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Session des 20 et 21 avril 2009 _____________________________________________________________________________________
Intervention de Monsieur Jean Mallot, Président du groupe socialiste
Monsieur le
Président, Mes cher(e)s collègues, Cette
session ordinaire du Conseil régional intervient alors que se prolonge la grave
crise économique que nous traversons et qui, malheureusement, n’a pas encore
délivré toutes ses conséquences
sociales.Il y a un
mois et demi se tenait ici une session extraordinaire entièrement consacrée à
la situation économique et à l’emploi en Auvergne. Au cours de cette session,
le Conseil régional d’Auvergne a pris sa part de décisions d’urgence. Nous avons
injecté 14 millions d’euros supplémentaires dans des travaux et équipements
pour les lycées, les CFA et le patrimoine historique régional. Et bien d’autres
mesures que le Président Souchon a rappelées tout à l’heure. Il était
difficile d’être plus réactif en prenant,
au moment où nous l’avons fait, ces mesures de soutien au bâtiment ou
encore ces mesures de sauvegarde immédiate destinées à préserver à court terme
les intérêts des salariés comme des entreprises auvergnates. Courageusement,
rapidement, conscients des limites financières qui contraignent notre
collectivité, nous avons pourtant agi dans le sens de ce qui nous semble
correspondre à l’intérêt général. On nous a
rétorqué, à l’époque, du côté de l’UPA
– UMP que tout ceci était insuffisant.
Qu’il aurait fallu faire ceci. Qu’il aurait fallu faire cela. De la
polémique politicienne parsemée de propositions rédigées après la
parution du rapport du Président, non pas livrées officiellement à notre
assemblée en amont de notre session extraordinaire… mais réservées à la seule
et unique presse. Pour faire un coup médiatique, comme on dit. Aucune de ces
propositions ne se distinguait d’ailleurs vraiment de celles du Président
Souchon. Etait-ce
une simple agitation locale destinée à masquer les conséquences terribles d’un
système économique libéral sans réglementation dont l’UPA se montre toujours
l’ardent défenseur ? Toujours
est-il que notre exécutif régional a réagi à temps et avec des mesures adaptées
dont l’application a fait d’ailleurs l’objet d’une deuxième réunion de la
cellule de veille jeudi dernier 16 avril, avec les représentants des
entreprises et du secteur bancaire, une
autre réunion s’est tenue hier soir, pour entendre les points de vue des
représentants des organisations syndicales. Cela a été
l’occasion de présenter le détail de l’intervention du Conseil régional.
Les 14,3 millions supplémentaires, provenant du versement anticipé du fond de
compensation de la TVA seront utilisés immédiatement pour maintenir un haut
niveau de commande publique dont 10,5 M€ pour les lycées. Les travaux
peuvent commencer, les entreprises peuvent travailler, nos crédits sont
disponibles pour procéder à un paiement rapide, avec d’ailleurs une possibilité
d’acompte de 20 % dans certains cas. Concernant
la formation professionnelle et l’emploi, nous avons trois dossiers à
l’instruction dont deux portent sur la création de CDD de plus de six mois.
