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Session des 14, 15 et 16 décembre 2009 _____________________________________________________________________________________
Intervention de Monsieur Jean Mallot, Président du groupe socialiste du Conseil régional d'Auvergne
Monsieur le
Président, Mes cher(e)s collègues, Dans quatre
vingt dix jours les habitants de la Région Auvergne auront à se prononcer lors
d’un scrutin particulièrement important. Ils
s’exprimeront d’abord et avant tout sur un projet pour leur région. C’est
d’ailleurs ce qui les intéresse si l’on en croit les récentes études d’opinion
parues dans la presse quotidienne régionale. Les
électeurs attendent beaucoup de ce projet, à commencer par les jeunes, car les
temps difficiles qu’ils traversent exigent des institutions que celles-ci
innovent, soient en prise avec leur temps, tracent les perspectives, anticipent
les évolutions technologiques et agissent concrètement pour leur proposer un
véritable avenir. Mais,
au-delà des attentes générationnelles légitimes, tous attendent de ce projet
qu’il réduise les inégalités sociales, qu’il garantisse la qualité de
l’environnement, qu’il réduise les fractures entre les territoires, qu’il
permette de maintenir les populations voire d’inverser les tendances
démographiques, qu’il prévoit la réalisation d’équipements et maintienne la
présence des services publics. A propos de
service public, nous avons une pensée
pour le débat sur La Poste qui va commencer ce soir à l’Assemblée Nationale,
débat dont j’espère qu’il aboutira au rejet du projet de loi du gouvernement,
préparatoire à la privatisation, dont le rapporteur est notre collègue Jean
Proriol pour l’UMP. Les
attentes vis à vis de la Région sont grandes. Elles visent, bien au-delà du
contre-pouvoir politique, à conforter les Régions dans leur rôle de protection
contre les agissements d’un pouvoir central qui affaiblit et démantèle peu à
peu les dispositifs de proximité et de solidarité. Mais dans
quatre vingt dix jours, les auvergnats se prononceront aussi sur le bilan que
notre majorité présente, bilan qui est le résultat d’un travail commencé en 2004
sous la présidence de Pierre-Joël Bonté et qui s’est poursuivi sous la
présidence de René Souchon. Permettez-moi
d’illustrer ce bilan. Cela permettra aux
auvergnats de se faire leur opinion et de vérifier que notre majorité a
bien tenu les engagements qui lui avaient valu la confiance des électeurs en
2004. Rappelons-le,
ce sont bien les citoyens de cette région qui sont à l’origine du programme que
nous avons appliqué durant six années, programme issu des Assises Territoriales
et des 82 engagements que nous avons pris et que nous avons, pour l’immense
majorité d’entre eux, scrupuleusement appliqués. En ce sens,
je crois pouvoir dire que, malgré les difficultés rencontrées, nous avons
respecté la parole donnée. Avons-nous
par exemple su instaurer l’égalité de traitement dans notre politique
d’aménagement du territoire ? La réponse
est oui. Oui car il n’y a plus désormais de mépris à l’égard de ce que la
droite qualifiait il y a encore six ans de « petits départements
périphériques ». Oui car il n’y a plus de politique de guichet. Oui car
désormais nos aides et subventions sont bonifiées selon des indices objectifs
de fragilité des territoires. Oui car
nous donnons plus à ceux qui ont le moins et sommes désormais dans une logique
de projets portés par les Pays et les intercommunalités. Et ça
fonctionne bien : près de 1 300 projets dans les quatre départements pour un
total de 785 millions d’euros d’investissements. Autre
preuve du respect de la parole donnée : nous avons en six ans assumé nos
responsabilités en matière de transports ferroviaires régionaux. Nous aurons
renouvelé 100 % du matériel roulant, soit vingt-cinq trains nouveaux payés par
la région. Nous aurons contribué à la rénovation de vingt gares, créé quatre
pôles d’échanges intermodaux TER/BUS, mis en place une tarification sociale et
des réductions pour les étudiants, les travailleurs, les jeunes et les
demandeurs d’emploi. Et nous
aurons abondé de 60 M€ le plan rail pour résorber les 230 km de ralentissement
dus à la dégradation des voies ferrées, infrastructures qui sont pourtant de la
seule responsabilité de l’Etat, au travers de Réseau Ferré de France. Car la
Région aide l’Etat dans l’exercice de ses compétences. Mais elle ne peut pas
venir à son secours dans tous les domaines ! Or, M. Malhuret, les routes
nationales, c’est l’Etat ! Et la semaine dernière, après cette réunion à
l’Elysée dont la droite est si fière et à laquelle nous avons tous participé,
vous êtes revenus bredouille. Pas un
centime de plus pour l’Allier dont nos interlocuteurs ont eu le cynisme de nous
dire que c’était un département bien doté ! Sauf peut
être une petite « victoire » : il pourrait y avoir un préfet
coordonnateur pour les travaux de la RN7. Encore faudrait-il lui donner quelque
chose à coordonner ! Côté
Education, aurons-nous là aussi respectés nos engagements ? Oui ! Le
recensement de nos réalisations en atteste. A commencer par le quasi triplement
en six ans des budgets d’investissement qui auront permis de faire des travaux
de rénovation, d’équiper les établissements, de réussir un plan d’économie
