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Interventions
des élus du groupe
socialiste

du  Conseil  régional  d'Auvergne

 

Session du 9 avril 2010
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Intervention de Monsieur Jean Mallot,  
Président du groupe socialiste et républicain du Conseil régional d'Auvergne

Monsieur le Président, Mes cher(e)s collègues,

Les urnes ont rendu, le 21 mars dernier, un verdict sans ambiguïté. Elles ont donné une assemblée de gauche dans 21 Régions métropolitaines sur 22.
En cela les citoyens ont sanctionné clairement la politique du gouvernement Sarkozy – Fillon. Ils ont exprimé leur mécontentement, leur défiance, leur désapprobation vis à vis d’une politique ultralibérale qui casse les services publics, détricote la République, lamine les acquis sociaux et défait le lien social.
Ils ont rejeté le modèle social que veut nous imposer la droite, une société de l’accroissement des inégalités, de l’appauvrissement et de la dislocation des territoires. Ils ont dit clairement leur préférence pour l’équilibre, la justice et le maintien d’une cohésion sociale et territoriale.
Il est vrai que nos adversaires de droite avaient annoncé qu’ils voulaient faire à l’Auvergne ce que M. Sarkozy fait à la France. La réponse a été claire.
Ce résultat électoral, par son ampleur, donne à l’évidence à toutes les Régions socialistes sortantes un satisfecit sur leur bilan qui est aussi celui de leurs partenaires écologistes et du Front de Gauche.
Car c’est aussi le résultat d’une dynamique du rassemblement à gauche qui correspond aux aspirations de l’électorat et qui s’est manifestée très clairement entre les deux tours.
Le vote des 14 et 21 mars reconnaît le rôle de bouclier social assumé par les Régions dans les compétences qui sont les leurs, et, au-delà, dans leur rôle de premier investisseur public de France, ce qui a grandement contribué à l’amortissement de la crise financière, économique et sociale que nous traversons.
A propos de compétences, je rappelle que la Région qui agit déjà, au-delà de ses compétences, sur le plan rail ou pour les Universités, n’a pas vocation à financer les routes.  Il n’y a pas de routes régionales.
L’Auvergne a donné à la gauche sortante le troisième score le plus élevé des 22 Régions françaises de métropole. Les électeurs de notre région ont écarté l’extrême droite des bancs de notre Assemblée, ce dont nous devons nous réjouir, tant le climat installé par les représentants du Front National durant les douze dernières années de présidence de Monsieur Giscard d’Estaing avait parfois des côtés malsains, à l’opposé de notre idéal républicain.
Il est tout aussi vrai que le début de cette campagne électorale avait pris lui aussi un tour malsain avec certains messages que plusieurs candidats de l’UMP véhiculaient abondamment et n’hésitaient pas à reproduire dans leurs tracts.
Je n’insisterai pas sur ce candidat tête de liste UMP dans un département que je connais bien qui appelait ses amis et colistiers à « prendre leur fusil » pour entamer la campagne…
Il y a eu, souvenez-vous, ces calomnies de la Droite qui visaient directement le Président du Conseil régional, répandant des contre-vérités sur l’état des finances régionales, inventant des parcs de voitures de fonction, fustigeant d’imaginaires budgets pharaoniques de communication… tandis que ces mêmes candidats multipliaient les promesses démagogiques, annonçaient des créations d’emplois par milliers, oubliant qu’ils étaient eux mêmes les meilleurs soutiens du gouvernement du chômage et de la casse sociale.
Heureusement que la lucidité des Auvergnats aura permis de démasquer ces candidats da la caricature, du mensonge et de la calomnie.
Alors, bien sûr, nous déplorons l’abstention trop forte qui s’est manifestée les 14 et 21 mars. Elle traduit d’abord et avant tout le désaveu complet d’une politique nationale qui accroît les inégalités et conduit de plus en plus de français à la désespérance.
