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Interventions
des élus du groupe
socialiste

du  Conseil  régional  d'Auvergne

 

Session des 21 et 22 septembre 2009
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Intervention de Monsieur Jean Mallot,  
Président du groupe socialiste du Conseil régional d'Auvergne

Monsieur le Président, Mes cher(e)s collègues,
Cette session de septembre s’ouvre dans un environnement économique fortement dégradé, principalement sur le front de l’emploi, aussi bien au niveau national qu’au plan régional.
Le chômage progresse dans des proportions inégalées : 500 000 chômeurs de plus en une année en France, soit une hausse de 25,6 %. 4 000 chômeurs de plus en seulement six mois pour l’Auvergne.
Les jeunes paient un très lourd tribut à cette hausse puisqu’ils sont aujourd’hui 700 000 en France à être inscrits à Pôle Emploi. Et ce phénomène est loin d’être endigué.
Le mois de septembre est en effet le mois où de très nombreux jeunes, après avoir achevé leurs études, entrent sur le marché du travail.
Alors que cet événement majeur de leur existence devrait être synonyme d’espoir, septembre 2009 signifiera malheureusement, pour une grande partie d’entre eux, un passage obligé par la case « chômage ».
La situation est à ce point difficile que certains en viennent à conseiller aux jeunes de prolonger (ou reprendre) une scolarité, plutôt que de subir un déclassement en début de carrière qui serait difficilement rattrapable par la suite.
Alors que les 15 – 24 ans auraient dû profiter à plein du retournement démographique et des postes de travail laissés vacants par les nombreux départs en retraite, les voilà livrés à l’inquiétude, à la précarité, à la peur du lendemain.
Triste bilan d’une société qui choisit la protection des actionnaires plutôt que l’avenir de sa jeunesse !
La Ministre de l’Economie aura beau affirmer que la situation s’améliore, Messieurs Hortefeux, Wauquiez et Marleix auront beau soutenir que la situation serait moins mauvaise en Auvergne qu’ailleurs, Monsieur Sarkozy aura beau prétendre avoir pris toutes les mesures qui s’imposent…  
Le résultat est là : aucune réponse solide n’est aujourd’hui apportée par ce gouvernement à une crise économique et sociale sans précédent par son ampleur et sa brutalité.
Dans ces circonstances, quel sens y a t’il à poursuivre le plus grand plan de licenciement de notre pays, par des suppressions massives d’emplois dans la fonction publique, tant
  à l’école qu’à l’hôpital, pour ne prendre que ces deux exemples.
Oui, mes chers collègues, cette rentrée est dure pour les Français.  
Seul le CAC 40 connaît une embellie et, avec elle, le retour des bonus des traders.
Les Français n’en peuvent plus des pratiques indécentes qui se poursuivent, comme si rien ne s’était passé.
Que sont devenus les injonctions du Président de la République, ses promesses de traquer les patrons voyous, d’exiger des contreparties aux banques qui ont largement bénéficié de l’aide publique ?
Qu’en est-il de ses promesses de réformer les pratiques de la bourse, de limiter les hautes rémunérations et les bonus, d’anéantir les paradis fiscaux ?
Tout ceci n’était que gesticulation médiatique.  
Alors, lorsqu’un gouvernement national se trouve à ce point indifférent aux soucis du plus grand nombre, les citoyens se tournent vers leurs collectivités locales de proximité, comme la région, pour que celles-ci fassent de leur mieux pour amortir, à la hauteur des moyens qui sont les leurs, le choc économique et social qu’ils subissent.
Ils savent bien que, malgré toute sa bonne volonté, le Conseil régional ne peut à lui seul pallier les carences de l’Etat. Son budget n’y suffirait pas. Mais ils savent aussi que nous plaçons nos efforts sur tous les fronts.
En particulier sur le front économique où l’adaptation de nos dispositifs à une situation de crise aura permis d’amortir les difficultés de trésorerie des entreprises, de débloquer des situations critiques, de provoquer un effet de levier sur le financement bancaire.
Ce recours à la Région a souvent été l’ultime voie de sauvetage qu’ont pu solliciter les entreprises. Et notre intervention s’est souvent avérée décisive, tant les financeurs classiques se trouvaient sur des positions de repli, de refus d’assumer la moindre part de risque à moins qu’une collectivité ne s’engage. Nous avons su prendre nos responsabilités pour débloquer des situations parfois périlleuses.