d’énergie dans les 68 lycées de la région… et de construire le nouveau Lycée du
Bâtiment Pierre-Joël Bonté à Riom. Nous nous
étions engagés à instaurer la gratuité des manuels scolaires et du premier
équipement en lycée professionnel : nous l’avons fait. Comme
d’ailleurs le renforcement de notre dispositif de « séjours à
l’ étranger » pour nos étudiants, la mise en place d’une aide aux
repas bio proposés dans les restaurants des lycées, l’équipement des classes en
matériel informatique et la création d’un réseau performant d’Environnement
Numérique de Travail. Côté
Formation Professionnelle nous aurons rempli la quasi totalité des objectifs
que nous avions fixés. A commencer
par la création de l’Ecole de la 2ème Chance qui pourtant s’est mise
en place sous le regard critique de la droite régionale. Là aussi,
cela fonctionne. Avec un taux de placement proche de 70 % pour les 861 parcours
de formation réalisés par des jeunes issus des quatre départements. Rappelons
aussi que nous aidons au transport, à l’hébergement et à la restauration de
9 000 apprentis chaque année ; que nous accueillons annuellement
4 000 élèves dont 900 boursiers des Formations Sanitaires et
Sociales ; que nous développons des formations du secteur des services à
la personne, accompagnons les cursus de Validation des Acquis de l’Expérience,
ouvrons nos formations aux salariés victimes de licenciements… Voilà, mes
chers collègues, quelques exemples du bilan que nous pouvons, sans rougir,
présenter aux auvergnats, et qui démontrent combien nous avons su respecter la
parole donnée en faisant avancer l’Auvergne, ses hommes comme ses territoires. Je pourrais
ajouter à ce bilan de multiples autres exemples, dans tous les domaines, à
commencer par les 1 850 projets touristiques que nous avons aidés pour un
total de 270 M€ d’investissements, et qui font de notre région, notamment avec
son concept « Nattitude », un choix de destination de plus en plus
recherché. Je pourrais
poursuivre par l’aide à 104 structures de l’économie sociale et solidaire,
qu’il s’agisse d’entreprises d’insertion comme d’associations, dont l’activité
et la densité créent l’indispensable ciment social entre les individus comme
entre les territoires. Ou dans le
domaine de l’environnement avec, par exemple, les 3 500 aides à
l’équipement en source d’énergie renouvelable ou encore notre excellent Agenda
21 qui a permis de faire progresser l’esprit de responsabilité à l’égard de
l’environnement et de mettre en place les actions correspondantes. Partout où
naissait un projet viable et profitable à l’Auvergne, nous avons répondu
présents. Tous les
départements, tous les territoires, jusqu’aux plus reculés, retiennent
désormais l’attention du Conseil régional. Notre
politique de contrats si décriée par la Droite porte ses fruits. La logique de
Projets est désormais reprise par toutes les Communautés de Communes car elles
savent que c’est la bonne démarche et que celle-ci déclenchera l’intervention
financière de la Région. Cela génère
localement des débats, des projections dans l’avenir, une fédération des
énergies locales… Un mouvement qui profite à tous, y compris aux plus faibles,
lesquels ont compris que notre politique différenciée compense des handicaps
jadis insurmontables. Sur le plan
de la gestion nous avons, je crois, su démontrer nos capacités à tenir le cap,
dans une période difficile. L’exemple
de Vulcania est sans doute le plus révélateur. Equipement
touristique promis à la friche lorsque nous en avons hérité en 2004, simplement
parce que son concept avait été mal défini, qu’il se situait en dehors des
attentes des visiteurs, que son fonctionnement était mal équilibré… La courbe
de fréquentation est particulièrement éloquente ! En
expliquant notre démarche aux auvergnats et en prenant les bonnes décisions,
nous avons mis un terme à la spirale de l’échec pour redonner à cet outil sa
vocation de développement du territoire dont les retombées profitent à
l’économie locale et contribuent à la bonne image de notre région, redevenue
accueillante. Les
résultats sont là. Non seulement nous avons sauvé Vulcania du naufrage mais
nous clôturons désormais nos exercices en excédent, accueillons plus de
300 000 visiteurs par an, procurons des emplois et répondons aux attentes
par la qualité des prestations et des nouveautés que nous proposons. Cela dit,
la qualité de la gestion d’une collectivité comme la nôtre doit s’analyser aussi
au regard de la bonne utilisation qu’elle fait des derniers publics, de son
recours à l’emprunt comme des prélèvements qu’elle opère auprès des
contribuables. Côté
emprunt, nous avons trouvé, en 2004, une région surendettée et incapable de
rembourser ses dettes. Elle empruntait 90 M€ pour équilibrer un budget total de
470 M€, dont 50 M€ de recettes de l’Europe que la Droite gérait alors en
direct. Six ans
plus tard, nous emprunterons 110 M€
pour équilibrer un budget de 664 M€, dont 30 M€ pour le seul plan rail qui est de la responsabilité de
l’Etat. La maîtrise
de la dette est une constante de notre gestion car, si nous avions poursuivi
proportionnellement le rythme adopté par la majorité précédente, ce sont plus
de 160 M€ qu’il nous faudrait emprunter en 2010 pour équilibrer notre budget.