Cette désespérance, créée par la trahison des promesses mensongères de la campagne Présidentielle de 2007, s’est retrouvée amplifiée par la crise et par les choix désastreux du gouvernement, notamment celui du bouclier fiscal en faveur des plus riches ou celui des banquiers au détriment de l’équilibre des comptes publics. Cette désespérance touche désormais toutes les catégories d’âge et toutes les catégories sociales et professionnelles.
Les salariés, les demandeurs d’emploi, les retraités, les agriculteurs, les jeunes… aucune catégorie ne se sent désormais à l’abri de menaces qui pèsent sur leur vie quotidienne , comme sur leur avenir
L’abstention massive est aussi l’expression d’une distance qui s’est créée entre les citoyens et les responsables politiques dans leur ensemble. Beaucoup de Français n’y croient plus. La bonne réponse se trouve certainement dans l’action concrète, quotidienne, expliquée, assumée, pour reconstruire le dialogue et la confiance. Nous y reviendrons.
Le résultat de cette élection a donc traduit cette inquiétude et cette distance. Mais il a aussi traduit ce besoin de protection, d’équilibre, de justice, que l’on trouve dans les bilans et programmes proposés par les majorités de gauche sortantes.
Cette voie de l’espoir que nous avons su tracer a été reconnue par les Auvergnats. Ils ont souhaité voir poursuivre et faire aboutir l’ambition que nous nourrissons pour l’Auvergne.
Ils ont tranché en notre faveur car ils ont comparé durant cette campagne à la fois les programmes mais aussi les attitudes. D’un côté la vindicte et la démagogie, de l’autre l’esprit de responsabilité, au service d’un projet.
D’un côté les promesses sans lendemain, de l’autre l’expérience d’une équipe et son souci de bâtir avec eux l’avenir de l’Auvergne.
C’est sur cet équilibre que s’est bâti le choix des auvergnats et nous nous devons désormais de ne pas décevoir leurs attentes.
Mes chers collègues, les électeurs ont donc choisi le camp de ceux qui proposent la solidarité entre les hommes et la solidarité entre les territoires. Il sont choisi le camp de ceux qui unissent plutôt que le camp de ceux qui divisent.
L’Auvergne a besoin d’une équipe qui sache tracer les perspectives de son avenir. Cet avenir était décliné dans notre programme qui a, pour nous, valeur d’engagement.
Le groupe socialiste et républicain veillera à ce que nos engagements soient respectés, car rien ne serait pire que d’avoir promis une espérance et de l’abandonner au lendemain des élections.
Oui, mes chers collègues, le groupe socialiste et républicain sera source de proposition. Mais il sera aussi d’une grande vigilance sur l’application d’un programme adopté à près de 60 % par le corps électoral.
Notre groupe gardera sa force de propositions mais il n’abandonnera pas son esprit critique. Cette clarté de fonctionnement entre un exécutif qui met en œuvre la politique pour laquelle nous avons été élus et le groupe majoritaire que j’ai l’honneur de présider sera le garant du respect de nos engagements.
Notre équipe est en place. Les responsabilités sont bien définies.  Ce tout forme un ensemble cohérent, animé par une envie de réussir et d’honorer les engagements pris, à l’instar des 82 engagements remplis durant le mandat précédent.
Monsieur le Président, vous avez constitué votre exécutif en attribuant à chacun de vos vice-présidents un ordre de mission précis, des compétences clairement identifiées, une feuille de route en tous points conforme aux lignes du programme validé par les électeurs et porté en commun par le Parti Socialiste, le Mouvement des Citoyens, le Parti Radical de Gauche, le Front de Gauche et Europe Écologie.
Monsieur le Président, vous souhaitez une implication forte de tous les conseillers régionaux en faisant de chacun d’eux des membres à part entière de la Commission Permanente. De la sorte, tous les élus de cette Assemblée, opposition comprise, qu’ils appartiennent ou non à l’exécutif, seront ainsi impliqués dans un travail collectif au service de l’Auvergne, associés et informés sur l’ensemble des dossiers.
