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Session des 24 et 25 septembre 2007 Intervention de M. Jean Mallot , Président du groupe socialiste
Mes
cher(e)s collègues, Alors que
la mode sarkozyste poursuit la critique et la remise en cause de tout ce qui
émane de la fonction publique, permettez-moi de me démarquer de ce discours
ambiant. Je
m’appuierai pour cela sur les documents de qualité préparés à notre intention
par les services de la Région. Nous
l’avons constaté hier pour la Commission Permanente. Nous le constatons
aujourd’hui pour nos travaux de session. Sans cet
excellent travail fourni en amont, nous aurions bien du mal à prendre nos
décisions et à les faire appliquer. Monsieur le
Président, mes cher(e)s collègues, la Région Auvergne bouge, la Région Auvergne
avance. Elle le fait à son rythme, et en fonction des moyens financiers dont
elle dispose. Cela est vrai notamment pour nos missions premières, comme les
lycées, les TER ou encore la Formation Professionnelle Continue. Elle avance
aussi en innovant, en impulsant, en stimulant les énergies, servant ainsi de
catalyseur à des projets qui, sans elle, auraient bien des difficultés à voir
le jour. Le rythme
avec lequel se succèdent les signatures des Contrats Auvergne + est là pour
attester de la réalité de ce mouvement. Quant au
contenu de ces contrats, il fait apparaître de belles surprises qualitatives. Je ne
citerai que quelques exemples significatifs : En premier
lieu, le regroupement de trois communautés de communes (Lezoux, Billom et la
Vallée du Jouron) appartenant à deux Pays différents, sur un même projet :
la construction de la piscine de Billom. Ensuite, la
mutualisation des études à l’échelon des Pays, en matière d’habitat, d’accueil
des populations ou pour l’établissement de Schéma de présence des services
publics. Enfin,
l’élaboration d’une politique de développement économique à l’échelle d’un
Pays, comme c’est le cas pour « Jeune Loire et ses Rivières », en
Haute-Loire. Vous
l’aurez compris, mes cher(es) collègues, il existe désormais une réelle volonté
de travailler ensemble. Et cette volonté, nous l’avons stimulée en initiant nos
contrats régionaux Auvergne +. Ce
mouvement entraîne une consommation de crédits sans cesse croissante qui exprime
à l’évidence que nous avons remis l’Auvergne en marche, pas seulement en nous
concentrant sur la seule métropole régionale, mais bien en oeuvrant sur
l’intégralité du territoire régional. Nous
l’avions proposé aux électeurs en mars 2004. Nous tenons parole ! Nous
évaluons d’ailleurs régulièrement la pertinence de ce dispositif et pourrons,
grâce au travail d’évaluation de la politique d’Aménagement du Territoire que
nous lançons aujourd’hui, rendre un rapport exhaustif sur la pertinence de nos
politiques d’aménagement. Il y a dans
cela, non seulement une recherche permanente d’efficacité de nos actions et de
la bonne utilisation de l’argent public, mais aussi un souci de transparence
que nous devons aux auvergnats, dans le droit fil des Assises Territoriales
organisées en 2004. Dans
l’esprit aussi du second volet de ces Assises Territoriales qui se dérouleront
dans les quatre départements, d’ici quelques semaines. Bientôt en
effet, dans les quatre départements, nous rendrons compte des suites données à
nos 82 engagements pris devant les auvergnats, pour qu’ils prennent la mesure
de ce mouvement et des progrès accomplis, et qu’ils nous disent ce qu’ils
attendent de nous pour la suite de notre action. Il s’agira,
là encore, d’un moment fort de démocratie participative. Et nous invitons nos
collègues comme tous les auvergnats à prendre part, nombreux à ces forums. Les
ambitions que nous avons en matière de TIC – comme de tout ce qui se rapporte
aux nouvelles technologies, d’ailleurs – procèdent aussi de ce mouvement,
puisque nous allons voter aujourd’hui un rapport visant à la couverture en haut
