’ils appartiennent ou non à l’exécutif, seront ainsi
impliqués dans un travail collectif au service de l’Auvergne, associés et
informés sur l’ensemble des dossiers. Cette méthode
était celle mise en place en 2004 par le Président Bonté. Vous la poursuivez
car elle a bien fonctionné. Et les Auvergnats vous en sauront gré. D’autant
qu’eux non plus ne seront pas absents du débat et des décisions concernant leur
avenir. Car nous avons
bien l’intention de poursuivre les concertations régulières avec la population,
dans les domaines phares de notre programme, à commencer par l’action en faveur
de la jeunesse auvergnate, pour l’emploi, la mobilité et les déplacements, la
contractualisation avec les territoires, le développement durable… Convaincus que les
solutions ne se décrètent pas d’en haut, nous continuerons donc à miser sur
l’intelligence collective et l’implication de ceux qui animent les territoires,
y vivent au quotidien, imaginent chaque jour les projets dimensionnés à l’échelle
de leur espace de vie. Notre action sera
placée sous le signe de l’union d’un maximum d’habitants de la Région autour
d’un projet pour lequel chacun aura pu apporter ses idées et faire valoir son
point de vue. Votre discours
lors de la séance d’installation de la nouvelle assemblée régionale le 26 mars
dernier portait le sceau de cette pratique participative, tout entière tournée
vers l’avenir de nos concitoyens comme de nos territoires, car cet avenir ne
peut se construire sans eux. Il en va de
l’intérêt de nos enfants tout d’abord qui fréquentent les 65 lycées publics
gérés par la Région, ces lycées qui ont tous connus des travaux majeurs de
rénovation. Il en va de
l’intérêt des jeunes de notre région, des apprentis et des salariés, pour
lesquels nous assumons avec ambition la responsabilité de la Formation
Professionnelle Continue. Pour nos 18 000
voyageurs quotidiens qui utilisent les trains régionaux dont nous avons
renouvelé 100 % du matériel roulant en six ans. Pour nos
territoires les plus fragiles, les plus déshérités, les plus reculés de nos
contrées, que nous avons su encourager et aider dans leurs projets. Pour nos habitants
qui ont besoin de retrouver des services publics en bon état, qui aspirent à
bénéficier d’équipements collectifs, qui ont besoin d’être desservis
impérativement par le Haut et le Très Haut Débit Numérique, qui attendent que
l’on organise leurs déplacements dans les meilleures conditions. A propos de
service public, je relève cette information d’aujourd’hui selon laquelle dans
une grande entreprise publique qui a connu ces dernières années une vague de
suicides parmi son personnel, les dirigeants avaient créé volontairement des
conditions de travail insupportables de façon à créer, chez les agents,
une « frustration » de nature à les inciter à quitter
l’entreprise !! C’était un beau service public… Comme on le voit
les défis à relever sont nombreux. Nous en avons pris la mesure. Il y a celui de la
ruralité et celui de la démographie, les deux étant intimement liés. Il y a celui de la
fracture sociale, de la fracture territoriale. Il y a aussi celui
de l’emploi, même ci celui-ci demeure de la responsabilité de l’État. Car notre région a
enregistré en un an 4 600 chômeurs supplémentaires. Le nombre de demandeurs
d’emploi inscrits à Pôle Emploi s’élève désormais à 49 692. C’est dire
l’ampleur de la crise qui touche notre région, même si celle-ci frappe
l’Auvergne avec un léger décalage par rapport à nos grandes voisines. Il nous faut donc
innover, mobiliser les financements et peser sur le secteur bancaire pour que
celui-ci fasse son travail. Il nous faut
soutenir nos entreprises, anticiper le mouvement vers les emplois nouveaux liés
notamment à la défense de l’environnement, réussir les cycles de reconversion
des salariés par une politique de Formation Professionnelle Continue adaptée à
leurs besoins, avec la perspective d’éviter toute rupture d’activité
professionnelle et sociale. Je pense en particulier à notre volonté de mettre en
place les contrats de continuité professionnelle. Les besoins sont