Cette méthode était celle mise en place en 2004 par le Président Bonté. Vous la poursuivez car elle a bien fonctionné. Et les Auvergnats vous en sauront gré. D’autant qu’eux non plus ne seront pas absents du débat et des décisions concernant leur avenir.
Car nous avons bien l’intention de poursuivre les concertations régulières avec la population, dans les domaines phares de notre programme, à commencer par l’action en faveur de la jeunesse auvergnate, pour l’emploi, la mobilité et les déplacements, la contractualisation avec les territoires, le développement durable…
Convaincus que les solutions ne se décrètent pas d’en haut, nous continuerons donc à miser sur l’intelligence collective et l’implication de ceux qui animent les territoires, y vivent au quotidien, imaginent chaque jour les projets dimensionnés à l’échelle de leur espace de vie.
Notre action sera placée sous le signe de l’union d’un maximum d’habitants de la Région autour d’un projet pour lequel chacun aura pu apporter ses idées et faire valoir son point de vue.
Votre discours lors de la séance d’installation de la nouvelle assemblée régionale le 26 mars dernier portait le sceau de cette pratique participative, tout entière tournée vers l’avenir de nos concitoyens comme de nos territoires, car cet avenir ne peut se construire sans eux.
Il en va de l’intérêt de nos enfants tout d’abord qui fréquentent les 65 lycées publics gérés par la Région, ces lycées qui ont tous connus des travaux majeurs de rénovation.
Il en va de l’intérêt des jeunes de notre région, des apprentis et des salariés, pour lesquels nous assumons avec ambition la responsabilité de la Formation Professionnelle Continue.
Pour nos 18 000 voyageurs quotidiens qui utilisent les trains régionaux dont nous avons renouvelé 100 % du matériel roulant en six ans.
Pour nos territoires les plus fragiles, les plus déshérités, les plus reculés de nos contrées, que nous avons su encourager et aider dans leurs projets.
Pour nos habitants qui ont besoin de retrouver des services publics en bon état, qui aspirent à bénéficier d’équipements collectifs, qui ont besoin d’être desservis impérativement par le Haut et le Très Haut Débit Numérique, qui attendent que l’on organise leurs déplacements dans les meilleures conditions.
A propos de service public, je relève cette information d’aujourd’hui selon laquelle dans une grande entreprise publique qui a connu ces dernières années une vague de suicides parmi son personnel, les dirigeants avaient créé volontairement des conditions de travail insupportables de façon à créer, chez les agents, une « frustration » de nature à les inciter à quitter l’entreprise !! C’était un beau service public…
Comme on le voit les défis à relever sont nombreux. Nous en avons pris la mesure.
Il y a celui de la ruralité et celui de la démographie, les deux étant intimement liés.
Il y a celui de la fracture sociale, de la fracture territoriale.
Il y a aussi celui de l’emploi, même ci celui-ci demeure de la responsabilité de l’État.
Car notre région a enregistré en un an 4 600 chômeurs supplémentaires. Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle Emploi s’élève désormais à 49 692.
C’est dire l’ampleur de la crise qui touche notre région, même si celle-ci frappe l’Auvergne avec un léger décalage par rapport à nos grandes voisines.
Il nous faut donc innover, mobiliser les financements et peser sur le secteur bancaire pour que celui-ci fasse son travail.
Il nous faut soutenir nos entreprises, anticiper le mouvement vers les emplois nouveaux liés notamment à la défense de l’environnement, réussir les cycles de reconversion des salariés par une politique de Formation Professionnelle Continue adaptée à leurs besoins, avec la perspective d’éviter toute rupture d’activité professionnelle et sociale. Je pense en particulier à notre volonté de mettre en place les contrats de continuité professionnelle.
