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Interventions
des élus du groupe
socialiste

du  Conseil  régional  d'Auvergne

 

Session du 2 mars 2009
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Intervention de Monsieur Jean Mallot,  
Président du groupe socialiste

 
Monsieur le Président, Mes cher(e)s collègues,
La crise que nous traversons est sans précédent par son ampleur, sa brutalité et sa gravité.

En France comme en Europe et dans le reste du monde, la crise économique et sociale frappe chaque jour un nombre grandissant de salariés, de territoires, de bassins d’emplois.

Pas une semaine ne s’écoule sans que ne soit dévoilé un nouveau scandale, un nouveau gouffre financier creusé ici par un apprenti - sorcier de la spéculation, là par un trader en mal de reconnaissance ; pas une semaine sans que la presse ne titre sur tel dirigeant avide de recevoir son « bonus », ultime gratification de son incompétence, ou sur la nomination controversée d’un proche du Président de la République à la tête de la banque qu’il a lui-même constituée.

L’économie mondiale est donc à l’évidence confrontée à une crise de système dont les causes profondes se trouvent dans l’accroissement des inégalités, dans la priorité donnée à la rémunération du capital au détriment de celle du travail.

Ce monde a donc d’abord et avant tout besoin d’orienter ses forces vers des valeurs humaines et de renoncer aux illusions d’un univers financier virtuel qui nous a conduits à ce cataclysme.
 
Ce monde a besoin de réglementation. Il a besoin de retrouver le
  sens de l’intérêt général. Il va donc falloir le réformer en profondeur, nettoyer les écuries d’Augias, redonner la priorité à la rémunération du travail et à l’investissement.

Au-delà des revendications légitimes des manifestants du 29 janvier, c’est ce message qui était majoritairement porté par la rue, en métropole comme dans les Territoires d’Outre-Mer.

Et il est probable que ce message résonnera encore plus fort lors des manifestations du 19 mars prochain.

Alors, nous apprenons par la presse que la droite (UMP dite UPA) voudrait nous donner des leçons d’économie et des conseils de gestion.

Toute les leçons sont bonnes à prendre mais il faut regarder d’où elles viennent :

-   
De cette droite qui s’est trompée de diagnostic et persiste dans l’erreur : non, mesdames et messieurs de la droite, cette crise n’est pas seulement financière, importée des USA et telle qu’il suffirait d’attendre pour que tout reparte un jour, comme avant !

Si c’était le cas comment expliquer que le chômage du mois d’août 2008,
  dont la poussée a marqué les esprits, serait due à l’éclatement d’une bulle financière en septembre, sauf à supposer que, pour complaire à Monsieur Sarkozy, les demandeurs d’emploi aient anticipé en allant s’inscrire à l’ANPE un mois plus tôt.

-  
De cette droite qui par sa politique depuis des années, ajoute de la crise à la crise : bien sûr qu’en défiscalisant les heures supplémentaires au point de les rendre moins coûteuses pour l’employeur que les heures normales on allait réduire le recours à l’intérim, aux CDD voire aux CDI et donc, à terme, relancer le chômage… Où est la surprise ?

-  
De cette droite qui redécouvre les vertus des « stabilisateurs sociaux » dont on constate en effet qu’ils permettent de mieux résister à la crise et d’en amortir les chocs : ah ! elles en ont des vertus, la protection sociale, la redistribution par la fiscalité et les cotisations, la retraite par répartition qui résiste aux coups de bourse.

Ah, les services publics !…
  Mais c’est justement cela, ces dispositifs sociaux protecteurs, que la droite, méticuleusement, depuis 2002, démantèle l’un après l’autre.

-  
De cette droite, qui appelle plan de relance (il y a même un ministre pour cela !) un plan de recyclage de mesures déjà prises, allié à des annonces destinées à soutenir une politique de l’offre : promettre aux entreprises une diminution de leur fiscalité pour qu’elles investissent alors qu’elles n’ont pas de débouchés puisque le pouvoir d’achat des ménages est en berne et que le soi-disant plan, unijambiste et riquiqui, ne prévoit rien du côté de la demande !

De cette droite qui annonçant, aux collectivités locales la suppression d’une de leurs principales ressources fiscales (la Taxe Professionnelle), leur demande de faire un effort d’investissement !