immenses. Nous le savons tous. Et les interrogations de l’État, par la bouche
du Préfet de Région, sur ce qu’il appelle l’absence de projets en Auvergne
susceptibles de mobiliser des fonds du grand emprunt national, nous laisse
abasourdis. Je le dis au
Préfet : si l’État est à ce point en panne d’idées pour l’Auvergne, si
l’État est à ce point aveugle et sourd aux besoins des auvergnats, alors qu’il
s’adresse à nous pour lui indiquer vers quoi orienter l’utilisation des fonds
qui reviennent à l’Auvergne dans le cadre du grand emprunt national. Le numérique, le
ferroviaire, la formation, les équipements collectifs… autant de secteurs pour
lesquels nous sommes pourvus de dossiers qui n’attendent plus que les
financements adéquats. Mais le
gouvernement préfère sans doute poursuivre sur la voie de l’étranglement des
collectivités. Même Gérard Roche, Président du Conseil général de Haute-Loire,
s’en est aperçu et se met à protester ! sur le détricotage des lois de
décentralisation, sur la poursuite d’une réforme territoriale qui met en péril
la cohésion sociale et territoriale de notre pays. C’est pourtant le
chemin inverse qu’il convient d’emprunter. Les Français le demandent. Ils
souhaitent que les Régions poursuivent la rénovation et le développement des
transports ferroviaires laissés à l’abandon par l’État. Ils demandent que
nous poursuivions la construction et la modernisation des lycées, y compris à
Montluçon, M Dugléry… Ils demandent que
les Régions soient en mesure de relever les défis environnementaux et que l’on
ne tire pas un trait sur les collectivités locales qui représentent aujourd’hui
75 % de l’investissement public. Cette décentralisation
fondée sur les principes de proximité et de responsabilité doit, au contraire
de ce qu’entreprend le gouvernement actuel, être consolidée. C’est tout le sens
du premier vœu de l’intergroupe majoritaire qui sera soumis au vote de la
nouvelle Assemblée régionale lors de cette session. Il nous faut, sur
ce sujet, être offensifs et affirmer notre attachement indéfectible à la
décentralisation. Il nous faut
réclamer à l’État une garantie quant à l’autonomie financière des Régions en
conjuguant celle-ci à une péréquation des dotations destinée à corriger les
déséquilibres entre Régions. Ce que nous
voulons, c’est que le gouvernement entende les Français. Qu’il renonce à
son projet de réforme des collectivités locales. Qu’il repense ses
relations avec ces mêmes collectivités locales pour que les responsables
politiques, nationaux ou locaux, travaillent ensemble avec un seul
objectif : l’intérêt général. Qu’il s’engage
dans une nouvelle étape de la décentralisation, en donnant aux Régions les
moyens institutionnels et financiers de leur développement. C’est sur la base
de cette position déterminée que doit se placer notre revendication qui est
celle de l’Assemblée des Régions de France. Mais au-delà de ce combat institutionnel vital pour
l’avenir de nos territoires comme pour le devenir de tout ce qui contribue au
lien social – je veux parler notamment des associations culturelles et
sportives – la tâche à laquelle doit aujourd’hui atteler notre Assemblée est
immense. Nous en connaissons la mesure, pour en avoir établi le diagnostic. Notre programme a
vocation à répondre à chacune des problématiques, comme celui de la jeunesse,
de la ruralité, de la qualité de la vie, de l’emploi, de l’Écologie qui étaient
autant de points forts sur lesquels nous avons pris des engagements durant la
campagne électorale. Ce sera le sens de l’intégralité de notre action :
respecter la parole donnée. Voilà, Mesdames,
Messieurs, mes chers(es) collègues, les différents enjeux et défis qui se
posent à notre Assemblée, en ce début de nouvelle mandature. Je vous sais tous
et toutes prêts à contribuer à la réussite de notre programme pour l’Auvergne. La tâche est
certes difficile, mais nous faisons confiance aux habitants de l’Auvergne pour
nous soutenir dans l’ambition que nous leur avons proposée et avec lesquels,
sans faillir, nous bâtirons un avenir.
