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Interventions
des élus du groupe
socialiste

du  Conseil  régional  d'Auvergne

 

Session du 24 juin 2008
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Intervention de Monsieur Jean Mallot,  
Président du groupe socialiste

Monsieur  le  Président,  mes  chers  collègues,  cette  Session s’ouvre  une  nouvelle  fois  avec  un  ordre  du  jour  assez dense.  Nous  traiterons  du passé  récent  avec  la  présentation  des  comptes  administratif  et  de  gestion 2007. Nous traiterons du présent avec la DM1 et du futur avec des schémas prospectifs qui guideront  notre  action  pour  les  années 2008  à  2013,  schémas  prospectifs  qui contiennent  nombre  d’orientations  d’une  importance  capitale  pour  les générations auvergnates qui se succèdent et se succéderont dans nos lycées, dans les bassins de vie qui composent notre territoire.
C’est
notre responsabilité : préparer notamment les conditions matérielles de la réussite des lycéens, des stagiaires de la formation professionnelle ou des actifs dont nous avons la charge. Il reste que cette projection dans l’avenir s'inscrit dans un contexte national et international que nous subissons et dont nous ne saurions faire abstraction. Ce contexte contraint financièrement nos marges d'actions, coincés que nous sommes entre, d'une part, le coût des transferts non compensés par l’État, une asphyxie  financière  savamment  orchestrée  par  le  Gouvernement  Fillon  et,  d’autre part, notre volonté de ne pas peser davantage sur les contribuables régionaux.

Le
 diagnostic  est  connu  et  les  responsables  reconnus  comme  tels  par  les Français  qui  ne  comprennent  pas  pourquoi le  Gouvernement  Fillon  supprime  la dotation de péréquation de 13 M€ que percevait notre Région.

Pourquoi
il met fin au pacte de croissance pour notre collectivité et la prive de 3 M€ supplémentaires, et pourquoi il plafonne le rendement de la taxe professionnelle,  ce  qui  grève  nos  recettes  de  14 M€.  Le  total  de  cette  ponction s’élève  donc, Monsieur  Aulagnier,  à  30 M€,  soit  près  de  50  points  de  fiscalité régionale.

Avouons
 que  tout  gestionnaire  victime  d’un  tel  acharnement serait tenté de baisser les bras, mais notre majorité ne cède pas à l’abattement, au contraire, et les actions que nous lançons, les investissements que nous réalisons et les schémas prospectifs que nous adoptons sont autant de preuves de notre volonté et de notre capacité à aller de l'avant. Dautant que nous nous sentons soutenus et approuvés  par  les  Auvergnats.  La  dernière  illustration  de  ce  soutien  étant  les 80 000 signatures obtenues en quelques semaines par la tition du Conseil régional pour  que  le  Gouvernement  inscrive  la  liaison Paris   Auvergne  dans  son  plan  de développement de lignes à grande vitesse.

C’est
 la  preuve  que  la  mobilisation  peut  être  parfois  utile  pour  réparer  les injustices faites à l'Auvergne. Les habitants de notre région     ont répondu favorablement  et  massivement  à  notre  invitation  et  nous  ne  pouvons  que  nous féliciter de ce soutien et de leur intérêt pour ce projet capital. Néanmoins la vigilance s'impose, car le projet de loi du Ministre de l'Écologie, de l’Énergie, du Développement durable, de l’Aménagement du territoire ne fait apparaître ce projet qu’en termes imprécis à son chapitre 3, article 11, grand 3, alinéa 3, « un programme supplémentaire de 2 500 kilomètres sera défini dans une perspective de long terme incluant notamment la mise à l'étude de la ligne Paris-Clermont-Ferrand. ». 
Reconnai
ssez que l’imprécision de ce rajout de dernière minute ne peut nous satisfaire  en  l'état  et  qu’il  nécessite  l’adoption unanime  par  notre  Assemblée   je l'espère du vœu que le groupe Socialiste vous propose aujourd'hui. Ce vœu porte sur le  calendrier  et  sur  le  financement.  Autant  d'éléments  qui,  quand  ils  seront connus, apporteront des garanties nécessaires à la réalisation effective de la ligne à grande vitesse Paris-Clermont.
Cette
inscription par le Gouvernement doit être confirmée et précisée dans  le projet  de  loi  discuté  à  l'automne.  Nous  ne  devons  considérer  cette  annonce  que comme  une  première  étape.  La  vigilance  des  80 000 signataires  et  de  nombreux autres  à  venir  s’impose  pour  parvenir  à  une  concrétisation  de  cette  infrastructure indispensable  avec  un  tracé,  un  calendrier  précis,  une  évaluation  du  coût  et l'engagement financier ferme des parties prenantes avec une modulation de la part revenant aux collectivités locales selon leur richesse.

Ce
n'est que lorsque toutes ces conditions seront remplies que nous pourrons considérer  que  la  mobilisation  aura  permis  de  gagner  ce  combat  au  bénéfice  des quatre départements de l'Auvergne.

Cette
 réaction  exemplaire  de  nos  concitoyens  est  révélatrice  de  l’attitude  que
les Français doivent systématiquement adopter face à ce Gouvernement de droite. Il est en effet patent que celui-ci est totalement hermétique à la négociation, à l’écoute, au compromis, ce qui engendre inévitablement des conflits permanents s’exercent des rapports de force. Nous le constatons pour les salariés, régulièrement obligés de descendre dans la rue pour faire entendre leurs revendications, rejeter la précarité généralisée ou défendre l’existence même d’un droit du travail. Nous le constatons pour les pêcheurs, les agriculteurs, pour les professionnels du transport écrasés par la   flambée   du   prix   du   carburant,   professionnels   excédés   qui   multiplient   les manifestations pour pouvoir simplement exercer leur métier. Nous le constatons pour  les fonctionnaires à qui le Gouvernement inflige des saignées dans les effectifs, alors que les besoins de service public demeurent immenses.
Nous
le constatons pour les cheminots  qui  s’invitent  au  Grenelle  de  l’Environnement,  afin  de  dire  combien  est incompréhensible  le  déclin  du  fret  ferroviaire  décrété  par  ce  Gouvernement,  alors que ce mode de transport s’affirme comme le plus approprié pour que la France et l’Europe atteignent leur objectif de réduction des émissions de CO2 et diminuent les importations énergétiques.