Les besoins sont immenses. Nous le savons tous. Et les interrogations de l’État, par la bouche du Préfet de Région, sur ce qu’il appelle l’absence de projets en Auvergne susceptibles de mobiliser des fonds du grand emprunt national, nous laisse abasourdis.
Je le dis au Préfet : si l’État est à ce point en panne d’idées pour l’Auvergne, si l’État est à ce point aveugle et sourd aux besoins des auvergnats, alors qu’il s’adresse à nous pour lui indiquer vers quoi orienter l’utilisation des fonds qui reviennent à l’Auvergne dans le cadre du grand emprunt national.
Le numérique, le ferroviaire, la formation, les équipements collectifs… autant de secteurs pour lesquels nous sommes pourvus de dossiers qui n’attendent plus que les financements adéquats.
Mais le gouvernement préfère sans doute poursuivre sur la voie de l’étranglement des collectivités. Même Gérard Roche, Président du Conseil général de Haute-Loire, s’en est aperçu et se met à protester ! sur le détricotage des lois de décentralisation, sur la poursuite d’une réforme territoriale qui met en péril la cohésion sociale et territoriale de notre pays.
C’est pourtant le chemin inverse qu’il convient d’emprunter. Les Français le demandent. Ils souhaitent que les Régions poursuivent la rénovation et le développement des transports ferroviaires laissés à l’abandon par l’État.
Ils demandent que nous poursuivions la construction et la modernisation des lycées, y compris à Montluçon, M Dugléry…
Ils demandent que les Régions soient en mesure de relever les défis environnementaux et que l’on ne tire pas un trait sur les collectivités locales qui représentent aujourd’hui 75 % de l’investissement public.
Cette décentralisation fondée sur les principes de proximité et de responsabilité doit, au contraire de ce qu’entreprend le gouvernement actuel, être consolidée.
C’est tout le sens du premier vœu de l’intergroupe majoritaire qui sera soumis au vote de la nouvelle Assemblée régionale lors de cette session.
Il nous faut, sur ce sujet, être offensifs et affirmer notre attachement indéfectible à la décentralisation.
Il nous faut réclamer à l’État une garantie quant à l’autonomie financière des Régions en conjuguant celle-ci à une péréquation des dotations destinée à corriger les déséquilibres entre Régions.
Ce que nous voulons, c’est que le gouvernement entende les Français.
Qu’il renonce à son projet de réforme des collectivités locales.
Qu’il repense ses relations avec ces mêmes collectivités locales pour que les responsables politiques, nationaux ou locaux, travaillent ensemble avec un seul objectif : l’intérêt général.
Qu’il s’engage dans une nouvelle étape de la décentralisation, en donnant aux Régions les moyens institutionnels et financiers de leur développement.
C’est sur la base de cette position déterminée que doit se placer notre revendication qui est celle de l’Assemblée des Régions de France.
Mais au-delà  de ce combat institutionnel vital pour l’avenir de nos territoires comme pour le devenir de tout ce qui contribue au lien social – je veux parler notamment des associations culturelles et sportives – la tâche à laquelle doit aujourd’hui atteler notre Assemblée est immense. Nous en connaissons la mesure, pour en avoir établi le diagnostic.
Notre programme a vocation à répondre à chacune des problématiques, comme celui de la jeunesse, de la ruralité, de la qualité de la vie, de l’emploi, de l’Écologie qui étaient autant de points forts sur lesquels nous avons pris des engagements durant la campagne électorale. Ce sera le sens de l’intégralité de notre action : respecter la parole donnée.
Voilà, Mesdames, Messieurs, mes chers(es) collègues, les différents enjeux et défis qui se posent à notre Assemblée, en ce début de nouvelle mandature.
Je vous sais tous et toutes prêts à contribuer à la réussite de notre programme pour l’Auvergne.
La tâche est certes difficile, mais nous faisons confiance aux habitants de l’Auvergne pour nous soutenir dans l’ambition que nous leur avons proposée et avec lesquels, sans faillir, nous bâtirons un avenir.

