ACCUEIL

LE GROUPE

SESSIONS

INTERVENTIONS

COMMISSIONS PERMANENTES

___________________________________________________________________________________________
Interventions
des élus du groupe
socialiste

du  Conseil  régional  d'Auvergne

 

Session du 8 avril 2008
_____________________________________________________________________________________

Intervention de Madame Françoise Nouhen,  
Conseillère régionale d'Auvergne, au nom du groupe socialiste
 
Monsieur  le  Président,  mes  chers  collègues,  notre Session d'avril s'ouvre au lendemain d'élections municipales et cantonales, qui ont vu les Français donner à la gauche une nette majorité en nombre de villes, de départements et en nombre de voix.
Il est clair que le message des Français adressé au Président de la République, et à son Gouvernement, est un message pour nous de sanctions et de défiances.
Notre Session souvre aussi dans un contexte national d'accroissement des déficits publics, d'augmentation de la dette, et dans un contexte d'annonce d'un plan de rigueur de 7 Md€. Notre Session s'ouvre, enfin, dans un climat économique et international tendu qui confirme   l'irréalisme   des   paramètres,   sur   lesquels   s'est   appuyé   le   Gouvernement Français, pour l'élaboration du budget de la Nation, notamment le prix du baril de pétrole, ou les taux d'inflation et de croissance.  
On l'aura compris, le Gouvernement se trouve contraint de tronquer la présentation de  ses  comptes,  voire  même  de manipuler  les  statistiques,  pour  mieux  masquer  ses échecs économiques, financiers et humains.
Reste  que  les  déficits  budgétaires  records  sont  et  seront  bien  réels.  Ils  toucheront très durement le pouvoir d'achat des ménages, l'activité économique, le logement, la santé et, bien évidemment, les dotations des collectivités locales.
Ne vous y trompez pas, mes chers collègues, nous sommes au cœur de notre sujet d'aujourd'hui,  puisque  notre  collectivité régionale  est,  et  sera,  une  victime  directe  des errements du Gouvernement et de sa politique.
Je voudrais reprendre deux grands dossiers à l'ordre du jour de notre Session, et le premier est celui de la perte en 2008, par notre Région, de la part de notre péréquation de la  dotation  globale  de  fonctionnement.  2  régions  sur  13  perdent  cette  péréquation  en 2008 : l'Auvergne et l'Aquitaine.
Je rappelle que ce dispositif avait été instauré par Pierre Bérégovoy en 1992, et qu'il avait  pour  but  de  corriger  les déséquilibres  entre  les  Régions,  dès  lors  que  celles-ci  se trouvaient  avec  un  potentiel  fiscal  inférieur  de  15 %  à  celui de  l'ensemble  des  Régions françaises.
La soudaine exclusion de l'Auvergne de cette péréquation nationale pose question. Serait-ce   à   dire   que   l'ensemble   des  Régions   françaises   s'appauvrirait,   tandis   que l'Auvergne serait tout d'un coût devenue plus riche et aurait vu s’accroître en un an son potentiel fiscal pour le ramener à un taux supérieur à 85 % de la moyenne des Régions françaises ?
Tout ceci manque véritablement de clarté, d'autant plus que l'on a beau consulter le site de la Direction générale des collectivités locales, on ne trouve nulle part un détail, ni même un récapitulatif, du potentiel fiscal par Région et encore moins les fiches techniques conduisant à la détermination de leur potentiel fiscal.
Comment dès lors en déterminer une moyenne ?
Plus  qu'un  manque  de  clarté,  il  s'agit  d'une  véritable  opacité.  Il  y  a  de  quoi s'interroger et réclamer, Monsieur le Président, des éclaircissements au Gouvernement et à la Direction générale des collectivités locales.
Reste que 6,5 M€, que nous avions inscrits en recettes, à ce titre, au budget primitif, devront  être  annulés  en  DM1,  ce  qui nous  oblige  à  réduire  de  2,34 %  nos  dépenses inscrites en faveur de la formation professionnelle continue, de l'équipement des lycées, de l'aménagement du territoire, des routes nationales, du tourisme, de l'économie.
J'ajoute qu'il nous faudra, en 2009, composer avec une perte globale de péréquation de  11,4 M€,  l'équivalent  de  20  points de  fiscalité.  Les  Clermontois  et  les  Auvergnats sauront apprécier.

Voilà,  mes  chers  collègues,  une  très  mauvaise  nouvelle  pour  l’Auvergne,  mais  qui pourrait, si le pack de ministres auvergnats daignait s’y intéresser, être corrigée par une proposition d’évolution de ce dispositif, qui devrait garder sa vocation d’origine, à savoir rétablir  une  réelle  péréquation  entre  les  Régions et  le  recours  gracieux  que  vous comptez faire, du reste, Monsieur le Président, sera tout à fait soutenu par notre groupe de la majorité.
Il est bien évident qu’à ce rythme, il ne restera bientôt plus que la Corse et les DOM- TOM   pour   bénéficier   de   cette  péréquation,   mais   peut-être   s’agit-il   d’une   stratégie nationale, une nouvelle fois dirigée contre les Régions de métropole ?