-  
De cette droite (« n’est ce pas Monsieur Wauquiez ») qui en juillet dernier, alors que les premiers signes de dégradation de la situation économique et sociale étaient déjà perceptibles, a voté une loi sur « l’offre raisonnable d’emploi » : Monsieur le demandeur d’emploi, vous ne pouvez pas refuser un emploi qui se trouverait à moins de 30 km de chez vous ! Sinon gare à la sanction ! Comme si c’était là une réponse à la crise que nous vivons !… J’observe, au passage, que le gouvernement de droite n’a rien trouvé de mieux que de diminuer d’environ 30 % les moyens attribués aux services regroupés par « pôle emploi » en Auvergne cette année !

Alors les leçons, hein ! …

Il est vrai que la droite auvergnate, mais
  c’est la même que la droite nationale, n‘est-ce pas Monsieur le Ministre, a trouvé la bonne méthode pour avoir des idées et faire des propositions : elle participe aux réunions de travail organisées par le Président du Conseil régional, elle attend de recevoir l’étude économique qu’il a commandée, elle lit le rapport de session du Président, puis elle convoque la presse et appelle, à grand coups de trompette, les mesures dont elle vient de lire la teneur : ah les vertus de l’investissement dans les lycées ! Quand on se souvient que la droite, avant 2004, y mettait moins de 25 M€ par an et que nous en mettons plus de 65 ! Enfin !…

Sur le plan national
, là où serait nécessaire l’augmentation du pouvoir d’achat des ménages, le Président de la République leur accorde les miettes du festin des banquiers ; là où serait nécessaire  une baisse des prix par la  diminution de la TVA,  le Gouvernement préfère faire confiance au marché ; là où la lucidité imposerait que l’Etat entre au capital des banques, celui-ci déverse les crédits publics sans aucune contrepartie ; là où l’on devrait s’attendre à une relance historique de l’investissement public, l’Etat présente un plan de communication sur des projets dont  aucun n’est nouveau, avec de surcroît l’exigence de faire financer les collectivités !
Non, je l’ai dit, le plan de relance du gouvernement n’est pas à la hauteur des enjeux. Vingt six milliards d’euros, mais cinq seulement si l’on ne tient compte que des investissements réellement nouveaux à la seule charge de l’Etat. C’est cent fois moins par tête d’habitant que le récent plan de relance de l’économie américaine annoncé par Barack Obama.

Le Fonds Monétaire International préconise d’agir vite et fort, et demande que les grands pays industrialisés adoptent tout de suite une relance budgétaire de 2 % de leur PIB, quitte à le porter plus loin à 3 % si nécessaire.

La France est loin du compte.
  
Pour être pertinent et efficace, un plan de relance doit réunir quatre caractéristiques : il doit être global, massif, d’effet immédiat et il doit être équilibré entre relance de la demande et soutien à l’investissement.

On vient de voir que les deux premières conditions ne sont pas remplies, et que le plan français de Monsieur Sarkozy n’est ni global, ni massif.

Ensuite, ce plan n’est pas d’effet immédiat, notamment parce que l’on ignore la capacité des entreprises publiques impliquées comme EDF, GDF Suez, la SNCF ou encore La Poste à engager sans délai les chantiers promis par le Président de la République.

Ecoutons la récente déclaration d’un dirigeant de Réseau Ferré de France, je cite : «  Pour nous, le fait d’accélérer un chantier n’est pas une question d’argent. C’est un problème de faisabilité tout simplement ».  
Les annonces du gouvernement sont encore très loin de l’action concrète.

Mes collègues du Puy de Dôme, du Cantal et de la Haute-Loire me permettront d’illustrer mon propos par quelques projets majeurs du département de l’Allier où nous attendons, j’allais dire la pioche à la main, le démarrage immédiat des chantiers et non de simples annonces réitérées pour la énième fois :  
La mise à deux fois deux voies de la RCEA dans toute la traversée du département
.
Nous sommes prêts pour cet axe fréquenté presque à 50 % par des poids lourds, et avec un taux d’accidents graves nettement au-dessus de la moyenne.  
Que l’Etat débloque les fonds comme il a su le faire pour les banques !