 

Session du 9 avril 2010
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Intervention de Monsieur René Souchon,
 

Président du Conseil régional d'Auvergne,

Mesdames, Messieurs, chers(es) collègues,
Au moment où nous entamons nos travaux, permettez-moi d’avoir une pensée pour les deux journalistes de France 3 détenus depuis plus de 100 jours en Afghanistan. Vous ne vous étonnerez donc pas des fac-similé de cartes de presse apposés sur les bâtiments régionaux afin de témoigner notre soutien et notre solidarité vis-à-vis de ces deux otages, de leurs familles et de leurs collègues.

Lorsque la liberté est mise à mal, je crois qu’il est de notre devoir de protester et de le faire savoir, ce qui est fait aujourd’hui en espérant qu’une issue heureuse puisse intervenir très rapidement.
 

Après avoir désigné les vice–présidents lors de notre séance d’installation, je veux également vous faire part de ma satisfaction et de notre enthousiasme collectif alors que l’exécutif régional, désormais constitué, a pu se réunir dès lundi dernier pour une première réunion de travail.

Il ne s’agit pas d’un petit gouvernement régional mais d’une équipe d’hommes et de femmes engagés, reconnus, expérimentés, qui entend se dévouer pour l’Auvergne durant les quatre prochaines années. Certains esprits chagrins annonçaient des difficultés quant à l’élaboration de l’exécutif. Force est de constater qu’il n’en a rien été et que les auvergnats, conformément à leur volonté exprimée dans les urnes, peuvent compter sur une équipe particulièrement représentative et motivée pour conduire l’Auvergne vers plus de justice sociale.

Aujourd’hui, nous avons en tête l’espoir et les attentes des Auvergnats qui se sont rassemblés autour de valeurs et d’un projet partagés.

Nous pensons à ces femmes et à ces hommes rencontrés dans toute l’Auvergne, dans la rue, dans les gares, les usines, à l’université, sur les marchés…

Nous avons pu mesurer leurs inquiétudes, leurs attentes, leur volonté aussi de changer un monde qui exclut, qui divise, qui génère trop d’inégalités.

Le 21 mars dernier, il n’y pas a eu un, mais deux
vainqueurs : l’Auvergne et l’espoir
Nous sommes aujourd’hui au travail avec l’ambition de ne décevoir ni l’une ni l’autre. Ni l’Auvergne, ni cet espoir que les Auvergnates et les Auvergnats ont placé en une équipe rassemblée qui entend créer les conditions d’une région plus forte et plus solidaire.

Mes chers (es) collègues,

Aujourd’hui, nous sommes prêts, ensemble, avec nos moyens, à développer des
politiques publiques utiles à la vie quotidienne de nos concitoyens, à faire progresser l’esprit de solidarité et de justice sociale, à accélérer l’intégration du défi écologique par les filières économiques, les acteurs institutionnels et sociaux et, plus largement, par la population toute entière.

Nous nous sommes fixés des objectifs, mais aussi une
méthode.
Le mandat précédent a mis au cœur de l’action régionale des acteurs citoyens qui jusqu’alors n’étaient pas associés. Cette méthode a connu des temps forts, avec les différentes étapes des Assises Territoriales.

OUI, chacun peut apporter sa pierre à l’édification de l’œuvre collective qu’est la chose publique.

Si les Auvergnat(e)s nous ont donné cet encouragement à poursuivre, ce n’est pas seulement parce que la nation a exprimé un vote de défiance envers ce pouvoir présidentiel qui détricote sans cesse le cadre de notre vivre-ensemble. La force de notre bilan, les conditions d’exercice de notre mandat, le respect de nos 82 engagements ont été autant de bonnes raisons de choisir une équipe. La majorité sortante était comptable d’un bilan qu’elle a assumé devant les électeurs. Alors bien sur, il y a eu une forte abstention. Un récent sondage nous indique que 75 % des français ne croient plus en la politique.