Nous avons aussi treize dossiers à l’instruction dont sept de plus de cinquante
salariés auxquels nous ouvrons notre fond d’intervention formation. Le 15 mai
prochain nous aurons organisé nos quatre réunions territoriales des Comités
Territoriaux de l’Emploi et de la Formation, et serons en mesure de signer la
convention cadre entre les principaux financeurs de la formation (Etat – Région
– Pôle Emploi et partenaires sociaux). Notre
présence auprès des entreprises comme auprès des salariés est une réalité de
tout les instants. Notre souci est de répondre à leurs besoins comme il est de
maintenir à tout prix la commande publique en période de crise. De la même
manière, l’urgence aurait dû imposer au Gouvernement de Monsieur Sarkozy
une réelle action pour corriger les effets de la crise. Mais là n’était pas sa
priorité. Il préfère placer son énergie dans le charcutage des
circonscriptions législatives pour se constituer un « bouclier
électoral ». Il préfère découper les frontières administratives pour
fusionner les Régions. Il préfère supprimer la taxe professionnelle et réduire
les moyens du plus grand investisseur du pays : je veux parler des
collectivités locales. Dans
l’échelle des priorités, l’augmentation du pouvoir d’achat, la réduction des
inégalités sociales ou la réglementation en matière financière auraient pu
figurer en meilleur rang. Il y a dans
l’immobilisme du Gouvernement, dans son incurie, la semence d’une grave colère
sociale qui gronde dans la rue, qui gronde dans les ateliers, qui gronde
partout où l’on craint de ne pas pouvoir demain conserver le travail dont on a
besoin. Et cette
colère conduit inévitablement à une radicalisation dont on ne peut encore
aujourd’hui prévoir tous les effets. Reconnaissons
que les bonus, les parachutes dorés, les stock options, les primes d’entrée,
les primes de sorties… que l’on voit
encore fleurir çà et là, ont de quoi choquer les salariés et l’ensemble des
contribuables français. Les
fermetures brutales d’usines, comme GMV à Aurillac, Continental à Clairoix, les
annonces massives de licenciements comme chez Valéo à Issoire, l’AIA de
Clermont-Ferrand, chez Bréa à Montluçon ou bien, nous venons de
l’apprendre, chez Wavin à Varennes sur Allier provoquent, à juste titre,
la révolte de salariés qui se sentent trahis. Face à
cette situation, il est donc nécessaire de prendre des mesures notamment
législatives. C’est pourquoi, le 30 avril prochain, le groupe socialiste
présentera à l’Assemblée Nationale, deux propositions de loi sur le bouclier
fiscal qu’il faut supprimer, sur le contrôle des licenciements, sur
l’augmentation des salaires, sur la suppression du dispositif de
défiscalisation des heures supplémentaires, mais aussi sur la limitation des
rémunérations hallucinantes des patrons de grandes entreprises. Nous
pensons que là où interviennent des fonds publics, le Gouvernement doit exiger
des contreparties à la hauteur de l’apport des contribuables. De même,
nous considérons comme intolérables les écarts de rémunération au sein de
certaines entreprises. Lorsqu’une
entreprise fait appel à une aide publique, certaines rémunérations sont
inacceptables. Et quand je parle d’aides publiques, j’ai à l’esprit celles de
l’Etat mais aussi celles de collectivités comme la Région… Alors le
mécontentement populaire va trouver prochainement une occasion de s’exprimer
démocratiquement, lors de la prochaine échéance électorale du 7 juin
2009. Car, mes chers collègues, l’élection par les Français de leurs
représentants au Parlement de Strasbourg le 7 juin prochain revêt une exceptionnelle importance pour les
salariés de ce pays. En effet, à
la lumière du cataclysme social créé par cette crise sans précédent, un
changement de majorité au Parlement de Strasbourg permettra d’envisager une
nouvelle politique sociale européenne, une mise en œuvre de solutions globales
de relance, d’harmonisation fiscale, de lancement des grands travaux et
d’équipements européens, d’adoption de réglementations efficaces dans les
domaines bancaires et financiers. Cette
demande de réglementation, cette demande de retour à l’éthique, cette demande
de primauté de l’intérêt général sur l’intérêt particulier, est la