Nos entreprises de Travaux Publics sont prêtes.

La mise à deux fois deux voies de la RN7.

Les contournements de Villeneuve-sur-Allier et Bessay-sur-Allier, la déviation complète de Varennes/Allier sont prioritaires ainsi que la réalisation de l’échangeur avec la RCEA au sud de Moulins. Leur réalisation n’attend plus que le financement.

Là aussi nous sommes prêts dès aujourd’hui !

Les travaux de régénération du réseau ferré existant, très dégradé dans toute l’Auvergne peuvent, et doivent être lancés sans délais. De même que l’électrification de la ligne Montluçon / Vierzon.

On voit bien l’impact immédiat sur l’emploi dans l’Allier et dans l’ensemble de la Région qu’aurait un déblocage immédiat des fonds par l’Etat, comme cela a été fait pour les banques.

Et cette illustration qui vaut pour l’Allier, vaut aussi pour les départements de Haute-Loire, du Cantal et du Puy de Dôme !  
Mais le plan de relance de l’Etat a un autre défaut. Celui de ne pas être équilibré.

En effet, la crise économique que nous traversons a pour principale composante un effondrement de la demande. Or quelles sont les mesures sociales du plan de relance, où celles annoncées lors du « sommet social » du 18 février ?
 
Le Gouvernement, en accord avec le patronat, refuse le relèvement des salaires, refuse la baisse d’un point de la TVA, refuse le relèvement des minima sociaux…

Le résultat de cet immobilisme est palpable et immédiat : consommation et activité en berne, licenciements massifs, faillites d’entreprises en série, explosion du chômage partiel, fragilisation du tissu social, radicalisation des attentes, émeutes de la vie chère en Guadeloupe… la liste est longue des conséquences de cette incapacité du Gouvernement à agir enfin pour redresser la situation.

Et cela vaut malheureusement aussi pour l’Auvergne :

Une augmentation de 20 % en moyenne
  du chômage en Auvergne en moins d’un an, des dossiers d’entreprises en difficultés, des défaillances, toujours plus nombreuses, qui obligent la Région à intervenir, comme nous le faisons aujourd’hui en présentant ces rapports d’urgence pour l’économie auvergnate.  
Les mesures proposées par l’exécutif conduit par le Président Souchon sont des mesures sérieuses, nécessaires et réclamées par les acteurs de l’économie régionale
. Elles ont été travaillées avec les partenaires de la Région au long des semaines de concertation organisée par l’Exécutif.
Elles ont été inspirées puis confortées par l’excellent rapport d’analyses du Professeur Serrre dont chacun a reçu et lu, j’imagine, les conclusions.

Notre plan d’action ne peut pas être un « plan de relance » puisque nos moyens budgétaires ne nous le permettent pas.
Vous noterez cependant que notre collectivité est prête à investir dès aujourd’hui les 14 millions d’euros de remboursement anticipé par l’Etat de la TVA relative à nos investissements antérieurs.
L’injection immédiate de 14 millions d’euros dans l’économie locale
  aura un effet sur l’emploi et la santé financière des entreprises du bâtiment. Les affectations sont déjà arrêtées : travaux dans les lycées, au CFA du BTP du Puy de Dôme, dans le patrimoine historique et culturel régional.

Difficile d’être plus réactif. Et j’aurais aimé, pour ma part, voir le Gouvernement lancer avec autant de rapidité les travaux qu’il annonce à grand renfort médiatique.  
Deux méthodes s’opposent donc.

D’une part celles des Régions : réactives, opérationnelles, démontrant leur aptitude à l’anticipation.

D’autre part celle d’un Gouvernement qui préfère la palabre et les annonces sans lendemain à l’action concrète.

Car si notre région est partout en chantier, c’est grâce au dynamisme des collectivités locales : nos lycées, notre réseau ferroviaire et son matériel roulant, notre patrimoine historique, nos collèges, nos équipements communaux et intercommunaux ! La liste est longue.
Et l’on voudrait détruire ce réseau dynamique, porteur d’activités multiples, proche des usagers… pour recentraliser notre pays, charcuter la carte des Régions et des Départements dans une seule optique de cuisine électorale !