Cela reviendrait à tirer un chèque que les jeunes générations mettraient 20 ou
30 ans à rembourser. Nous
refusons ce mode de gestion qui était celui de la Droite régionale et qui est
aujourd’hui celui de la Droite Nationale, championne toutes catégories en
matière de déficits et d’endettement. L’annonce
faite hier, par le Président de la République, du lancement d’un nouvel emprunt
de 22 milliards d’euros se situe dans la lignée de cette pratique : endetter,
endetter encore le pays, et préparer ainsi les impôts de demain.
Où cela s’arrêtera t-il ? Nous ne
faisons pas ce choix car il serait injuste d’ infliger aux jeunes auvergnats
les ardoises constituées par les générations qui les ont précédés. Alors oui,
et nous l’assumons, nous avons dû procéder par trois fois à des prélèvements
supplémentaires sur les entreprises, au travers de la taxe
professionnelle, et sur les
propriétaires au travers de la taxe sur le foncier bâti. Mais
avions-nous le choix ? Compte tenu du volume extraordinaire des
« ardoises » laissées derrière lui par M. Giscard d’Estaing en 2004,
et des engagements pris par sa majorité dans l’urgence à la veille des
élections ? Il y avait la signature de la Région. Nous nous devions de
l’honorer. Je pense en
particulier à l’agriculture. L’affirmation selon laquelle les crédits régionaux
à l’agriculture auraient diminué est tout simplement fausse. Et pour
l’héritage, je rappellerai le coût du Plan Sécheresse : 19 M€ non
budgétisés par V. Giscard d’Estaing, soit deux budgets agricoles annuels. En outre,
pouvions-nous connaître le coût des transferts déficitaires que M. Raffarin
préparait pour les Régions dans son soi-disant acte II de la
Décentralisation ? - 1 200 agents des lycées pour lesquels
un retard social considérable s’était accumulé, - l’aéroport
de Clermont-Ferrand avec les difficultés qu’il faut désormais assumer, - les écoles et personnels des formations
sanitaires et sociales, avec un ordinateur pour 100 stagiaires et des bâtiments
non-conformes aux normes de sécurité, - le Service régional de l’Inventaire, - plus récemment l’A.F.P.A., en proie aux pires difficultés. Rappelons
également l’état de vétusté dans lequel avaient été laissés de trop nombreux
lycées. Savions-nous
par ailleurs que le gouvernement décrèterait l’Auvergne « Région
riche » et lui supprimerait sa dotation de solidarité dite de
« péréquation » ? Savions-nous
que les dotations annuelles de l’Etat seraient à ce point pressurées qu’elles
ne permettraient pas d’assurer l’évolution naturelle de nos dépenses de
fonctionnement, notamment de personnel ? J’arrête là
cette énumération qui décrit, de fait, la stratégie d’étranglement par l’Etat à
laquelle la Région, toutes les Régions, ont dû faire face. Devions-nous
pour autant renoncer à nos engagements de rééquilibrer, de développer
l’Auvergne, par la politique ambitieuse que j’ai décrite tout à l’heure ?
Non. Nous avons fait le choix de
construire un avenir et, pour cela, de prendre les mesures nécessaires. Alors
puisque ce bilan est bon, il convient sans doute de poursuivre sur cette voie. Mais cela
ne suffit pas. Il convient aussi de faire preuve de l’audace nécessaire pour
une Auvergne qui croit en son avenir, qui veut poursuivre, par exemple, la
course en tête en matière de technologies de l’information, en réussissant pour
le Très Haut Débit ce que nous avons déjà accompli pour le Haut Débit. Audace et
solidarité aussi pour obtenir enfin le TGV. Par une mobilisation encore
amplifiée par rapport à celle que nous
avons suscitée en réunissant en quelques semaines 86 000 signatures
dans une pétition régionale, afin d’exiger les liaisons TGV « Paris –
Orléans – Clermont-Ferrand – Lyon » et
« transversale Est-Ouest ». Audace
encore pour confirmer notre rang de première région française Bio, pour
confirmer notre ancrage dans le développement durable, dans les économies
d’énergie des particuliers comme de nos lycées, pour conditionner l’attribution
de nos aides à des exigences environnementales qui tireront l’ensemble des acteurs
vers le haut. Audace pour
nos filières de pointe, pour notre agriculture, pour nos territoires, pour notre
jeunesse qui confirme son désir de pouvoir vivre et travailler dans sa région. Oui, mes
chers collègues, je le dis : l’heure n’est pas à la frilosité, aux
querelles stériles, aux clichés d’un autre temps, au retour de je ne sais
quelle « parenthèse ». Nous ne
craignons pas de dessiner un réel projet pour l’Auvergne, de lui tracer une
ambition. Nous
voulons une région fière de son identité qui ne se bâtisse pas dans la
confrontation, ni dans la division, mais bien dans la solidarité et le respect
des différences. Voilà qui
tranche avec l’ambiance dans laquelle souhaiteraient nous plonger les
diviseurs, les tacticiens politiques de tous ordres, à commencer par le premier
d’entre eux. Ces diviseurs – je devrais dire ces découpeurs, puisqu’on nous
annonce un découpeur, dont les ciseaux se sont d’ailleurs plantés dans les
sables du Sénat la nuit dernière - qui avancent sans projets, qui utilisent les
moyens ministériels et préfectoraux pour battre campagne, qui écrivent des
livres noirs mensongers. Livre noir
mensonger sur les impôts pour masquer le fait que l’Etat absorbe à lui seul 80
% de la fiscalité alors que les Régions ne représentent que 2 % de celle-ci,
loin derrière les départements, les communes et leurs groupements. Livre noir
mensonger sur l’emprunt puisque la dette des Régions représente seulement 1 %