préoccupation première de nos compatriotes. L’heure est
aujourd’hui venue de réhabiliter le secteur public tant décrié qui a
assuré si longtemps la cohésion sociale de notre pays et son développement
économique pour une large part. Celui-ci a
fait la preuve de son efficacité, de sa clarté, de sa capacité à assurer la
solidarité nationale. Il est
temps de retrouver le sens de la mesure et de l’équilibre, tant entre le
secteur public et le secteur privé que dans la juste répartition des richesses
produites entre le travail, l’investissement et le capital, sans oublier la
juste contribution à l’Etat pour que celui-ci soit en mesure d’assurer la
solidarité entre les citoyens et entre les territoires. Nous en
aurions grand besoin, en Auvergne, par exemple, nous qui avons injustement
perdu cette dotation de péréquation destinée à compenser les déséquilibres entre
Régions. Hier en Commission
Permanente nous avons pris plusieurs centaines de décisions. Tout cela
atteste une nouvelle fois de la forte activité de notre Assemblée, de notre
présence constante auprès des auvergnats et de leur territoire, de notre capacité
à rester mobilisés sur les difficultés et sur les projets de nos concitoyens. Depuis
2004, le Conseil régional d’Auvergne aura
su mener des actions pour la vie professionnelle des auvergnates et des
auvergnats à travers la formation et le développement économique. Il aura
contribué à améliorer la vie personnelle des familles en mettant notamment en
place des mesures de solidarité pour soutenir le pouvoir d’achat de nombreux
ménages et de publics défavorisés. L’action
des élus régionaux aura également favorisé le développement durable, l’emploi,
le développement des transports et celui des technologies de l’information et
de la communication. Toute cette
activité démontre, si cela était besoin, la qualité de notre bilan, à un
an de son échéance. Un travail
de fond a été engagé pour privilégier le transport ferroviaire TER comme
alternative au tout voiture et pour faire en sorte que la région puisse
bénéficier de lignes ferroviaires à grande vitesse, que ce soit vers Paris ou
dans le cadre d’une grande transversale
allant de la côte atlantique à Lyon. Malgré les
difficultés rappelées par René Souchon, et n’en déplaise à M. Bergougnoux, nous
avons ainsi fait avancer notre projet de faire de l’Auvergne le cœur d’une
croix ferroviaire à grande vitesse. Et la bataille continue ! Pour
l’aménagement et le développement de nos territoires, à long terme ! Restera
aussi le quasi triplement des crédits d’investissements annuels dans les lycées
puisque nous serons passés de moins de 30 M€ sous l’ancienne mandature à 79 M€
en 2009, compte tenu bien sûr des 10,5 millions supplémentaires décidés lors de
notre session du 2 mars 2009. Nous
aurons, grâce à ce volontarisme, construit le nouveau Lycée du bâtiment à Riom,
reconstruit le Lycée de Presles à Vichy - Cusset, rénové fortement les Lycées
de Haute Auvergne à Saint-Flour, Simone Veil au Puy-en-Velay ou Paul Constans à
Montluçon, tandis que l’entière rénovation du Lycée Blaise Pascal à
Clermont-Ferrand va débuter. Notre
programme de gratuité des manuels scolaires touche 42 000 lycéens par an tandis
que l’aide à l’équipement professionnel pour les lycéens des filières
technologiques se traduit par une aide pouvant aller jusqu’à 500 euros. Nous
achetons chaque année 3 000 ordinateurs pour que soit comblé un
sous-équipement intolérable de nos
lycées en ces temps de révolution de l’apprentissage par le numérique. Je me
contenterai également et enfin de rappeler que nous aurons initié et financé
1 296 projets de développement territorial au travers de 120 contrats
conclus avec les Pays ou les Communautés de Communes. Voilà,
Mesdames, Messieurs, chers collègues, quelques exemples de l’activité de notre
Assemblée au cours des cinq dernières années. Nous aurons
je le pense, au cours des mois qui viennent et au fil des futures sessions,
l’occasion d’en apporter d’autres illustrations. Ainsi,
malgré la crise qui aura freiné quelque peu nos ambitions, nous avons su
remettre l’Auvergne en mouvement. Et ce mouvement, nous entendons bien le
poursuivre tout au long de notre mandat. Je vous
remercie.