Nous
le constatons pour les retraités, les consommateurs, les professionnels de la culture, de l’audiovisuel, les petits commerçants, que la future loi de modernisation  de l’économie va sacrifier sur l'autel des intérêts de la grande distribution dans un contexte d'augmentation continue de leurs charges.

J’ajouterai
à ce concert de mécontentements, celui des élus de tous les bords confrontés par le Gouvernement à des transferts massifs de compétences, contraints par  des  pertes  de  recettes  injustifiées,  ou  placés  face  à  la  fin  programmée  de  la péréquation,  c’est-à-dire  de  la  correction  des  inégalités  entre  territoires  riches  et territoires pauvres.

Mes chers collègues, les
 Français et  notamment les Auvergnats sont mécontents.  Ce  mécontentement  va  grandissant  à mesure  que  s’accumulent  les trahisons des promesses de campagne présidentielle, à mesure qu’éclate peu à peu ce qui faisait le ciment de la cohésion nationale : la solidarité.

Face
   à   ce   vaste   mouvement   de   précarisation,   porteur   d’un   creusement grandissant   des   inégalités   encensé   par   le   Gouvernement   actuel      puisque Madame  Lagarde considère que l’existence d’inégalités dans la société en constitue
le  moteur  –,  que  peuvent  faire  les  collectivités  locales  comme  la  nôtre,  si  ce  n’est tenter de limiter les dégâts ?
D’abord,
en aidant les territoires, à partir d’une politique d’aide différenciée qui vise à donner plus à ceux qui ont le moins.  
C’est
ce que nous faisons au quotidien sous   la   responsabilité   de   notre   Vice-Président,   Monsieur   Guerre.   Ensuite,  en soulageant  le  porte-monnaie  des  familles,  par  la  gratuité  des  livres  scolaires  pour
43 000   lycéens,   par   l’aide   à   l'équipement   pour   12 500   apprentis   et   lycéens professionnels, par le versement d’une aide hébergement restauration et transport de 600 pour 9 000 apprentis, par le versement d’une aide moyenne de 2 000 € pour  4 000 stagiaires  de  la formation  professionnelle  continue,  par  le  versement  d’une aide moyenne de 2 700 € pour chacun des 800 boursiers de formation sanitaire et sociale, par l’attribution à 3 700 étudiants du bénéfice des réductions sur les billets de train, par l’octroi à plus de 1 500 étudiants d’une aide de 500 € pour des séjours à l’étranger,  par  le  financement  de  130  emplois  temps  plein et  de  300  aides  au financement de brevet d’animateur, etc...
La
solidarité de la Région Auvergne s'exerce à l’égard de nos territoires comme de nos concitoyens. Cette énumération permet de le démontrer.

Comment,
dans un tel contexte, tolérer plus longtemps les attaques incessantes de  ceux  qui  soutiennent  l'action  du Gouvernement  actuel,  c'est-à-dire  la  baisse  du pouvoir  d'achat,  l’écrasement  des  plus  faibles,  la  mise  en  lambeau  de la  cohésion sociale et territoriale, la création du bouclier fiscal pour les plus fortunés, la mise en œuvre  des  franchises médicales,  etc. ?  Comment  tolérer  que  les  mêmes  tentent d'abuser les Français, et singulièrement les Auvergnats, en présentant un pseudo- livre  noir  sur  les  Régions  françaises,  livre  noir  qui  accuse  les  Régions  de  tous  les maux, les rend responsables de la situation catastrophique dans laquelle la politique de Monsieur Sarkozy a plongé la France.

Si
 livre  noir  il  y  a,  c’est  bien  sûr  l’action  de  celui-ci  qu'il  devrait  porter  en n’omettant  pas  de mentionner  l'augmentation  considérable  du  budget  de  l'Élysée depuis  l'année   Monsieur  Sarkozy  est  entré  en fonction.  Ce  sont  pourtant  des ministres auvergnats qui se trouvent à la pointe de cette attaque contre les Régions, qui  font inscrire  dans  ce  livre  des  chiffres  inexacts,  farfelus,  qui  donnent  de  leur région  une  image  caricaturale  propre  à  la desservir,  sinon  à  la  discréditer  pour longtemps. Cette posture de caricature  pour  décrire  l’Auvergne  ne  grandit  pas  ses auteurs,  principalement  ceux  qui  oublient  quelles  étaient  leurs  responsabilités  en 2004, pour l’un, Premier Vice-Président, Monsieur Proriol, pour l'autre, Président de la Commission des Finances, Monsieur Hortefeux.

Je
n'ai pas souvenir que ni l'un ni l'autre se soient opposés à l’époque, à une politique qui a abouti à faire de l’Auvergne, la Région la plus endettée de France, qui a abouti à créer une Auvergne à plusieurs vitesses concentrant en un seul point les investissements  pharaoniques  et  qualifiant  le  Cantal,  la  Haute-Loire  et  l’Allier  de petits départements périphériques.

À
propos de l’endettement, il serait bon que Monsieur Proriol se souvienne de cette époque pour réaliser ses fameux grands projets, la majorité de droite de ce moment empruntait à tour de bras, sans se donner, à aucun moment, le moyen de rembourser ses emprunts, puisqu’il aurait fallu augmenter l’impôt.

Or, sa configuration
 politique  de  l'époque  faisait  que  cette  majorité  de  droite  était  dans  la main du Front national, lequel s’opposait  à  l’augmentation  de  la  fiscalité.  Bien  sûr, Monsieur  Proriol,  à  chaque  Session  budgétaire,  montait  les marches  pour  aller négocier avec ses compères.

En
effet, Monsieur le Président, mes chers collègues, nous avons changé tout cela. Aucun territoire jusqu’au plus reculé d’Auvergne ne se voit désormais privé de la solidarité régionale. Le mépris n’est plus de mise.

Effectivement,
nous prélevons 115 M€ d’impôt local régional, essentiellement sur les entreprises et les propriétaires, mais ce sont bien 450 M€ de programmes régionaux que nous réinjectons sur notre territoire pour irriguer l’économie de l’ensemble des Pays sans exclusive.

Le
 Conseil  régional  apporte  plus  qu'il  ne  prélève.  Notre  majorité  a  rétabli l’ambition d’une Auvergne moderne, solidaire, se livrent les grands combats pour l’avenir, comme celui de l’Auvergne numérique, de l’Auvergne à la croisée des lignes à grande vitesse, de l'Auvergne de l’accueil de populations nouvelles, de l’Auvergne dotée de lycées rénovés exemplairement équipés, de l’Auvergne de la formation tout au  long  de  la  vie.  Nous  le  faisons  parce  c’est  utile,  mais  aussi  parce  que vous, Mesdames et Messieurs de l’UPA/UMP, vous ne l'avez pas entrepris avant nous.