de la dette de l’Etat. Livre noir
mensonger sur l’investissement puisque les Régions investissent toujours plus
(+ 32,24 % en six ans) souvent d’ailleurs à la demande de l’Etat et sur ses
propres compétences tant celui-ci se trouve englué dans ses déficits. Livre noir
mensonger sur les dépenses de fonctionnement pour mieux faire oublier sans
doute les 300 % d’augmentation des dépenses de communication de la Présidence
de la République entre 2008 et 2009. Nous
laisserons l’UMP faire campagne sur les thèmes que lui a fixés son Président
qui est aussi Président de la République : l’insécurité, l’immigration et
l’identité nationale, thèmes typiquement régionaux comme on le voit ! Ce que nous
voulons, c’est une Auvergne rassemblée, solidaire, convaincue que le courage et
l’anticipation permettront de relever les défis, qu’ils soient sociaux, technologiques,
environnementaux ou démographiques. Votre
budget 2010, Monsieur le Président, est dans la ligne de cette ambition. Je note
d’ailleurs que les deux seuls petits amendements à ce projet de budget, déposés
à la marge par l’UMP, sonnent comme l’aveu qu’il y aurait peu de retouches à
faire pour qu’il soit voté à l’unanimité. Ils sont le signe que ce budget
convient à l’Auvergne. Alors même
que nous subissons la crise économique de plein fouet, avec des destructions
massives d’emplois, que nous devons faire face à une raréfaction de la
ressource financière, que la décentralisation et son esprit démocratique sont
menacés par les projets gouvernementaux, nous faisons front et continuons
d’innover, d’investir et de soutenir les projets locaux. Nous
investirons encore cette année 78 M€ en travaux et équipements dans nos lycées,
en poursuivant des opérations lourdes à Cusset, Montluçon, Saint-Flour, Gannat
ou Yssingeaux ; en ouvrant de nouveaux chantiers à Aurillac, comme dans
les lycées « Roger Claustres », « Sidoine Apollinaire » ou
« Blaise Pascal » à Clermont-Ferrand. Nous
consacrerons en 2010, 117 M€ à nos programmes de Formation Professionnelle
Continue et d’Apprentissage avec, pour les seuls demandeurs d’emplois, un
volume d’appel d’offres de formation de 27 M€ tandis que Pôle Emploi, dont on
nous rebat les oreilles, reste sur un étiage annuel de moins de 4 M€ d’appel
d’offres de formation pour ce même public. Nous
inscrirons 30 M€ en autorisations de programme dans le Plan Rail, qui n’est
pourtant que de la seule compétence de l’Etat, pour faire en sorte que les
trains neufs que nous payons puissent tout simplement rouler. Nous
rénoverons de nouvelles gares, poursuivrons la mise en place de l’intermodalité
des transports TER/Bus/Tram. Nous continuerons
notre action pour l’environnement, renforcerons les moyens nécessaires à la
naissance d’une Auvergne numérique dans le domaine du Haut et du Très Haut
Débit. 2010 sera
aussi l’année de l’innovation environnementale pour instaurer définitivement
dans nos dispositifs une logique de transversalité environnementale intégrant
l’aménagement du territoire, les transports et déplacements, l’économie,
l’enseignement, etc… Nous
poursuivrons nos efforts par la signature de nouveaux contrats de territoires
de seconde génération, alors que les réalisations de la première génération ont
déjà fait sortir de terre un très grand nombre de projets qui ont fortement
impacté la réalité locale. Nous
soutiendrons, par une dotation de 150 000 euros, l’animation des programmes
européens LEADER, afin de conforter les projets de coopération et les projets
innovants des Pays qui se sont positionnés opportunément sur ce programme européen
à forte valeur ajoutée. Nous
moderniserons notre dispositif de soutien des Agences Locales de Tourisme, sur
la base non plus d’une liste d’actions à conduire mais sur la base d’une
véritable stratégie de développement touristique. J’arrête là
cette énumération qui montre l’ambition que notre majorité nourrit pour
l’Auvergne, pour toute l’Auvergne. C’est cet
esprit et cette volonté que nous vous demandons de soutenir et de partager. Je vous
en remercie. Session des 14, 15 et 16 décembre 2009 _____________________________________________________________________________________
Intervention de Monsieur René Souchon, Président du Conseil régional d'Auvergne,
Mes
cher(e)s collègues, Voici un
moment un peu particulier : la dernière session de cette mandature
2004-2010. Un moment d’émotion pour la majorité et son exécutif, après six
années de travail au service des auvergnates et des auvergnats. Un moment
particulièrement attendu pour la minorité après ces longues années passées dans
l’opposition et je parle en connaisseur. Je reviendrai
dans un moment sur ces 6 années écoulées, sur ce temps passé ensemble, sur
l’Auvergne d’hier, l’Auvergne d’aujourd’hui et sur celle de demain, mais cette
session est avant tout marquée par l’examen et le vote de notre Budget 2010. Le budget reste l’acte politique majeur de la vie de
notre collectivité, qui plus est, en période de crise économique et sociale. Je
souhaite donc, qu’au-delà du contexte préélectoral de cette session, nous
puissions sereinement nous concentrer sur notre ordre du jour et sur nos
travaux. Le temps
de la campagne électorale est à venir. Il est proche, mais j’espère un
déroulement serein de notre session, sans mélange des genres, tout en rappelant
à chacun que le débat et nos échanges se doivent d’être respectueux de la parole
et des convictions de chacune et de chacun. Mes
