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Session du 23 septembre 2008 _____________________________________________________________________________________
Intervention de Madame Françoise Nouhen, Conseillère régionale d'Auvergne
Monsieur le Président, mes chers
collègues,
Le temps d’intervention
étant compté, je ne reviendrai
pas sur les prises de position quelque peu partisanes
et non objectives qui ont pu être faites en début de séance,
au
titre
de
la
majorité
gouvernementale et vous
laisserai,
Monsieur le Président, répondre à certaines
contre-vérités.
Je
préférerais
faire
le
point sur l’avancée de nos dossiers. L’ordre du jour
de
notre Commission permanente d’hier, avec ses six cent quarante-deux pages
et
ses
quelque deux cents décisions témoignent de l’activité
soutenue de notre Conseil régional, qui est une véritable force
de proposition pour
nos concitoyens, quoi
qu’en dise dans
ses conclusions le
représentant de
l’opposition. Notre Session, en Assemblée
plénière aujourd’hui,
avec ses vingt-six rapports principaux, qui tous portent
sur des aspects importants du développement
régional, vient donc
confirmer le sentiment de
nos concitoyens
qui voient dans
notre collectivité
régionale une administration
active et pleine de vitalité. Permettez-moi donc de remercier les services et les
personnels
de la Région
pour la qualité du travail
accompli dans la préparation de cette Session. Nous nous retrouvons donc
aujourd’hui, mes
chers collègues, quelques semaines après une rentrée scolaire
que nous avons souhaitée
exemplaire pour nos lycées dont nous assumons l’entretien et la
gestion. Nous l’avons souhaitée
encourageante et solidaire
pour les lycéens
et leur famille : - un budget de 80 M€ de travaux
et d’équipements, qui impacte évidemment sur l’activité économique, contrairement à ce
qui
a
pu
être
dit
plus
tôt
dans
la
matinée ; - la
gratuité
des
manuels
scolaires
et
du
premier
équipement
professionnel
pour 55 000 familles de lycéens et d’apprentis ; - le renforcement de
l’environnement numérique de travail
et
de
la
pratique
des langues étrangères. Voilà quelques-unes
des
grandes
lignes
des
actions
de
la
Région
pour
faire plus et mieux pour l’éducation
et
la
jeunesse,
alors
que
le
contexte
national
vit
à
l’heure de la restriction et de l’hémorragie des postes d’enseignants. L’activité régionale et la vitalité
de notre institution ne s’arrêtent pas aux seules frontières du monde
éducatif.
Monsieur
Hortefeux,
vous
avez
trouvé
que
nous
ne
nous réjouissons pas assez de la décision de nommer Monsieur le Préfet de Région comme Préfet coordonnateur. Nous sommes prêts à nous mettre autour de la table et nous attendons
simplement
les
moyens
qui
pourront
être
assortis
à
cette
mobilisation générale. Nous faisons preuve
d’une
énergie
que
déploient
notre
Assemblée
et
son
Président pour obtenir une décision
favorable sur les projets Nord/Sud
et Est/Ouest des Lignes à Grande Vitesse passant
par Clermont-Ferrand. Plus qu’une nécessité,
ces projets constituent pour l’Auvergne un véritable rendez-vous avec l’Histoire. Preuve encore de cette énergie
: les propositions multipliées à l’adresse de nos
partenaires pour que soient rénovés et sécurisés
les
230
km
de
voies
ferrées
victimes de ralentissement, et sur lesquelles ne peuvent circuler convenablement les matériels roulants neufs payés par la Région. Notre ténacité ira
encore
un
peu
plus
loin aujourd’hui, puisque le groupe
Socialiste vous proposera, par un vœu,
de faire front
commun pour que
le Gouvernement intervienne auprès de Réseau Ferré
de
France
et
de
la
SNCF,
pour renoncer à un projet de désélectrification ferroviaire et contribuer
à
un
plan
spécial de modernisation des axes ferroviaires Paris/Clermont-Ferrand/Béziers et
Clermont/Nîmes. Un autre point
que
j’ajouterai
à
l’actif
du
Conseil
régional
est la rapidité à laquelle s’effectue
le
désenclavement numérique
de
notre
Région,
qui,
dans
ce
domaine, fait figure
de
modèle et se trouve qualifiée de
Région avant-gardiste et audacieuse. Il y a bien
d’autres
occasions
de
se
réjouir
des
bons
résultats
qu’enregistre
notre Région, à commencer par ceux liés à l’activité du Zénith et de la Grande Halle dont nous analyserons
les
excellentes
performances
dans
le
rapport
qui
leur
est
consacré. Comme aussi ceux de Vulcania que nous aurons eu raison, je n’hésite pas
à le
dire, de sauver du naufrage,
car le pari audacieux des 300 000 visiteurs
pour 2009 est en passe d’être approché, si ce n’est réussi, dès 2008, si j’en juge par les
premiers échos collectés çà et là. Un article du
journal
Aujourd’hui en France
nous
livre
d’ailleurs
une
analyse plutôt
élogieuse qui compare les 12,25 % de progression pour 2008 du nombre de visiteurs de Vulcania, aux 7 %
du
Futuroscope.