Nous
vous laissons à vos regrets, à votre nostalgie de l’immobilisme, mais de grâce, soutenez donc l’Auvergne plutôt que de la dénigrer. C’est ce qu’attendent de vous les habitants de la région. Faites-le en pesant sur vos amis du Gouvernement pour nous aider à gagner les combats que je viens d’évoquer, mais aussi celui de la rénovation des voies ferrées existantes.

Faites-le
aussi en empêchant Monsieur Borloo d’écarter le projet B2C2   de   Commentry,   en   nous   expliquant   aussi   sur  quels   critères,   en   vous investissant personnellement dans les COTEF nous en reparlerons plus tard –, en obtenant   que  Messieurs   Barnier   et   Sarkozy   protègent   nos   éleveurs   et   nos productions, soucis de qualité dans le cadre de la réforme de la PAC. Faites-le enfin
en  obtenant  de  Monsieur  Sarkozy,  le  maintien  de  nos  unités  et  bases  de  défense nationale, notamment celle de Varennes. Un vœu nous permettra d’en débattre en fin de Session.
Comme
vous le constatez, les combats ne manquent pas, tellement plus utiles que les critiques ou artifices politiciens auxquels certains d’entre vous aiment à se livrer.

Étudions
notre projet de Schéma prévisionnel des formations. Vous connaissez nos obligations en matière d’entretien, de rénovation et de construction des lycées. Vous connaissez aussi l'état du patrimoine de ces lycées tel que nous l’avons trouvé en avril 2004. Certes, il y avait des ambitions dans le PPI adopté en 2000, mais les crédits  inscrits  annuellement  s’élevaient  à  37 M€  alors  que  la  réalisation  des ambitions fixées aurait nécessité le double.

Il
y avait loin de l’affichage à la réalité de l’action. Les priorités étaient ailleurs, sur les grands projets du Président de l’époque. L’abandon des lycées n’amena pas les   réactions   nécessaires   de   son   premier   Vice-Président   ni   de   celui   de   la Commission  des  Finances.
 
C’est
  pourquoi  depuis  2004,  notre  majorité  tente  de rattraper les retards avec des inscriptions annuelles de 68 M€ pour les travaux dans les lycées.

Nous
avons tenu ce cap et nous v ous  proposons de le poursuivre pour les six  ans  à  venir  en  maintenant  le  niveau  des 68 M€  annuels,  afin  de  réaliser  les objectifs de notre nouveau PPI.

Quatre
grandes options guident ce Schéma : assurer la sécurité maximale des élèves et des personnels, renforcer les investissements qui s’inscrivent dans un réel projet  d’établissement,  poursuivre  l'entretien  des  structures  d’hébergement  et de restauration, aménager de nouveaux locaux spécialisés à vocation pédagogique. La liste des lycées qui seront concernés par ce Schéma pluriannuel est longue. À vrai dire,  les  70  lycées  publics  de  nos  quatre  départements  avec,  pour certains, des  opérations  de  rénovation  lourde,  pour   d’autres,  des  travaux  d’extension  ou  de modernisation avec l’achèvement et l’ouverture du lycée de Riom, avec, enfin, pour l’intégralité   des   établissements,   un   ambitieux   programme   d'amélioration  de   la   performance  énergétique.  Si  l'on  rajoute  les   efforts  prévus   pour   l’accessibilité  aux lycéens  en  situation   de handicap, voilà notre région dotée pour six ans des ambitions
et des moyens de faire de nos lycées, des établissements exemplaires.
Arrêtons-nous
sur un autre dossier de cette Session pour analyser la réalité de notre action : le compte administratif et les comptes de gestion 2007. Une réalisation du budget à hauteur de 96,66 % en dépenses et de 97,4 % en recettes. Du jamais vu,  Monsieur  Aulagnier !  Une  mobilisation  d’emprunt  à  hauteur  de  79,78 %  et  la volonté de maîtriser la dette. Monsieur Aulagnier, un autofinancement qui s'élève à 116,4 M€ en 2007 contre seulement 90 M€ en 2006 : amélioration ! Le CESR, qui ne craint pas de faire de la peine à Messieurs Proriol et Hortefeux, va jusqu’à parler de bonne gestion.

Il
 est  vrai  que  Monsieur  Hortefeux  n'a  pas  le  temps  d’examiner  de  près  la gestion du Conseil régional lorsqu'il se trouve dans notre région, tout occupé qu’il est à  sa  précampagne  électorale.  Pendant  que  son  ami  Monsieur  Marleix calcule  le mode  de  scrutin  qui  pourrait  lui  être  le  plus  favorable,  Monsieur  Hortefeux  visite, inaugure  et  distribue  des médailles.  Il  couvre  l'Auvergne,  ses  entreprises,  ses paysages. Il a des loisirs, ses attributions ministérielles lui en laissent. Si par hasard, entre  deux  séances  de  photos,  il  rencontrait  quelques  simples  citoyens,  peut-être pourrait-il  leur expliquer  la  RGPP  (Révision  générale  des  politiques  publiques  que certains  appellent  Rigueur  générale  pour  le peuple).  Sous  couvert  de  réaliser  des  économies, la RGPP est une machine à truire le service public, mise en route par le Gouvernement, auquel Monsieur Hortefeux appartient.

Nous
avons vu les faits sur la carte judiciaire, nous nous attendons à la réforme de la carte hospitalière, mais pour le moment, la carte militaire se trouve sur la table d’opération  avec  cet  avertissement :  « La  Défense  n'a  pas  à  prendre  en  compte l'aménagement du territoire » dixit le Président de la République.

Entre
deux coupages de ruban, Monsieur Hortefeux pourra également faire la promotion  du  forfait  que  s’apprête  à  accomplir  son  collègue  Monsieur  Bertrand, lequel,  après  avoir  fait  mine  de  jouer  le  jeu  de  la  négociation  sociale  sur la représentativité syndicale, trahit ses partenaires et veut mettre en place un dispositif qui renverra au niveau de chaque entreprise, la négociation sur le temps de travail, la rémunération des heures supplémentaires, remettra en cause le repos compensateur et organisera un dumping social généralisé.