Ce chiffre doit collectivement nous interroger et il nous oblige à exercer notre mandat de façon scrupuleuse au regard des engagements pris et dont il faudra rendre compte auprès de la population. La rencontre et l’échange avec les citoyens doivent rester l’élément fondamental de l’action publique. Les régions doivent être de nouveaux laboratoires démocratiques et poursuivre les expérimentations citoyennes engagées depuis 2004 pour renforcer le lien entre nos institutions et la population.

Mesdames, Messieurs, chers(es) collègues,

Le 21 mars dernier, les Auvergnats nous ont confié une mission fondamentale : celle de donner à notre Région une chose précieuse qui s’est peut-être évanouie dans les tumultes et l’accumulation des crises : un sens.

Un sens, une « direction », un « cap » à tenir
.
Un sens qui doit nous conduire vers une Auvergne que nous voulons démocratique, citoyenne, écologique et solidaire !

Un sens qui soit une boussole pour l’action. Car, les défis devant nous sont nombreux :
ces défis, ce sont ceux de notre contrat pour la nouvelle Auvergne, ce sont ceux d’une Région qui protège ses citoyens, une Région qui accompagne toujours plus ses territoires et en particulier ceux qui connaissent les plus grandes difficultés, une Région qui prépare l’avenir.

Nous affinons actuellement collectivement les priorités de notre mandat. De ce chapitre décisif dépendra très largement la nouvelle histoire que nous allons écrire en Auvergne, dans la continuité du mandat précédent en dépit d’une durée raccourcie de deux ans.

Parmi ces priorités, l’urgence, c’est d’abord pour nous de lutter contre les difficultés économiques et sociales que subissent nos concitoyens dans une Auvergne qui n’est évidemment pas épargnée par la crise.

Une Auvergne où beaucoup d’hommes et de femmes sont dans l’attente de réponses immédiates.

L’urgence
, elle se situe sur le front de l’emploi, du pouvoir d’achat et de l’avenir de la jeunesse et c’est d’ailleurs sur ces problématiques, conformément à nos engagements vis-à-vis de la population, que je proposerai à mes collègues de travailler prioritairement, lors de notre prochain séminaire.
Un séminaire qui nous permettra de préciser les axes concrets et immédiats de notre stratégie régionale, afin de redonner espoir aux jeunes, aux travailleurs précaires, aux demandeurs d’emploi.

Dans cette France où un actif sur 10 est désormais sans emploi, l’Auvergne vient en effet de connaître, en 1 an, une montée du chômage exceptionnelle de + 12,6 % !

Environ 30 000 Auvergnat(e)s se retrouvent en fin de droit cette année, et risquent même pour certains d’entre eux et en l’état actuel de la législation, de se retrouver sans aucun revenu en 2010 ! Il y a une urgence sociale que le gouvernement ne peut pas ignorer.

J’envisage d’ailleurs de prendre rendez-vous avec Monsieur Laurent WAUQUIEZ afin d’examiner cette situation à la loupe dans le souci d’une bonne complémentarité entre les dispositifs nationaux et régionaux.

Je vous rappelle par ailleurs, qu’avec 1 Auvergnat sur 7 se situant sous le seuil de pauvreté , l’Auvergne
figure parmi les Régions Françaises davantage exposées à la pauvreté que la moyenne nationale, notamment du fait de sa dimension rurale.
Sur ce front de l’emploi, je m’engage bien sûr à continuer à réunir aussi souvent que nécessaire la cellule de veille économique que nous avons mise en place il y a plus d’1 an pour lutter contre la crise. Ce sera d’ailleurs le cas dans les jours à venir.

En matière de formation, nous mettrons notamment en œuvre la marche vers la sécurité sociale professionnelle pour tous, qui passera entre autre par les contrats de continuité professionnelle et la formation aux métiers de demain, dont nous identifierons les domaines et les spécificités lors de la consultation sur les nouveaux emplois que nous organiserons prochainement.

Il y a également, en Auvergne comme ailleurs, une jeunesse en perte de repères et notre obligation morale est de lui assurer un avenir.