La
Directrice de Vulcania
livre
d’ailleurs dans cet article
plusieurs
chiffres intéressants, comme cette
très
forte progression des visiteurs arrivant avant midi, pour consacrer
désormais une journée entière à la visite de Vulcania. Conséquence : une augmentation de 20 % du « panier moyen » des espaces de restauration et des boutiques. Oui, mes chers collègues, nous obtenons des résultats inespérés au regard de
la situation que nous avons
trouvée à notre
arrivée en 2004 ! Il est évident
de dire que ces très bons chiffres résultent
avant tout des choix d’investissements que nous
avons effectués sur les deux dernières années, avec
la
mise
en
place
de
neuf
nouvelles attractions. Nous avons donc eu raison
de repositionner Vulcania sur un
public familial, avec un concept
à mi-chemin entre le ludique
et le pédagogique : le succès
semble être au rendez-vous, même si nous devons rester vigilants et ne pas relâcher l’effort d’innovation pour les années à venir. Je dois dire que j’ai plaisir à vous livrer ces quelques réussites de l’Auvergne dans une ambiance nationale plutôt morose,
où le moral des Français
est au plus bas, où la baisse du pouvoir d’achat
se poursuit, où la dette et les déficits publics se
creusent, où l’inflation retrouve de la vigueur. Que l’on ne se méprenne pas sur mes propos qui ne procèdent pas de la simple
opportunité, car nous avons conscience que le travail qui reste à faire est important, mais nous avons conscience aussi des difficultés sérieuses
que font peser sur notre institution et sur
l’économie régionale le désengagement du Gouvernement et son renoncement à poursuivre les politiques
de solidarité nationale. Oui, mes chers
collègues,
ces
choix
du
Gouvernement, nous l’avons
dit
et
le
redisons, placent les Régions dans des situations impossibles, tant il est compliqué
de faire face à ce transfert massif
de charges non compensées. Je le rappelle
une nouvelle fois, même si le diagnostic est connu et les responsables bien identifiés. Vous savez que
je
suis
très
attachée
à
la
pédagogie.
Il
faut
reprendre
les
choses et les réexpliquer plusieurs
fois pour qu’elles puissent être comprises. Le Gouvernement a supprimé la dotation de péréquation de 11,4 M€ que percevait jusqu’à présent notre Région. Il a mis fin au pacte de croissance et prive ainsi notre collectivité de 3 M€.
Il a plafonné la taxe professionnelle, ce qui a grevé
nos recettes de 17 M€. Le total de cette
ponction s’élève
donc à 31 M€, soit près de cinquante points
de fiscalité
régionale ! Tout gestionnaire victime d’un
tel
acharnement
pourrait
être
tenté de renoncer. Nous ne baissons
pas
les
bras.
Au
contraire,
nous
tentons de dépasser ces handicaps en
nous
recentrant bien sûr sur
nos
principales
compétences (lycées, formation professionnelle,
transports ferroviaires de voyageurs) auxquelles
nous
consacrons des budgets colossaux en très forte hausse depuis 2004. Nous prenons aussi à bras-le-corps nos nouvelles
responsabilités,
comme
l’aéroport, l’AFPA, les établissements de formations sanitaires et sociales auxquels sont aujourd’hui consacrés deux
rapports très importants, puisqu’il s’agit des agréments et des modalités
d’attribution des subventions aux Écoles et Instituts
de formations paramédicales et de sages-femmes. Vous constatez
qu’il
n’y
a
pas
de
désengagement ! Nous maintenons le cap de l’équité entre les territoires en bonifiant nos aides en direction des territoires
qui
en
ont
le
moins; nous poursuivons notre logique
de
contractualisation qui aura abouti à une organisation
complète
de
notre
espace
régional, produisant un effet démultiplicateur des projets locaux. Rendez-vous compte du chemin parcouru en quatre ans
: 120 Contrats « Auvergne + » signés en trois ans dans 16 pays désormais
constitués, pour 1 296 projets locaux validés sur l’ensemble du territoire régional. En cela, nous nous inscrivons en totale rupture avec la majorité précédente
qui avait créé
une
Auvergne à plusieurs vitesses, concentrant la quasi-totalité des investissements sur un seul point et considérant le Cantal, la Haute-Loire et l’Allier sans doute comme des départements périphériques. Nous avons changé tout
cela. Aucun territoire, jusqu’au plus reculé de l’Auvergne, ne se voit désormais
privé de la solidarité
régionale. Le mépris n’est plus de
mise. Notre Région reste
une
Région comme toutes les autres Régions de
France.
Elle doit faire
face
à
la
disparition
progressive
de
la
présence
de
l’État
dans
les
territoires. En effet, désormais s’applique une gestion par les cartes : carte judiciaire,
carte militaire, carte hospitalière, carte scolaire, carte universitaire, avec toujours
la même inquiétude pour les élus à l’annonce de cette
cartographie.
Sera-t-on
cette
fois-ci sur la liste des sacrifiés ? Nous y sommes ! Ici pour un tribunal, là pour
un
hôpital, là encore pour un
casernement,
là
enfin
pour
une
école.