Car, pendant que nos concitoyens souffrent de leur politique, MM Sarkozy et Balladur amusent la galerie, jouent avec le « millefeuille ». Un jour ils veulent supprimer le département, le lendemain, faire un Grand Paris. Aujourd’hui redécouper les régions. Demain quoi ? … ?… Tout cela pour détourner l’attention !

Mais nous ne nous laisserons pas « ballader ». Nous ferons front malgré tout et la Région Auvergne tiendra son rôle de chef de file en matière économique, comme la loi le prévoit.

C’est ainsi que nous adopterons aujourd’hui des
mesures de sauvegarde immédiates destinées à préserver à court terme les intérêts des salariés et des entreprises auvergnates.

-  
L’ouverture de nos achats de formation professionnelles aux personnes en reclassement à la suite d’un licenciement économique,
 
-   
L’élargissement du programme aux projets des entreprises pour lesquelles l’engagement d’embauche porte sur des CDD,

-   
L’ouverture du fonds d’intervention formation aux entreprises de plus de 50 salariés.
Par ailleurs nous faciliterons l’accès au crédit et la gestion de trésorerie des entreprises :
-
   par un nouveau fonds d’avance de trésorerie,
 
-    
par une instruction encore plus rapide des dossiers,

-    
par un doublement du plafond d’aide régionale aux fonds propres porté à 200 000 € ,

-   
par l’ouverture du fonds régional géré avec OSEO à la garantie des crédits de trésorerie.

La recherche, le développement et
  l’innovation seront soutenus car ils permettent de consolider notre économie et de préparer l’avenir.  
Dans cette perspective, une rallonge d’1million et demi d’euros est proposée en faveur des projets qui associent les laboratoires de recherche et les entreprises au sein des pôles de compétitivité mais également dans les nouveaux pôles d’innovation dans le numérique, les sciences de la vie, la nutrition, l’environnement…

Le plan comporte aussi la création d’un nouveau programme, d’aide régionale au développement de l’innovation et des entreprises qui permettra de faciliter le recrutement du personnel recherche et développement.

Le soutien à l’investissement ne sera pas oublié notamment en direction des structures de transferts de technologies qui fournissent des prestations aux PME/PMI auvergnates.
 
Plus structurelle, notre implication dans les fonds de garantie, dans les
  prêts d’honneur et de consolidation du  « haut de bilan » des PME est nécessaire. Par notre abondement au programme européens JEREMIE, c’est une enveloppe de 25,2 M€ pour la période 2007 – 2014 qui sera disponible à cet effet.

Mais notre implication ira plus loin encore dans le domaine de la coordination, avec tous les acteurs, pour agir ensemble contre cette crise sans précédent.

C’est ce que notre majorité a initié avec la cellule de veille, avec les réunions multiples avec nos partenaires, avec les consultations d’experts. Et ce fonctionnement collectif, nous souhaitons l’élargir aux COTEF avec
  des COTEF dédiés à la crise dans les bassins les plus touchés (Montluçon, Yssingeaux, Thiers, Vichy).

Voilà, mes chers collègues, comment se traduit l’implication de la région dans le soutien à l’économie. Nous voudrions certes faire plus… mais vous connaissez les limites de nos capacités budgétaires.

Vous me permettrez, à ce propos, de commenter la motion déposée aujourd’hui devant cette assemblée à la suite de l’annonce du Président de la République qui veut supprimer la Taxe Professionnelle.

Car cette éventuelle suppression porte les germes d’une déstabilisation profonde des collectivités locales. Elle constitue une remise en cause directe des Conseils Régionaux dont le développement économique est au cœur des compétences.
 
Il est pourtant indispensable qu'un lien fiscal existe entre les entreprises et les territoires et que les ressources fiscales des collectivités ne reposent pas uniquement sur les ménages.

Par cette suppression, le gouvernement veut imposer à nouveau son choix de façon unilatérale, alors même que les associations d’élus ont travaillé et fait des propositions communes pour une réforme globale de la fiscalité locale qui aille dans le sens d’une plus grande autonomie financière.

Les collectivités représentent 73% de l’investissement public et
  restreindre leurs ressources fiscales s’avèrerait un non sens économique préjudiciable à la Nation. Car ce ne sont pas 8 milliards mais bien 26 milliards d’euros de manque à gagner pour les collectivités de la France entière que génèrerait la suppression de la Taxe Professionnelle. Pour l’Auvergne, cela représente 62 M€ par an.