débit des zones blanches de notre région, avec pour traduction, fin 2009,
l’accès au haut débit pour 99,6 % des 665 000 lignes téléphoniques
actuellement recensées en Auvergne. Notre futur
partenaire France - Telecom a fait la meilleure proposition : le retard
technologique deviendra, paradoxalement, un moyen de prendre de l’avance, pour
un coût relativement raisonnable pour notre Région. Il reste
que, conformément à l’idée que nous nous faisons des services publics, c’est la
collectivité nationale qui aurait dû prendre en charge ce coût, afin de mettre
tous les citoyens à égalité dans l’accès à ce service désormais indispensable. C’est pour
toutes les raisons que je viens de rappeler que l’Auvergne se trouve sous les
feux de l’actualité, citée en exemple en matière de Point Visio Publics, avec
un 1er prix de la Commission Européenne pour le désenclavement
numérique, un autre 1er prix décerné par le Jury des Trophées de la
Qualité des Services Publics pour l’action régionale dans la simplification
administrative. Et enfin cet autre 1er prix décerné par le magazine
CB – News en matière d’initiative multimédia. Autant de
preuves de cette dynamique que nous impulsons, et qui est reconnue jusqu’en
dehors de nos frontières. Je ne tire
de ce constat aucun triomphalisme – car il reste tant à faire – mais j’y vois
cependant un encouragement à poursuivre sur la voie que nous avons eu raison de
prendre, en y associant les quatre départements sans exclusive, et tous les
partenaires publics ou privés qui ont souhaité nous accompagner dans notre
démarche. Un autre
signe de cette Auvergne en mouvement se trouve dans les bilans et les rapports
d’activités, très positifs, de nos grands équipements, comme le Zénith ou la
Grande Halle, dont le détail figure aujourd’hui dans nos documents de session. J’aurai
pour ma part, en ma qualité de Président de la SEM Volcans, plaisir à vous
présenter prochainement les résultats du redressement spectaculaire de Vulcania
que nous constatons pour 2007, redressement dû aux choix courageux que nous
avons su faire, en temps et en heure, face à une situation extrêmement
compromise laissée là en héritage. Concernant
l’exercice de nos principales compétences, je crois pouvoir dire que la
réalisation de nos travaux dans les lycées donne entière satisfaction, comme le
confirme le rythme d’engagements des crédits. Nous aurons
ainsi consacré cette année (hors personnel TOS) plus de 120 millions d’euros à l’Éducation,
avec une enveloppe de 44 M€ pour le fonctionnement et l’aide aux familles, de
13 M€ pour les équipements et près de 63 M€ pour les travaux dans les lycées. Nous avons
ainsi augmenté nos budgets consacrés à l’Éducation de 23 % en 2005, de 10 % en
2006 et de 36 % en 2007. J’ajouterai
la gratuité des formations sanitaires et sociales pour les boursiers et les
demandeurs d’emploi non-indemnisés. Cet effort
est considérable ! Mais c’est le prix à payer pour assurer l’égalité des
chances, offrir les meilleurs conditions d’études aux lycéens, mais aussi
disons-le, rattraper les retards pris avant 2004, lorsque la Région d’alors
avait d’autres priorités. Côté transports
ferroviaires, je note que notre rythme d’acquisition et de rénovation de
matériel roulant est conforme aux objectifs que nous nous sommes fixés. Nous avons ainsi de nouveaux AGC (Autorails de
Grande Capacité) que nous faisons rouler entre Clermont et Lyon, mais aussi sur
les lignes Moulins - Clermont et Aurillac – Clermont. Concomitamment
se poursuit de façon soutenue, la rénovation des gares : Commentry,
Massiac, Murat, Le Puy en Velay, Les Martres de Veyre, Royat – Chamalières,
pour la première tranche. Gannat,
Varennes, Le Rouget, Bas – Monistrol, Arvant, Aurec, Vorey, Brassac, Le Cendre,
Thiers et Lezoux pour la seconde tranche. Voilà, mes
cher(es) collègues, l’illustration de la politique régionale en matière de TER,