J’attends beaucoup des Assises Régionales sur l’avenir de la Jeunesse que nous organiserons prochainement avec l’ensemble des partenaires concernés, afin d’élaborer une politique ambitieuse qui permettra de redonner confiance et espoir à nos jeunes.

Je m’engage notamment à mettre en œuvre notre Pack pour l’autonomie des jeunes adultes, un Pack dont je veux affiner le contenu avec les Jeunes, un Pack que je veux confronter à la réalité des besoins de la jeunesse, à leur rapport à l’Auvergne sur tous les plans (logement, santé, formation, éducation, universités, culture, sports, mobilité…). Comme nous l’avions promis, notre École de la 2
ème Chance sera également très rapidement renforcée. 
Enfin, parce que l’on sait tous que la concertation est un facteur d’efficacité incontestable pour l’action, je tiens tout particulièrement à la mise en place, au plus vite, de ce droit d’initiative populaire qui permettra de tenir compte des aspirations des auvergnats pour demain et d’adapter nos politiques au plus près des besoins exprimés.

Bien sûr, cette mise en mouvement immédiate et concrète qui constitue l’urgence de ce début de mandat ne doit pas donner l’illusion que nous oublions notre ambition de faire de l’Auvergne une Éco-Région attractive.

En dépit de la campagne électorale, l’action régionale n’a jamais cessé.

Après avoir sollicité Guillaume Pepy, le Président de la SNCF, au sujet de l’utilisation de rames TGV entre Paris et Clermont-Ferrand, celui ci vient d’ailleurs de me rappeler et m’a confirmé son souhait qu’un groupe de travail se réunisse prochainement sur ce sujet.

Il y a 2 jours, j’ai donc rencontré le directeur des lignes Téoz, sur ce dossier. Un groupe de travail se réunira le 19 mai afin d’étudier la faisabilité de ce projet qui permettrait aux
Auvergnates et aux Auvergnats de prendre place à bord de TGV (1 le matin dans le sens Clermont-Ferrand/Paris et 1 le soir dans le sens Paris/Clermont-Ferrand) chaque jour. Le confort des usagers se trouverait ainsi renforcé et l’image de notre région améliorée.
Je me propose bien sûr de vous tenir régulièrement informé de l’évolution de ce dossier et j’ai formulé le vœu qu’il puisse aboutir d’ici un an.

Nous avons devant nous des combats de chaque jour, des engagements que nous avons pris dans notre programme et nous aurons l’occasion d’y revenir tout au long de ce mandat.

Au vu des délégations de chaque vice-Président, il apparaît -vous l’avez remarqué- que la concertation permanente sera au cœur de notre méthode de travail, avec la volonté de procéder de manière transversale. Certes, chaque vice-Président s’est vu attribuer un domaine de compétence bien défini.

On retrouve bien sûr les grands domaines dont la Région a la charge,  mais je souhaite renforcer le travail en équipe et permettre à
  chaque vice-président d’avoir une vision globale de l’action régionale.

Les enjeux sont tels qu’il est illusoire d’appréhender telle ou telle problématique avec des œillères. Notre équipe se doit d’œuvrer en faveur d’une dynamique collective efficace, et cela se traduit par un certain décloisonnement et une forte réactivité. Voilà la méthode qui nous permettra de répondre aux attentes de nos concitoyens.
 

Mesdames, Messieurs chers(es) collègues
,
Le 21 mars, les électeurs ont envoyé un message clair, un désaveu à la politique de Nicolas SARKOZY, une politique aussi inefficace sur le plan économique, qu’injuste sur le plan social.

Avec nos collègues élus dans les autres Régions réunis au sein de l’Association des Régions de France, nous exercerons notre devoir de résistance face à
l’injustice sociale.
Si l’on ne nous prive pas de nos moyens, nous continuerons à agir autant que possible sur la réalité économique, sportive, socio culturelle de nos territoires, pour tenter de limiter les effets négatifs imposés par l’État.