chèr(e)s collègues, le budget sur lequel nous allons débattre est le dernier du
genre. Le
dernier du mandat bien sûr, mais probablement le dernier budget d’une
collectivité disposant de la compétence générale nous permettant d’intervenir
sur des domaines comme le sport ou la culture et d’une relative autonomie
financière même si celle-ci est limitée à 25% de nos recettes. La
réforme territoriale prévue, nous plonge aujourd’hui dans la plus grande
incertitude quant à l’avenir des Régions, l’avenir de leurs ressources, le rôle
des élus et les futurs domaines de compétences. La
réforme de la taxe professionnelle provoque une fronde des élus locaux de toute
sensibilité. Notre autonomie financière va être réduite à 10%. Les
Régions, qui sont chefs de file en matière économique, ne percevront plus, à
l’avenir, que 25% de la nouvelle contribution à la valeur ajoutée de
l’entreprise. C’est le
Parlement qui décidera fin 2010, pour 2011, des taux et des répartitions, en
Loi de Finances. En 2011
nous ne voterons plus aucun impôt. Notre
marge de manœuvre en terme de recettes sera limitée à la taxe sur les cartes
grises ! C’est
dire que, dans un an, à la même date, décembre 2010, nous ne connaîtrons pas
encore les recettes qui permettront de bâtir le budget 2011. Celui-ci ne pourra
donc pas être voté avant fin mars ou début avril. Nous pouvons donc tous promettre que l’impôt
régional n’augmentera plus, puisque nous n’allons plus le
voter ! L’occasion
pour moi de rappeler que le prélèvement fiscal des Régions est très modeste.
L’ARF vient de publier un petit mémento sur la fiscalité en 2009 à partir de
l’Observatoire des Finances Locales 2009. Les
Régions ne prélèvent que 2% des ressources fiscales contre 7% aux Départements,
14% aux communes et 78% à l’Etat. Globalement,
les Régions reçoivent seulement 8% de la fiscalité directe locale, alors
qu’elles assurent 13% des dépenses des budgets locaux. C’est
donc bien un mauvais procès qui est fait aux Régions sur l’augmentation de la
fiscalité. Ce
procès national est décliné depuis des années au niveau régional. Certes la
pression fiscale en pourcentage a progressé, et pour cause, puisqu’on nous a
transféré des personnels sans compensation financière suffisante, mais en
volume, le prélèvement reste particulièrement faible. Sur 100
euros d’impôts locaux, il est de 9 euros 50 en Auvergne, avec une moyenne de 70
euros par an, par contribuable A ce
stade de mon propos, je voudrais dire à nos collègues de l’UPA que tous les
coups ne sont pas permis en politique. La
critique fait partie de la démocratie, encore faut-il qu’elle corresponde à une
éthique et il ne me paraît pas sain, comme cela est fait régulièrement, d’argumenter
sur la base de chiffres totalement faux, comme ceux qui ont encore été évoqués
récemment, dans un grand hôtel de
Clermont Ferrand. La
gestion que nous avons pratiquée depuis 2004 est extrêmement rigoureuse et
économe. Toutes les comparaisons sont flatteuses pour l’Auvergne. Je veux vous
en donner un exemple : les dépenses de gestion par habitant sont, en
Auvergne, inférieures de 14,42 % à la moyenne nationale. Quant à
l’endettement, s’il est élevé -puisque la Région Auvergne est en 3ème
position au niveau national-, il reste dans des limites raisonnables et l’on ne
peut pas nous demander à la fois de financer le Plan Rail et l’université à la
place de l’Etat, de payer Vulcania et la Grand halle, de rattraper les retards
que nous avions dans les lycées en investissant deux fois plus chaque année que
la majorité précédente, et nous reprocher ensuite notre endettement. D’autant
que les donneurs de leçons qui soutiennent la politique gouvernementale, voire
même qui participent à l’action gouvernementale, sont responsables d’un endettement
sans précédent de notre Pays, endettement qui va encore s’accroître avec le
grand emprunt de 35 milliards d’euros, et qui s’élève à 15 623 € par Français,
bien loin des 340.85 € par Auvergnat, de l’endettement régional. Avant de
donner des leçons, il est sain, en tous cas c’est la conception que je me fais
de la démocratie, de se mettre soi-même à l’abri de tout reproche. Pour en
revenir à la réforme territoriale, celle ci est jugée confuse et
incompréhensible par 76% des Françaises et des Français, selon un sondage
réalisé le mois dernier et paru dans la presse quotidienne régionale. Durant
ce mandat, la majorité aura eu à gérer les conséquences de l’acte II de la
décentralisation, avec son transfert massif de compétences et de personnel, le
désengagement de l’Etat et des compensations financières partielles. L’esprit
de la décentralisation, tel qu’il a été
insufflé en 1982, a été mis à mal en 2004. Ce qui restera, c’est l’impression
d’un acte manqué pour nos collectivités. La
nouvelle réforme accentue ce sentiment d’échec. Elle est
vécue comme une formidable régression, avec une recentralisation massive et un
retour du jacobinisme d’antan. En
l’Etat, l’histoire retiendra que l’Etat aura transféré aux Régions et aux
Départements des charges financières tout en réduisant leurs marges de
manœuvre, avec la volonté de faire de nos Régions, de simples annexes de l’Etat
ou des services extérieurs de l’administration centrale. Le
dernier débat d’orientation budgétaire du Conseil général de Haute-Loire est
édifiant de l’hostilité partagée à la réforme. La
presse le relate avec les expressions suivantes, jugez plutôt : « restrictions drastiques », « bilan alarmant des finances départementales »
« plus d’impôts, moins de subvention ».