politique qui est financée pour partie sur notre budget propre, puisque le
différentiel entre la dotation annuelle de l’État (66,6 M€) et nos engagements
totaux (74,9 M€) en faveur d es TER, s’est élevé en 2006 à 8,3 M€, l’équivalent
de 15 points de fiscalité… Reste que l’état
de délabrement – j’ose le mot – de notre réseau ferroviaire fait qu’en Auvergne
nous ne comptons plus les ralentissements où par mesure de sécurité, les trains
– fussent-ils neufs et payés par la Région – roulent à 40 voire 30 km/heure. Comme
l’ambiguïté entretenue par l’État n’est toujours pas levée, l’usager du TER
continue à imputer les dysfonctionnements au seul Conseil régional, puisqu’on
lui dit que c’est lui qui est compétent. Alors que, nous le savons tous, ces
insuffisances viennent de nos partenaires : Réseau Ferré de France pour
l’état des voies, la SNCF pour la maintenance et l’exploitation. Alors que
faire, mes cher(es) collègues, si ce n’est s’insurger, une fois de plus, contre
cette situation et faire appel au pack auvergnat – je veux parler de trois de
nos quatre ministres auvergnats en exercice, puisque l’une d’eux semble tenue à
l’écart du pack – pour que ceux-ci obtiennent enfin que R.F.F. fasse ni plus ni
moins que son travail. Mais, il
faut bien constater, Monsieur le Président, que toutes vos démarches en ce sens
sont restées vaines. Avouez
qu’il y a là matière à perplexité. Surtout lorsqu’on lit la déclaration de MM Proriol et Hortefeux dans La Montagne ce matin : empruntez,
disent-ils, vivez à crédit pour soulager l’État. Giscard et ses emprunts…. Mais sans
doute ce même pack auvergnat est-il occupé à d’autres tâches ? Celle, par
exemple, de faire pourchasser quelques malheureux « sans-papiers »,
de gronder les préfets n’ayant pas atteint leur quota d’expulsions, de menacer
maires, directeurs d’école ou simples citoyens, coupables de porter un regard
humanitaire sur les naufragés de la misère. Il est des
actions dont la France ne sortira pas grandie. Je souhaitais le souligner
devant notre Assemblée. Car c’est
la méthode de ce gouvernement Sarkozy - Fillon de désigner d’abord à la
vindicte populaire telle ou telle catégorie de la population pour justifier
ensuite de l’adoption à marche forcée de nouvelles lois. Cette
méthode a fonctionné durant l’été pour faire passer les premiers éléments d’une
œuvre néo-conservatrice : généreuse pour les riches, dure pour les pauvres,
portée sur l’intimidation à l’égard des salariés, et autoritaire pour tenir en
respect ceux qui pâtiront le plus de cette politique. Il y a
d’abord eu la loi sur le « paquet fiscal » qui fait cadeau de 13
milliards d’euros par an aux contribuables les plus fortunés de notre pays. Il y a eu
ensuite une loi de réforme des universités qui n’apporte aucune solution aux
problèmes de notre enseignement supérieur et de notre recherche, qui auraient
eu bien besoin d’une partie des 13 milliards d’euros du paquet fiscal. Il y a eu
la loi sur la sanction de la récidive des mineurs. D’autres
lois sont, comme on dit, « dans les tuyaux », prêtes à fondre sur les
classes moyennes, et sur les plus pauvres pour mieux les accabler : je
pense à la TVA sociale ou encore aux franchises médicales. Il y a
actuellement en discussion la nouvelle et énième loi sur l’immigration où
s’illustre d’ailleurs Monsieur Hortefeux,
zélé défenseur de l’amendement Mariani,
qui prévoit l’utilisation des tests ADN dans le cas des demandes de
regroupement familial. Alors que
toute notre action cherche à faire de l’Auvergne une région moderne,
accueillante, ouverte sur le monde, il a choisi de se faire l’exécutant d’une
politique de rejet et d’exclusion, flattant l’électorat d’extrême droite, assimilant
immigré et délinquant potentiel, organisant la traque des étrangers, au risque
de bavures. Il y eut
enfin la loi du soi-disant « service minimum » votée à la charnière de juillet – août et