J’en viens à présent au deuxième volet de ma démonstration.
Vous  avez,  Monsieur  le  Président,  eu  la  sagesse,  dans  un  souci  de  clar et  de vérité,  de  recourir  à  un  Cabinet  d’audit  indépendant  pour  faire  évaluer  le  coût  net  pour notre  Région  des  transferts  opérés  par  l’État,  dans  le  cadre  de ce  qu’il  est  convenu d’appeler, à tort, l’acte II de la décentralisation.
Il  s’agit  d’un  exercice  de  transparence,  dont  le  récapitulatif  figure  dans  notre document de Session.
Fin  2007,  et  pour  les  seuls  transferts  traités  par  l’audit,  nous  en  étions  donc  à 2,791 M€  de  coûts  non  compensés  par  l’État,  somme  que  le  Cabinet  Michel  Klopfer n’hésite pas à qualifier de « déficit que la Région Auvergne doit supporter ».  
Plus  qu’un  simple  transfert  de  compétences  aux  Régions,  c’est  une  stratégie  de transfert de ses déficits, auquel s’est livré l’État, dans le cadre de la loi du 23 août 2004, et nous avions tout à fait raison de le contester.
Si  l’on  ajoute  à  ce  chiffrage  le  coût  net  du  transfert  des  formations  sociales  et paramédicales, ainsi que celui du transfert de l’aéroport de Clermont-Ferrand/Aulnat, c’est à un total de 10,5 M€ non compensés par l’État auquel nous arrivons.
Le Cabinet  d’audit nous promet, je cite :  « une dégradation exponentielle  du  déficit que la Région Auvergne devra supporter (…), car des coûts supplémentaires s’imposeront par   eux-mêmes,   uniformisation   des   traitements   des   personnels,  uniformisation   des politiques publiques régionales en matière de formation professionnelle… ».
La   démonstration   est   faite   de   cette   stratégie   implacable   d’étranglement   des collectivités locales, et particulièrement d’étranglement  de la Région Auvergne et qui se déroule en trois volets simultanément.
Premièrement,  le  Gouvernement  nous  transfère  des  déficits,  sans nous  donner les moyens financiers correspondants.
Deuxièmement,  le  Gouvernement  bride  nos  recettes  fiscales  (plafonnement  de  la taxe professionnelle).  
Troisièmement,   le   Gouvernement   nous   prive   de   recettes   de   péréquation,   qui n’avaient pour seul but que le rééquilibrage des moyens avec les Régions françaises les plus riches.

L’étau  se  resserre  donc,  inéluctablement,  sur  les  finances  des  Régions  à  qui  l’on reproche ensuite d’augmenter l’impôt régional.
Il faudrait donc que nous restions silencieux ! Pour notre part, nous ne sommes pas d’accord,  et  nous  nous  y  refusons. Nous  ne  cesserons  de  dénoncer  cette  politique nationale  qui  s’exerce  contre  les  collectivités  locales  et  qui  n’est finalement  qu’une politique d’aggravation de la fracture territoriale et d’aggravation de la fracture sociale.
Mais  faut-il  pour  autant  baisser  les  bras ?  Nous  ne  le  croyons  pas.  Les  politiques régionales  que  nous  menons  sont plus  que  jamais  nécessaires  pour  compenser  cet abandon progressif du Gouvernement Fillon.
Nous avons pris 82 engagements devant les citoyens  de l’Auvergne, et nous vous demandons, Monsieur le Président, de les poursuivre en respectant la feuille de route que nous avions tracée.

Cela  concerne  de  nombreux  dossiers  à  lordre  du  jour  de  notre  Session,  comme l’adoption du Plan agriculture bio 2008-2010, avec le souci premier de valoriser une filière, dont l’image correspond parfaitement à la vocation de notre région : celle de la qualité de ses produits.
De même, pour les dossiers relatifs à la politique économique territoriale qui intègre désormais  des  critères  d’éco-conditionnalité,  nous  aurons  à  valider  les  trois  premiers projets « Auvergne Éco + » présentés par les Pays des Combrailles, d’Issoire-Val d’Allier Sud et de Vichy Auvergne, qui traduisent leur impatience à s’impliquer dans un dispositif sur lequel nous fondons de très sérieux espoirs.
Nous  ferons  également  aujourd’hui  un  point  d’étape  sur  les  travaux  qui  nous conduiront   à   l’adoption,   fin   juin 2009,  du   Schéma   régional   d’aménagement   et   de développement durable du territoire, et à l’adoption du Schéma régional d’infrastructures et de transports en Auvergne. Autant d’outils prospectifs indispensables à notre action, à moyen et à long terme.
Notre  responsabilité  est  celle  de  mener  lAuvergne  au  niveau  des  grandes  régions d’Europe.
J’en profite, Monsieur le Président, au nom de mes collègues, pour vous féliciter pour votre désignation par l’ARF pour siéger au Comité des Régions   d’Europe.
Je pense que tout le monde est d’accord !
Nous  nous  associons  pour  vous  féliciter  de  cette  signation. Après, Monsieur le Président, vous siégerez lorsque vous serez effectivement reconnu à ce titre.

Nous agissons en matière de veloppement des TIC, sans laisser aucune commune d’Auvergne sur le bord du chemin.

Nous   agissons   aussi   en   matière   de   développement   des   universités   et   de   la recherche, etc.
Il  est  indéniable  que  l’Auvergne  subit  toujours  le  lourd  préjudice  de  l’enclavement. L’absence de Train à Grande Vitesse – ce que rappelait plus haut notre Président nous rapprochant  des  grands  centres  économiques  européens,  est,  en effet,  un  handicap  de taille pour nos objectifs.
Monsieur le Président, mes chers collègues, l’Auvergne et le Massif Central veulent le  TGV  et  la  motion  que  le  groupe Socialiste  propose  aujourd’hui  à  l’adoption  de  notre Assemblée, unanime je l’espère, va dans le sens de l’immense espoir que soulèvent les derniers événements.
En effet, en novembre dernier, le Ministre des Transports a commandé une étude de faisabilité  pour  un  nouveau  TGV Paris-Lyon  qui  desserve  le  centre  de  la  France,  dont l'Auvergne et Clermont-Ferrand. Mi-février, le Ministre de l'Écologie et du Développement Durable  a  annoncé  la  nécessi de  réfléchir  à  des  liaisons  TGV  transversales,  entre  la façade atlantique et le couloir rhodanien.
Pour l'Auvergne et le Massif Central, la perspective d'être un jour au cœur d'une croix ferroviaire à grande vitesse est devenue un objectif réaliste.
Mais  cette  étude  et  ces  annonces  ne  doivent  pas  rester  à  l'état  de  projets.  Le formidable   espoir   qui   s'est   levé  pour   l'avenir   de   nos   territoires   doit   donc   aboutir concrètement.  Il  faut,  en  effet,  intégrer  le  fait  que  l'Union européenne  doit  revoir  son schéma   des   infrastructures   de   transports   d'ici   2009-2010,   et   qu’ainsi,   les   projets auvergnats  de  TGV  vers  Paris  et  vers  Lyon,  mais  aussi  vers  la  façade  atlantique pourraient, à terme, être éligibles à des financements européens, à condition qu'ils soient défendus  par  le  Gouvernement  Français,  au  moment  du  débat entre  les  partenaires européens.
Par ailleurs, le groupe de travail sur le transport (TGV et infrastructures ferroviaires) qui  fait  suite  au  Grenelle  de l'Environnement,  est  l'occasion  de  faire  entendre  les arguments  de  l’Auvergne  au  service  d'une  vision  globale, équilibrée  et  solidaire  de l'aménagement du territoire, un aménagement qui ne doit plus tourner le dos au Massif Central, ou pire, le contourner !
Enfin, l’action de lobbying  de  l’Association  « ALTRO » en faveur du TGV Transline est amplifiée, comme l’opération de fédération des initiatives des Présidents de Régions concernés par ces axes ferroviaires.
  