Qu’en
sera-t-il
demain, par exemple, pour les IUFM ? Cette réforme, telle que semble la dessiner le Gouvernement, aura nécessairement un fort impact sur
l’IUFM régional, sur ses antennes départementales d’Aurillac, du
Puy-en-Velay
et
de
Moulins,
comme sur le site de Chamalières. En effet, les
nouvelles
modalités
envisagées
de
recrutement
des
enseignants
aboutiraient au remplacement de l’actuelle deuxième année de formation
professionnelle à l’IUFM par un compagnonnage
intensif en début de carrière. Le résultat en sera une nouvelle incertitude sur le devenir des effectifs
étudiants et professeurs stagiaires au nombre de 1 413 sur l’ensemble de la région,
ainsi que sur les
281
formateurs
et
100
personnels
administratifs techniques que
sont
les
bibliothécaires, sans compter
la disparition éventuelle de ces centres
de ressources de proximité
qui rendra plus difficile l’accès à la formation
dans les zones rurales et aura
des répercussions fâcheuses
en termes d’aménagement du territoire. C’est pourquoi le groupe Socialiste vous invitera à le rejoindre pour demander,
dans un vœu au
Gouvernement, de ne
pas user de
précipitation, de peser l’ensemble des données, de nouer
un
dialogue
préalable
et
approfondir
avec
les
organisations représentatives, tant des
enseignants que de l’enseignement
supérieur, les structures d’encadrement des IUFM, et bien sûr d’associer
les Régions à ce
dialogue.
Tout
cela
pour
ne
pas
aboutir à la disparition d’IUFM et
de
leurs
antennes départementales, dont les collectivités locales ont largement contribué
à la création et au
développement. On voit combien
les
ravages
de
cette
gestion
par
les
cartes
comportent
d’incertitudes, tant peuvent se voir anéantis d’un seul coup les projets
patiemment construits dans les territoires, sans compter d’ailleurs le cortège de disparitions de divers services publics
directement
liés
à
leur
privatisation. Nous avons
eu
les
prémices de cette disparition
avec l’ouverture du capital d’EDF,
ou encore avec la
privatisation de France Télécom. C’est maintenant au tour
de
La
Poste
et
on
se
demande, lorsqu’elle sera
privatisée et lorsque son capital
aura été ouvert, si la présence
postale pourra être
maintenue et si ses obligations de service public pourront
être assurées. Vous voyez, mes chers collègues, combien
la situation est fragile et combien le maintien et le développement de nos territoires se trouvent tributaires de décisions
dogmatiques venues d’en haut,
sans
mesure
ni
nuance,
si
ce n’est celle de la
recherche de rentabilité au détriment
de
la
notion
de
services publics à des
concitoyens qui veulent
encore pouvoir vivre sur le territoire qu’ils ont choisi. À la fragilisation des territoires
s’ajoute indéniablement la fragilisation des
individus, car la
pauvreté gagne du
terrain – notre Président l’a rappelé en introduction : huit millions de personnes
vivent
en
France
au-dessous du seuil de pauvreté et le nombre de personnes
ne devant leur salut qu’à l’aide alimentaire ne
cesse de croître. Notre Région, nos quatre départements, ne sont
pas épargnés par
ce phénomène. Nous regardons, certes
avec intérêt, le Gouvernement préparer
le dispositif dit de Revenu de Solidarité Active,
avec cependant de grandes réserves,
car s’il s’agit
bien d’une voie à explorer
qui vise à accélérer l’insertion sociale en permettant un cumul entre revenu d’activité
et
revenu
de
solidarité.
La
condition
de
sa
réussite
dépendra en grande partie d’un cumul suffisamment attractif et correcteur
des effets pervers sur le développement du temps partiel. À l’évidence aussi, ne pourront être écartés d’un tel dispositif les moins
de
vingt-cinq ans, dès lors que le taux de chômage des jeunes demeure le plus élevé des pays de l’Europe. Côté financement, des
réserves
aussi, car
le
maintien
du
bouclier
fiscal
aboutirait à l’exonération des plus riches de nos concitoyens au financement de ce
dispositif qui ne disposerait dès lors que de l’imposition supplémentaire de 1,1 % des seules classes moyennes et des petits épargnants. Il en est de même des craintes sur la pérennité d’un tel dispositif qui doit être garantie aux collectivités territoriales
pour mener à long terme un tel projet. De toute
évidence, ce projet
du
Gouvernement
ne
devra
en
aucun
cas
être
payé
par
les
collectivités locales. Le transfert
des ressources de l’État devra correspondre au coût réel de la
mise en place du RSA. Monsieur le Président, mes chers collègues, je terminerai mon propos par une ferme
prise de position,
sous forme de vœu, des groupes
Socialiste, Communiste et Vert contre les dangers pour les libertés
individuelles que fait peser la mise en place d’un nouveau fichier
policier sous le nom d’Edvige (Exploitation Documentaire et Valorisation
de l’Information Générale). Notre collègue Monsieur Pommarel a longuement développé nos positions
et je n’y reviendrai pas. J’insisterai simplement sur le fait
de
respecter le droit des enfants
et
que
l’autorisation d’un fichage dès l’âge
de
13
ans,
sans
qu’aucune
infraction
n’ait
été
commise, est absolument insupportable. Il nous apparaît donc essentiel aujourd’hui que le Conseil
régional d’Auvergne rappelle son
opposition à toute remise en cause des libertés publiques
fondamentales, du respect de la vie privée et des droits de l’enfant.