Session des 20 et 21 avril 2009 _____________________________________________________________________________________
Intervention de Monsieur René Souchon, Président du Conseil régional d'Auvergne,
Mes cher(e)s collègues, Le 2 mars dernier, nous avons
adopté un plan d’ajustement à la crise en suivant deux mots d’ordre : concertation
et réactivité. Concertation avec l’ensemble des acteurs économiques et sociaux,
et réactivité en proposant une série de mesures qui étaient applicables dès le
lendemain de la session. Comme je l’avais indiqué à cette
occasion, nous avons souhaité aborder la question avec pragmatisme. C’est ce
que nous avons fait et c’est que nous continuons de faire.La crise a pris maintenant un tour
social dramatique. Des plans de licenciement de plus
en plus nombreux, des fermetures de sites, des drames humains et une souffrance
qui ne fait que s’amplifier. Face à cet état de faits, il
existe bien sûr différents échelons de réponse. - L’échelon international,
avec un G20 qui s’est révélé être un succès sur le plan médiatique. Un succès
également parce que s’est dégagée une véritable communauté d’intérêts entre les
nations représentées. Ce fut enfin un succès parce que des mesures importantes
ont été prises et de
nouveaux moyens ont été mobilisés. Le G20 a permis l’établissement d’une liste
noire des paradis fiscaux, des contrôles accrus pour les fonds spéculatifs, une
nouvelle relance des négociations du cycle de Doha à l’OMC. Autrement dit, des
mesures plutôt rassurantes qui vont dans le sens d’une indispensable
gouvernance mondiale. Cette réaction planétaire était attendue, elle a surtout pour l’instant
des effets psychologiques. - Autre niveau d’analyse, l’échelon national. Et là,
l’enthousiasme du G20 fait place à une inquiétude, une angoisse dont
l’expression se fait de plus en plus forte chez nos compatriotes. Le discours moralisateur sur le système capitaliste ne s’accompagne pas
des mesures que l’on serait en droit d’attendre. Comment ne pas entendre la grogne
et la révolte des Français face au parachute doré du PDG de Valéo. 3,2 millions
d’euros comme cadeau de départ alors que le groupe prévoit 1600 suppressions de
postes et enregistre une perte de 208 millions d’euros. Et comble du comble,
l’entreprise a même perçu une aide du Fonds stratégique d’investissements (FSI)
de 19 millions d’euros en février. Comment ne pas réagir à
l’augmentation de la rémunération du Vice-président de GDF Suez, Jean-François
Cirelli, qui a presque triplé en 2008 pour atteindre 1,3 million d'euros ? Je pourrais également évoquer la
future retraite du président de la société générale à 1 M€ par an et bien d’autres
exemples encore. Autre sujet source de colère, la réalité du bouclier fiscal qui démontre avec quelle
constance le gouvernement continue à faire des cadeaux aux plus fortunés. 834 contribuables les plus riches
de France ont reçu un chèque de l’Etat de 368 000€. 6% des bénéficiaires du bouclier
fiscal perçoivent 67% du dispositif alors que 60% se partagent 1% du
bouclier ! Comment accepter de telles injustices ? Une réalité qui n’est pas
seulement parisienne, car en Auvergne, les conséquences pour les plus riches ne
sont pas différentes. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 4 467 403 euros reversés
par l’Etat à …170 personnes ! Il y a donc eu en Auvergne grâce
au bouclier fiscal, 170 personnes qui se sont partagé 4,5 M€ en provenance des caisses de l’Etat pendant
que d’autres n’ont pas de quoi se nourrir ou se loger correctement ! Les personnes qui souffrent au
quotidien ont de bonnes raisons d’exprimer leur colère. C’est la solidarité à l’envers. La
doctrine c’est « donner plus à ceux qui ont le plus ». On accroît
ainsi les inégalités sociales et l’on s’étonne ensuite des réactions violentes
des victimes du système. Un système qui
creuse la fracture sociale et la fracture territoriale. Comment
peut-on aujourd’hui s’étonner de voir les salariés radicaliser leurs moyens
d’expression ? Je voudrais à ce stade citer M.