Sur
 le  plan  de  la  négociation,  de  la  concertation,  de  la  loyauté,  l’attitude  du Conseil régional d'Auvergne tranche nettement avec celle du Gouvernement Fillon, comme  sur  la  contractualisation  avec  les  territoires  qui,  après  les  mouvements engendrés par les renouvellements des Conseils municipaux ou celui des Conseils généraux, poursuit son chemin pour concrétiser les projets de développement local.

Je
 tiens  à  saluer  le  nouvel  exécutif  du  Conseil  général  de  l’Allier,  avec  qui  je crois pouvoir dire que nous entamons un partenariat très constructif dans le respect des  prérogatives  de  chacun.  J'ai  parlé  du  nouvel  exécutif.  Avec  l'Allier,  il  y  a manifestement une inflexion positive.

Je
terminerai mon propos en évoquant le mouvement d’ouverture de l’Auvergne que nous avons impulsé. La réussite de la deuxième Université européenne d'accueil de populations nouvelles qui s’est tenue la semaine dernière à Clermont-Ferrand en est  une  bonne  illustration.  On  peut  simplement  regretter  que  notre  collègue  de l’UMP/UPA n’ait pas jugé utile d’y participer. Il n’est pas UMP, il affirme être MODEM.

On
 y  a  parlé  de  migration  naturelle  et  on  y  a  appris  que  les  pays  les  plus ouverts aux politiques d’accueil tels l'Espagne pour l’Europe connaissent les taux
de croissance les plus élevés et les résultats économiques les meilleurs. Dites-le à Monsieur Hortefeux qui nous a quittés pour quelques minutes.
Mesdames,
   Messieurs,   mes   chers   collègues,   notre   région   s’ouvre   vers l’extérieur.  Elle  souhaite  accueillir  des actifs  et  des  entrepreneurs,  elle  investit  et prépare l’avenir sur les compétences qui sont les siennes. Cela va dans le sens du mouvement  et  du  progrès  avec  l’ambition  de  donner  à  l'Auvergne  la  place  qu'elle mérite  dans  le  concert  des Régions  européennes.  Cette  ambition  est  celle  de  la majorité du Conseil régional d'Auvergne et je souhaite pour ma part que toutes les bonnes volontés s’y associent. Je vous remercie.

Session du 24 juin 2008
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Intervention de Monsieur René Souchon,  
Président du Conseil régional d'Auvergne,  
 
Mes  chers  collègues,  notre  Session  s'ouvre  à  la  veille d’une  période  qui  est  traditionnellement  synonyme  de  vacances  et  de  détente. Toutefois, je n'oublie pas que l'été n'offre pas de trêve à ceux de nos concitoyens qui sont confrontés à la vie chère, au chômage, à la précarité.
Il
y a tout juste un an, devant cette Assemblée, j'affirmais avoir la plus grande inquiétude  pour  l’avenir  des  Français,  surtout  pour  les  plus  modestes  d'entre  eux. Ces  derniers  ont  bien  vu  depuis,  qu’en  dépit  des  promesses  présidentielles,  tout n'est pas devenu possible, loin de là.

L'inflation
 a  atteint   ce  qui  va  poser  des  problèmes  pour  nos  propres comptes 3,3 % en un an. Du jamais vu depuis 20 ans ! À cela s'ajoutent le pouvoir d'achat en berne, le recul sur les retraites, le recul en matière d'accès universel à la santé  avec  les  franchises  médicales,  ou  encore  la  mise  en  place  d'une  solidarité entre  personnes  modestes,  puisque  nous  allons  prendre  à  ceux  qui  perçoivent  la prime  pour  l’emploi,  pour  redistribuer  à  ceux  qui  sont  encore  plus  modestes  via  le RSA (réseau de solidarité active).

Solidarité,
 État  providence,  aménagement  du  territoire  semblent  devenus  de lointains  souvenirs  pour  nos  concitoyens.  Derrière  le  sempiternel  discours  de  la réforme, nous trouvons les injustices sociales, fiscales et territoriales qui ne cessent de croître.

Un
   bel   exemple   de   ces   injustices   est   constitué   par   ces   150   Français millionnaires   totalement   exonérés   de  l'impôt   sur   le   revenu.   Alors   pour   eux, effectivement, tout est devenu possible ! Tout est également devenu possible pour les  125  contribuables  auvergnats  qui  viennent  de  se  voir  restituer  par  le  Trésor 2 710 000 €. Merci le bouclier fiscal !

Je
souhaitais évoquer ce contexte national en préambule, car depuis quelques semaines le Gouvernement, les ministres auvergnats en particulier ont pris pour cible les collectivités locales. Je pense notamment à un certain « livre noir ». On essaie, aux  yeux  de  l’opinion,  de  nous  rendre  responsables  de  la  plupart  des  maux  qui affectent les Français.

Je
regrette cette posture politicienne qui n’honore pas ceux qui s'en servent et qui nous le constatons bien sont déjà dans le temps de la campagne électorale, au lieu d'être dans l'action en faveur des Auvergnats.

On
 peut  ne  pas  être  d’accord  sur  le  fond  ou  sur  les  projets  que  nous présentons,  c'est  la  règle  de  la  démocratie. C'est  le  droit  le  plus  strict  de  toute opposition, mais que des responsables s'abaissent à de la calomnie, à de la basse politique en assénant des contrevérités continuellement et sans la moindre honnêteté intellectuelle, je trouve cela affligeant pour la démocratie.

Je
 signale  à  Monsieur  Hortefeux  que  je  n’ai  jamais  tenu  de  conférence  de presse à la gare de Lyon, ni à proximité dans un quelconque restaurant, bien qu’il se soit répandu sur les ondes télévisuelles pour l’annoncer. J’ai été invité une fois au Train Bleu, il y a une trentaine d'années, et n’y suis jamais retourné depuis.

Répandre
 des  mensonges  n'est  pas  la  conception  que  j'ai  du  rôle  qui  est  le nôtre au service des citoyens et de l’intérêt général, dans le respect de l’autre et des règles éthiques les plus élémentaires.

C'est
sur ces deux fondements que j’en appelle à un travail collectif plus positif. Les collectivités régionales sont  devenues des laboratoires d'idées et d'expérimentations   se  réinventent  la   solidarité,  la  cohésion  sociale,   de nombreuses politiques  novatrices  sont  élaborées  alliant  efficacité  économique  et justice sociale.