Session du 9 avril 2010 _____________________________________________________________________________________
Intervention de Monsieur René Souchon, Président du Conseil régional d'Auvergne,
Mesdames, Messieurs, chers(es) collègues, Au moment où nous entamons nos
travaux, permettez-moi d’avoir une pensée pour les deux journalistes de France
3 détenus depuis plus de 100 jours en Afghanistan. Vous ne vous étonnerez donc
pas des fac-similé de cartes de presse apposés sur les bâtiments régionaux afin
de témoigner notre soutien et notre solidarité vis-à-vis de ces deux otages, de
leurs familles et de leurs collègues. Lorsque la liberté est mise à mal, je crois qu’il est de
notre devoir de protester et de le faire savoir, ce qui est fait aujourd’hui en
espérant qu’une issue heureuse puisse intervenir très rapidement. Après avoir désigné les vice–présidents lors de notre séance
d’installation, je veux également vous faire part de ma satisfaction et de
notre enthousiasme collectif alors que l’exécutif régional, désormais
constitué, a pu se réunir dès lundi dernier pour une première réunion de travail.
Il ne s’agit pas d’un petit gouvernement régional mais d’une
équipe d’hommes et de femmes engagés, reconnus, expérimentés, qui entend se
dévouer pour l’Auvergne durant les quatre prochaines années. Certains esprits
chagrins annonçaient des difficultés quant à l’élaboration de l’exécutif. Force
est de constater qu’il n’en a rien été et que les auvergnats, conformément à
leur volonté exprimée dans les urnes, peuvent compter sur une équipe
particulièrement représentative et motivée pour conduire l’Auvergne vers plus
de justice sociale. Aujourd’hui, nous avons en tête l’espoir et les attentes
des Auvergnats qui se sont rassemblés autour de valeurs et d’un projet
partagés. Nous pensons à ces femmes et à ces hommes rencontrés dans
toute l’Auvergne, dans la rue, dans les gares, les usines, à l’université, sur
les marchés… Nous avons pu mesurer leurs inquiétudes, leurs attentes,
leur volonté aussi de changer un monde qui exclut, qui divise,
qui génère trop d’inégalités. Le 21 mars dernier, il n’y pas a eu un, mais deux vainqueurs :
l’Auvergne et l’espoir Nous sommes aujourd’hui au travail avec l’ambition de ne
décevoir ni l’une ni l’autre. Ni l’Auvergne, ni cet espoir que les Auvergnates
et les Auvergnats ont placé en une équipe rassemblée qui entend créer les
conditions d’une région plus forte et plus solidaire. Mes chers (es) collègues, Aujourd’hui, nous sommes prêts, ensemble, avec nos moyens, à
développer des politiques publiques
utiles à la vie quotidienne de nos concitoyens, à faire progresser l’esprit
de solidarité et de justice
sociale, à accélérer l’intégration
du défi écologique par les filières économiques, les acteurs
institutionnels et sociaux et, plus largement, par la population toute entière. Nous nous sommes fixés des
objectifs, mais aussi une méthode. Le mandat précédent a mis au cœur de l’action régionale des
acteurs citoyens qui jusqu’alors n’étaient pas associés. Cette méthode a connu
des temps forts, avec les différentes étapes des Assises Territoriales. OUI, chacun peut apporter sa pierre à l’édification de
l’œuvre collective qu’est la chose publique. Si les Auvergnat(e)s nous ont donné cet encouragement à poursuivre, ce
n’est pas seulement parce que la nation a exprimé un vote de défiance envers ce
pouvoir présidentiel qui détricote sans cesse le cadre de notre vivre-ensemble.
La force de notre bilan, les conditions d’exercice de notre mandat, le
respect de nos 82 engagements ont été autant de bonnes raisons de choisir une
équipe. La majorité sortante était comptable d’un bilan qu’elle a assumé devant
les électeurs. Alors bien sur, il y a eu une forte abstention. Un récent
sondage nous indique que 75 % des français ne croient plus en la politique.