Voilà,  mes  chers  collègues,   nous  en  sommes  aujourd’hui.  Les  déclarations,  les leviers  de  décision,  les  indicateurs, la  conjoncture :  tout  concourt  à  démontrer  que l’opportunité  est  là,  pour  matérialiser  enfin  ce  grand  projet  de  croix ferroviaire  à  grande vitesse en Auvergne.
 
C’est  pourquoi,  comme  l’a  proposé  notre  Président,  nous  invitons  solennellement tous  les  responsables  politiques  ou professionnels,  mais  aussi  tous  les  citoyens  de l’Auvergne et du Massif Central à se rassembler, soutenir, amplifier le mouvement ainsi créé, pour rendre plus efficace l’action du Conseil régional en faveur des projets de TGV, indispensables à l’Auvergne et au Massif Central.

Notre  mobilisation,  aujourd’hui,  peut  avoir  des  conséquences  historiques  pour  le développement de notre région.
Mais  si  la  Très  Grande  Vitesse  est  un  combat  que  nous  devons  mener,  la  mise  à niveau du réseau ferré régional en est un autre, tout à fait complémentaire, qui exige lui aussi de l’audace et l’unité des Auvergnats pour le gagner.
L’état  de  vétusté,  comme  nous  l’avons  mentionné  à  plusieurs  reprises,  de  notre réseau ferré régional, entraîne des conséquences très négatives, tant sur les conditions de déplacement des voyageurs, que sur l’attractivité et le potentiel de développement de ce mode de transport.
Avec 250 km de voies concernées, l’Auvergne concentre 10 % des ralentissements imposés en France, en raison de la vétusté des voies, alors qu’elle ne possède que 4 % du réseau national. Nous avons évoqué cet argument plusieurs fois.
Il convient donc que l’État et RFF consentent à la mise en œuvre urgente d’un plan spécial  de  rattrapage  pour  le  Rail  en Auvergne,  dont  le  chiffrage  global  est  aujourd’hui évalué à 250 M€..  
La reconnaissance par RFF de l’urgence et  de la nécessité d’un plan spécial pour l’Auvergne va dans le même sens.
Reste que l’absence d’indications sur le financement ou sur le calendrier des travaux laisse craindre la poursuite de retards préjudiciables.
Vous  avez  été  nombreux,  sur  tous  les  bancs  de  cette  Assemblée,  à  décréter l’urgence, voire même à réclamer une implication financière directe de la Région dans un plan de régénération des voies.
L’heure  est  donc  venue,  dans  le  cadre  de  l’opportunité  créée  par  le  Grenelle  de l’Environnement, de proposer un accord gagnant/gagnant avec notre partenaire Réseau Ferré de France.
Notre Président a avancé deux hypothèses que je demande à notre Assemblée de soutenir officiellement, par l’adoption dune seconde motion que nous avons proposée.

Permettez-nous d’appuyer et de les rappeler brièvement. Le point majeur étant que ces propositions sont neutres pour les finances régionales et  ne sont pas des solutions d’enfumage, comme cela a été évoqué plus haut.

La  première,  optimale  quant  à  son  résultat,  serait  que  pour  rénover  le  réseau auvergnat, la Région Auvergne emprunte 250 M€ sur 30 ans, et fasse l'avance de cette somme à RFF, à condition d'obtenir pour la même période, une exonération des droits de péages versés à cet établissement, et qui s’élèvent annuellement à environ 14 M€.
La seconde proposition consisterait en une modulation du montant des péages. En effet, aujourd'hui, les trains de fret bénéficient d'une réduction de 40 %, par rapport aux Trains Express Régionaux sur les péages facturés par RFF.
Voilà, mes chers collègues, les propositions qui vous sont soumises, dans l’intérêt de l’Auvergne, propositions qui cessitent un mandat et un soutien, unanime je l’espère, à notre Président, afin d’aboutir à un accord avec l’État et Réseau Ferré de France. Placer  l ’Auvergne  dans  le concert  des  grandes  régions  européennes  doit  être notre souci  constant.
Ces  propositions  sont  formulées  dans  l’intérêt  de  l’Auvergne.  Elles  témoignent  de notre  sens  des  responsabilités,  de notre  aptitude  à  saisir  les  opportunités  présentes,  à mobiliser  toutes  les  forces  constructives  de  notre  région,  afin  de développer,  comme  le disait notre Président, le mieux vivre ensemble en Auvergne.
Je formule le vœu que nous sachions trouver l’unité nécessaire à la matérialisation de ces objectifs, dans l’intérêt premier de l'Auvergne.
Je vous remercie.