Pourquoi
si ce n'est à de pures fins politiciennes et électoralistes s'acharner à  détruire,  alors  que  les  citoyens  attendent  de  nous  que  l'on  construise  ensemble l'Auvergne de demain ? Ce travail collectif ne peut se faire dans le dénigrement. Il suppose  du  courage.  Le  courage  de  ne  pas  considérer  l'autre  systématiquement comme un adversaire et de l’envisager comme un partenaire.

Ce
courage, comme le disait Jaurès, doit aussi pousser à chercher la vérité et à la dire. Un vrai responsable politique se doit de dire la vérité et pas de la travestir. Sur la question du train de vie ou des frais de fonctionnement par exemple, quand la Région  Auvergne  crée  des  emplois  au  siège  pour  gérer  les  nouvelles  missions dévolues  par  la  décentralisation,  pour  favoriser  les  politiques  de  projet  exigeantes, pour  l'équipement  numérique  de  nos  territoires   nous  sommes  en  pointe,  pour évaluer nos politiques qui ne l’avaient jamais été, quand nos dépenses de personnel du siège, par rapport aux dépenses totales, passent de 1,93 % en 2004 à 2,39 % en 2008   soit  une  progression  modérée  de  moins  d'un  demi-point  en  quatre  ans  –, l'opposition n'a pas de mots assez durs, alors que nous faisons sur ce point, mieux que  toutes  les  Régions  (la  Région  Alsace  comprise,  pourtant  présidée  par  un  élu UMP).

Quand
la Région Alsace consacre 270 000 € chaque année pour acheter des espaces publicitaires dans  Les Dernières Nouvelles d'Alsace, dans l'hebdomadaire l'Alsace et le Journal des Entreprises, quand le Gouvernement s'offre pour 4,5 M€ de spots publicitaires sur TF1, la presse nationale et la PQR pour vanter ses succès sur le  pouvoir  d'achat,  les  élus  UMP  approuvent.  En  revanche,  si  la  Région  Auvergne achète en 2007, 150 000 € de pages dans La Montagne et les autres quotidiens, soit 120 000 de moins que la Région Alsace, cela devient scandaleux.

Voilà
 l’écran  de  fumée  que  certains  essaient  de  produire  pour  camoufler  les conséquences  d’une  politique gouvernementale  qui  creuse  les  inégalités  ou  de  la politique régionale pratiquée pendant dix-huit ans et condamnée en 2004. C’est un peu tard pour en vanter les bien-fondés. Cette situation me rappelle une phrase du contre-révolutionnaire, le Marquis Antoine de Rivarol qui déclarait :
« Cest un terrible avantage que de n'avoir rien fait, mais il ne faut pas en abuser. »
Terrible
 avantage  en  effet,  car  pendant  que  de  livre  noir  en  livre  noir,  les attaques se suivent et se ressemblent, la Région Auvergne avance, innove, change d'image.  Il  suffit  de  constater  le  succès  de  l'Université  d'accueil  de  nouvelles populations pour s’en convaincre. Ce succès a dépassé toutes nos attentes et nos espérances avec plus de 1 000 personnes présentes.

Sur
 ces  points,  la  rupture  que  nous  impulsons  est  nette.  Nous  travaillons d'arrache-pied  dans  un  contexte  budgétaire difficile  et  très  contraint.  Nous  avons perdu la dotation de réquation de l'État sans que cela n'émeuve, ni le Secrétaire d'État aux collectivités locales, ni aucun des membres de la minorité régionale. Notre recette  fiscale  n'est  pas  dynamique  et nous  ne  sommes  pas  les  champions  du  « matraquage fiscal » que l’on décrit sournoisement.

J’ai
sous les yeux une feuille d'impôts locaux que j'ai sciemment choisie dans la Haute-Loire. J’ai tenu à la présenter pour extirper les contrevérités véhiculées sur la fiscalité régionale. Entre 2005 et 2007, cet habitant du Puy-en-Velay a vu augmenter sa taxe foncière ; le Département de Haute-Loire a augmenté les impôts de 5,98 % en 2006 puis de 7,69 % en 2007 et a donc grevé le budget de ce monsieur d'un total de 26 en deux ans, passant de 184 à 210 d'imposition. Dans le même temps, la Région Auvergne a certes augmenté l’impôt  de 27,69 % en 2007, mais elle n’aura augmenté  l'impôt  que  de  19 €  pour  cette  personne,  passant  de  64 €  à  83 €,  à comparer aux 210 € du Conseil général de la Haute-Loire. La preuve est irréfutable.

Les
valeurs relatives doivent être lues en rapport avec les valeurs  absolues,  et  elles  montrent  que  sur  100  prélevés,  la  Région  colte  8 €, l'État pour ses seuls frais administratifs  de prélèvement de l'impôt encaisse 7 €, le département 21 €, l'intercommunalité 18 et la commune 46 €. Par tranche de 100 € de taxes foncières, la Région prélève à peine 1 € de plus que l'État pour ses seuls frais administratifs de gestion.

Je
 trouve  le  plus  grand  intérêt  que  lors  de  la  Session  du  Conseil  général  de Haute-Loire, les élus se soient alarmés du désengagement de l’État qui les pénalise cette année de 2 M€ en plus de 16 M€ non compensés pour l’APPA. Comme quoi le désengagement de l'État n'est pas qu'une vue de l'esprit des élus de gauche, mais bel et bien une réalité pour tous. Je remarque d’ailleurs avec intérêt que le Président du  Conseil  général  de  Haute-Loire,  Monsieur  Roche,  dénonce  ce  phénomène  à chaque Session.  
Pour
 revenir  au  contexte  budgétaire  resserré  de  notre  collectivité,  notre  taux d'exécution budgétaire est de 96 % : taux jamais atteint ! C’est exceptionnel et cela montre le réalisme de nos choix et le travail que je tiens à saluer de nos services et de nos personnels, qui, contrairement à ce que j’entends dire tous les jours par la droite, ne sont pas trop nombreux.

Je
remarque d'ailleurs le satisfecit du Conseil économique et social régional à ce sujet, qui parle, concernant notre budget 2007, « d’une exécution très satisfaisante, résultat dune bonne gestion ». Nos choix correspondent à des besoins réels et c'est aussi parce que nous n'adoptons pas des budgets d'affichage comme ce fut trop le cas précédemment – que nous n’avons pas d’excédent pour 2009.