Nul doute que le poids de cet allégement consenti aujourd’hui aux entreprises serait transféré injustement demain sur les ménages. Bonjour le pouvoir d’achat !

Il est vrai que le Président de la République n’a pas dit par quoi ni comment il remplacerait les ressources procurées par la Taxe Professionnelle. Ce qui accentue d’ailleurs le caractère irresponsable de son annonce.

Dans ces périodes d’incertitudes économiques le rôle de l’Etat devrait être la sécurisation des acteurs économiques. C’est d’ailleurs au nom de ce principe que l’Etat vole au secours du secteur bancaire.
 
Dans ces conditions, comment comprendre cette annonce qui précarise les collectivités locales qui, au moment même où elles sont invitées à engager des financements pluriannuels, ne connaissent pas le niveau de leurs ressources pour 2010 !

D’un côté le gouvernement demande toujours plus aux Régions pour pallier les conséquences de la crise économique et sociale en sollicitant leur contribution financière sur ses propres compétences (LGV, Universités, logement social). De l’autre, il leur retirerait l’unique ressource en liaison avec le monde de l’entreprise.
 
Comprenne qui pourra ! Mais l’Histoire jugera !
 
Je vous remercie.


Session du 2 mars 2009
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Intervention de Monsieur René Souchon,  
Président du Conseil régional d'Auvergne,