Balladur qui s’exprimait dans le Figaro du 15 avril : « la confiance dépend aussi du sentiment que l'opinion aura
que chacun prend sa juste part de l'effort. Qui ne voit le caractère
dévastateur des débats actuels sur les rémunérations excessives de certains
dirigeants de grandes entreprises et sur l'avidité dont elles
témoignent ? » M. de Villepin quant
à lui a considéré dimanche soir qu’il existait un risque révolutionnaire en France. Si j’ai souhaité
évoquer cette actualité internationale et nationale, c’est pour aborder la
question régionale en précisant le contexte dans lequel s’inscrit aujourd’hui
notre action, notamment en matière économique et sociale. Comme je vous
l’avais indiqué lors de la session du 2 mars 2009, nous n’avons pas souhaité parler
de plan de relance mais plutôt d’un plan d’ajustement. Il n’était donc pas
question de nourrir l’opinion d’illusions mais plutôt de s’atteler à la tâche
rapidement et de rassembler. Nous avons donc organisé deux
nouvelles réunions avec les représentants du monde économique et social les 16
et 21 avril derniers pour dresser un premier bilan de nos actions et analyser
l’évolution de cette crise à l’échelon régional. Il en ressort un certain nombre de
points dont je souhaiterais vous faire part. En premier lieu, permettez-moi de
vous rappeler que notre plan d’ajustement comprenait trois axes d’intervention
principaux : des mesures pour passer le cap de la crise, des mesures pour
préparer l’avenir et des mesures de coordination. Parmi les mesures d’ordre
conjoncturel, l’utilisation du fonds de compensation de la TVA est aujourd’hui
complètement arrêtée. Je peux donc vous faire part de la ventilation choisie
des 14,3 millions d’euros de ce FCTVA : §
10,5 millions d’euros pour les lycées (travaux et
équipement) §
1 million d’euros pour la mise en sécurité des bâtiments du
CFA du BTP du Puy-de-Dôme §
1 million d’euros pour l’équipement en matériel
informatique, audiovisuel et système de visio-conférence des Écoles et
Instituts de formations sanitaires et sociales (c’est une première) §
800 000 euros pour le Domaine de Randan §
Et 1 million d’euros pour l’aménagement de l’accès au
Puy-de-Dôme dans le cadre du projet mené par le Conseil général du Puy de Dôme. Ces 14,3 millions d’euros seront
donc injectés dans le cours de l’année 2009. Cette réaction rapide s’explique
par le fait que l’Auvergne a été la première Région à signer cet accord avec
l’Etat le 13 mars dernier -même si la presse ne s’en est pas fait l’écho -.
J’insiste sur ce point car cela a rendu possible l’engagement de ce fonds dans
un délai très court. Nous avons également choisi, dans
le cadre de nos commandes de marchés, d’assouplir les modalités de versements
des avances aux titulaires des marchés publics, notamment de permettre le
versement d’une avance à hauteur de 20 % des marchés compris entre 20.000 et 5
millions d’euros. Cette information n’a pas, elle non plus, été reprise à ce
jour par les médias, malgré son importance. Autre mesure conjoncturelle dont
nous pouvons d’ores et déjà mesurer les effets, il s’agit de la création du nouveau
fonds d’avances de trésorerie s’adressant aux entreprises de moins de 1000
salariés qui connaissent des problèmes conjoncturels liés à la crise
économique. Il s’agit d’une avance
remboursable sans intérêt, avec différé de remboursement de deux ans, plafonnée
à 100.000 €, qui exige une contrepartie des actionnaires et des banques. A ce
jour nous avons adressé 35 dossiers à destination du secteur forestier, de la mécanique
et de la métallurgie. Nous avons par ailleurs des demandes relevant des services
aux entreprises, de l’industrie agro alimentaire, des TPE artisanales et
commerciales. Concernant les mesures plus structurelles,
nous avons deux dossiers portés par deux start-up auvergnates des secteurs des biotechnologies
et de l’informatique en vue de l’obtention de
l’Aide à la Recherche, au Développement et à l’Innovation des Entreprises
(A.R.D.I.E.) Pour ce qui est du nouveau
programme de soutien à l’investissement des structures de transferts de technologies,
l’appel à projets a été lancé par la Région auprès de CASIMIR, CNEP, ADIV,
MECAPROD, FORBOIS le 8 avril 2009. Nous en attendons les réponses pour le 15
mai 2009. J’évoquerai enfin la mise en œuvre
du programme JEREMIE en Auvergne, ce programme de 25 millions d’euros sur
2007-2013 dont j’ai signé la convention avec Monsieur le Préfet de région le 3
mars 2009, c'est-à-dire le lendemain de la session. Le règlement du fonds a été
signé par la Région le 3 avril 2009 et nous pouvons compter sur une mise en
œuvre opérationnelle dès cet été. Quant à la coordination qui
s’avère indispensable pour mener avec efficience toutes ces actions, elle se
manifestera par l’organisation de 4
Comités Techniques de l’Emploi et de la Formation (COTEF) dans les bassins d’emploi
touchés par la crise : - Thiers : le 27 avril au Lycée
Jean Zay. - Vichy : le 11 mai au lycée
Valery Larbaud. - Yssingeaux : le 12 mai au Lycée
agricole. - et Montluçon : le 15 mai à
l’A.F.P.A.. Par ailleurs, nous poursuivrons
bien évidemment nos réunions de la Cellule de Veille Régionale à échéance
régulière et nous travaillons actuellement à la signature d’une
convention-cadre entre les principaux financeurs de la formation (État, Région,
Pôle Emploi et partenaires sociaux). Mais le signe le plus fort, mes
cher(e)s collègues, le signe le plus symbolique et certainement le plus
optimiste, c’est assurément le lancement du projet UKAD par la société Aubert
et Duval et son partenaire Kazakh le 10 avril dernier. Aubert et Duval a effectivement
lancé la création d’une unité de production de titane pour l’industrie
aéronautique sur le site de St Georges de Mons dans les Combrailles. Une très bonne nouvelle qui se
couvre d’une charge symbolique très forte, à bien des égards. Cette annonce démontre en effet
-s’il en était besoin- que l’industrie auvergnate peut être porteuse d’avenir.