Ce chiffre doit collectivement nous interroger et il nous oblige à
exercer notre mandat de façon scrupuleuse au regard des engagements pris
et dont il faudra rendre compte auprès de la population. La rencontre et
l’échange avec les citoyens doivent rester l’élément fondamental de l’action
publique. Les régions doivent être de nouveaux laboratoires démocratiques et
poursuivre les expérimentations citoyennes engagées depuis 2004 pour renforcer
le lien entre nos institutions et la population. Mesdames, Messieurs, chers(es) collègues, Le 21 mars dernier, les Auvergnats nous ont confié une mission
fondamentale : celle de donner à notre Région une chose précieuse qui
s’est peut-être évanouie dans les tumultes et l’accumulation des crises : un
sens. Un sens, une « direction », un « cap » à
tenir. Un sens qui doit nous conduire vers une Auvergne que nous
voulons démocratique, citoyenne, écologique et solidaire ! Un sens qui
soit une boussole pour l’action. Car, les défis devant nous sont
nombreux : ces défis, ce sont
ceux de notre contrat pour la nouvelle Auvergne, ce sont ceux d’une
Région qui protège ses citoyens, une Région qui accompagne
toujours plus ses territoires et en particulier ceux qui connaissent les
plus grandes difficultés, une Région qui prépare l’avenir. Nous affinons actuellement collectivement les priorités de
notre mandat. De ce chapitre décisif dépendra très largement la nouvelle
histoire que nous allons écrire en Auvergne, dans la continuité du mandat
précédent en dépit d’une durée raccourcie de deux ans. Parmi ces priorités, l’urgence, c’est d’abord pour
nous de lutter contre les difficultés économiques et sociales que subissent
nos concitoyens dans une Auvergne qui n’est évidemment pas épargnée par la
crise. Une Auvergne où beaucoup d’hommes et de femmes sont dans
l’attente de réponses immédiates. L’urgence, elle se situe sur le front de l’emploi, du pouvoir
d’achat et de l’avenir de la jeunesse et c’est d’ailleurs sur ces
problématiques, conformément à nos engagements vis-à-vis de la population, que
je proposerai à mes collègues de travailler prioritairement, lors de notre
prochain séminaire. Un séminaire qui nous permettra de préciser les axes
concrets et immédiats de notre stratégie régionale, afin de redonner espoir
aux jeunes, aux travailleurs précaires, aux demandeurs d’emploi. Dans cette France où un actif sur 10 est désormais sans
emploi, l’Auvergne vient en effet de connaître, en 1 an, une montée du chômage
exceptionnelle de + 12,6 % ! Environ 30 000 Auvergnat(e)s se retrouvent en fin
de droit cette année, et risquent même pour certains d’entre eux et en
l’état actuel de la législation, de se retrouver sans aucun revenu en 2010 !
Il y a une urgence sociale que le gouvernement ne peut pas ignorer. J’envisage d’ailleurs de prendre rendez-vous avec Monsieur
Laurent WAUQUIEZ afin d’examiner cette situation à la loupe dans le souci
d’une bonne complémentarité entre les dispositifs nationaux et régionaux. Je vous rappelle par ailleurs, qu’avec 1 Auvergnat
sur 7 se situant sous le seuil de pauvreté , l’Auvergne figure
parmi les Régions Françaises davantage exposées à la pauvreté que la moyenne
nationale, notamment du fait de sa dimension rurale. Sur ce front de l’emploi, je m’engage bien sûr à
continuer à réunir aussi souvent que nécessaire la cellule de veille
économique que nous avons mise en place il y a plus d’1 an pour lutter
contre la crise. Ce sera d’ailleurs le cas dans les jours à venir. En matière de formation, nous mettrons notamment en
œuvre la marche vers la sécurité sociale professionnelle pour tous, qui