Session du 8 avril 2008
_____________________________________________________________________________________

Intervention de Monsieur René Souchon,  
Président du Conseil régional d'Auvergne,  

Mes  chers collègues, notre séance de ce jour s'ouvre à l'issue d'une séquence électorale, au cours de laquelle les citoyens ont largement fait confiance à la gauche, pour gérer les municipalités et les départements.
Le  saveu  du  Gouvernement  est  très  clair  de  ce  point  de  vue   je  ne  vais  pas revenir sur les analyses nationales –, les candidats de gauche l’ont emporté, grâce à leur bon bilan, des projets novateurs, mais aussi parce que les Français ont exprimé par ce vote  leurs  besoins,  leur  envie  et  l'impérieuse  nécessité  d'une  autre  politique  que  celle menée depuis dix mois à la tête de l'État.
Une  politique  plus  efficace  dans  la  lutte  contre  toutes  les  formes  de  précarité,  une politique plus solidaire, une politique de l'action, une politique des actes concrets face aux discours,  une  politique  qui  se  voit  sur  la  feuille  de  paye  et  non  pas  simplement  sur  les couvertures des magazines.
Je prends donc acte, comme Président de Région, de la nouvelle donne électorale, en  adressant  mes  félicitations  à  l'ensemble  de  ceux  ayant  recueilli  majoritairement  les suffrages de leurs concitoyens, et en disant à ceux qui sont les vaincus du scrutin que je comprends parfaitement la peine qu'ils ressentent, d'autant que je l'ai cue en d'autres circonstances, puisque la vie politique est faite de hauts, de bas, de succès et d'échecs.

J'adresse  des  encouragements  tout  particuliers  à  notre  collègue  Madame  Arnaud- Landau, parce qu'elle a beaucoup donné au Conseil régional, bien sûr à la ville du Puy, mais beaucoup donné au Conseil régional dans sa fonction et  cela ne l'a peut-être pas aidée d’ailleurs. En tout cas, elle continue et c’est heureux, à s'engager fortement pour la formation professionnelle continue et il y a du grain à moudre.
Comme  nous  l'avons  toujours  fait,  nous  travaillerons  avec  tous  les  élus,  dans  la concertation, sans sectarisme, mais sans renier  nos  convictions  et  nos  valeurs,  dans  la fidélité de nos engagements pris en 2004, et avec la ferme volonté de faire avancer notre région et l'intérêt général.
Le  temps  de  la  campagne  achevé,  tous,  dans  un  esprit  de  responsabilité,  nous devons  renouer  avec  le  travail  en  partenariat.  C'est  ce  qu’attendent,  je  crois,  les Auvergnates et les Auvergnats. Nous avons de très nombreux défis à relever, et comme nous y incite le rapport positif de l'Observatoire citoyen des engagements que nous avons mis en place à l'automne 2007, nous devons continuer à tenir parole, continuer à rendre concrets nos 82 engagements, notre Charte pour l'Auvergne et je dirais même, si nous le pouvons, aller plus loin.
Ce faisant, je ne vous cache pas que notre action est de plus en plus contrainte par une  politique  d’asphyxie  financière  des  collectivités  locales.  Déjà,  les  promesses  de compensations financières de la décentralisation Raffarin n'avaient pas été tenues.
Nous  savons  aujourd'hui,  de  façon  précise,  au  terme  de  l'analyse  et  des  audits réalisés  par  les  cabinets  d’experts  KPMG  et  Klopfer,  que  les  transferts  de  charges  non compensés par l'État en Auvergne, ont un coût de 10,5 M€.
Tous  les  élus  de  gauche,  je  dis  bien  tous  les  élus  de  droite,  comme  de  gauche, s'inquiètent  de  cette  situation.
Selon  l'Observatoire  du  Sénat,  88 %  des  élus  locaux  ont des craintes quant à l'avenir de la décentralisation pour leurs finances locales (sondage TNS-SOFRES, 2007).
Le Président de la Région Alsace notre collègue Adrien Zeller (UMP) a accepté de présider la Commission des Finances, que nous avons créée au sein de l’ARF. Cela en dit  long,  y  compris  sur  les  craintes  qu'il  peut  nourrir.  
 