Nous
 sommes,  avec  l'exécutif  que  j'anime,  déjà  au  travail  et  même  en  fin  de travail pour le budget 2009. Mes chers collègues, pour la première fois de l'histoire de l'institution, le budget 2009 sera inférieur d’environ 10 M€ en dépenses à celui de 2008, parce que la dotation de l'État va encore fortement baisser.

Dans
ce contexte très difficile, la majorité régionale agit. Nous agissons sur le transport, en particulier sur le TGV, mais aussi sur la rénovation de nos voies. Dans l'avant-projet   de   loi   Grenelle,   ni   Clermont,   ni   l'Auvergne   n’ont   été   cités   par Monsieur Borloo le 30 avril. Cela confirmait les avertissements que j’avais formulés lorsque  le  fait  de  lancer  une  étude nous avait  été  présenté  comme  un  pas irréversible.

Nous
nous attendions à ce résultat, d’où l'opération « Demain le TGV » lancée le 23 mai pour faire bouger les lignes. Aujourd'hui  forte  de 80 000  signataires, cette mobilisation populaire incontestable a fait   avancer le dossier.
La Régi
on, « locomotive de la mobilisation citoyenne », a mis la pression sur le Gouvernement.

La
loi a été rectifiée, La Vie du Rail dit « repêchée ». La loi a été rectifiée et c'est une première victoire pour celles et ceux qui ne veulent pas laisser notre territoire à quai.