Mes chers collègues,
Cette session extraordinaire consacrée entièrement à la situation économique et à l’emploi en Auvergne intervient dans une période douloureuse qui n’a pas encore dévoilé l’ensemble des dégâts que pourrait causer la crise sur les plans économique, social voire même politique.
La crise est là, avec son lot quotidien de faillites et de licenciements. Personne ne sait quand la sortie du tunnel sera envisageable.
Je ne serai donc pas de ceux qui, auto convaincus, clament haut et fort : « n’ayez pas peur, tout ira mieux dans 6 mois », comme je ne serai pas de ceux qui, engoncés dans une polémique pavlovienne, se contentent de croiser le fer par médias  interposés.
Cette session je l’espère, sortira de l’ordinaire du débat  et évitera les polémiques inutiles. Cette session doit être l’occasion de prendre des décisions qui, dès demain, seront opérationnelles. Et quand je dis demain, il ne s’agit pas d’un jeu sémantique. Les décisions que nous prendrons aujourd’hui seront belles et bien applicables dès la fin de la session. Je me tiens d’ailleurs à la disposition de l’UPA si elle le souhaite, pour lui expliquer que nous n’avons pas besoin de session budgétaire pour rendre opérationnelles nos décisions, contrairement à ce que plusieurs de ses membres ont prétendu devant les caméras de télévision.
Je souhaite avant tout que nous puissions apporter des réponses aux Auvergnats, aux entreprises auvergnates, aux salariés auvergnats.
Face à de tels enjeux, la responsabilité des femmes et des hommes politiques doit être pleine et entière. Elle doit s’accompagner d’une réactivité exemplaire. Mais pour ce faire, il n’est pas question de se jeter partout, dans tous les sens, en agissant dans l’incohérence. L’agitation n’est pas l’action.
L’ensemble des programmes régionaux représente déjà en soi un moyen considérable de stimuler l’économie. Je distinguerai parmi ce que nous faisons trois types d’actions à l’impact économique et social très fort :  
L’investissement bien sûr, puisqu’il s’agit de moyens financiers directement injectés dans l’économie, et en particulier dans le secteur du bâtiment puisque dans son budget 2009 , la Région a prévu de commander pour 71 millions d’euros de travaux aux entreprises du bâtiment dont 61 millions pour les lycées. Lorsque l’on connaît la place que tient le bâtiment dans l’économie et l’effet multiplicateur de son activité, il me semble important de rappeler les montants de nos commandes déjà prévues.  
Deuxième incidence directe sur l’économie régionale, celle qui impacte la consommation car  là encore, il s’agit d’un volume financier qui est injecté dans le circuit économique. Toute approche macroéconomique ne peut en effet s’envisager qu’à travers l’offre et la demande, qu’à travers l’investissement et la consommation.
Sur ce dernier point je souhaite vous préciser que la Région dégage 66 millions d’euros  pour les revenus des agents régionaux, les indemnités aux employeurs d’apprentis et aux stagiaires de la formation professionnelle, ainsi qu’ à travers un certain nombre de bourses. 66 millions en direction des ménages, en direction de l’économie locale.
Et c’est en suivant cette même logique, une logique économique et de justice sociale, que nous avons mis en oeuvre un certain nombre de mesures en faveur du pouvoir d’achat.
Plus de 56 000 familles ont ainsi bénéficié d’un soutien pour supporter les frais de scolarité  des lycéens  (manuels scolaires et équipements), un soutien par l’octroi d’ aides à l’hébergement et au transport pour les apprentis, par l’attribution de  bourses pour les formations sanitaires et sociales.
J’ajoute un fort soutien aux jeunes à travers les billets de train U, les forfaits open tour qui rencontrent un succès remarquable (2650 forfaits distribués en 2008), les aides pour passer le BAFA, pour effectuer des séjours à l’étranger.
Autant de mesures qui favorisent le pouvoir d’achat et donc la consommation.
Mais toutes ces mesures ne suffisent pas. La crise implique de notre part une réactivité et une adaptation de nos dispositifs en concertation.  
C’est donc forts de ces convictions que nous avons préparé cette session. Car,  comme nous l’avons fait depuis le début de cette mandature, nous nous sommes mis en situation de travailler ensemble, en équipe, dans le cadre d’une relation de proximité, pour davantage d’efficacité et de résultats prometteurs. 
Je tiens d’ailleurs à remercier celles et ceux qui se sont fortement mobilisés - et ils sont nombreux- pour construire une réponse adaptée à la situation auvergnate.
Nous avons ainsi pris l’initiative avec Jacques-Bernard MAGNER,  vice président chargé de l’économie, de réunir les principales banques de la place régionale dès le 20 novembre 2008.  
Le 2 décembre, je recevais le Président d’OSEO  pour signer une convention permettant de renforcer le fonds de garantie Auvergne d’1 million d’Euros et le fonds régional de l’innovation de 500 000 euros. Ceci pour répondre aux besoins de nos entreprises.
J’ai par ailleurs, eu l’occasion de suivre de très près les graves difficultés rencontrées par des entreprises comme Bréalu à Montluçon ou GMV à Aurillac. Pour la première, je me suis rendu sur place en janvier dernier en compagnie du député Bernard Lesterlin. J’ai proposé des alternatives par le biais notamment de la formation. Idem pour GMV à Aurillac où la Région , aux côtés de la ville d’Aurillac, de la communauté d’agglomération du bassin d’Aurillac, du Conseil général du Cantal, a répondu très rapidement pour apporter l’aide nécessaire à la reprise par les salariés. Malheureusement, le poids des collectivités n’a pas suffi. Mais à travers ces deux exemples, je note qu’il y a eu réactivité et concertation.
Cette méthode de gouvernance par le dialogue, nous l’avons même en quelque sorte institutionnalisée en créant une cellule de veille qui a permis de réunir l’ensemble des partenaires du monde économique et social à deux reprises : le 3 et le 10 février derniers.  
Avec à mes côtés Alain Bussière, premier vice président en charge notamment de la recherche, Arlette Arnaud Landau, vice présidente en charge de la formation et Jacques-Bernard Magner pour l’économie, nous avons rassemblé lors de la première réunion : les représentants des entreprises (Chambre régionale de commerce et d’industrie, Union des industries et des métiers de la métallurgie, fédération du bâtiment, fédération des travaux publics, ordre des experts comptables).

Y ont également participé les structures traitant de l’emploi (la direction régionale du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle, le pôle emploi), les financeurs (la fédération française des banques, Oseo, la caisse des dépôts et consignations, la banque de France), l’administrateur judiciaire, la représentante du tribunal de commerce et l’INSEE.
 