qui prétend assurer la continuité du service public dans les transports
terrestres, alors qu’en fait, elle ne s’attaque qu’aux seules situations de
grève, pourtant responsables de moins de 3 % des dysfonctionnements constatés. Oui, mes
cher(es) collègues, lorsqu’un gouvernement oublie sciemment que c’est le mauvais
état du réseau ferroviaire et des matériels, notamment, qui sont la cause
réelle de la non-continuité du service public ; lorsqu’il met en avant les
grèves alors qu’elles sont une cause marginale de la dégradation du service, on
voit bien qu’il s’agit d’une loi qui appartient au patrimoine idéologique
classique de la Droite. Le gréviste, voilà l’ennemi ! D’autant
que ce texte est très contesté par les organisations syndicales, qu’il est
accueilli avec circonspection par le GART comme par la Fédération des Usagers
des Transports et qu’il suscite l’inquiétude de l’Union Professionnelle
Artisanale représentant les petits transporteurs à qui cette loi impose des
obligations telles qu’ils estiment par avance ne pas pouvoir y répondre. Non
seulement cette loi, inspirée par une obsession idéologique, construit une
véritable usine à gaz juridique mais elle constitue une source de complications
et de contentieux, et porte en elle les germes de charges supplémentaires pour
le contribuable régional. Car la Région étant
l’Autorité Organisatrice des Transports Collectifs d’Intérêt Régional (TER), le
Département celle des transports scolaires, la Commune ou les EPCI celle des
transports d’intérêt local (le tram de Clermont-Ferrand par exemple) cette loi
leur donne des obligations nouvelles : - Déterminer
les lignes prioritaires en cas de grève, au risque de discriminations. - Imposer elles-mêmes aux opérateurs, l’obligation de
remboursement de l’usager, remboursement que ne manquera pas de répercuter
l’opérateur, soyez en assurés, dans les conventions avec les collectivités. Telles
sont, mes cher(es) collègues, les conclusions que l’on peut tirer de cette
première salve de lois votées par la Droite durant l’été. J’ajouterai,
pour commentaire d’une actualité récente, combien paraissent bien étranges, les
déclarations intempestives du Premier ministre fantôme qui déclare l’État
français en « faillite », devant les yeux interloqués de nos
créanciers internationaux, alors que les premières mesures prises par le
gouvernement n’ont fait que creuser les déficits et empêcher le redémarrage de
la croissance économique. Au moment
d’ailleurs où ce même gouvernement avoue implicitement l’échec des mesures
Douste-Blazy – Fillon de 2003, pour rééquilibrer les comptes de la Sécurité
Sociale. Si l’État est en faillite, les responsables de cette situation siègent
à Matignon et à l’Elysée ! Que dire
enfin de la position de Monsieur Borloo
sur les O.G.M. ? Est-elle celle du gouvernement, celle du Président ?
Un conseiller spécial de Monsieur Sarkozy ne parle t-il pas de
« désinvolture » à propos de la prise de position de Monsieur Borloo ? Le
Gouvernement aurait mieux fait de s’inspirer, sur ce sujet comme sur d’autres,
de la méthode du Conseil régional d’Auvergne : position équilibrée, débats
citoyens, principe de précaution et préservation de l’avenir. Nos débats
avaient clairement permis à nos concitoyens, d’écouter les uns et les autres
pour se forger leur opinion. Et dans l’attente d’une loi, la signature de la
Charte de Florence nous a placés en situation de préserver les intérêts de
l’Auvergne. D’un côté
une Région bien gérée, qui avance et remplit ses objectifs, de l’autre un
gouvernement incapable de piloter notre économie, qui utilise bien mal les
ressources qu’il prélève, et qui l’avoue lui-même. Voilà,
Monsieur le Président, mes cher(es) collègues, ce que je souhaitais vous dire,
au nom du groupe socialiste, en ce tout début de session. Nous aurons
l’occasion de revenir sur ces sujets, je n’en doute pas, au long des travaux de
notre session.