En conséquence, nous demandons le retrait du décret
du
1er juillet 2008. Je vous remercie de votre
attention.
Session du 23 septembre 2008 _____________________________________________________________________________________
Intervention de Monsieur René Souchon, Président du Conseil régional d'Auvergne, Mes chers collègues, c’est dans un contexte international et national lourd,
grave,
inquiétant, que s’effectue la rentrée
de
notre
Assemblée
plénière. La crise du système libéral est mondiale, mais la France en subit de plein fouet
tous les soubresauts. La majorité des Français a le sentiment
de vivre dans un pays
vulnérable et fragile. Notre croissance est
l’une
des
plus
faibles
de
la
zone euro, à peine
1
% en
2008, contre près
de 2 % attendus. Madame Lagarde nous a annoncé une croissance molle pour 2009. Le chômage repart à la hausse. Le pouvoir d’achat est
en baisse.
Le
journal
Le
Monde
consacre
quelques
pages
à
ce
titre. C’est la première préoccupation
des
Français. De plus, le sondage publié dimanche dans
Le Journal du Dimanche montre que
81
% des
Français
–
chiffre
record
–
sont
inquiets pour leur avenir. Inquiétude pour
l’avenir,
préoccupation
majeure
pour
le
pouvoir d’achat. L’association UFC Que Choisir a constaté une hausse de 6,6 % des prix sur le
caddie test lors des huit derniers mois. L’investissement des entreprises a reculé, les mises
en chantier de logements sont en diminution de plus de 100
000 par rapport à l’an dernier.
Notre
commerce
extérieur
va
dépasser un déficit
record
de
50 Md€, révélant la dégradation structurelle de nos entreprises. Enfin, le déséquilibre de nos
finances publiques est tel (plus de 40 Md€) que
non seulement, il nous met en contradiction avec nos engagements européens, mais il nous prive également de toute capacité
de relance, l’ensemble de nos marges de
manœuvre ayant été absorbé – la presse le rappelle
tous les jours – par le coût du paquet fiscal voté l’année dernière Ce paquet fiscal ! 15 Md€
qui
ont
été
distribués
(le
TGV Paris/Clermont/Lyon
représente 12 Md€) dont la
moitié pour la défiscalisation
et
l’exonération
de
cotisations sociales sur les heures supplémentaires, l’autre moitié
pour
les
plus
favorisés des contribuables. Ce paquet
fiscal,
dont
le
coût
se
renouvellera
chaque
année, devait créer un choc
de
confiance
qui
lui-même
créerait
un
choc
de
croissance ! Non seulement il n’y
a pas eu
de croissance,
ni de pouvoir d’achat
supplémentaire, mais en attendant, au nom du pouvoir d’achat, on a remis en cause
le Code du travail, le droit du travail, la durée légale du travail. Le malaise aujourd’hui est celui de la France qui travaille, de celle qui « se lève
tôt », une France
qui
n’a
rien
vu en termes d’évolution salariale,
mais
qui
suit
au
quotidien la progression de la précarité,
la remontée du chômage – notamment des jeunes –, et qui supporte la dérégulation du droit du travail. Le pacte social français
est désormais remis en cause par l’individualisation des rapports sociaux et par une
forme de légitimation des inégalités
au
nom
du
mérite.
Jamais
les
écarts entre rémunérations n’ont été aussi importants dans ce pays et la politique
fiscale, loin de les réduire, les a élargis. Il y a la
rustine
du
RSA,
dont
personne
ne
remet
en
cause
l’intérêt
pour
un
certain nombre de familles
touchées par la précarité d’avoir un
cumul
entre
une
prestation et un emploi, cela paraît tout à fait légitime,
à condition bien entendu qu’il
n’aboutisse pas à l’éclatement du travail, au développement du temps partiel et que le financement en soit équitable. Or, tel n’est pas le cas, puisqu’au stade du projet on en appelle au revenu du patrimoine de 14 millions
de Français, dont 40 % sont des
catégories populaires ou employées. Quant aux plus fortunés du pays, ils seront
exonérés de tout prélèvement
supplémentaire. Ce seront les seuls qui seront dispensés de tout effort,
les seuls qui ne paieront
pas pour les plus modestes
de notre pays ! Notons là la seule constante de la politique du Gouvernement : la
sanctuarisation des gros patrimoines et des gros revenus. La recherche du bonheur
des riches érigée en règle de gouvernement ! Pour le reste, la baisse des prélèvements obligatoires est un lointain
souvenir de campagne.
Il devient difficile
de faire le compte exact du nombre de prélèvements
nouveaux qui ont été créés
ou annoncés depuis plus d’un an : franchise médicale, cotisation retraite, contribution sur
les mutuelles, taxe
sur les opérateurs de téléphonies, taxe
sur
les
fournisseurs
d’accès
à
Internet,
etc.
et
la
liste
n’est
probablement pas close. Au total, si les Français travaillent peut-être plus, depuis plus d’un an, ils paient plus ! Il est un autre domaine qui contribue au malaise généralisé,
qui, sourdement, profondément,
s’enracine et met en péril notre
société dans ses fondements . La France, au-delà de ses sensibilités philosophiques, se reconnaissait depuis longtemps dans des valeurs communes : l’égalité républicaine, le respect des droits
de la personne humaine, le pluralisme, la laïcité. Or, sur tous
ces
terrains,
nous
vivons
une
forme
de
déclin.