Ce projet, ce sont 47 M€ d’investissements et 60 créations d’emplois à terme ;
c’est une industrie qui innove, qui se trouve à la pointe de la technologie,
qui répond aux demandes d’un marché fortement internationalisé, une industrie
qui investit et qui embauche. C’est tout à fait remarquable en
cette période de crise et cela représente un nouveau souffle pour l’Auvergne,
en particulier pour ce secteur des Combrailles, secteur très rural de moyenne
montagne qui a trouvé une fois encore le soutien entier de la Région. Je dois dire qu’effectivement, la Région
s’est particulièrement mobilisée sur ce dossier, avec la même méthode : concertation
et réactivité. J’ai pris connaissance du projet UKAD
fin mai 2008 à l’occasion d’une visite de l’entreprise sur le site des Ancizes.
A la lueur des enjeux d’un tel projet, j’ai réuni dès le mois de juillet avec
Jacques-Bernard Magner -qui s’est énormément investi sur ce dossier- l’ensemble
des partenaires publics (services de l’Etat, collectivités) ; en
septembre, nous avons accueilli Georges DUVAL au Conseil régional en présence
du président du Conseil général du Puy-de-Dôme, et le 6 octobre nous
présentions par courrier (Jean-Yves Gouttebel
et moi-même) un pack de propositions pour accueillir le projet sur le
site auvergnat. Nous étions en concurrence avec le
Kazakhstan, la Belgique et la région Midi-Pyrénées pour l’implantation. Compte tenu de nos moyens, nous
avons choisi de répondre d’une manière originale à travers un pack de
propositions élaboré en concertation avec les collectivités locales directement
concernées : le département du Puy-de-Dôme et le comité d’expansion du
Puy-de-Dôme, le SMAD des Combrailles, les mairies des Ancizes et de St Georges
de Mons et en mobilisant bien sûr les services de la région, l’ARDTA, l’ARDE,
tout cela en concertation avec l’Etat. D’où la surprise que m’a confiée
Georges DUVAL devant Monsieur le Préfet de Région lors de ce lancement. Le
Président d’Aubert et Duval m’a en effet précisé qu’il avait été positivement
marqué par la manière exemplaire avec laquelle ce dossier avait été traité par
les acteurs publics et en particulier les collectivités locales. Il a ainsi
fortement apprécié d’avoir un interlocuteur unique et de ne pas avoir à aller
frapper à la porte de chaque collectivité, avec le risque de faire courir des
délais pénalisants. En l’occurrence, les choses se
sont passées simplement, rapidement et avec efficacité. Ce pack d’aides spécifiques a été
élaboré autour de 5 points : les aides financières sur le projet
industriel, la communication et les ressources humaines, la formation,
l’aménagement du territoire des Combrailles et les transports ; complétant
ainsi la prime à l’aménagement du territoire accordée par l’Etat. Je dois préciser que cette proposition
repose en grande partie sur nos dispositifs actuels et qu’elle vous sera
présentée de manière très précise lors d’une prochaine commission permanente. Mais sur ce dossier ô combien
emblématique, je retiens que la Région a joué un grand rôle et qu’au final,
c’est l’Auvergne qui l’emporte, avec un développement industriel au service de
nos territoires! Nous pouvons en être fiers, collectivement
fiers. Autre point de satisfaction qui
démontre la capacité à innover de notre région, il s’agit de toute l’action
menée en faveur du développement numérique de l’Auvergne, en faveur de son
épanouissement numérique. Autant il est juste de dire ce qui
ne fonctionne pas bien, autant il faut savoir valoriser notre territoire pour
le rendre attractif lorsque nous avons des atouts à faire valoir. Le cas du numérique est - je le
crois- à ce titre exemplaire. Il y a deux ans nous avons lancé
un grand programme en partenariat avec les quatre départements (Allier, Cantal,
Haute-Loire et Puy-de-Dôme), avec le soutien de l’Etat et de l’Europe pour
faire de la région Auvergne, une région 100% haut débit. Un travail de partenariat