Bref, un large tour de table réuni pour la première fois, à notre initiative. Et je serais incomplet si je ne mentionnais pas la présence des représentants des groupes politiques du conseil régional, Monsieur Proriol était d’ailleurs présent à la première réunion.
Le 10 février, nous avons poursuivi nos consultations en recevant les partenaires sociaux, les syndicats de salariés et les syndicats patronaux.
Ces deux temps forts ont permis ainsi à chacun de nos partenaires de pouvoir s’exprimer librement, en apportant dans un premier temps une analyse de la situation auvergnate et dans un second temps en suggérant à notre collectivité un certain nombre d’interventions, à leurs yeux pertinentes et efficaces.
En droite ligne de cette démarche, j’ai également souhaité qu’un éclairage universitaire puisse être présenté. Monsieur SERRE, Professeur à la faculté d’économie et de gestion de l’université d’Auvergne vous présentera donc un panorama de la situation de la région Auvergne dans la crise économique et financière, fruit d’un travail qui prend la forme du rapport qui vous a été remis.
J’insiste sur cette méthode car elle appuie notre travail, et donc les mesures que nous vous proposons, sur un socle solide qui se situe à la hauteur des enjeux, tenant compte bien évidemment des moyens dont nous disposons.
A ce sujet, je n’aurai de cesse de vous démontrer  et d’expliquer aux Auvergnats à quel point le gouvernement étrangle les collectivités locales et notre Région en particulier. Et il ne s’agit pas de cultiver la polémique.
J’ai à votre disposition, et il vous va vous être distribué, un tableau qui émane du Comité des finances locales, soit l’autorité qui a notamment en charge la répartition de la dotation globale de fonctionnement. Ce document reprend donc des chiffres on ne peut plus officiels.
Lisez la dernière colonne et vous verrez que la région Auvergne est la seule région, je dis bien la seule région en France à voir sa dotation globale de fonctionnement baisser. Nous ne sommes pas dans la rhétorique politicienne, encore moins dans le fantasme : -2,26% pour l’Auvergne ! alors que pour les 21 autres régions, cette dotation augmente en moyenne de 1,48%.
C’est à proprement parler injuste et scandaleux !
Quelle faute veut-on faire payer aux Auvergnats en les traitant ainsi ?
Mais pour en revenir aux moyens dont dispose notre région. Je le dis tout net, les rapports que nous vous soumettons ne constituent pas un plan de relance. Je le dis et le répète à l’envi car je ne veux pas créer d’illusions chez les Auvergnats.  
Simplement, face à la crise, la Région se mobilise ! Elle se mobilise avec méthode, elle se mobilise par la concertation, elle se mobilise avec réactivité.  
Aujourd’hui, nous vous présentons des mesures nouvelles, des mesures qui s’ajustent à la situation de crise et qui correspondent aux besoins parce qu’ elles ont été élaborées avec les acteurs du monde économique et social.
Alors ces mesures, quelles sont-elles ?
La première d’entre elles consiste à réinjecter 14 Millions d’euros supplémentaires qui proviennent du remboursement anticipé de la TVA dans l’économie locale : principalement le bâtiment, les équipements dans les lycées, les économies d’énergie, le CFA du bâtiment et des travaux publics du puy-de-Dôme, le patrimoine avec le domaine royal de Randan.  
14 Millions en plus des 480 millions de notre programme d’actions, voté dans le budget 2009 !
Ce qui montre bien que lorsque l’Etat donne des moyens aux collectivités, l’économie locale ne s’en porte que mieux !
Et de manière plus ciblée, trois autres types de mesures seront proposés :
Des mesures de sauvegarde immédiates destinées à préserver à court terme les intérêts des salariés et des entreprises auvergnates :
L’ouverture de nos achats de formation professionnelles aux personnes en reclassement suite à un licenciement économique, l’élargissement du programme de réponse aux besoins des entreprises aux projets pour lesquels l’engagement d’embauche porte sur des CDD, l’ouverture du fonds d’intervention formation aux entreprises de plus de 50 salariés.
Par ailleurs nous souhaitons faciliter l’accès au crédit et la gestion de trésorerie des entreprises. Nous proposons de le faire à travers :