Session des 24 et 25 septembre 2007 Intervention de M. René Souchon, Président du Conseil régional d'Auvergne
Chers collègues, Au cours de
cette session, nous allons procéder à quelques ajustements au sein de
l’exécutif. Jean Mallot a souhaité laisser sa place de premier vice-président
afin de se consacrer pleinement à son mandat de député. Je le remercie
chaleureusement du concours qu’il m’a apporté depuis 2006. Il poursuivra son
travail sous une autre forme puisqu’il est devenu président du groupe
socialiste en remplacement de Jean- Paul Bacquet que je remercie également pour
son implication. Alain Bussière remplacera Jean
Mallot au poste de premier vice-président. Lionel
Roucan assurera le remplacement d’Yves Gueydon
au poste de vice-président en charge de l’environnement. La politique agricole
sera confiée à Elisabeth Thévenon-Durantin qui fera son entrée au sein de
l’équipe exécutive du Conseil régional. Ces
changements sont la traduction concrète des principes de gouvernance que nous
considérons comme essentiels : non cumul des mandats, parité, volonté de
favoriser les jeunes générations. Ces évolutions seront sans conséquence sur le
rythme de réalisation de nos programmes, le travail collectif permettant
d’assurer une bonne passation des dossiers entre les élus dans un esprit de
continuité et suivant la même méthode de travail : Cette
méthode est simple et pragmatique, il s’agit d’évaluer ce qui a été fait, de
rectifier le tir quand cela est nécessaire, de définir les nouvelles priorités
et d’anticiper les besoins à long terme dans une démarche visionnaire. Voila la
mission que nous ont confiée les Auvergnats en 2004 lors des Assises
territoriales : être toujours en phase avec la réalité et conforme à nos
engagements. L’année
2007 correspond à une étape charnière du mandat. Cette étape implique deux mouvements
contraires et néanmoins complémentaires : c’est d’abord un temps de
réflexion dédié à l’évaluation de nos actions, mais aussi une dynamique de
projection qui prend en compte les défis à venir. Pour être
pertinente, cette évaluation doit résulter d’une confrontation avec la réalité
et le vécu de nos concitoyens qui sont les premiers bénéficiaires de notre
action. En 2007, comme cela était convenu depuis 2004, nous redonnons donc la
parole aux Auvergnats pour un deuxième temps fort des Assises territoriales. Pour être
utile, l’évaluation doit également servir de base à une projection de notre
action en vue de répondre aux grandes priorités régionales. Savoir anticiper
pour mieux saisir les opportunités, positionner notre région sur des domaines
stratégiques, rattraper les retards que nous avons pris durant des décennies. Je ne suis
pas en train de vous réciter le petit manuel du bon président de Région mais
les éléments incontournables pour remporter le défi majeur de l’Auvergne :
retrouver une démographie dynamique. Nous sommes
sur le bon chemin. L’Auvergne est de plus en plus attractive et réussit à
accueillir sur son territoire des familles avec de jeunes enfants. J’en veux
pour preuve une enquête de l’INSEE parue en août dernier, qui présente des
projections démographiques plus optimistes. Les chiffres sont donc
encourageants. En effet la population auvergnate aura pratiquement le même
nombre d’habitants en 2030 qu’aujourd’hui en raison d’une baisse de seulement
0,2% contre -8% annoncés en 2000. Il faut
maintenant confirmer la tendance sous peine de voir nos efforts réduits à
néant. Notre région doit poursuivre ses efforts pour adopter une image moderne,
dynamique et ouverte sur l’extérieur. Pour cela l’un des défis majeurs est
celui du désenclavement qui est une condition de notre attractivité. L’Auvergne
remporte le pari du désenclavement numérique Au cours de
cette session vous seront présentés deux rapports concernant le désenclavement
numérique, il s’agit du renouvellement du marché auverdata.net et de la
désignation du titulaire du contrat de partenariat public privé en vue de
desservir les zones blanches haut débit. Dans ce
domaine, le pari est en passe d’être gagné. En effet l’Auvergne bénéficie déjà,
au plan national et européen, d’une image de région pionnière en matière de
développement numérique. Nous avons remporté grâce aux points visio public le
1er prix européen des Broadband Award récompensant les initiatives innovantes
en Europe visant à réduire la fracture numérique. Le 1er prix des
trophées qualité de la DGME nous sera remis début octobre dans la catégorie