L’école
de
la
République est attaquée par une réduction de son ambition,
de ses moyens, de ses effectifs. La France des libertés ne se reconnaît pas davantage
dans les manquements à la laïcité. Je ne reviendrai
pas sur le discours de Latran et sur « la laïcité positive
», réitérée par le Président de la République
lors du voyage du Pape, qui entraîne une
confusion entre l'espace du religieux
et
l'espace
de
la
République.
J’y
vois
là
une
tentative de remise en cause de la laïcité.
Nous devons être vigilants ! Et que dire
de
la
tentative,
semble-t-il avortée, du fichage
de
la
population supposée dangereuse, les élus en particulier, avec « Edvige ». Que dire encore de la confusion permanente des genres, des amitiés et des intérêts
! Mesdames, Messieurs, mes chers collègues, les Auvergnates et les
Auvergnats, comme l’ensemble
des femmes et
des hommes de
notre pays,
souffrent, s’inquiètent. Il est du devoir du Conseil régional, dans la mesure de ses
moyens et en s’appuyant sur ses politiques, de leur donner espoir, de leur prouver
que les choix politiques peuvent
amener
du
développement,
de
la
croissance,
du
pouvoir d’achat, donc, plus de justice sociale. Tâche difficile, car, même si l’on se doutait que la pilule de la décentralisation et des transferts
de
charges
serait
amère
et
l’addition
salée,
personne n’imaginait à quel point ! Nous avons longuement débattu ici dans cette Assemblée, à plusieurs reprises, chiffres et
éléments objectifs à
l’appui, des modalités très critiquables
des compensations financières. Je vous rappelle
simplement un chiffre
: le coût pour la Région Auvergne des transferts
non compensés pour l’année 2007 s’élève, selon les différents cabinets indépendants
que
nous
avons
mandatés,
à
plus
de
10
M€. On peut réitérer que cela n’est pas vrai, mais les chiffres des experts-comptables sont là !
Nous sommes en train de les collationner à l’ARF avec le Cabinet
Ernst & Young à
l’échelle de la France, et au mois de novembre,
nous donnerons le total de la note
des charges non transférées pour l’ensemble
des Régions françaises. Quant au plafonnement de la taxe
professionnelle, il nous
a
coûté 14 M€
en
2008 et nous coûtera 17 M€ en 2009.
Le
manque
à
gagner
pour
les
recettes
régionales est de 17 M€. Pour faire face, il n’y a pas des dizaines de solutions.
Nous avons rogné sur nos dépenses de fonctionnement ; nous avons eu une première
régulation budgétaire en 2008, 2,7
% d’annulation de tous les crédits à l’exception
de
trois
petits
budgets
; nous avons serré la ceinture de toutes
les
délégations,
traqué
chaque
source
d’économie, et j’en profite pour saluer le sens des responsabilités dont font preuve
les Vice-Présidents,
mais aussi les services
et l’ensemble des élus de la majorit é. C’était nécessaire, compte tenu du poids de charges nouvelles
et surtout de la
diminution des recettes en provenance de
l’État, notamment la
perte de la péréquation de solidarité qui se chiffre
pour
2008
et
2009,
à
12,8
M€, chiffre
incontestable. Notre richesse auvergnate est
de 6 % inférieure à
la richesse
nationale – PIB (Produit Intérieur
Brut). Comment peut-on
être taxé de riches ? À
force de harceler
le ministère, j’ai reçu fin juillet ou début août des éléments intéressants. Nous dépassons légèrement le plafond de la péréquation et quand on analyse les causes, on se rend compte que cela est dû à des bases ETP élevées
en Auvergne, sauf que l’Auvergne est à 50 % de ces bases plafonnées, contre 42 % au
niveau national. On n’en profite
donc pas du tout. Quand on calcule
la richesse de l’Auvergne,
on
prend
en
compte
les
bases non plafonnées et quand
on
calcule la péréquation, on prend en compte
les bases plafonnées. Voilà comment une
Région
pauvre,
la
nôtre, ne perçoit pas la dotation
de
péréquation, au motif que ses entreprises sont riches sur le papier, pour l’État, mais pas
pour le budget régional ! Le Comité des Finances locales a eu connaissance
de simulations délivrées
par la DGCL (Direction Générale des Collectivités Locales). Toutes les simulations sur des
critères plus justes,
proposées par la DGCL, montrent
que l’Auvergne doit être réintégrée dans les Régions
qui bénéficient de la dotation
de péréquation, sauf que
cela n’est pas fait. Le Ministre pouvant
le faire est Monsieur
Marleix. Il est Auvergnat et ne l’a pas fait, mais il peut
encore le faire ! Notre budget 2009 sera donc en forte baisse, comme je l’ai déjà annoncé.
Cette baisse sera vraisemblablement supérieure à 10 M€, car nous avons un ajustement à réaliser entre 18 et 20 M€ avec la baisse de la délégation de fonds européens. Voilà la réalité.