passera entre autre par les contrats de continuité professionnelle et la
formation aux métiers de demain, dont nous identifierons les domaines et les
spécificités lors de la consultation sur les nouveaux emplois que nous
organiserons prochainement. Il y a également, en Auvergne comme ailleurs, une
jeunesse en perte de repères et notre obligation morale est de lui assurer
un avenir. J’attends beaucoup des Assises Régionales sur l’avenir de
la Jeunesse que nous organiserons prochainement avec l’ensemble des
partenaires concernés, afin d’élaborer une politique ambitieuse qui permettra
de redonner confiance et espoir à nos jeunes. Je m’engage notamment à mettre en œuvre notre Pack pour
l’autonomie des jeunes adultes, un Pack dont je veux affiner le contenu
avec les Jeunes, un Pack que je veux confronter à la réalité des besoins de la
jeunesse, à leur rapport à l’Auvergne sur tous les plans (logement, santé,
formation, éducation, universités, culture, sports, mobilité…). Comme nous
l’avions promis, notre École de la 2ème Chance sera également
très rapidement renforcée. Enfin, parce que l’on sait tous que la concertation
est un facteur d’efficacité incontestable pour l’action, je tiens tout
particulièrement à la mise en place, au plus vite, de ce droit d’initiative
populaire qui permettra de tenir compte des aspirations des auvergnats pour
demain et d’adapter nos politiques au plus près des besoins exprimés. Bien sûr, cette mise en mouvement immédiate et
concrète qui constitue l’urgence de ce début de mandat ne doit pas donner
l’illusion que nous oublions notre ambition de faire de l’Auvergne une Éco-Région
attractive. En dépit de la campagne
électorale, l’action régionale n’a jamais cessé. Après avoir sollicité Guillaume
Pepy, le Président de la SNCF, au sujet de l’utilisation de rames TGV entre
Paris et Clermont-Ferrand, celui ci vient d’ailleurs de me rappeler et m’a
confirmé son souhait qu’un groupe de travail se réunisse prochainement
sur ce sujet. Il y a 2 jours, j’ai donc rencontré le directeur des
lignes Téoz, sur ce dossier. Un groupe de travail se réunira le 19
mai afin d’étudier la faisabilité de ce projet qui permettrait aux Auvergnates
et aux Auvergnats de prendre place à bord de TGV (1 le matin dans le sens
Clermont-Ferrand/Paris et 1 le soir dans le sens Paris/Clermont-Ferrand) chaque
jour. Le confort des usagers se trouverait ainsi renforcé et l’image de notre
région améliorée. Je me propose bien sûr de vous tenir régulièrement informé
de l’évolution de ce dossier et j’ai formulé le vœu qu’il puisse aboutir d’ici
un an. Nous avons devant nous des combats
de chaque jour, des engagements que nous avons pris dans notre programme et
nous aurons l’occasion d’y revenir tout au long de ce mandat. Au vu des délégations de chaque vice-Président, il apparaît
-vous l’avez remarqué- que la concertation permanente sera au cœur de
notre méthode de travail, avec la volonté de procéder de manière transversale.
Certes, chaque vice-Président s’est vu attribuer un domaine de compétence bien
défini. On retrouve bien sûr les grands domaines dont la Région a la
charge, mais je souhaite renforcer le travail en équipe et
permettre à chaque vice-président
d’avoir une vision globale de l’action régionale. Les enjeux sont tels qu’il est
illusoire d’appréhender telle ou telle problématique avec des œillères. Notre
équipe se doit d’œuvrer en faveur d’une dynamique collective efficace,
et cela se traduit par un certain décloisonnement et une forte réactivité.
Voilà la méthode qui nous permettra de répondre aux attentes de nos
concitoyens.