Monsieur le Président, la cellule de veille que vous avez mise en place a bien fonctionné et continue de bien fonctionner. Les acteurs économiques sont très présents à nos réunions régulières de concertation. Les services du Conseil régional sont disponibles et réactifs. Les instructions sont rapides.
C’est en effet l’attitude qui convient à ce type de situation.
De même s’agissant de la Formation Professionnelle Continue pour laquelle nous avons su faire évoluer nos dispositifs et progresser vers la création d’un grand service public régional de formation.
Je rappelle incidemment que nous finançons l’aide à la rémunération de 8 300 stagiaires de la Formation Professionnelle Continue entrant sur des stages financés par la Région, que nous assurons la gestion de 4 000 élèves des Formations Sanitaires et Sociales, que nous accordons à 900 d’entre eux des bourses annuelles moyennes de 3 000 euros et que depuis le transfert de cette responsabilité les usagers unanimes saluent l’effort de la Région qui rattrape l’immense retard d’équipement de ces établissements sanitaires et sociaux.
L’Ecole de la 2
ème Chance, et ses plateformes départementales, s’avèrent une grande réussite, avec, pour les jeunes en sortie de formation, un taux de placement remarquable : 73 % sur les dernières sessions.
Dans cette période de crise, l’action des régions comme la nôtre constitue un véritable « bouclier social régional ».
  Les Auvergnats peuvent mesurer le rôle majeur que tient désormais notre institution régionale, et les réels services publics de proximité que nous fournissons à nos concitoyens
Nous sommes parvenus, en moins de six ans de mandat, à devenir ce service public de proximité qui permet désormais aux familles de bénéficier de la gratuité des manuels scolaires et du premier équipement d’entrée en lycée professionnel et en CFA.
Ce service de proximité qui assure à présent une tarification sociale sur les billets de trains régionaux aux étudiants, aux jeunes, aux travailleurs et demandeurs d’emplois.
Ce service de proximité qui aide annuellement 9 000 apprentis, installe 60 points visio-publics pour mettre en lien direct citoyens et services publics…
La liste est longue des engagements de la Région que nous aurons menés à bien, au long des six années de ce mandat.
Notre Conseil régional est aussi un puissant investisseur qui conduit dans le cadre de ses compétences ses actions propres, c’est à dire sur son seul budget, sans concours extérieurs.
Je ne prendrai que trois exemples pour illustrer ce propos :

La totalité du matériel roulant renouvelé, soit 25 nouveaux trains régionaux payés par la Région,
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La totalité du financement de la construction exemplaire, notamment au plan énergétique,  du nouveau Lycée du Bâtiment de Riom, le Lycée Pierre-Joël Bonté,
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La totalité du financement des travaux de restructuration et de rénovation engagés dans chacun des 68 lycées publics de la Région. Avec un triplement en six ans des budgets d’investissements, triplement révélateur du bouleversement des priorités par rapport à celles de nos prédécesseurs.
De même avons-nous soutenu, 1 296 projets et équipements portés par les intercommunalités dans les quatre départements, pour plus de 785 millions d’euros d’investissements.
Au plan touristique, et la presse régionale a récemment rendu témoignage de ce succès et de ce dynamisme, 1 850 projets touristiques auront été aidés pour 270 millions d’euros d’investissements.
Côté développement durable, nous en sommes à plus de 3 500 aides à l’équipement en énergie renouvelable pour les particuliers, à la création de quatre pôles d’échanges intermodaux TER/Bus, à la mise en place de cinq nouveaux trains supplémentaires aux heures de pointe (le matin et le soir) sur la ligne Moulins/Brioude.
J’ajouterai à ce bel ensemble d’une politique régionale orientée vers la préparation d’un avenir pour les jeunes d’Auvergne la couverture par le haut débit numérique de 100 % du territoire régional et la multiplication des Environnements Numériques de Travail dans les lycées.
Il est parfois nécessaire de rappeler ces grandes réussites de notre majorité au Conseil régional.
Surtout dans une période où fleurissent les commentaires les plus démagogiques, où ressortent les vieux slogans. Ceux qui nous reprochent d’avoir augmenté l’impôt sont les mêmes qui ont transféré aux régions des charges et des déficits que l’Etat ne voulait plus assumer, les mêmes qui ont supprimé à l’Auvergne la dotation
  de  solidarité  que  Pierre  Bérégovoy lui avait donnée, les mêmes qui charcutent les circonscriptions législatives et préparent la paralysie des collectivités locales.
Il y aurait selon eux une droite vertueuse et une gauche dispendieuse. Tu parles !