Il   convient   d’être   vigilant   et   de   ne   pas   raconter   tout   et   n'importe   quoi. Premièrement,  la  loi  ne  sera  votée définitivement  qu’à  l’automne   peut-être ! Deuxièmement,  la  liaison  avec  Paris  ou  les  liaisons  transversales  figurent dans  le projet de loi, mais font partie d’un second groupe de lignes à grande vitesse à étudier dans une perspective de long terme. Tous les discours sont vains face au texte de loi  et aux trois lignes qui y figurent. Il ne s'agit pour l’instant que d’études à venir, dans une  perspective  de  long  terme,  c’est-à-dire  postérieurement  à  la  liste  des  projets jusqu’en 2020.
En conséquence, si en politique il ne faut pas se départir de l'optimisme de la volonté, il convient de raison garder et d’analyser les situations avec le pessimisme de l'intelligence. Le train n'est pas encore en gare et le TGV n'arrivera pas dans la prochaine décennie. Le combat de longue haleine qui s’annonce dépasse de très loin la durée de nos mandats respectifs.
Une fois la loi votée, d’après ce que nous lisons dans la presse, un tour de table financier   pour   les   études   à   venir   sera   vraisemblablement   convoqué.   Nous   y participerons, bien que nous soyons dans un domaine de compétence de l'État.
Nous y participerons, mais encore, ne nous trompons pas d'objectif. Nous ne financerons  pas  des  scénarii  de  liaison  avec  Paris  qui  contourneraient  l'Auvergne. Dès  les  études,  ce  financement  devra  prendre  en  compte  la  spécificité  de  nos territoires. Nous avons besoin d’une vraie péréquation financière, d'autant que nous sommes totalement hors compétence régionale.
D'ailleurs lorsque le TGV est arrivé à Lyon et dans sa région dans les années 1981,  il  n'a  pas  été  demandé  un  centime  de  franc  au  Conseil  régional  de  Rhône- Alpes. L'Espagne est en train de s’équiper de lignes LGV en commençant par ses territoires  les  plus  défavorisés  sans  demander  un  centime  d'euro  aux  Régions, pourtant plus riches que nous.
Il faut revenir aux fondamentaux d’une politique d’aménagement du territoire qui a disparu et qui consiste à essayer de donner plus à ceux qui sont les plus en retard de développement. De même, nous souhaitons  que le projet de liaison avec Paris soit étudié en complément de la transversalité Est-Ouest inscrite pour étude dans le projet de loi, car nous devons optimiser nos relations avec Rhône-Alpes.
Mes chers collègues, les efforts que nous menons depuis un an n’ont pas été vains,  parce  que  le  plus  grand  nombre  sy est  associé,  preuve  que  nous  sommes dans la droite lignée des nouvelles pratiques de démocratie participative que nous avions impulsées avec les Assises. Nous travaillons et nous gérons avec les citoyens d'Auvergne.
Décider sans écouter les demandes de la population est illusoire. Penser que tout se décrète d'en haut et que tout procède de l’action d’un homme providentiel est dangereux,  d'autant  que  ce  providentialisme  relève  du  discours  et  de  la  méthode Couet. À l’analyse de la réalité des faits, c’est un providentialisme virtuel.
Restent l'ascension et les différentes étapes à franchir et à remporter. C’est un peu  comme  le  Tour  de  France :  combativité,  endurance,  volonté,  détermination  et unité,  voilà  les  maîtres  mots  pour  donner  un avenir  concret  à  ce dossier. C’est  ce qu’attendent  de  nous  les  Auvergnats  par  leur  expression  massive  et  volontaire, 80 000 signataires de la pétition que nous enverrons prochainement au ministre. Ils ont pris en main leur avenir, un avenir commun qu'ils veulent maîtriser et construire ensemble. Mépriser cette expression, c'est mépriser les Auvergnats.
Préparer  l’avenir  ne  doit  pas  nous  exonérer  d’améliorer  le  présent.  Si  le Gouvernement  a  pris  en  compte  notre demande  et  nous  promet,  sans  argent,  de passer des montagnes avec le TGV, à ce stade, il n'est toujours pas en mesure de nous dire comment il compte franchir la colline et moderniser le réseau auvergnat sur lequel circulent nos TER.
Un train peut en cacher un autre. La minorité régionale nous demande depuis un an de faire le travail à la place de l’État et de R.F.F. Elle demande surtout aux contribuables  auvergnats  de  payer  à  la  place  du  contribuable  national.  Il  s’agit  là d’une curieuse manière de défendre nos concitoyens auvergnats. Sur ce sujet, l'avis du Conseil économique et social national sur le projet de loi Grenelle est d'ailleurs extrêmement intéressant. Je cite : « En ce qui concerne lentretien et la régénération
du  réseau,  le  CESR  sétonne  de  la  formulation  qui  laisse  supposer  que  les financements  provenant  de  l'État  ne viendraient  qu’en  complément  de  l'effort  des Régions,  alors  quil  sagit  dun  domaine  de  sa  compétence. »  (Cf.  Avis du  CESR p. 33).
Le plus curieux tient au fait que les mêmes élus qui ici demandent à la Région d’emprunter pour intervenir sur des secteurs hors compétences, dénoncent ensuite à Paris  devant  la  presse  nationale,  les  dépenses  soi-disant  gargantuesques  des Régions qui, ô scandale, multiplieraient les interventions hors compétences. Quand l'UMP réinvente le trotskisme, cela donne non pas la révolution, mais la contradiction permanente.  Je  demande,  en  conséquence,  aux  élus  de  l'UPA  de  sassocier à  la demande  que  nous  avons  maintes  fois  formulée,  un  plan  spécial  de  rattrapage financé en majorité par les responsables du réseau État et R.F.F.
Le Premier Ministre qui avait exprimé son refus à notre proposition raisonnable et  constructive  de  modulation  des  droits  de péage  en  échange  d’un  emprunt, indiquait  cependant  qu'il  était  possible  d'étudier  un  plan  rail.  Je  lui  ai  donc  signifié mon  accord  de  principe  à  nous  réunir,  mais  avec  l’indispensable  préalable  d'une proposition  financière  de  l’État.  Rien à  ce  jour.  Les  caisses  doivent  toujours  être vides ! Peut-être devrais-je lui proposer de poser à ses côtés en lui mettant dans les mains la maquette de l'autorail auvergnat, pour qu'il signe une lettre d'engagement en faveur du plan rail.
La Région a besoin d'un État fort, loyal et solidaire. Nous avons tendu la main à de nombreuses reprises et pour toute réponse, certains jouent le pourrissement. Sur ce sujet, les Auvergnates et les Auvergnats jugeront et j'espère que notre appel au dialogue sera entendu, car nous avons besoin de la coopération de tous.
En  tout  état  de  cause,  si  nous  n'avions  pas  une  proposition  de  la  part  du Gouvernement  à  la  fin  du  mois  de septembre  sur  le  plan  spécial  rail,  nous engagerions  une  démarche  avec  les  citoyens  d’Auvergne  pour  mobiliser  ceux qui prennent le TER tous les jours, ainsi que ceux qui y renoncent faute d'une vitesse suffisante,  étant  donné  le  nombre  de ralentissements  plus  nombreux  chaque  jour. Les  intempéries  du  printemps  ont  dégradé  les  ouvrages  d'art  qui  sont en  très mauvais état. Je reçois d’ailleurs chaque semaine une lettre du directeur régional qui me signale des ralentissements supplémentaires.
Ce dialogue, nous le mettons en œuvre au quotidien. J’en veux pour preuve la solution que nous avons négociée avec les représentants de l'enseignement privé.
La convention soumise à votre approbation démontre que nous sommes à l’écoute et que par-dessus tout, nous voulons faire vivre l’égalité des chances.
Au-delà  de  cette  convention,  notre  action  en  faveur  de  la  formation  initiale  et professionnelle se concrétise dans les Schémas de formation qui sont soumis à votre délibération :   Schéma   de   l’enseignement   secondaire,   de   l’apprentissage,   des formations  artistiques  et  des  formations  sanitaires  et  sociales.  Cela  représente  un travail considérable.  
L'audit confié au cabinet KPMG sur l’état des lieux et l’analyse financière des instituts  de  formation  sanitaire  et  sociale révèle  que  l'État  n'a  pas  transféré  en recettes la totalité du coût que nous supportons pour faire fonctionner normalement ces  formations.  La  situation  devient  dramatique,  car  l'affaire  n'est  pas  soldée  et  le manque à gagner pour la Région s'élève à 6,4 M€, selon KPMG. L’Agence régionale hospitalière arrive à la même estimation.
Dossiers  non  réglés,  écoles  de  formation  de  soignants  en  grande  difficulté, certaines  présentent  des  risques  très importants  d’un  point  de  vue  de  la  sécurité. L'école d'infirmières du Puy compte un ordinateur pour 100 élèves. Je ne crois pas que cette situation puisse longtemps perdurer.
Un Programme pluriannuel d’investissements dans les lycées vous est soumis. Accompagnement des Schémas de formation de l'enseignement secondaire, ce Plan prévisionnel des investissements a été élaboré dans la concertation en dépit de ce qui est dit ici ou –, en tenant compte de nos contraintes budgétaires et des réalités de chaque bassin de vie. À ce titre, notre démarche est très différente de celle qui avait prévalu lors de l'adoption du PPI 2000-2006. La majorité précédente avait cru sage  d’adopter  un  programme  listant  des  opérations  à  réaliser  sans  prévoir  le financement adéquat, puisqu’en 2000, le budget travaux dans les lycées s’élevait à 36,7 M€.
Aujourd'hui, notre démarche se veut résolument ambitieuse, avec un PPI ajusté jusqu’en 2016 sur une dépense annuelle de travaux dans les lycées de 68 M€, soit 32 M€  de  plus  que  dans  le  PPI  précédent.  Cette  dépense  prendra  en  compte l'accessibilité  pour  les  handicapés  et  l’amélioration  de  la  performance  énergétique des  bâtiments.  De  lourdes opérations  de  rénovation  de  bâtiments  et  d’internats seront entreprises, mais il convient de noter que la Région devra réorganiser certains sites lorsque l'État aura décidé des fermetures définitives, car il faut rappeler, face aux  attaques politiciennes,  que  la  Région  n'a  jamais,  ni  ouvert, ni fermé un établissement, puisque c'est l'État qui s’en charge ; la responsabilité en incombe à l’autorité académique, le recteur.
Restructurer ou mutualiser une offre de formation n'est jamais facile. La posture incantatoire et l’immobilisme sont des solutions plus commodes, mais il faut que les investissements  soient  dirigés      les  besoins  sont  plus  criants,  ce  que nous proposons de faire. Lorsque des élus nous demandent de maintenir tels quels des lycées  dans  certaines  agglomérations,  alors  que  la  population  scolaire  a  fondu  de 1 000 élèves en dix ans et que l'État refuse de pourvoir ces établissements avec des postes d’enseignants ou des options et des sections attractives seules susceptibles de renverser la tendance mographique, cest encore une fois un double discours consistant à voiler les responsabilités des uns et des autres.
Je souhaite que le débat se dépassionne, afin que nous puissions avancer plus sereinement   et   nous   réjouir   du   nouvel   élan   que   nous   allons   insuffler   à   nos établissements  scolaires  avec  un  PPI  extrêmement  volontariste.  
D'ailleurs,  lorsque tous  les  acteurs  jouent  le  jeu,  nous  sommes  capables  de  succès  collectifs.  Le partenariat public/privé haut-débit est une ussite totale. Nous sommes en train de gagner  la  bataille  numérique  dans  des  délais  records,  puisque  notre  prestataire France Télécom prévoit de terminer d'ici fin 2008, soit avec trois mois d'avance, le déploiement  des  nœuds  de  raccordement  et  de  la  fibre  optique  qui  permettront  la couverture à 100 % de notre territoire pour Internet haut-débit.
C'est  donc  non  seulement  une  prouesse  technique,  mais  surtout  le  symbole d'une région qui a remonté le peloton, et qui sormais fait la course en tête. J’invite les plus sceptiques à consulter sur le site de la Région, le petit film qui interroge les habitants. Six mois après la mise en place du haut-débit dans de nombreux villages d'Auvergne, tous sont unanimes : être connectés leur a changé la vie. Ces progrès accomplis  sont  des  outils  précieux  pour  l’attractivité  de  la  Région  Auvergne, tant auprès  des  actifs  qu’il  faut  essayer  de  maintenir,  qu’auprès   d’une  population étrangère qui pourrait envisager de s'installer ici.
Je vous propose d’amplifier ces progrès en adoptant aujourd'hui la délibération qui propose une solution « satellite » et permettra, non plus à 99,6 %, mais à 100 % du territoire couvert par le partenariat public/privé, d'être couvert par le haut-débit.
Je  tenais  à  vous  informer  de  l’avancement  du  Schéma  du  très  haut-débit  qui correspond  à  l’étape  suivante  de  la  révolution  numérique  que  nous  impulsons  en Auvergne. Nous avons réussi à faire l'union sacrée avec les quatre Départements et les  six  Communautés  d'agglomérations  d'Auvergne.  Le  haut-débit  est  nécessaire pour les particuliers, mais le très haut-débit est indispensable pour les entreprises. Étant  donné  que  l'usage  de  l’ordinateur  et  du  réseau  Internet  représente  une révolution  technologique  du  même  ordre  que  la  volution  de  Gutenberg,  nous  ne pouvons imaginer nos bassins de vie et d'emplois sans les infrastructures telles les autoroutes  numériques.  Ces  dernières  sont  nécessaires  aux  entreprises  de  ce secteur  qui  est  en  pleine  explosion  et  qui  compte  déjà,  en  Auvergne,  des  leaders européens  et  mondiaux.  C'est  en  réussissant  la  mise  en  œuvre  du  très  haut-débit que  nous  complèterons  efficacement  notre  politique  d'aménagement  équilibré  et solidaire du territoire.
Je  terminerai  par  ce  point,  car  depuis  un  an  l'aménagement  du  territoire  est synonyme  de  retrait  de  l'État  (carte  judiciaire,  carte  militaire,  carte  hospitalière)  et touche inévitablement les zones les plus fragiles, les zones rurales. Il y a désormais quatre  ans,  lorsque  la  majorité  régionale  a  pris  ses  fonctions,  il  a  été  décidé  de modifier totalement les interventions  territoriales. Les premiers Contrats « Auvergne + » sont nés de cette volonté de rupture. Une volonté de substituer une logique de projet à une logique de guichet, une volonté en accord avec nos valeurs de donner plus à ceux qui ont moins. Avec la fin proche de la première génération de Contrats « Auvergne + », nous en avons dressé le bilan.
Cette première évaluation réalisée par le cabinet Etheis Conseil a été présentée dans chaque département à l'ensemble des élus des EPCI. Elle porte un jugement très positif sur notre cadre d’intervention. En trois ans, les Contrats « Auvergne + » ont permis  d’organiser  notre  espace  régional  qui  accusait  un  certain  retard  enmatière  de  coopération  intercommunale,  ils ont  favorisé  l’installation  effective  des Pays et ont réellement induit un effet démultiplicateur. Je suis persuadé cependant que nous pouvons faire mieux et aller plus loin pour parfaire ensemble les nouvelles politiques  territoriales  de  demain.  Nous  y  travaillons  avec  Monsieur Guerre  et Madame Bru.