Et
Gérard ROCHE, d’évoquer « les
lourdes contraintes budgétaires engendrées par les réformes en cours ».
Entendez ces messages ! Entendez ces cris d’alarme ! Alors je
voudrais dire à Monsieur le Ministre
HORTEFEUX, qui a participé la semaine passée au congrès de l’ARF devant
de nombreux élus mécontents, que les collectivités locales souffrent et
qu’elles ont besoin d’un cadre législatif et constitutionnel solide, qui les
dote de compétences claires et de véritables moyens. Nous
avons besoin d’une réforme juste pour les collectivités qui votent,
contrairement à l’Etat, des budgets en équilibre, qui représentent 73% de
l’investissement public de notre Pays et qui sont les garants de millions
d’emplois. Les
Régions sont, quant à elles, responsables de 17% des investissements publics. D’ailleurs,
les Français perçoivent bien ce rôle. D’après le sondage TNS SOFRES, paru dans
le Monde du 11 décembre : 86% des Français sont attachés à leur région. A
la question « pour chacune des institutions suivantes, pouvez-vous dire si
elle est efficace ? 69% des Français répondent positivement pour la Région
et 35% pour l’Etat ! Je
voudrais vous dire enfin que la dotation de péréquation nous fait cruellement
défaut et que, malgré tous les obstacles juridiques, une solution doit être
trouvée. Monsieur
le Ministre, je ne crois plus au Père Noël, mais pour les Auvergnats sachez que
je suis prêt à y croire encore un peu ! Curieux
Etat, avouez-le, que celui qui supprime 11,4 millions aux Régions fragiles et
rurales, tout en leur demandant de financer la rénovation des voies
ferrées aujourd’hui, les lignes à grande vitesse demain ! Drôle de
conception de l’aménagement du territoire de la part d’un Etat, qui demande aux
Régions de financer des routes et des voies ferrées dont il a directement ou
indirectement la charge ! En ce
moment un peu solennel, j’ai une pensée particulière pour Pierre-Joël BONTE. Je
voudrais vous lire l’une des phrases fortes prononcées à l’occasion des assises
territoriales, en janvier 2005 : « Alors, oui, nous demandons l’aide de l’Etat. Pour autant nous ne
faisons pas l’aumône. La France doit beaucoup à l’Auvergne. Elle lui a donné la
force de sa jeunesse, ses milliers d’Auvergnats partis faire de Paris une des
plus grandes capitales du monde. Elle lui a donné aussi un des plus beaux
fleurons de l’industrie française. Alors, nous avons le droit aujourd’hui à la
solidarité nationale ». C’était
il y a bientôt 5 années et la solidarité nationale nous fait de plus en plus
défaut. Pire, nous devons faire face à de nouvelles difficultés. C’est
dans ce contexte qu’il nous faut préparer l’avenir C’est dans ce
pseudo-mouvement institutionnel qu’il nous faut faire face à la crise et à ses
répercussions économiques et sociales de plus en plus lourdes, qu’il nous
faut investir et investir encore pour
équiper l’Auvergne en infrastructures scolaires, universitaires, ferroviaires,
qu’il nous faut prévoir et anticiper de futures réalisations comme le TGV dont
nous avons besoin et auquel l’Auvergne a droit. Je vous
rappelle que, dans l’état actuel des choses, sur un coût de 20 millions d’euros
du kilomètre de la voie à grande vitesse, l’Etat réclame 7 millions aux
collectivités territoriales, c’est à dire pour l’essentiel aux Régions. Ce qui
est hors de portée, mes Cher(e)s collègues, de notre Budget. Il est impératif,
parce que nous avons besoin de cette ligne à grande vitesse, que le
Gouvernement revoie ses clés de financement. Je veux
également rappeler les 4 axes pour l’avenir issus de ces mêmes assises
territoriales, véritable fil rouge de notre action régionale : - Affirmer la solidarité des
territoires - Renouveler l’image de l’Auvergne - Accueillir de nouvelles
populations - Privilégier la qualité dans tous
les domaines, comme marqueur de l’Auvergne Ces 4 axes ont été déclinés en 82 engagements,
aujourd’hui tous réalisés ou engagés. Pour les territoires, ce sont 1500
projets locaux qui ont été cofinancés par la région à hauteur de 110 millions
euros. Depuis
2004, nous avons su donner plus à ceux qui ont le moins pour plus de justice
territoriale. C’est le
haut-débit partout en Auvergne, du buron aux différents quartiers des villes. C’est le
développement des transports collectifs pour faciliter les déplacements des
hommes et des femmes de notre région. C’est
une nouvelle image, celle de la première région numérique de France qui nous
vaut de nombreuses récompenses et qui traduisent un mouvement et une prise de
conscience de notre développement. Le
regard sur l’Auvergne a changé. Clermont-Ferrand
capitale du Rock en France, c’est une nouveauté et une réalité. Le
nouveau VULCANIA, c’est une réalité, chiffres à l’appui. Les
emplois créés dans le secteur du Tourisme, c’est un signe de vitalité et un révélateur
de l’évolution de notre image régionale. Mais le
plus important, c’est le regain de population grâce aux efforts conjugués de
tous les acteurs locaux autour de la région. Un outil, l’ARDTA a su créer et