Le gouvernement Sarkozy – Fillon n’a t’il pas inventé 19 taxes supplémentaires en seize mois ?
Et nous avons en tête l’héritage laissé par la droite régionale en 2004.
Souvenez-vous. On endettait alors
  la région pour des projets présidentiels situés en un seul point du territoire.
On qualifiait de « petits départements périphériques » l’Allier, le Cantal et la Haute-Loire.
On pratiquait les politiques de guichet où venaient se servir les uns plutôt que les autres.
On entretenait l’Auvergne dans une image archaïque, celle d’une région repliée sur elle-même.
On détournait le regard devant les lycées pour ne pas voir leurs besoins ni l’effort financier nécessaire pour créer les conditions de la réussite des élèves.
Et ça continue ! Par exemple, la droite régionale n’aura pas obtenu du gouvernement dont elle fait partie, le plan de développement et de modernisation des itinéraires routiers nationaux qu’on nous promettait et que nous étions en droit d’espérer.
Eh oui, Monsieur Proriol, les lycées c’est la Région et elle finance. Mais les routes nationales, c’est l’Etat. Finance t-il ? Non !
Car l’annonce du PDMI pour l'Auvergne par le Préfet de région est une catastrophe.  
Je pourrais parler de la Haute-Loire et du contournement du Puy en Velay. Monsieur Wauquiez avait annoncé 150 M€. Ce sera finalement 72 M€, y compris le financement des partenaires !
Et pour prendre le cas de l’Allier, les besoins recensés dans ce département sont d'environ 250 M€. Ce montant sera le total des crédits pour l'ensemble des routes nationales dans toute la région Auvergne.
L'Allier devait avoir la moitié des crédits du PDMI auvergnat, ce sera au final à peine plus du tiers : 88,5 millions d'euros dont 19,5 pour la RCEA, 66,4 pour la RN7 et 2,6
  (quasiment rien !) pour le contournement nord-ouest de Vichy. Le désenclavement, le développement économique et la sécurité routière attendront !
L’État réduit ses investissement sur les routes nationales dans l'Allier quand le Conseil général était prêt à accompagner ces travaux en dehors de ses propres compétences et finance 60 millions d’euros pour le seul contournement sud de Vichy (!).
Le Président de la République en février 2008, au cours de son déplacement dans l’Allier, avait promis un « coup de main ». Au final c'est un véritable coup de poignard porté à ce département et à l’Auvergne.
Quant à nous, en six ans de mandat, nous avons, de notre mieux, fait avancer l’Auvergne.
Malgré les difficultés, malgré les obstacles que je viens de rappeler, les élus de la majorité régionale de gauche que nous sommes ont innové et sont parvenus à bouleverser l’image négative que l’Auvergne renvoyait jusque-là à l’extérieur.
Oui, mes chers collègues, l’image de l’Auvergne a bien changé en six ans.  
Nous avons ainsi respecté la parole donnée aux Auvergnats en 2004.
Nous avions promis de nous attaquer de front aux tendances démographiques défavorables de l’Auvergne.
Nous avons donc orienté nos politiques autour d’un pivot central qui consiste à attirer de nouvelles populations, de préférence jeunes et actives.
Et les premiers résultats sont là, comme le titre le quotidien « la Montagne » dans son édition du 15 septembre dernier.
Nous passons ainsi de la 14
ème à la 10ème place des régions les plus attractives de France.
Nous accueillons 4 000 habitants de plus par an, ce qui entraîne un renouveau démographique, certes encore limité, mais que l’on n’avait pas connu depuis les années 60.
Plusieurs rapports qui sont soumis à l’examen de notre session d’aujourd’hui attestent de ce dynamisme.
A l’image du rapport annuel d’activités de Vulcania, dont la fréquentation en 2007 et 2008
  conjuguée au fort niveau de satisfaction des visiteurs, fait désormais de cet équipement l’outil de développement du territoire que nous avons voulu lorsque nous l’avons sauvé du naufrage.
Nous voyons bien qu’en faisant le choix d’une profonde mutation du tourisme auvergnat, en lui ayant consacré 600 M€ de soutien dont les deux tiers sur des investissements privés, nous récoltons aujourd’hui les fruits de cet effort.
Après un hiver record en matière touristique, la saison estivale 2009 s’est traduite par une hausse de fréquentation inégalée depuis deux décennies, très au-delà des résultats enregistrés au plan national.
Nous devons cependant rester lucides quant à la difficulté de
  maintenir chaque année de tels résultats.