Il  sera notre  porte-parole  dans l'analyse et dans les propositions au Gouvernement. Il a démontré, depuis déjà longtemps et notamment  dans  la  dernière  période,  que  les  Régions,  sans  réforme  de  la  fiscalité locale, allaient toutes dans le mur.
Aujourd'hui, le Premier Ministre va plus loin que ce que nous connaissions encore, puisque c'est la fin du pacte de croissance pour les collectivités, annoncé cet été, ce qui représente  une  perte  sèche  de  3 M€  pour  la  Région  Auvergne.  Le  plafonnement  du rendement  de  la  taxe  professionnelle,  ce  qui  grève  nos  recettes  de  14  M€  en  2008,  et d'après nos projections, car nous travaillons sur 2009, ce devrait être un peu plus. De plus, nous  avons  une  ressource  fiscale  peu  dynamique,  ayant  tendance  à  diminuer,  puisqu'il s'agit de la Taxe Intérieure sur les Produits Pétroliers (TIPP).
Ce  tableau,  déjà  sombre,  n'a  pas  été  égayé  par  les  étrennes  gouvernementales, puisqu'en guise de cadeau de bonne année 2008, pour l'Auvergne, nous devons faire face
à  la  fin  de  la  péréquation  de  la  dotation  globale  de fonctionnement, à  laquelle  nous  ne sommes plus éligibles  et qui nous a été signifiée  début  février.  Les  Auvergnats ne s'en étaient pas rendu compte, mais ils seraient devenus riches.
En tout état de cause, cela représente encore un manque à gagner supplémentaire pour la Région Auvergne, par rapport au budget voté, de 6,4 M€ en 2008, somme qui sera pratiquement doublée encore en 2009, puisque la sortie du dispositif de péréquation se fait sur deux ans.
En réalité, ce mode de calcul de la dotation de péréquation est totalement aberrant puisque  le  Produit  Intérieur  Brut  de  l'Auvergne,  mesurant  la  richesse  productive,  est inférieur de 6 % à la moyenne nationale, mais notre potentiel fiscal basé sur les bases des quatre taxes et en rapport avec la moyenne nationale, est supérieur à 85 % du potentiel moyen des Régions.
Plus  du  tout  de  péréquation  pour  l'Auvergne,  mais  par  exemple,  la  Région  Midi- Pyrénées en bénéficie. Personne n'avait pensé ici que la Région Midi-Pyrénées était plus pauvre  que  la  Région  Auvergne  et  c’est  la  même  chose  pour  la  Région  Languedoc- Roussillon  qui  en  bénéficie,  alors  que  tout  le  monde  peut  penser  sans  doute  ici  qu'ils étaient plus riches que nous. Ce système est complètement aberrant.
J'ai attiré l'attention des ministres auvergnats sur cette question. Ils sont silencieux, aucun ne me répond. En règle générale, ils ne me répondent jamais. Ils sont saisis à ce titre et ils ne m'ont pas répondu.
Monsieur Marleix, récemment nommé Secrétaire d'État aux collectivités locales le décret  d'attribution  le  concernant  venant  de  paraître  au  JO –,  je  viens  de  le  saisir officiellement  (la  semaine  dernière),  comme  je  l'avais  fait  précédemment  auprès  de Messieurs Hortefeux et Wauquiez, je répète, sans réponse de leur part, à ce jour.
Avec trois ministres auvergnats concernés, je veux espérer que cette aberration du calcul de la péréquation sera corrigée, le Gouvernement a tout loisir de le faire. J'ai vérifié  les textes et ils peuvent parfaitement le faire. J'ai l'intention dans la semaine de faire un recours gracieux, puisque la réglementation en cours me permet de le faire. Je n’ai pas eu le temps d'en parler au Directeur général, mais il m'entend. Nous allons donc préparer ce recours  gracieux,  en  application  des  propositions  qui  nous  sont  faites  dans  la  lettre  de notification du Préfet.
Je le répète, la décision dépend du Gouvernement et j'espère que nous réussirons, enfin, à nous mettre autour d'une table, comme je le demande depuis si longtemps pour aborder ce sujet.
En tout état de cause, je peux vous assurer qu'en dépit de ces nouvelles contraintes et malgré le désengagement croissant de l'État, y compris dans les domaines dont il a seul la  charge,  désengagement  qui  va,  par  ailleurs,  se  renforcer  avec  le  nouveau  plan  de  rigueur annoncé vendredi, nous sommes plus que jamais déterminés à tenir parole et à tenir nos engagements. Bien sûr, cela se fera dans la douleur.
Le premier engagement pris et que nous tenons en 2008, est l'absence de hausse de la fiscalité. Le second est celui de faire avancer l'Auvergne, de ne renier en rien sur notre ambition,  pour  faire  en  sorte  que  ce  territoire  qui  bouge,  qui  change  d'image   tout  le monde le constate –, qui s'ouvre de plus en plus à l'innovation, continue sa mue vers un modèle                de développement économique et social original et solidaire, novateur, respectueux des hommes et des femmes et de leur environnement.
Nous continuerons également dans la voie d'une gestion très économe des deniers publics.  Notre  train  de  vie  est,  et  restera,  extrêmement  modeste.  Le  rapport  sur  les recrutements – rapport n° 20 – soumis à votre appréciation est à ce titre évocateur.
En  effet,  il  faut  avoir  à  l'esprit  que  nous  avons  complètement  révolutionné  les programmes  de  l'Institution,  passant d'une  Région  guichet  de  banque  à  une  Région coordonnatrice et initiatrice de projets. J'en veux pour preuves les nouvelles technologies, les Contrats « Auvergne + ». Hier, d’ailleurs, nous avions une réunion avec Jean-Michel Guerre, l'administration  et  le  cabinet  chargé  d’évaluer  nos  Contrats  « Auvergne  + »  et vous  aurez  connaissance  de  cette évaluation,  bien  entendu,  dès  qu'elle  sera  terminée. Nous en sommes à une phase d’étape.
Les premiers constats faits par le cabinet montrent que ce dispositif est extrêmement novateur  et  pertinent.  Grosso  modo,  il s'est  traduit  par  un  passage  de  200 000 €  par territoire de projets, à 600 000 €. À ce titre, je regrette, cher Monsieur Aulagnier, que la mission d'évaluation que vous aviez demandée ne se soit jamais réunie, parce que vous auriez eu matière à réfléchir et à travailler sur cette question.
Au-delà de cette nouvelle ambition que nous avons impulsée et qui, je crois, porte de plus en plus ses fruits, nous avons eu à gérer l'acte II de la décentralisation, accueillir de nouveaux agents, prendre en charge de nouveaux domaines d'actions.

Forts de ces deux défis relevés avec détermination et volontarisme, vous constatez que la Région, depuis le 1er
 mai 2004, n'est pas devenue ce monstre glouton que certains prétendaient. Nous avons embauché au siège, à peine 134 personnes en quatre ans, qui travaillent quotidiennement et font avancer nos territoires.
Nos  dépenses  de  personnels  du  siège,  par  rapport  aux  dépenses  totales  de  la Région, sont passées de 1,93 % en 2004, à 2,39 % en 2008, soit une progression plus que modérée de 0,46 % en quatre ans. Ces personnels étaient cessaires pour gérer les fonctionnaires  d’État   agents  des  lycées  –,  et  les  nouvelles  compétences   formations sociales et paramédicales entre autres.