accompagner ce mouvement. L’auvergne
a aujourd’hui un solde migratoire positif. Nous
accueillons positivement de nouveaux actifs, de nouvelles familles. Les
initiatives locales se multiplient autour d’élus et de professionnels qui ont
su comprendre l’enjeu. L’Auvergne,
et c’est l’INSEE qui le dit, gagne 4 000 habitants de plus chaque année. C’est
un progrès, même si cela reste insuffisant. Quant à l’innovation,
elle est le fil rouge de notre action. L’agenda
21 régional, l’éco - conditionnalité de nos aides, le plan climat, la qualité
de nos produits agricoles, la qualité des infrastructures scolaires, ferroviaires,
de nos dispositifs de formation. Nous
avons su faire plus et mieux. La
qualité de la vie, ce sont aussi des aides nouvelles pour les parents d’élèves,
des tarifications sociales et justes pour les transports collectifs, le soutien
de nombreux parcours de formation pour les demandeurs d’emploi. La
Région a su protéger de nombreux publics. Elle a
su créer de nouvelles solidarités entre les hommes et les femmes d’Auvergne. Elle a
su fédérer les énergies pour créer une école de la deuxième chance qui vient
d’ailleurs d’être labellisée, avec le niveau excellence au plan national. Mais, il
reste beaucoup à faire. La
période à venir sera, je le souhaite, l’occasion de confronter nos idées et nos
projets. Mais notre
équipe et notre majorité sont pour l’heure au travail alors que la crise
économique touche de plus en plus durement les entreprises, les salariés et les
jeunes. Il n’y a
pas eu et il n’y aura pas de pause au Conseil Régional et ce, en dépit des
échéances électorales. Parmi
les grands dossiers d’actualité, celui de l’aéroport. Celui-ci connaît une situation tendue depuis l’annonce d’un plan
social touchant 39 personnes avant les
discussions entre l’employeur, la SEACFA et les organisations syndicales de
l’entreprise. La baisse du trafic passagers s’établit à fin novembre 2009 à –24 % (avec un accostage prévisionnel envisagé à
ce jour vers 380 000 PAX). Pour mémoire le trafic de l’année 2008 s’élevait à 511.000 passagers. En octobre et novembre, cette décroissance a ralenti (-18% d’octobre 2008
à octobre 2009, et –4%de novembre 2008 à novembre 2009). Cette baisse est très marquée sur le segment « affaires », les
vols charters tourisme sont, eux, en croissance de plus de 15 %, mais
représentent toujours une trop faible part du trafic. Conséquence de cette situation : notre délégataire, la SEACFA
connaît des difficultés économiques fortes et envisage deux types de
réponses : - la première est ce plan social pour redimensionner la structure de
l’aéroport en termes de personnel, aux réalités du trafic : ce volet est de
sa seule responsabilité, et il nous appartient de laisser les acteurs négocier
le meilleur accord possible même si une grève sans préavis a été déclenchée
depuis ce lundi matin 14 décembre. - La deuxième orientation envisagée par la SEACFA consiste en une demande
de contribution financière additionnelle
pour l’équilibre de la Délégation de Service Public ; le Syndicat
mixte vient d’être officiellement sollicité et la demande fait l’objet d’une
analyse financière en cours. Compte tenu
de cette situation et de l’absolue nécessité de conserver cet outil économique
indispensable au développement économique puydômois et auvergnat, le Syndicat
mixte, désormais propriétaire de l’aéroport, s’est engagé dans de multiples
démarches. Même
s’il faut travailler l’urgence, il faut aussi absolument se donner les moyens
de réfléchir à moyen terme, d’où le lancement d’une étude de repositionnement
stratégique de l’aéroport. Elle
permettra de définir les orientations
d’activités principales pour la plate-forme (industrie, transport affaires,
transport loisirs, lignes régulières, charters…), et de fixer des priorités
d’investissement au Syndicat mixte… Cette étude débutera en janvier
prochain, par une première réunion du Comité de pilotage rassemblant élus, entreprises utilisatrices, acteurs du
tourisme… : c’est ce que j’ai appelé
« l’union sacrée » lors d’une récente réunion avec les milieux
économiques que j’avais rassemblé récemment à l’aéroport. A court terme, le Syndicat mixte s’est beaucoup investi pour sauver et
conserver les lignes de Toulouse, Marseille, Lille et Strasbourg que Régional
devait fermer le 26 octobre, et qu’il assurera jusqu’à ce week-end à ma
demande. Au-delà, j’ai transmis la demande officielle d’imposition d’Obligations
de Service Public au Secrétaire d’Etat aux Transports Dominique Bussereau le 24
novembre dernier. Après un
travail fructueux la DGAC, les arrêtés ont été publiés tant au JO national
qu’au JO de l’union européenne avant-hier, le 12 décembre : le statut
d’OSP est donc effectif dès le 1er janvier 2010. Le Secrétaire d’Etat aux Transports m’a également fait
savoir par courrier du 30 novembre que l’Etat participerait au financement de
l’exploitation des 4 liaisons, à hauteur « globalement d’environ 1
M€ » par redéploiement de