Car la plus grande incertitude demeure celle liée au pouvoir d’achat des Français et à son incidence sur leurs pratiques touristiques. Face aux silences du gouvernement sur la relance du pouvoir d’achat, je crains que là encore il nous faille compter sur nous-mêmes.
Notre capacité d’anticipation, par la mise en place du concept « Nattitude » par exemple, nous permettra de maintenir ce temps d’avance que nous avons pris sur les autres régions.
Reste que d’autres secteurs d’activité de notre région se trouvent toujours menacés, et l’actualité récente est là pour nous le rappeler.
La filière agricole, particulièrement la filière laitière, mais pas seulement elle, connaît aujourd’hui les heures sombres avant d’être progressivement livrée aux seules forces du marché.
Mes chers collègues, laisser faire le marché ne peut qu’aboutir à faire mourir les petits producteurs.
  Nous le savons tous, et les agriculteurs eux-mêmes le savent !
Nous pensons également que le recours à la seule contractualisation entre distributeurs et producteurs, comme le prône le gouvernement, n’est pas la bonne formule et qu’elle se retournera contre les plus faibles au premier mouvement de la conjoncture.
Seule une réglementation et une régulation gérées à l’échelle européenne pourraient sauver cette filière, comme nous avions su l’imposer en 1984 par l’instauration des quotas laitiers.
Ce système auquel s’opposait la Droite d’hier, aura perduré vingt-cinq ans et permis la poursuite d’une activité laitière dans les petites exploitations
Et il est savoureux de constater aujourd’hui que les adversaires des quotas hier prônent leur maintien aujourd’hui.
Quoi qu’il en soit notre Conseil régional se préoccupe des difficultés de l’agriculture d’Auvergne et je salue la décision du Président Souchon de réunir une conférence agricole régionale pour prendre des mesures d’urgence.
La situation est en effet à ce point dramatique que nous devons venir en soutien à cette filière, en intervenant sur la trésorerie des exploitations dans le cadre d’un redéploiement de nos crédits agricoles.
J’appelle également votre attention sur la très pertinente charte ovine que nous adopterons aujourd’hui et qui permettra de relancer la filière de production ovine.
L’actualité de l’Auvergne est aussi celle qui aujourd’hui mobilise l’ensemble de la population attachée aux service public et aux missions que remplit La Poste.
Notre collectivité doit rappeler officiellement son opposition à la privatisation de ce grand service public que le gouvernement prépare.  
Un vœu sera donc soutenu par l’intergroupe PS – PC et Vert. Il serait heureux qu’il recueille l’unanimité de notre Assemblée et que nous nous associions à l’organisation du référendum du 3 octobre prochain sur le service public postal.
L’enjeu que représente la présence de La Poste sur nos territoires le justifie pleinement.
Il faut donc accentuer notre mobilisation !
Je vous remercie de votre attention

 
Session des 21 et 22 septembre 2009
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Intervention de Monsieur René Souchon,  
Président du Conseil régional d'Auvergne,

Mes cher(e)s collègues, Mesdames, Messieurs, cher(e)s collègues,  
Nous ouvrons cette session de rentrée dans un contexte marqué par une crise dont le volet social devient de plus en plus préoccupant.
Le chômage continue sa progression, les inégalités s’accroissent de plus en plus et nos concitoyens sont dans la difficulté. Le capitalisme financier, quant à lui continue à avancer, imperturbable, sans remettre en cause ses méthodes.
Un chiffre résume bien, je crois, l’année de crise que le monde vient de vivre : depuis l’été 2008, selon un organisme associé à l’ONU, les gouvernements ont consacré neuf fois plus d’argent pour soutenir les banques et les institutions financières que le monde n’en avait dépensé, en un siècle, pour aider les pays les plus pauvres.
                                                                                                        *****
Mes cher(e)s collègues,  
Puisque je parle de cette crise sociale qui nous préoccupe, je voudrais revenir un instant sur la situation de l’emploi dans notre Pays et vous rappeler tout d’abord que depuis le début de l’année, la France compte chaque jour 2000 chômeurs en plus !  
En Auvergne, nous avons perdu 6900 emplois en un an dont 3000 au cours des trois premiers mois de l’année.
Fin juillet, l’Auvergne comptait plus de 47 000 demandeurs d’emploi de catégorie A, soit une augmentation de 23,7% ! (25,6% au niveau national).