Un nouveau fonds d’avance de trésorerie, une instruction encore plus rapide des dossiers, le plafond d’aide régionale aux fonds propres qui sera doublé et porté à 200 000 € , le fonds régional de garantie géré avec OSEO qui  sera ouvert à la garantie des crédits de trésorerie.
- deuxième type de mesures : des mesures qui consolident notre économie, en particulier par le biais de la recherche, du développement et de l’innovation.
Dans cette perspective, nous allons proposer une rallonge d’1 million et demi d’euros
- afin d’augmenter notre effort en faveur des projets qui associent les laboratoires de recherche et les entreprises au sein des pôles de compétitivité mais également dans les nouveaux pôles d’innovation dans le numérique, les sciences de la vie, la nutrition, l’environnement…
- Cet effort concernera également la création d’un nouveau programme, l’aide régionale au développement de l’innovation et des entreprises (ARDIE), un programme qui permettra de faciliter le recrutement du personnel recherche, développement et innovation et plus largement, de soutenir les investissements spécifiques de recherche développement  innovation.
- un autre nouveau programme de soutien à l’investissement sera créé à destination des structures de transferts de technologies qui fournissent des prestations aux PME/PMI auvergnates.
Enfin, le programme européen JEREMIE sera mis en œuvre très rapidement puisque je signerai demain la convention avec Messieurs  le Préfet de région, le directeur général de SOFIMAC Partners et le Président de la chambre régionale de commerce et d’industrie d’Auvergne.
La mise en œuvre de ce programme permettra de disposer d’une enveloppe de 25,2 Millions d’euros pour la région Auvergne sur la période 2007-2014. Pourront être ainsi alimentés, grâce à l’Europe qui participe à hauteur de 18 M€ et au Conseil régional qui prévoit 7,4 M€ sur la durée du programme, les fonds de capital risque, les fonds de capital développement, les fonds de garantie ou associations de prêts d’honneur ; ceci afin de renforcer la structure financière de nos entreprises de consolider ce qu’il est convenu d’appeler leur  « haut de bilan ».
- Troisième type de mesures indispensables à la lutte contre la crise : la coordination pour agir ensemble et dans la durée.  C’est ce que nous avons initié avec la cellule de veille qui sera amenée à se réunir de nouveau,  et si nous devons modifier à nouveau nos dispositifs en cours d’année, nous le ferons.
Par ailleurs, nous réunirons dès le printemps des COTEF dédiés à la crise dans les bassins les plus touchés comme ceux de Montluçon, Yssingeaux, Vichy  ou Thiers, pour élaborer le cas échéant des actions spécifiques en direction de ces territoires plus fragilisés.
Ce à quoi il convient d’ajouter le travail effectué en coordination avec l’ARDE, qui,  dans la droite ligne du schéma régional de développement économique, se positionne fortement sur la prospection et sur l’animation des filières émergentes (les TIC avec la création d’un cluster, les sciences de la vie, la nutrition santé, les éco industries etc.), sur l’ appui à l’exportation pour les entreprises auvergnates à travers les volontaires internationaux, les VIE.
Je pense également aux missions remplies par l’ARDTA avec les résidences de créateurs d’entreprises et l’ensemble de ses dispositifs d’accueil, aux investissements générés dans le tourisme, soit 500 M€ depuis 4 ans, grâce notamment à l’accompagnement du CRDTA.
Bref, toute la Région se mobilise contre la crise.
Voilà en quelques mots ce que nous souhaitons mettre en œuvre pour les entreprises et pour les salariés auvergnats.
Je ne vois pas derrière ces mesures l’utilité d’une polémique  d’un autre âge puisque ces mesures répondent point par point aux attentes  de nos partenaires. Le conseil économique et social régional a d’ailleurs émis un avis tout à fait favorable sur les rapports qui vous seront présentés.
D’un point de vue budgétaire, tout cela se fait en total transparence cela va de soi :

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14 M€ liés au remboursement anticipé du FCTVA
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2 M€ par redéploiement
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et 1,5 M€ en plus qui feront l’objet d’une décision modificative  au budget 2009.  
Ce qui ne veut pas dire -permettez moi d’insister- que les mesures ne seront pas applicables tout de suite. Ces mesures seront opérationnelles dès demain.

Notre réactivité est donc réelle et c’est, j’en suis convaincu, l’attitude la plus responsable qui soit, pour stimuler l’économie de notre région et participer ainsi, à notre niveau, au regain de confiance, une confiance partagée par les chefs d’entreprises, par les salariés, par l’ensemble des Auvergnats.