On
peut
dire
que
l’Auvergne
prélève
dans
la
poche
du
contribuable des sommes faramineuses, mais je fais appel à l’intelligence
et
à
la
raison des Auvergnates et des Français : comment, si nous avions plus de recettes,
pourrions-nous dépenser moins ? Voilà une équation que je ne sais pas résoudre. Je le répète, nous dépenserons beaucoup
moins en 2009, environ 18 M€. Non, vous
ne résoudrez pas cette équation,
Monsieur Aulagnier ! Mesdames et Messieurs,
je
vous
le
dis
solennellement
: la responsabilité en revient à ceux
qui
nous gouvernent, et qui, depuis qu’ils sont
aux responsabilités, mènent délibérément en direction
des
collectivités
et
particulièrement
en
direction
des Conseils
régionaux,
une
politique
d’asphyxie, d’étranglement, tant au niveau financier que politique. L’espoir du Gouvernement – d’ailleurs, à l’intérieur du Gouvernement, certaines personnes ne s’en
cachent
même
pas – est
d’effacer
ainsi
le
rôle
politique et dynamique de nos
collectivités, de les rendre impopulaires, espérant par là même reprendre à la Gauche, lors des
prochains scrutins, une bonne partie des Régions. C’est une approche
politicienne faisant passer les
intérêts
partisans
avant l’intérêt général. Nous ne devons pas baisser la tête, mais au contraire maintenir le dynamisme
que
nous
pouvons
à
travers
les
ressources
restantes
et
éclairer
nos
concitoyens sur la réalité. Car qu’en est-il réellement ? On est loin de ce qui peut être affirmé sur la part de responsabilité qui incomberait
aux
collectivités
dans
l’état
des
finances de la France selon lequel les déficits publics leur sont dus. Les collectivités contribuent à hauteur de 75 %
à
l’investissement public français. Elles ont par
ailleurs
une
obligation d’équilibre budgétaire, les déficits budgétaires leur sont interdits. Tous les spécialistes indiquent
que
dans
le
déficit
de
la
nation, les collectivités pèsent au
maximum pour 11 %. Les collectivités n’ont
donc
pas
à
assumer
les
conséquences
des
errements
d’un pouvoir qui ignore l’intérêt général au profit d’intérêts privés. Une modernisation efficace de l’État – et nous en avons besoin – devrait au contraire,
comme cela est le
cas en
Allemagne, Italie et
en Espagne, passer
par des collectivités aux
compétences claires, avec des moyens financiers adaptés Aujourd'hui, c’est le Fonds de Compensation pour la TVA (FCTVA) qui est visé. Le Gouvernement l’intègre dans
l’enveloppe des dotations 2009, avant sa suppression programmée en 2010. Autrement dit, chaque nouvel investissement
financé par une collectivité locale (et donc par les impôts locaux) sera taxé à 19,6 % et cette TVA ira directement dans les caisses
de l’État. Une fois encore, ce principe est celui de la double peine qui se met en action ;
cette fois, c’est la double peine fiscale
du contribuable local qui vient d’être inventée
! J’ai reçu hier un mail de l’ensemble des associations
d’élus, y compris l’Association
des Maires de France, pourtant peu
suspecte d’être à Gauche,
l’Association
des
Régions de France (ARF), l’Assemblée des Communautés de France, l’Association des Départements, ce qui compte pour protester
auprès
du
Gouvernement
contre
l’intégration du fond de compensation de la TVA dès 2009 dans la dotation globale
et contre sa suppression demain. Si cette décision
de
suppression du remboursement
de
la
TVA
était
mise
en
œuvre, la seule alternative des
collectivités –
nous en sommes déjà là – serait
soit de réduire leurs
investissements, soit d'augmenter les impôts locaux, aggravant un peu plus encore les inégalités territoriales et fournissant aux élus UMP
des arguments pour stigmatiser une fois
de
plus
la
gestion
désastreuse
des
Conseils
régionaux ! La boucle politicienne est bouclée
! Tant pis pour l’avenir
du pays ! L’ensemble des associations d’élus s’est d’ailleurs érigé contre cette réforme et j’espère que la concertation s’engagera avec le
Gouvernement
pour
éviter
cette
catastrophe, car on ne peut pas réclamer
et mettre en œuvre cette réforme. Malgré ces difficultés, nous maintiendrons
le cap et lutterons pied à pied, car aujourd’hui, nous avons, nous aussi, des chiffres, des résultats
qui prouvent que nos
décisions, nos choix politiques vont dans le sens du dynamisme,
du développement de l’Auvergne et de l’attente de ses habitants. Nous agissons pour le développement économique et l’emploi.
Nous œuvrons pour soulager
les conséquences de la baisse du pouvoir d’achat. Nous seuls, nous ne pouvons pas rectifier
les
choses, mais contribuer efficacement à
ce
que
cette
baisse soit un peu moins difficile à supporter.
Nous préparons ce qui fera les succès
du futur ! Parmi les réussites, les investissements réalisés depuis deux ans à Vulcania, par
le Conseil régional, ont rempli leur objectif ! Pour la deuxième année consécutive,
malgré
la
crise,
le
parc
auvergnat
enregistre
une
nouvelle
hausse
de
fréquentation qui devrait
lui
permettre
dès
2008
d’atteindre
les
objectifs
fixés
pour
2009, c’est-à-dire 300 000 visiteurs.