Mesdames, Messieurs chers(es) collègues, Le 21 mars, les électeurs ont envoyé un message clair, un
désaveu à la politique de Nicolas SARKOZY, une politique aussi inefficace sur
le plan économique, qu’injuste sur le plan social. Avec nos collègues élus dans les autres Régions réunis au
sein de l’Association des Régions de France, nous exercerons notre devoir de
résistance face à l’injustice sociale. Si l’on ne nous prive pas de nos moyens, nous continuerons à
agir autant que possible sur la réalité économique, sportive, socio
culturelle de nos territoires, pour tenter de limiter les effets
négatifs imposés par l’État. Il y a un combat, et non des moindres que nous
devons gagner le plus vite possible, c’est celui de la lutte contre l’asphyxie
de nos Régions à travers la réforme territoriale. Nous devons absolument faire
reculer ce projet de régression démocratique et de recentralisation
actuellement en cours de discussion au Parlement. Cette réforme insidieuse priverait les collectivités
territoriales, donc notre Région, de moyens conséquents pour agir au service
de l’Auvergne et de ses habitants. C’est d’ailleurs déjà fait puisque nous
n’avons plus d’autonomie fiscale. Nous devons expliquer sans cesse à
nos concitoyens que la seule recette dont nous pouvons décider dorénavant est
la taxe sur les cartes grises ! Qu’il faille un acte 3 de la décentralisation, c’est
évident ! Mais ne laissons pas l’État nationaliser nos recettes
et nos ressources tout en décentralisant des charges et dépenses
nouvelles ! Je le répète, l’urgence est économique et sociale.
Elle n’est pas institutionnelle ! Les électeurs ne s’y sont
d’ailleurs pas trompés. Avec mes collègues Présidents de Régions, dans la
déclaration commune que nous venons d’adopter, nous demandons bien sûr au
gouvernement de renoncer immédiatement au projet de réforme des
collectivités locales qu’il veut faire adopter à marche forcée au Parlement,
mais nous allons plus loin encore ! Nous demandons en effet au Président de la République de
nous recevoir, ce qu’il n’a jamais fait. Nous demandons que s’ouvre, au plus
vite et dans chacune des Régions, la renégociation des Contrats de Projets
signés en 2007 pour la période 2007-2013 car la donne a bel et bien changé.
Comme beaucoup d’entre vous, je suis amateur de sports et je
n’aime pas voir les règles du jeu changer au cours du match. Les Régions privées de leur autonomie fiscale ne sont
plus en mesure de co-financer les projets gouvernementaux qui ne sont pas de la
compétence des Régions. L’État ne peut pas simultanément poursuivre son
entreprise de « casse » des Régions et leur demander de venir
financer les projets qu’il ne peut assumer seul, d’autant que si
l’on regarde la réalité du CPER en Auvergne, nous avons d’ores et déjà tenus
nos engagements à 60 % contre 20 % pour l’État. Plus que jamais, les Régions doivent mobiliser leurs
ressources pour assumer leurs compétences propres et secourir avant tout
les populations et les territoires victimes de la crise. Je viens d’ailleurs d’écrire en ce sens à Monsieur
Le Préfet de Région. Mes chers(es) collègues, Ces élections nous ont prouvé que lorsque l’on place haut
les valeurs de la France, lorsque l’on porte un projet commun, que l’on agit au
plus près des besoins des hommes et des territoires, on s’adresse aux citoyens
et le succès est au rendez-vous. Le 21 Mars dernier, les Auvergnat(e)s se sont prononcés en
faveur d’un nouveau modèle de développement qui doit permettre à chacun de
réussir sa vie et de construire durablement un « vivre ensemble »
fidèle à l’identité de la France. Ils ont apprécié la gauche solidaire en nous
rappelant qu’unis, nous pouvons tout, mais que divisés nous ne pouvons rien. Tâchons de ne jamais l’oublier ! Ils attendent de nous que nous soyons dès aujourd’hui au
travail, tournés résolument vers l’Auvergne de demain, qui se prépare et se
décide aujourd’hui. Nous sommes d’ores et déjà au rendez-vous, de l’action,
de la réflexion et de la mobilisation ! Le travail qui nous attend est majeur mais extrêmement
enthousiasmant ! Restons ce que nous sommes, traçons le chemin, soyons fiers
de nos valeurs dans la mise en œuvre de notre projet pour l’Auvergne ! Soyons capable de faire fructifier ce rassemblement
qu’attendaient les Auvergnat(e)s. « L’Auvergne est grande quand elle
est juste », ce n’est plus un slogan, ni une signature. C’est
désormais notre feuille de route. Je vous remercie.
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