complexe, ambitieux mais qui paye aujourd’hui. L’Auvergne est devenue la première
région 100% haut débit. C’est ce bilan extrêmement positif
que nous avons pu afficher le 20 mars dernier. Réunis à Mazayes - commune
récemment connectée du Puy-de-dôme- nous avons pu ainsi célébrer, avec tous nos
partenaires, cette longueur d’avance qu’a prise notre région. Economie, éducation, formation,
tourisme, santé, nouveaux services publics, l’Auvergne mise sur un
épanouissement numérique et un nouveau mode de vie à la campagne. Le haut débit
est disponible, il faut maintenant l’utiliser pleinement et optimiser nos
capacités. Nous nous y employons avec les
points visio-publics et les services publics de proximités, les espaces
numériques de travail, la formation à distance,
et les nouveaux chantiers que nous
allons mettre en œuvre pour aider les entreprises. Je pense aussi à l’effort que nous
entendons poursuivre avec les quatre départements et les six agglomérations de
la région pour préparer le déploiement du très haut débit. Nous sommes aujourd’hui dans une
phase décisionnelle qui nous mènera le 14 mai prochain à prendre – je le
souhaite- une décision pour le très haut débit dans le cadre de l’étude lancée
il y a quelques mois. Sachez que nous sommes une fois
encore les seuls en France à développer cette démarche à un niveau régional, et
je suis persuadé que nous aurons le même succès que pour le haut débit, même
s’il n’y a pas à ce jour 1 euro de l’Etat pour le déploiement dans les zones à
faible densité de population. Il faut bien mesurer que l’enjeu
est colossal pour les entreprises auvergnates, tout comme les particuliers. Nous avons des atouts
considérables pour faire de notre région un territoire qui accueille, qui accueille
des touristes certes –et les chiffres de la saison d’hiver nous démontrent la
bonne santé de ce secteur- mais qui offre parallèlement aux actifs de très
bonnes conditions d’installation. D’après la dernière étude INSEE/Agence
des Territoires, les gains de population dus aux migrations situent désormais
l’Auvergne au 10ème rang des régions métropolitaines les plus attractives, soit
3 place de mieux qu’à la fin des années 1990. Avec un excédent migratoire de 15 000
personnes, l’augmentation annuelle de population (+2,3 %) est de 3 fois plus
importante à celle observée entre 1990 et 1999. Calqué sur le modèle des
résidences d'artistes, le dispositif des résidences d’entrepreneurs permet de
fournir à un créateur le cadre et les conditions matérielles qui lui permettent
de mener à bien son projet : prise en charge de certains coûts liés au
montage d'un projet hors de sa région de résidence (trajet, hébergement,
restauration), accompagnement technique et relationnel pour lui permettre
d'avancer dans son projet en rencontrant tous les interlocuteurs utiles. Au total depuis 2006, 218
résidences ont été réalisées. Elles ont permis d’installer en
Auvergne 282 nouveaux résidents dont 148 jeunes de moins de vingt
ans. Aujourd’hui, 36 résidences longues
sont en cours sur des projets innovants dans le domaine de la santé tel que la dévascularisation
des cellules cancéreuses, ou dans le tourisme et le développement durable. Avec le site Auvergnelife.tv -qui
est en quelque sorte la vitrine de l’Auvergne- 950 offres d’installation et de
reprise sont présentées dont 250 offres qualifiées « Service+ ». Il
est ainsi une vraie boîte à outils pour tout candidat à l’installation. Le site
accueille plus de 330 000 visites/an soit 975 visiteurs en moyenne/jour. Aujourd’hui, 291 porteurs de
projet sont suivis par l’ARDTA à différents niveaux de concrétisation. Je donne également rendez-vous le
4 juin prochain à la grande Halle à toutes les PME d’Auvergne pour la journée
des solutions numériques. Un grand rassemblement que nous organisons avec
l’Etat et le concours de la chambre régionale de commerce et d’industrie pour