Il y a un combat, et non des moindres que nous devons gagner le plus vite possible, c’est celui de la lutte contre l’asphyxie de nos Régions à travers la
réforme territoriale.
Nous devons absolument faire reculer ce projet de régression démocratique et de recentralisation actuellement en cours de discussion au Parlement.

Cette réforme insidieuse priverait les collectivités territoriales, donc notre Région, de moyens conséquents pour agir au service de l’Auvergne et de ses habitants. C’est d’ailleurs déjà fait puisque nous n’avons plus d’autonomie fiscale.

Nous devons expliquer sans cesse à nos concitoyens que la seule recette dont nous pouvons décider dorénavant est la
taxe sur les cartes grises !
Qu’il faille un
acte 3 de la décentralisation, c’est évident !
Mais ne laissons pas l’État nationaliser nos recettes et nos ressources tout en décentralisant des charges et dépenses nouvelles !
Je le répète, l’urgence est économique et sociale. Elle n’est pas institutionnelle ! Les électeurs ne s’y sont d’ailleurs pas trompés.
Avec mes collègues Présidents de Régions, dans la déclaration commune que nous venons d’adopter, nous demandons bien sûr au gouvernement de renoncer immédiatement au projet de réforme des collectivités locales qu’il veut faire adopter à marche forcée au Parlement, mais nous allons plus loin encore !

Nous demandons en effet au Président de la République de nous recevoir, ce qu’il n’a jamais fait. Nous demandons que s’ouvre, au plus vite et dans chacune des Régions, la renégociation des Contrats de Projets signés en 2007 pour la période 2007-2013 car la donne a bel et bien changé.

Comme beaucoup d’entre vous, je suis amateur de sports et je n’aime pas voir les règles du jeu changer au cours du match.

Les Régions privées de leur autonomie fiscale ne sont plus en mesure de co-financer les projets gouvernementaux qui ne sont pas de la compétence des Régions.

L’État ne peut pas
simultanément poursuivre son entreprise de « casse » des Régions et leur demander de venir financer les projets qu’il ne peut assumer seul, d’autant que si l’on regarde la réalité du CPER en Auvergne, nous avons d’ores et déjà tenus nos engagements à 60 % contre 20 % pour l’État.
Plus que jamais, les Régions doivent mobiliser leurs ressources pour assumer leurs compétences propres et secourir avant tout les populations et les territoires victimes de la crise.

Je viens d’ailleurs d’écrire en ce sens à Monsieur Le Préfet de Région.

Mes chers(es) collègues,

Ces élections nous ont prouvé que lorsque l’on place haut les valeurs de la France, lorsque l’on porte un projet commun, que l’on agit au plus près des besoins des hommes et des territoires, on s’adresse aux citoyens et le succès est au rendez-vous.

Le 21 Mars dernier, les Auvergnat(e)s se sont prononcés en faveur d’un nouveau modèle de développement qui doit permettre à chacun de réussir sa vie et de construire durablement un « vivre ensemble » fidèle à l’identité de la France.

Ils ont apprécié la gauche solidaire en nous rappelant qu’unis, nous pouvons tout, mais que divisés nous ne pouvons rien.

Tâchons de ne jamais l’oublier !

Ils attendent de nous que nous soyons dès aujourd’hui au travail, tournés résolument vers l’Auvergne de demain, qui se prépare et se décide aujourd’hui.

Nous sommes d’ores et déjà au rendez-vous, de
l’action, de la réflexion et de la mobilisation !
Le travail qui nous attend est majeur mais extrêmement enthousiasmant !

Restons ce que nous sommes, traçons le chemin, soyons fiers de nos valeurs dans la mise en œuvre de notre projet pour l’Auvergne !

Soyons capable de faire fructifier ce rassemblement qu’attendaient les Auvergnat(e)s. « L’Auvergne est grande quand elle est juste », ce n’est plus un slogan, ni une signature. C’est désormais notre feuille de route.

Je vous remercie.