De plus, sur les 134 nouveaux agents, nous avons également embauché près de 60 agents  en  catégorie  A,  presque  la moitié  pour  conduire  de  nouvelles  politiques.  Cette matière grise était indispensable, notamment pour mettre en place un service de nouvelles technologies digne de ce nom, maintenant conséquent et réalisant un travail remarquable ; un  véritable service  de  l'évaluation  des  politiques  publiques  que  nous menons, preuve de notre volonté, de faire, et de rectifier au besoin, pour être à l'écoute dans  l'action  et  je  rappelle  que  l'évaluation  des  politiques  est  une  nouveauté  que  nous avons introduite au sein du Conseil Régional.

Si l'on rapporte ces dépenses à ce qui se pratique dans les Régions comparables – ce  qui  est  le  plus  intéressant  – Limousin  et  Ardennes,  mais  aussi  l'Alsace  dirigée  par l'UMP –,  pour  l'année  2007,  l'Auvergne  se  situe  à  la  tête  des Régions  pour  sa  gestion rigoureuse, puisqu’avec 317 agents au siège, nous restons sous-administrés et que l’on dépense par habitant 10,02 € alors que les dépenses de personnels régionaux coûtaient à chaque Alsacien 12,67 € en 2007.
Nous sommes donc la Région ayant le moins de dépenses de personnels du siège, afin  de  gérer  l'ensemble  des  responsabilités  qui  sont  les  nôtres,  y  compris  les  1 300 agents reçus en dotation.
Le  Premier  Ministre,  récemment,  n'a  pas  eu  de  mots  assez  durs  pour  fustiger, notamment  pendant  l'entre-deux-tours,  la  gestion  des  Régions  socialistes  et  agiter  le chiffre en rouge de la fiscalité et de la mauvaise gestion, pour éviter la débâcle électorale.

Je   crois   qu'il   serait   bien   inspiré   de   prendre   connaissance   avec   plus   d'honnêteté intellectuelle de ces éléments objectifs.
En  effet,  à  ce  jeu-là,  force  est  de  reconnaître  que  les  plus  mauvais  élèves  de  la classe ne sont pas forcément dans le camp adverse, mais aussi souvent dans son propre camp. Je ne parle pas de la hausse de la fiscalité des Conseils généraux, comme celle ininterrompue depuis 2004 du Département de la Haute-Loire.
La décentralisation, sur ce point, nous a tous mis à la même enseigne et la différence s'incarne  dans  les  projets  et  leur gestion.  Ce  train  de  vie  modeste  de  notre  Institution tranche  avec  l'ambition  de  nos  politiques  régionales,  mais  dans la  nouvelle  période budgétaire sombre qui s'ouvre, la Région devra de plus en plus recentrer ses actions sur ses blocs fondamentaux de compétences. Sauf à réformer la fiscalité locale dans un sens qui garantisse réellement l'autonomie, pourtant principe constitutionnel, et le dynamisme fiscal des territoires, ou encore, comme le préconise le rapport Lambert, sauf à réformer  de fond en comble l'attribution des compétences entre collectivités, sauf enfin à faire de la démagogie et à jouer sur l'ignorance, il serait illusoire de faire croire qu'à l'instar d'un état de  providence  qui  désormais  n'existe  plus,  les Régions  pourraient  devenir  des  Régions providences sollicitées tous les jours, pour se substituer à l'État. Chaque Vice-Président est témoin de cette montée en puissance de la demande et de la revendication, en disant :
« l'État ne m’aide plus, que pouvez-vous faire pour moi ? »
Dans  un  contexte  de  pénurie  d'argent  public,  de  baisse  du  pouvoir  d'achat  des ménages,  mais  aussi  de  déficits publics  records  et  de  rigueur  au  niveau  de  l'État,  la Région  devra  continuer  à  faire  des  choix  draconiens  cette année et  l'an  prochain,  sans pour autant sacrifier ses priorités, en matière de transport, de formation professionnelle où nous avons des problèmes conjoncturels importants, d'apprentissage, d'aménagement du territoire d'éducation et de recherche.
Parce que nous préparons sans relâche l'avenir, je tenais à vous faire part de notre action vigoureuse, par ailleurs, au service de l'amélioration du réseau ferré Auvergne.
Vous le savez, la Région consent un effort très important pour assurer le service des Transports Express Régionaux. Dans un mois et demi le 21 mai nous allons d'ailleurs mettre en service deux nouveaux autorails de grande capacité, deux AGC, qui permettront encore d'améliorer le service et la fréquentation du réseau régional.

Ce  faisant,  vous  le  savez,  je  me  suis  élevé  en  votre  nom,  et  à  plusieurs  reprises, contre la dégradation du réseau auvergnat qui concentre de trop nombreux ralentissements et qui est de la compétence de RFF, c'est-à-dire indirectement de l'État. J'ai rencontré le Président de RFF, celui de la SNCF, j'ai écrit aux ministres auvergnats, au  Ministre  des  Transports,  à celui  du  veloppement  durable,  au  Premier  Ministre  et enfin,  en  dernier  ressort,  au  Président  de  la  République.  Je leur  ai  demandé,  comme exprimé ici à plusieurs reprises, un plan spécial de rattrapage pour l'Auvergne.