On est toujours très loin des 600
000 espérés à la construction, que l’on ne verra jamais
parce que cela n’est d’ailleurs pas possible ! Nous agissons pour l’éducation et la formation
des jeunes. En cette période de
rentrée, comment ne pas évoquer
le
plan
de
rénovation
et
de
restructuration des établissements scolaires lancé en 2004 pour pallier les carences
du passé. Doté cette année
de
68 M€, au total et sur
quatre
exercices budgétaires, ce sont 240 M€ qui auront été consacrés aux travaux d’entretien et à la rénovation des
lycées, contre 30 M€ par an en moyenne sous la précédente mandature. Nous allons
poursuivre, car notre PPI – Plan Prévisionnel d’Investissement – est arrêté jusqu’en 2015 et la ligne budgétaire est également fixée, ce qui est la priorité. Elle ne sera pas
affectée, comme le chemin de fer avec 68 M€ par an. Dans une période
où
les
familles
souffrent,
rappelons que depuis 2005, le Conseil
régional apporte une aide directe
pour faire face aux dépenses
de scolarité et garantir
l'égalité des chances,
grâce à la gratuité des manuels scolaires
(pas tout à fait, mais presque) et premiers équipements pour les apprentis. En soulageant les dépenses des familles auvergnates de 3,5 M€ par an, qui ne
sont pas prélevés dans la poche des familles ayant des élèves scolarisés en CFA ou dans les lycées, nous agissons concrètement pour le pouvoir
d’achat ! Le Schéma régional d’apprentissage constitue
une
autre
preuve
de
notre
détermination à œuvrer pour la jeunesse.
Il est fondamental puisqu’il fixe le cadre, mais aussi la philosophie de nos collaborations à venir en matière d’apprentissage. C’est une compétence
majeure du Conseil régional d’Auvergne qui pèse à elle seule 40,23 M€ dans le budget primitif
2008
de
la
Formation
Tout au Long de la Vie (111,6 M€). L’apprentissage est une
voie d’excellence qui
offre un accès à
la vie
professionnelle, capable d’apporter
des
réponses
aux
attentes des entreprises et capable de répondre en partie au chômage des jeunes. L’avenir de l’Auvergne, c’est avec
les jeunes que nous le bâtirons ! Miser sur l’avenir,
c’est également miser
sur le développement de
nos territoires, de tous nos territoires, en tenant
compte
de
la
fragilité de ces derniers, afin de « donner plus à ceux qui ont le moins ». C’est une
vision très moderne fondée sur l’écoute et le dialogue avec celles et ceux qui les
vivent au quotidien. À
travers les 120 Contrats « Auvergne + » aujourd’hui signés, il est faux de dire
que l’on
ne
s’occupe
pas
des
Communautés de communes ou des
communes,
comme cela a été dit ce matin
sur une antenne de radio ; 1 296 projets aujourd’hui financés par la Région, dans les champs principaux
du développement territorial, de la politique de la ville, du tourisme, du développement économique, de la formation,
de la culture et du sport. Il ne s’agit là que des Contrats
« Auvergne + ». Nous avons
consacré trois fois plus de moyens financiers à ces contrats
que nos prédécesseurs.
L’évaluation est maintenant
faite et rendue. Vous aurez un compte rendu en séance. Vous verrez ce que rapporte le
Cabinet Ethéis qui a fait l’évaluation. Enfin, s’il est
un
domaine
sur
lequel
nous
pouvons dire
« Pari pour l’avenir gagné », c’est
bien celui de l’aménagement numérique de notre territoire. Fin 2008, le déploiement du haut débit, dans le cadre du périmètre PPP – Partenaire Public Privé –, sera terminé sur l’ensemble de la région
avec trois mois d’avance. France Télécom aura du retard sur la partie qui lui incombe, mais pour ce qui est du PPP, ce
sera fini à Noël avec trois mois d’avance. Nous n’allons pas en rester là, puisque dès le mois d’octobre, avec les quatre
Conseils généraux, nous nous sommes mis d’accord : ceux qui ne peuvent pas être couverts par l’ADSL le seront, s’ils
le souhaitent, par satellite, avec un financement pris à parité en charge par la Région
et les quatre Conseils généraux. Il ne coûtera
aux citoyens que la connexion de leur
fournisseur
d’accès
comme s’ils avaient l’ADSL à portée. Nous sommes très en avance sur le
chantier
du
très
haut
débit : un rapport d’étape en
novembre
et
un
rapport
définitif
en
mars
nous
permettront
de
voir
les
avancées avec les quatre Conseils généraux et les six agglomérations. L’aménagement numérique, c’est aussi nos
60 points
visio public (PVP) déployés à travers
toute l’Auvergne, de plus en plus utilisés
par les Auvergnates et les Auvergnats.
En 2007, 2 700 entretiens – alors qu’il n’y avait pas 60 PVP – ont été
faits par ces PVP et maintenant, ce sont les Chambres
de Commerce et d’Industrie
qui nous demandent de venir apporter leurs services sur ces points. Nous répondons
positivement, ce que nous faisons
également
pour
l’État
et
des
organismes pour lesquels cela pose plus de problèmes, comme EDF, à qui
nous
répondrons
positivement. Pour ce qui concerne le service non marchand de l’information, il n’est
pas question que l’on fasse du commerce, de vendre de l’électricité, sur
nos PVP. Il y a tellement de demandes
que
nous
serons
obligés
de
prolonger
le
programme et cet aménagement numérique est
exemplaire
et
symbolique
de
l’Auvergne qui innove et qui montre le chemin. Nous sommes aussi
en
première
ligne
dans
le
combat
pour
les
transports
ferroviaires. Sur le TGV, notre action de
lobbying
a
abouti
à
la
signature
de
notre
pétition par 85 000 citoyens.