Il  est  temps  de  passer  à  une  autre  étape,  en  adaptant  notre  dispositif  et  de préparer, en lien avec le futur Schéma régional d’aménagement et de  développement  du  territoire   et  l'Agenda  21,  la  seconde    génération   de   Contrats « Auvergne + » qui verra le jour au début de l’année 2009 et devrait être présentée lors du vote du budget primitif  en décembre. Notre défi est de faire de l'Auvergne, une région ouverte, solidaire, attractive et compétitive.
C’est  dans  ce  cadre  qu’est  soumis  à  votre  approbation,  le  diagnostic  du SRADDT.  Cette  validation  est  importante,  car  il s’agira  d’articuler  ce  diagnostic  et l'aspect opérationnel  de nos politiques avec la  définition  de nos      Contrats
« Auvergne + » seconde génération dont je viens de parler. Il s’agit de conforter, de compléter et d’améliorer notre politique d 'aménagement du territoire, sans oublier la prospective, car, dans la dernière livraison, fin mai 2008, de la revue  Économie et statistique de l'INSEE, notre région demeure dans la diagonale aride en matière de démographie, avec une croissance légère de la population prévue jusqu'en 2015 et une  décroissance.  Seul  un  scénario  extrêmement  volontariste,  celui  que  nous prévoyons  pour  le  Schéma  régional  d’aménagement  et  de  développement  du territoire, pourrait nous permettre de maintenir cette population, voire de l’accroître légèrement, à condition que tous les territoires s’y mettent.
Cet enjeu est donc majeur, il est à la base de tout, de la même manière que celui de l’accueil de nouvelles populations.  
C'est la raison pour laquelle nous avons tenu  des  Universités  de  l'accueil  en  Auvergne  la  semaine  dernière.  Nous  avons développé  notre  dispositif  en  faveur  des  étudiants  en  médecine  pour  les  inciter  à pratiquer   dans   des   territoires  ruraux,   nous   combattons   sur   les   infrastructures ferroviaires  et  numériques.  Notre  action  concrète  et quotidienne  au  service  des Auvergnats participe du même but : ouvrir l'Auvergne et lui construire un vrai avenir, économique par  des  politiques  innovantes,  solidaire  par  des  politiques  justes, durable par des politiques écoresponsables.
Je souhaite que tous les élus régionaux participent activement à la construction de cet avenir dans la volonté partagée de faire avancer l'Auvergne.
Je vous remercie, mes chers collègues, de votre attention.