D'ailleurs,  à  ce  titre,  Monsieur  Pépy,  il  y  a  dix  jours,  m’a  dit  à  son  avis  qu'il  n'était qu'un technicien. En réalité, il est un peu plus que cela, mais je comprends qu'il s'exprime comme  technicien.  Notre  demande  était  parfaitement justifiée, parce  que  la  situation  de l'Auvergne avec celle du Limousin à côté est la plus catastrophique de toute la France et que sans mesure spécifique, on ne s'en sortira pas.
Ces initiatives ont d'ailleurs été appuyées par de nombreuses délibérations et vœux de soutien des Conseils municipaux. Une cinquantaine de Conseils municipaux a délibéré pour soutenir notre action. Ces démarches sont malheureusement à ce jour restées sans effet.
Malgré les engagements du Grenelle de l'Environnement, à savoir la rénovation de 2 000 km de lignes ferrées classiques, nous ne voyons, pour l'instant, rien venir. De fait, étant ouvert à la discussion, au mois de février, j’ai relancé le Gouvernement et cette fois-ci vous le savez, je lui ai fait deux propositions extrêmement concrètes :
La première est que la Région emprunte 250 M€ sur 30 ans, pour rénover les voies ferrées,  mais  à  condition  que  RFF nous exonère  de  droits  de  péages  pendant  ladite période ils s'élèvent à 14 M€ annuels. Le calcul est très précis : 14 M€, cela nous permet de rembourser, sans charge pour la Région, 250 M€. C'est une avance à RFF n’ayant pas de possibilité et la SNCF lui fait bien aussi des avances, par ailleurs.
J'ai  donc  proposé  au  Gouvernement,  qui  après,  nous  dira  par  la  voix  de  ses représentants qu'il ne se désengage pas, une avance pour finir des fins de mois difficiles et pour assurer l'investissement. Cet effort, je l’ai proposé en demandant une contrepartie raisonnable, car évidemment nous ne souhaitons pas accroître encore la dette de notre collectivité.
La  seconde  proposition  que  j'ai  faite  au  Gouvernement,  peut-être  plus  réaliste,  est celle que la Région n'emprunte qu'une petite moitié de la somme totale nécessaire à la régénération, soit 100 M€. Cela permettrait, au moins, de réhabiliter une bonne partie du réseau à moyen terme et en échange, j'ai proposé au Gouvernement une modulation des droits de péages que nous payons pour faire circuler les trains, c’est-à-dire qu'au lieu de payer  le  tarif  voyageur,  nous  bénéficions  pour  les  TER  d'une  réduction  égale  à  celle accordée par les trains de fret, soit environ 40 %.
Je  l'ai  vérifié  avec  l’ARF  et  ceci  est  autorisé  par  les  règlements  en  vigueur.  C’est techniquement possible. On verra si la volonté politique existe pour le mettre en œuvre.
Ces  deux  propositions  sont  bien  sûr  restées  encore  sans  réponse  et  je  ne  vous cache  pas  ma  déception,  à  ce  titre. Je  souhaite  sincèrement  que  les  responsables nationaux entendent cet appel au travail en partenariat.
Aujourd'hui,  nous  tendons  la  main,  mais  nous  n'excluons  pas  aussi  de  frapper  du point sur la table si rien ne bouge dans un délai raisonnable.
Je  reste,  néanmoins,  déterminé  à  faire  avancer  ce  dossier  si  important  pour  notre avenir, quand le transport et la mobilité durable sont au cœur de notre projet et de notre action. C'est d'ailleurs aussi le sens de la grande réflexion collégiale et prospective pour l'Auvergne,  à  l'horizon  2030,  que  nous  menons  dans  le  cadre  du  Schéma  régional d'aménagement  durable   des   territoires      SRADDT      et   du   Schéma   régional   des infrastructures de transports SRIT.
À  travers  les  réunions  décentralisées  que  nous  avons  organisées  dans  les  quatre départements, nous avons pu prendre la mesure de l’attente sur ces questions. Je suis d'ailleurs de plus en plus convaincu de la nécessité, d'avancer comme nous le faisons de manière complémentaire et globale, tant au niveau du seau régional qu'au niveau des liaisons nationales.  C'est  tout  le  combat  que  nous  menons  sur  la  grande  vitesse ferroviaire, entre l'Auvergne et la région parisienne, dossier prioritaire, je le précise pour qu'il n'y ait pas d'ambiguïté, mais aussi sur un axe transversal Est-Ouest, via l'Auvergne et le Massif Central.
Je me réjouis qu'à ce jour 5 000 personnes  aient signé la pétition que nous avons lancée en octobre dernier, sur le site Internet de la Région, pour soutenir ce grand projet ferroviaire à grande vitesse en Auvergne, même s'il est clair que la liaison Nord-Sud est plus urgente que celle Est-Ouest.

Je me réjouis  d'autant plus du succès de la pétition, que récemment, Dominique Bussereau, le Secrétaire d'État aux transports, a indiqué dans le magazine Rail Passion  du  mois  d'avril :  « J'aimerais  inscrire  dans  cette  carte,  la  carte  des TGV  des projets   comme   Transline,   reliant   la   façade   atlantique   à   Lyon,   idée   soutenue   par l'association   Altro,  présidée   par   René  Souchon,   par   exemple. »   Je précise que Dominique Bussereau est adhérent de notre association.

Notre travail porte donc ses fruits et la perspective pour l'Auvergne d'être un jour un carrefour ferroviaire de l'Europe avance, mais au-delà, un autre grand défi d'avenir nous attend, vous le savez, il faut le répéter sans cesse, celui de la mobilité au quotidien, au sein de notre espace régional.

Le domaine des transports est éclaté entre une multitude d'autorités organisatrices. Aussi, je souhaite dans un souci d'intermodalité,  arriver à ce qu’émerge un rassemblement,  une  fédération  des  autorités  organisatrices  de  transports   Régions, Départements, Agglomérations, etc., afin de créer dans les prochaines années une grande centrale de mobilité et un service coordonné et intermodal de transport à la demande. Ce serait une première nationale, à l'échelle d'un territoire aussi vaste que l’échelon régional.