mettre en avant ce que peut apporter le numérique afin d’améliorer la
compétitivité des entreprises -en terme de gestion, en terme de
commercialisation-. Ce seront ainsi douze secteurs économiques qui seront
représentés, des dizaines d’entreprises de services TIC auvergnates présentes
au cours d’une journée dont l’objectif premier est de fournir des solutions
afin d’atténuer les effets de la récession économique mais également pour
dynamiser le développement de nos PME. La région Auvergne est donc dans
le mouvement, dans la dynamique du développement durable, avec un ensemble
d’actions parfaitement cohérent et une volonté forte et tenace au service de la
région toute entière. Cette ténacité nous la partageons vous le savez sur bien
des dossiers. Il en est un qui prend une place toute particulière, c’est celui
de la ligne grande vitesse. Notre mobilisation, la mobilisation
de tous les Auvergnats, ne doit pas s’arrêter en chemin. Nous avons maintenant
à défendre avec l’ensemble de l’Assemblée régionale un itinéraire qui
garantisse les meilleures retombées pour l’Auvergne. Nous n’avons pas l’intention de
voir passer le TGV à la lisière de notre région. Il y a quelques semaines, j’ai eu
l’occasion de défendre ce point de vue avec Serge Godard, maire de
Clermont-Ferrand et président de l’agglomération Nous sommes en effet complètement en phase et nous avons
pleinement conscience l’un et l’autre qu’il ne faut pas louper le rendez-vous
et que nous devons mettre toutes les chances de note côté pour obtenir un tracé
optimal. Nous mettrons donc tout en œuvre
pour qu’il en soit ainsi, en associant toutes les forces vives de l’Auvergne
pour parvenir à ce résultat. Je m’en suis entretenu hier encore avec M.
Leboeuf, Directeur des Grandes lignes à la SNCF. Il est clair que dans le débat
public qui s’annonce en 2011, la vision d’aménagement du territoire que la
Région aura à défendre se heurtera à la vision commerciale de la SNCF, qui est
d’aller le plus vite possible de Paris à Lyon en passant par Bourges, Nevers et
Macon au détriment de l’irrigation du Massif Central et de l’Auvergne. *** Mes cher(e)s collègues, Cette session va nous fournir une
nouvelle occasion de nous doter des outils nécessaires à notre ambition. Je pense à l’aménagement du
territoire et aux contrats Auvergne +. Avec les contrats de première
génération, nous avons fait le pari de voir émerger de véritables stratégies de
développement au sein des pays et des
groupements de communes, nous avons fait le pari d’abolir la logique de guichet,
nous avons fait le pari de la concertation, du jeu collectif pour être plus
fort. Cette démarche s’est opérée autour
d’un principe absolu de solidarité. Nous avons ainsi collectivement décidé
de donner plus à ceux qui ont le moins, nous avons ainsi fait le choix d’un nouveau
mode de développement territorial, d’un nouveau mode d’intervention régionale. Avec la deuxième génération de
contrat qui débute ce trimestre, nous entendons suivre encore davantage cette logique
d’équité et de solidarité, en respectant les grandes orientations régionales
pour plus de cohérence et en renforçant notre écoute auprès des acteurs des
territoires pour être au plus près des préoccupations des Auvergnats. Cette session de printemps laisse
entrevoir dans un environnement plutôt austère et inquiétant quelques raisons
de poursuivre les actions que nous menons pour les Auvergnats. Comme l’énonçait
le philosophe Alain, « le pessimisme est d’humeur, l’optimisme est de
volonté ». C’est ce message volontariste que
je souhaiterais partager. L’Auvergne a des atouts que la crise actuelle met en
lumière. Ces atouts, il incombe à chaque Auvergnat de les développer, de les faire
connaître. C’est à cette condition que notre région avancera, en suivant un
modèle original, un modèle auvergnat.
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