Aucune des principales activités auvergnates n’est épargnée : au 1
er trimestre 2009, le secteur tertiaire a perdu 1500 emplois, l’industrie auvergnate poursuit son déclin avec 1300 postes perdus et la construction, malgré un léger sursaut fin 2008, a enregistré une nouvelle perte de 130 emplois.
Sur cette même période (1er trimestre 2009), les quatre départements de la Région enregistrent des pertes très lourdes : 1000 emplois nets en moins dans le Puy de Dôme, 850 dans l’Allier, 900 dans la Haute-Loire et 190 dans le Cantal.
Au-delà de ces suppressions d’emplois, la progression du chômage des jeunes auvergnats de moins de 25 ans,
+ 38,7% en 1 an (contre + 32,7% au niveau national), soit 9000 jeunes, est particulièrement dramatique et doit tous nous interpeller.  
Ces jeunes sont bien formés mais ils sont pourtant confrontés aux pires difficultés d’insertion économique et sociale.
Nous savons qu’une société qui ne laisse pas sa place à la jeunesse est sur la voie du déclin.
C’est pourquoi, à l’échelle de la Région, nous ne lésinons pas sur les moyens que nous consacrons à notre jeunesse en offrant de multiples possibilités de formation aux jeunes auvergnates et auvergnats ou encore, par exemple, en mobilisant près de 3 M d’ € pour la gratuité des manuels scolaires et du premier équipement.  
Chaque jour depuis 2005, nous investissons 255 000 € dans les lycées auvergnats, dont le plus beau totem est désormais le « Lycée Haute Qualité Environnementale » Pierre Joël BONTE de Riom auquel nous avons consacré 62,2 M € ( 57,2 M € d’investissements et 5 M € d’équipements).
Pour la seule année 2009, nous consacrons même 300 000 € par jour à nos lycées.
                                                                                           *****
Dans ce contexte très dégradé, il y a cependant des signes positifs pour l’Auvergne.
La Région Auvergne, titre « La montagne » du 15 septembre dernier, « colle à l’air du temps » et passe de la 14
ème à la 10ème place des Régions les plus attractives de France.
L’Auvergne, nouveau « Pays de cocagne » nous dit-on, attire près de 4000 habitants par an, une croissance démographique que l’on n’avait pas connue depuis les années 60.
Depuis 2004, le pivot central de notre action politique réside dans la capacité de notre région à résoudre son problème démographique, c'est-à-dire à attirer de nouvelles populations, de préférence jeunes et actives.  
Notre satisfaction de constater que les premiers résultats sont là, est donc légitime. Toutefois le chemin qui reste à parcourir sera encore long.
En effet, la progression de la population, bien réelle, reste inférieure à la moyenne nationale.  
Parmi les satisfactions figurent les bons résultats en matière de tourisme.
En effet, après un hiver record, la saison d’été 2009 s’est traduite par une hausse de fréquentation inégalée depuis au moins 20 ans avec une progression d’environ 5 %, un chiffre largement supérieur à la tendance nationale.
La fréquentation de Vulcania, dont nous évoquerons les futurs aménagements lors de cette session, a augmenté de 5%, celle du PAL de 9% ; le nombre de Pass « open tour » vendus cet été a progressé de + 17% et la fréquentation du sire Internet du CRDTA a connu une hausse de + 9%.
En 2004, nous avons souhaité que l’auvergne soit avant tout accueillante.
En consacrant 64 M € aux investissements touristiques, dont les 2/3 sur des investissements privés, nous n’avons pas ménagé nos efforts pour accompagner la mutation touristique de l’Auvergne.
Cette politique volontariste s’est traduite par une augmentation de 12% du nombre de lits en hôtels 3 ou 4 étoiles mais surtout par la création de 2150 emplois.  
Dans cette période très difficile le tourisme est en Auvergne l’un des principaux secteurs créateurs d’emplois.
Je voudrais remercier l’ensemble des acteurs du tourisme auvergnat pour leur professionnalisme et les féliciter pour les bons résultats que nous avons obtenus grâce à eux.  
Je voudrais les assurer du soutien le plus entier du Conseil Régional d’Auvergne pour poursuivre ensemble la construction de cette nouvelle Auvergne, dont l’image a beaucoup changé et qui est perçue aujourd’hui comme une région moderne, dynamique, innovante, où il fait bon vivre.
                                                                                               *****
Lors d’une conférence sur les nouveaux indicateurs de richesses à laquelle je participais en juin dernier à l’Université Blaise Pascal, au moment même où Joseph STIGLITZ et Amatya SEN, Prix nobels d’économie, travaillaient à leur rapport, j’étais heureux de pouvoir annoncer que l’Auvergne occupait le 3
ème rang des Régions les mieux notées en termes d’Indicateurs de Santé Sociale (ISS).