Nous venons d’être récompensés par le premier prix CB News pour cette campagne jugée exemplaire
au niveau national. Le combat engagé depuis 18 mois pour un plan spécial rail est aussi sur le point de
réussir.
Ce
n’est
pas
fait,
mais
le
Préfet a reçu un mandat pour négocier
un
avenant au Contrat de projets
État-Région.
À
ce
jour,
il
ignore cependant quelle somme l’État et RFF pourront apporter. Il devrait le savoir cette semaine. D’ici la fin du mois,
ce montant devrait
être connu et nous saurons alors
si les conditions de
la
négociation
sont acceptables.
À
moins
de
250 M€, alors qu’il en
faudrait 590 M€ pour remettre totalement le réseau à niveau, programmé
d’ici 2013, ce ne serait pas un marché acceptable. Par ailleurs, la
proposition d’abaisser les
coûts de péage, si la Région intervenait sur
les
voies,
est
en
train
d’être
examinée ! C’est notamment une
demande expresse de l’ARF qui répond à une consultation de RFF et de l’État sur la réforme des péages ferroviaires ! Pourtant, cette proposition formulée
en votre nom en février
a
été
moquée
sur
les
bancs
de
la
Droite
de
cette
Assemblée.
Monsieur
Proriol s’est abondamment moqué du Président de la
Région et voilà que cela
devient la doctrine officielle. Nous gagnerons la bataille du rail, aussi bien pour la remise à niveau du TER,
que pour
la
croix
à
grande
vitesse
avec
le
Paris/Clermont/Lyon et Transline (Atlantique/Poitiers/Limoges/Clermont/Lyon), grâce à
notre pugnacité. Nous gagnerons parce que nous sommes en phase avec les attentes des Auvergnats. C’est cela l’essentiel, mais le combat sera encore long, très long. Il n’y aura pas,
à mon
avis,
une
Session du Conseil
régional
où
nous
n’aborderons pas ce
sujet
pendant plusieurs mois. À côté du
plan
rail,
nous
négocions
avec
la
SNCF
le
renouvellement
de
la
convention de gestion du TER. Cette négociation est très mal engagée. Elle illustre
parfaitement l’absence de toute politique
d’aménagement du territoire dans ce pays, l’absence de toute notion de péréquation. Les péages vont être modulés en fonction
du nombre de trains qui passent dessus ! Faibles
en Île-de-France, très élevés en
Auvergne ! L’augmentation moyenne
est de + 3 %. Alors, je vous
le
dis : il est peu
probable
que
nous
puissions
signer
un
renouvellement de convention avec la SNCF au 1er janvier. Celle-ci,
en effet, nous demande, à périmètre constant, 14 M€ sur 79 M€ de plus sans service
supplémentaire, sans rien faire, ou la suppression
du
quart
de
nos
services
ferroviaires, - 25 % de services. J’ai déjà exprimé
aux
dirigeants
nationaux
de
la
SNCF – le
Directeur régional fait ce qu’il peut et je ne lui en veux pas, c’est un homme très courtois
et compétent, il applique les directives – notre désaccord total.
C’est durant le mois d’octobre que nous entrerons dans le vif du sujet. C’est une curieuse période que nous
vivons : oubliée l’époque où l’aménagement du territoire
était considéré comme une ardente obligation ! Plan spécial rail, péage, TGV, l’État « fait la manche »
et demande aux Régions
de le subventionner
et tous les jours cela se passe comme cela. Je pourrais ajouter d’ailleurs la fièvre catarrhale. Dans tous les domaines, on constate aujourd’hui que plus
on est pauvre, plus on doit payer. C’est vrai
pour les individus, c’est vrai pour les territoires. Je terminerai en appelant
de mes vœux une vraie
modernisation de l’État,
car encore une fois, elle est
nécessaire ! Il faut donner aux Régions un rôle et des moyens en rapport avec leurs compétences, comme
en Allemagne. Nous accueillerons dans deux jours un représentant du Bade-Wurtemberg,
afin qu’il nous explique comment on gère en Allemagne la régionalisation
de la Politique Agricole
Commune ainsi qu’un représentant de la Toscane
et de la Catalogne. Vous verrez
combien la France est à la traîne dans la régionalisation de la politique
agricole en l’occurrence, mais
aussi
dans
l’ensemble
des
politiques
et
dans
l’organisation du territoire. Il faut, en tirant les conséquences de la crise financière mondiale, se rappeler
que le marché et la libre concurrence ne peuvent pas tout régler.
Nous avons besoin d’un État fort,
juste,
sachant,
comme
nous
le
faisons
en
Auvergne
avec
nos
territoires, « donner plus à ceux qui ont le moins
», parce que le développement doit favoriser la cohésion de la société et qu’il n’y a pas de cohésion quand les écarts se
creusent entre riches et pauvres, individus ou territoires. Je vous remercie.
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