Autre projet et autre défi sur lequel nous travaillons ardemment : le très haut débit, dans la continuité de notre réussite en la matière. Je vous informe d'ailleurs, au passage, que sur le déploiement du dispositif haut débit, nous avons aujourd'hui environ trois mois d'avance. Je ne sais pas si on les gardera jusqu’au bout, mais cette avance fait que nous devrions  dépasser  très largement  nos  objectifs  pour  la  fin  de  l'année  2008  et  arriver  à quasiment  100 %  de  couverture  à  cette  date,  au  lieu de  fin  mars  2009.  Cette  prévision s’effectue sur la base de l'avancement actuel des chantiers.
Le très haut débit est un projet encore plus ambitieux et nécessite l'adhésion de tous, afin  qu'encore  une  fois  notre  territoire puisse  faire  la  course  en  tête.  C'est  pourquoi,  à l'échelle  des  Agglomérations  et  Départements,  j’entends  fédérer  et rassembler  les  élus pour donner une seconde longueur d'avance à l'Auvergne. Les Auvergnats attendent cela je crois, des responsables que nous sommes.
Dès les prochaines semaines, je vais donc contacter les nouveaux élus des territoires et demain, je serai à Moulins pour rencontrer le nouveau Président du Conseil général de l'Allier. J'ai également contacté Monsieur Wauquiez, afin de lui proposer de faire le point sur les dossiers régionaux concernant Le Puy-en-Velay.
Enfin, je souhaite compléter notre démarche d’écoute et de concertation territoriale. Régulièrement,  je  rencontre  les  quatre Présidents  de  Conseils  généraux.  La  Région organise également une Conférence des territoires associant les structures intercommunales et les Pays. De plus, nous allons lancer, cette année, une Conférence des villes d'Auvergne, pour rendre notre approche et notre politique encore plus efficaces, et  au  service  des  citoyens,  toujours  avec  le  même  souci  d'un équilibre  entre  villes  et campagnes, entre centres et périphéries, entre métropoles et villes moyennes.
L'Auvergne est multipolaire, un territoire pluriel, et à ce titre, et au plus près de nos concitoyens, nous devons affiner toujours plus nos dispositifs, pour leur donner un effet de levier  maximum,  afin  que  l'aménagement  du  territoire  ne  soit  pas  une idée  séduisante, mais une réalité structurante de nos espaces de vie, d'emploi et de recherche.
Mes chers collègues, malgré un contexte budgétaire très difficile, la Région avance, innove,  et  elle  est  pilote  parce  que nous  croyons  et  mettons  en  œuvre  un  modèle  de développement original, solidaire, concerté et équilibré. Ce modèle de développement est celui  de  l'Auvergne  du  mieux  vivre  ensemble  et  celui-ci  passe  par  le  respect  de l'environnement  et la  déclinaison  de  notre  Agenda  21  régional  qui  entre  petit  à  petit  en application  avec  l’éco-conditionnalité  de  nos aides.  Notre  Agenda  21  régional  n'est  pas encore  assez  connu  et  nous  allons  déployer  de  gros  efforts,  afin  qu’il  le soit  plus  de l'ensemble de la population.
Cela  passe  également  par  une  urbanisation  maîtrisée.  Au  passage,  nous  avons  – l’ensemble des collectivités toujours une grande faiblesse remarquée dans le SRADDT sur la maîtrise foncière, car nous n’avons pas réussi, en dehors du Puy-de-Dôme, à mettre un outil mutualisé en place. Peut-être que l'on va pouvoir avancer avec l'Allier, la situation étant fermée du côté de la Haute-Loire et du Cantal, au niveau des Départements.
Cela   passe   donc   par   une   urbanisation   maîtrisée,   une   ruralité   revitalisée,   des déplacements facilités et surtout une cohésion sociale, une vie associative, la valorisation du sport pour tous, le développement de la pratique culturelle et une citoyenneté active, pour les Auvergnats.

À  ce  titre,  l'implication  active  des  citoyens  dans  les  exercices  de  démocratie participative des Assises en 2005 et plus récemment à l'automne 2007, les recommandations qui nous sont faites et qui sont constructives, tous ces éléments doivent enrichir notre action, parce que nous avons, à un moment donné su prendre les risques logiques, mais très salutaires de la critique et de l'écoute.

Bien écouter, c'est mieux cider. Une meilleure écoute et aussi une administration plus réactive et une dépense publique plus efficace. Je citerai un exemple : en 2005, nous avions  indiqué  que  nous  doublerions  le  budget  consacré  à  l'agriculture biologique.
En 2007, il avait plus que triplé. Cet effort, sans précédent, que ce soit les citoyens lors des forums départementaux, les citoyens membres de l’Observatoire des engagements, tous l'ont salué.
Ils ont également tenu à nous encourager encore plus à poursuivre dans cette voie. Ainsi,  avec  le  Plan  bio  régional 2008-2010  qui  vous  est  présenté  et  élaboré  dans  la concertation,  à  l'initiative  d’Élisabeth  Thévenon-Durantin,  nous donnons  encore  une  fois une implication forte à cette filière, puisque nous allons doubler à nouveau notre budget agriculture bio, d’ici 2010. Il atteindra 1,3 M€ et grâce à sa mesure emblématique, l’aide aux exploitations appelée bonus bio régional contribuera à amplifier la structuration d'une filière d'excellence, dont l'image contribue à tirer l'ensemble des filières agricoles vers le haut.
Écouter les besoins, décider et travailler avec conviction, évaluer et faire évaluer par les  citoyens,  voilà  l'Auvergne  du  mieux vivre  ensemble,  fait  de  solidarité,  de  cohésion, mais devant s'articuler avec une culture du projet. De ce côté-là, nous nous dotons des progrès   considérables   à   travers   les   contraintes   territoires   « Auvergne   + »   et   leur réévaluation,  une culture  du  projet,  du  dynamisme,  de  l'innovation,  parce  que  nous voulons aussi une Auvergne du mieux faire ensemble.

Mieux faire, cela passe enfin par la mobilisation de tous les acteurs  du développement  régional,  tous  les  acteurs,  car l'Auvergne  a  besoin  d'un  État  fort  et solidaire à ses côtés, pour répondre aux enjeux du senclavement, de l'aménagement du territoire, du développement économique et social cohérent.

Mesdames  et  Messieurs,  mes  chers  collègues,  nous  sommes  entrés  dans  une période très difficile pour les Régions et je souhaite que chacune et chacun en prennent pleinement conscience, que nous jouions ensemble pleinement la carte de l'intérêt général et donc de l'Auvergne. Je vous remercie.