Un grand pas vient donc d’être franchi.  
Mais il faut là encore aller plus loin.
Aussi, je vous propose de franchir ensemble une nouvelle étape : ériger la social écologie, le développement durable et l’excellence environnementale en lignes de forces de notre projet de développement, et ne plus jamais lâcher ce fil.
Par-delà les promesses et les discours sur la croissance verte, la crise nous aura en effet donné une conscience claire des impacts écologiques de notre mode de vie.
Le tsunami financier et social, qui bouleverse notre économie, aura au moins affirmé une évidence, celle de la nécessaire refonte de nos systèmes de production et de consommation d’énergie.  
Je regrette, même si aucun système n’est parfait, qu’à travers la taxe carbone telle que mise en œuvre, l’Etat ait choisi en fait un nouvel impôt sur l’essence, le gasoil et le fioul domestique, qui pèsera une fois de plus sur les particuliers et tout particulièrement sur les banlieusards et les ruraux.  
A l’image de notre Agenda 21 régional, je considère pour ma part que le développement durable ne peut se développer que par « l’impulsion » et « l’envie de faire ».
En intégrant l’éco conditionnalité dans l’ensemble de nos politiques régionales, en particulier à travers la deuxième génération de Contrats Auvergne + qui voit le jour, nous avons un véritable effet de levier en faveur du développement durable.
Le projet de convention relatif aux certificats d’économies d’énergies que nous soumettrons à votre approbation aujourd’hui, constitue également un signe fort de notre nouvelle politique en faveur de l’environnement.
                                                                                               *****
Dans cette nouvelle auvergne, l’agriculture doit avoir une place de choix.
Je voudrais attirer votre attention un instant sur cette question.
Aujourd’hui, les producteurs de lait connaissent une situation dramatique. D’autres productions sont en crise, comme le porc, les ovins, la production cunicole.
La crise du lait est la plus grave que nous ayons connue depuis 30 ans, avant l’instauration des quotas laitiers, qu’avec Michel Rocard, nous avons décidée de concert à Bruxelles, le 31 mars 1984.
C’est une crise qui témoigne du déséquilibre entre l’offre et la demande, du à la dérégulation.
C’est la conséquence de la politique libérale conduite par la droite européenne.
Soyons lucides sur la volonté des dirigeants de l’Europe, dont 22 sur 27 sont à droite : il s’agit, par la dérégulation, de faire disparaître tous les petits producteurs de lait. La présidence suédoise de l’union européenne ne se cache même plus pour le dire. Les spécialistes que j’ai consultés et qui font de la prospective tablent sur la fin de l’année sur un prix du lait standard de 180 euros les 1000 litres  sauf à ce que des mesures sérieuses soient arrêtées au niveau européen. A ce prix là, peu pourront résister, notamment dans nos territoires de montagne.  
L’agriculture, et notamment les producteurs de lait, ont besoin d’une régulation forte de la production à l’échelle de l’Europe et de mécanismes de stabilisation des prix.  
C’est ce que l’Europe ne veut pas, et l’on n’entend pas non plus la France demander ces mécanismes de stabilisation des prix avec force.
La solution proposée, qui est la contractualisation entre le producteur et l’industrie, est une fausse bonne solution qui ne résoudra rien.
Je donne rendez-vous dans quelques temps à ceux qui croient, avec la contractualisation, détenir la vérité.
Par rapport à cette situation, que pouvons nous faire ? Surtout ne pas créer l’illusion que la Région, ou tout autre collectivité, par leurs interventions, pourraient régler le problème.  
Celui-ci ne peut trouver de solution qu’à l’échelle européenne par une décision politique.  
Pour autant, nous avons un programme de soutien à l’agriculture qui a été ciblé pour favoriser des évolutions structurelles porteuses pour nos agriculteurs.
En pleine crise du prix du lait, je rappelle que l’Auvergne importe chaque année 7 millions de litres de lait bio, payés au producteur 440 euros les 1000 litres par BIOLAIT, et qu’il y a de la place dans la production bio pour un nombre important d’agriculteurs.  
Les préconisations du grenelle de l’environnement sont une multiplication par 3 d’ici 2020, de la production bio en France. En Auvergne nous ne sommes qu’à 2% de la SAU en bio à peine la moyenne nationale.