crédits : c’est une première étape, même si ce montant reste insuffisant, et
laisse une charge trop importante aux collectivités locales. L’exploitation
des ces lignes sous « statut OSP »
nécessite un appel d’offres pour être déléguée à une compagnie
aérienne : les délais juridiques incompressibles renvoient l’arrivée du
nouveau transporteur en septembre 2010. Aussi, recherchons-nous activement la possibilité d’assurer les vols dès
janvier : une consultation est en cours, dont j’espère pouvoir communiquer
des résultats très rapidement. Enfin, des négociations sont en cours pour ouvrir avec
Régional de nouvelles dessertes, peut-être vers Londres et Dublin, non pas sous
une forme « low cost », mais dans un nouveau type de dispositif où
pourraient intervenir le CRDTA et j’espère la Chambre de Commerce et
d’Industrie, ainsi que des partenaires puydômois et clermontois. Les
enjeux concernant l’aéroport sont importants, d’une part économiques et sociaux (et
la grève en est un témoignage fort), d’autre part budgétaires pour le
Syndicat mixte : les solutions évoquées ont toutes un coût difficile à
supporter pour nos collectivités, mais nous avons le devoir de sauver cet
équipement essentiel pour notre activité économique. Ce
projet de budget se veut donc réactif, offensif, résolument tourné vers
l’avenir et vers l’emploi. Nous
étions confrontés à une baisse de 4% de notre budget l’an passé, du fait de la
perte conjuguée de la dotation de péréquation et de fonds européens. Le
budget 2010 est à la hausse et cela sans augmentation de notre fiscalité. Avec 663,7 millions d’euros qui seront déployés, le
budget atteint un niveau global record (il était de 650 millions d’euros voici 2 ans). Il est en hausse de quasi 6% par rapport à 2009 pour
mieux répondre à la crise. Cela
s’explique en partie par l’emprunt spécifique Plan Rail prévu pour accélérer la
remise à niveau du réseau ferroviaire. Il
s’agit d’un choix politique majeur et qui engage dès cette année la Région pour
16 millions d’euros. Des travaux qui viendront doper les carnets de commande de
nombreuses entreprises qui ont d’ailleurs été sensibilisées sur le surcroît
d’activité ferroviaire prévu ces prochaines années et qui s’en félicitent. Il faut y ajouter le dispositif
européen JEREMIE, destiné à promouvoir l’innovation pour les entreprises. Cet
outil supplémentaire pour l’économie régionale, négociée en son temps avec le
Préfet SCHMIDT, vient enrichir notre programme de soutien vis-à-vis du secteur
économique et, même si je regrette le retard pris par les tergiversations
préfectorales dans l’élaboration de ce dispositif, je fonde des espoirs sur la
capacité de cet outil à accompagner de nombreuses entreprises régionales dans
leurs projets de développement. Ce sont
donc 7 millions d’euros de crédits qui seront inscrits pour la mise en place de
ce fonds. Nous
enregistrons enfin une dotation revue à la hausse de nos fonds européens FEDER
ainsi que le remboursement anticipé du FCTVA portant sur 14 millions d’euros. Pour la seconde fois, les transports sont le premier
poste de dépenses avec 135 millions de dépenses prévues soit 26,27 % de notre
budget. Un niveau jamais atteint puisque cela correspond à plus du quart de
notre budget. J’ajoute que le cumul de nos crédits transport, éducation et formation
atteint 72% de notre volume de dépenses et ce, conformément à notre volonté affichée et assumée de nous recentrer
sur notre bloc de compétences majeures. Pour
autant, la situation économique nous oblige à des mesures nouvelles en
direction de l’économie avec le programme « Cluster d’Excellence en
Auvergne » et de l’agriculture avec la mise en place d’un fonds régional
de garantie pour l’agriculture. Cet outil se veut réactif vis-à-vis de la
profession. L’effet levier attendu est de 18 ME de crédits nouveaux sur quatre
ans. Le
secteur de l’économie sociale et solidaire est enfin concerné par le nouveau
dispositif NACRE (Nouvel Accompagnement à la Création Reprise d’Entreprise)
associant la Caisse des Dépôts et l’Etat, afin de permettre aux personnes
percevant des minima sociaux de créer leur entreprise. Un
budget réactif, offensif et volontariste. Je tiens
à remercier et à féliciter tous les membres de l’exécutif. Leur envie de bien faire et de s’adapter
aux circonstances se vérifie pour le Président que je suis, tous les jours. Ces remerciements s’adressent
également aux services en cette fin d’année et en cette fin de mandat. Ils
savent faire preuve de motivation et d’imagination aux côtés des élus. Ce
budget est l’aboutissement d’un travail collectif. C’est
aussi un pari sur l’avenir au regard des crédits déployés pour l’éducation et
la formation ou encore pour les transports. Le pari d’une Auvergne de la connaissance
et de l’intelligence. Le
pari d’une nouvelle mobilité et d’une plus
grande accessibilité, le pari d’un nouveau modèle de développement auvergnat,
le pari d’une nouvelle Auvergne. Je vous
remercie.
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