En 2010, Elisabeth Thevenon-Durantin et moi-même souhaitons d’ailleurs introduire à côté de l’aide au maintien en production bio, une aide à la conversion de façon à concrétiser notre souci de faire de l’Auvergne, la première région bio en France.
Nous vous présenterons cette nouvelle aide à la conversion lors de la session budgétaire.
Dans l’immédiat, nous pourrions prendre des mesures conjoncturelles de même nature que celles arrêtées pour les autres entreprises du secteur économique en mars dernier.
Dans cette perspective, nous allons réunir dans la deuxième quinzaine d’octobre une conférence agricole régionale paritaire avec les chambres d’agriculture, les syndicats et l’Etat. Elle nous permettra, dans la concertation, de proposer des mesures, notamment en faveur de la trésorerie, sous forme vraisemblablement, mais nous en discuterons avec les intéressés, de garantie bancaire, voire d’avance remboursable.  
Il faudra également y aborder les moyens d’accompagner la transformation du monde agricole en s’impliquant dans la relocalisation des débouchés d’une partie de la production (viande, lait) à travers la commande publique des établissements scolaires ou administratifs.
Bien entendu, tout cela ne peut se faire budgétairement que par redéploiement et non par une dépense supplémentaire.
La solidarité indispensable à l’égard de nos agriculteurs doit d’abord se manifester à l’intérieur de la profession.  
Dans cette session, nous examinerons également le nouveau dispositif pour favoriser l’élevage ovin à travers la charte de développement durable de la production ovine, c’est là encore une démonstration que la Région est là pour faciliter les adaptations structurelles.
                                                                                               ******
Mes cher(e)s collègues,  
L’actualité de notre rentrée, c’est également une auvergne qui innove en matière de transports publics.  
Au-delà de notre combat sans relâche pour la Grande Vitesse en Auvergne, dont je vous rends compte régulièrement, de notre engagement au titre du Plan Rail, nous travaillons actuellement d’arrache pied avec l’ensemble des 12 Autorités Organisatrice de Transports (les 4 conseils généraux, les 6 communautés d’Agglomération, Riom Communauté et la Ville de Thiers).
Evoquée à plusieurs reprises lors des Assises du Transport et de la Mobilité du 24 juin dernier par les citoyennes et les citoyens auvergnats, l’idée d’une centrale de mobilité régionale fait son chemin.
Le « protocole d’accord sur l’intermodalité dans les transports publics d’Auvergne », que nous examinerons aujourd’hui et que je signerai, sous réserve de votre accord le 15 octobre prochain, avec les 12 AOT, est une première étape fondamentale qui devrait nous permettre d’avancer rapidement sur ce dossier !  
Enfin, puisque j’évoque la politique régionale en matière de transports, je voudrais couper court aux polémiques, en rappelant rapidement quelques faits et chiffres relatifs au dossier complexe de l’aéroport de Clermont-Aulnat.  
La crise économique et sociale qui sévit n’épargne pas notre économie régionale et évidemment l’aéroport, qui dépend à 80% d’une clientèle d’affaires, en subit également les conséquences.  
Lors du Comité Syndical de l’aéroport du 8 septembre dernier, j’ai proposé à
  Clermont-Communauté et au Conseil Général du Puy de Dôme des solutions qui préservent ce bel outil.  
J’ai ainsi proposé plusieurs pistes de travail dont celle de l’Obligation de Service Public (OSP) pour les 4 lignes de Marseille, Strasbourg, Lille et Toulouse qui permettrait l’intervention financière de l’Etat et des collectivités publiques pour exploiter ces lignes avec des avions de plus faible capacité que ceux de Régional.  
Ces services pourraient d’ailleurs être assumés par de nouvelles compagnies avec qui nous sommes d’ores et déjà en contact régulier. La demande officielle d’OSP a été adressée à Monsieur Bussereau et je m’en suis entretenu avec le Ministre de l’Intérieur.
J’ai également pris l’initiative de réunir le 29 septembre prochain l’ensemble des parties prenantes de l’aéroport (grands donneurs d’ordre, industriels associés, universitaires).
Une sorte « d’union sacrée » pour définir ensemble les orientations (service, desserte, fréquence, tarifs, qualité…) qui pourraient conduire à une utilisation plus rationnelle et stable de l’aéroport.  
Grâce au travail du CRDTA, nous avons aussi une possibilité, au printemps prochain, d’avoir 4 vols par semaine sur Londres. D’ici 15 jours nous devrions avoir éclairci cette piste.
Sachez en tout cas que nous prenons ce dossier très au sérieux, que nous ne « lâcherons pas le morceau » et que nous vous tiendrons bien sûr régulièrement informés de son évolution.  
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Mes cher(e)s collègues,  
Depuis 2004, nous avons mis l’Auvergne en mouvement comme nous nous y étions engagés, et il y en a des preuves tangibles. La Région qui pointait en queue de peloton pour son attractivité il y a encore 10 ans fait désormais la course en tête dans bien des domaines, grâce à des valeurs qui font sens et que nous transcrivons depuis 2004 dans l’ensemble de nos dispositifs.  
L’image de l’auvergne change : elle s’inscrit dans la modernit. 
Notre campagne de communication décalée, « l’Auwwergne de la tentation » provoque actuellement un buzz sans précédent sur la toile et fait parler de nous dans la France entière, et parfois même bien au-delà de nos frontières, jusqu’à Los Angeles.
Nous ne nous contentons donc pas de préparer le futur, nous sommes dans le futur.  
A ce stade, je voudrais évoquer deux dossiers liés au devenir de notre région : la réforme des collectivités territoriales et la réforme de la taxe professionnelle
Sur le premier point, nous aurons l’occasion de revenir durant l’automne mais je m’inquiète de voir la France s’engager dans une « cantonalisation »  des Régions. Je m’inquiète de voir notre pays tourner le dos à toutes les évolutions européennes. Partout on renforce la décentralisation en s’appuyant sur les Régions. En France le Gouvernement a choisi de recentraliser et de réduire le rôle des Régions notamment par la contrainte financière.
Mr Sarkozy ne peut pas impunément tourner le dos aux évolutions auxquelles on assiste dans tous les grands pays. Le sens de l’Histoire c’est la décentralisation et pas la recentralisation.
La réforme de la taxe professionnelle en l’état va encore réduire l’autonomie financière de nos régions, je vous invite à lire l’article paru dans les Echos du 8 septembre, sous la plume de notre collègue Président de la Région Bretagne. Il y montre que plus de 90 % des ressources des régions seront désormais des dotations gérées plus ou moins discrétionnairement par l’Etat.  
La réforme signifie que les Régions n’auraient plus comme possibilité pour faire varier leurs ressources que la taxe sur les cartes grises et, dernière innovation datant de la semaine dernière, 2 à 3 centimes d’euros de TIPP pour financer…les TGV ! Vous remarquerez d’ailleurs au passage que lorsque le gouvernement augmente la TIPP comme il va le faire à travers la taxe carbone, c’est vertueux et, lorsque ce sont les Régions, c’est absolument scandaleux. Je vous rassure, nous ne proposerons pas d’augmentation en 2010.
J’en viens au problème récurent de la dotation de péréquation, dotation de solidarité réservée aux Régions les plus pauvres. Toutes les simulations de la DGCL montrent que notre Région devrait retrouver cette dotation, sauf à persister dans l’injustice.
Le rapport du sénateur Jarlier, en juillet, montre l’inadaptation du dispositif actuel, dont le mode de calcul est devenu pervers avec le plafonnement de la taxe professionnelle et la prise en compte de l’augmentation de la population qui pénalise les Régions censées être le plus aidées, c’est à dire celles dont la population progresse le moins comme l’Auvergne et le Limousin.
Le conseil d’administration de l’ARF, réuni mercredi dernier, a une nouvelle fois, à l’unanimité, demandé à ce que la Région Auvergne bénéficie d’une mesure exceptionnelle qui ne coûte rien à l’Etat. Les Régions ont proposé au Ministre de l’Intérieur que l’Auvergne bénéficie intégralement de la part de dotation consécutive à l’inflation, ce qui, à peu de choses près, correspond à ce que nous avons perdu. Cela ne coûte rien à l’Etat, car c’est un prélèvement sur l’enveloppe fermée de péréquation à destination des Régions. C’est une proposition d’un effort exceptionnel de solidarité de la part de mes collègues présidents.
J’ai rencontré le Ministre de l’Intérieur mercredi soir, je lui ai remis la lettre du Président de l’ARF, Alain ROUSSET ; j’attends, dans la loi de finances 2010 une réponse positive, auquel cas nous pourrons réinjecter dans l’économie locale la dotation complémentaire.
Sachez qu’en dépit des contraintes, nous sommes déterminés à poursuivre avec les Auvergnates et les Auvergnats, la construction d’une nouvelle auvergne encore plus accueillante, encore plus solidaire et encore plus respectueuse de l’environnement.
Je vous remercie.