"faciliter les démarches e-administratives pour les citoyens". Enfin nous venons également d’être primés pour le
site les « urbanophiles » qui nous a permis de multiplier par trois
le nombre de visiteurs sur le site auvergnebienvenue.com. Ce qui est
important c’est que l’Auvergne change son image et se paie un relooking
audacieux sur le net qui reste notre meilleure accroche pour les nouveaux
arrivants ! Et surtout, on ne se limite pas aux apparences puisque nous
avons toute une panoplie d’outils mis au service du citoyen, des entreprises et
des collectivités qui sont nombreuses à soutenir nos projets et sont des
partenaires solides aux côtés de l’État et de l’Europe. Retenez
simplement qu’un jeune qui veut venir en Auvergne demande comme premier critère
pour s’installer une connexion internet à haut débit. Les
technologies de l’information et de la communication constituent un levier
qu’il était important d’actionner, c’est devenu notre point fort, c’est la
longueur d’avance que nous sommes en train de prendre. 1/Pour aller plus loin encore
notre stratégie tient en trois mots : continuité, innovation, anticipation. · La continuité pour le réseau régional auverdata.net. Cet
outil connaît un véritable succès et doit s’adapter en termes d’infrastructure
à la demande toujours plus grande des usagers. Nous poursuivons les efforts sur
un projet qui confirme totalement son utilité notamment dans l’optique d’une
modernisation de l’enseignement pour nos lycéens avec l’Environnement Numérique
de Travail. Nous passons donc à la troisième version du réseau ! · L’innovation. Nous innovons dans la méthode avec le
partenariat public privé en vue de
répondre au défi de la couverture des zones blanches, c'est-à-dire les
zones qui n’ont pas encore d’accès haut débit. Cette nouvelle procédure nous
permet de garantir une actualisation permanente des technologies utilisées. Ce
qui parait essentiel. Dans le
domaine du virtuel il est important d’être concret : Dans les 18 mois,
avec la signature de ce contrat nous ferons de l’Auvergne une
région où 100% des bourgs jusqu'ici non couverts (ou partiellement) seront
desservis ainsi que la très grande majorité des habitations disséminées. Dès la
fin de l’année 2008, 95% des communes du périmètre de réalisation seront
desservies soit plus de 300. En moyenne, nous ouvrirons quasiment une commune
par jour ! Et la totalité des 338 communes actuellement non couvertes le sera
fin mars 2009. Au delà du
fait qu’il convient d'apporter une solution à ceux qui en étaient privés, nous
contribuerons à améliorer l’accès haut débit pour 35.000 foyers en Auvergne
tout en aménageant notre territoire avec plus de 860 km de fibre optique. C’est
l’innovation la plus marquante car non seulement nous allons couvrir des zones
blanches mais nous allons franchir une étape vers le très haut débit (entre 30
et 100 Mb/s) qui n’était pas prévue à si court terme. L’Auvergne est, avec le
dispositif mis en oeuvre, la région la plus innovante en France. Un projet
d’une telle envergure ne peut être mené seul, nous avons donc fédéré les quatre
Départements et l’Europe pour un montant global de 38,5 Millions d’euros. · l’anticipation, enfin vise à garantir une cohérence
régionale dans le déploiement du très haut débit (la marche supplémentaire à
franchir afin de garantir des débits de 30Mb/s à 100Mb/s) pour le moyen et le
long terme. Les
progrès en cours et à venir dans la couverture en très haut débit sont
déterminants. Cette démarche
d’anticipation implique la mise en place d’une stratégie élaborée avec
l’ensemble des acteurs concernés. C’est pourquoi dès le mois d’octobre une
concertation sera lancée avec les Départements et les Agglomérations sur la
base d’un projet de cohérence régionale offrant une vision claire des
priorités, des modélisations économiques et du calendrier prévisionnel. Je tiens
tout particulièrement à la participation de chacun qui est un gage de réussite
et d’engagement commun dans la voie du très haut débit. À la fin de
l’année 2007, nous serons en mesure de présenter un plan régional concerté du
très haut débit. Pour
assurer la cohérence du plan THD notre démarche se fera dans une logique
de mutualisation de toutes les actions
que nous menons par ailleurs et qui présentent des liens très directs avec le
projet. Il s’agit du Schéma Régional de Développement Economique et du PRDF. En effet les entreprises
ont besoin de connaître le niveau d’équipement que nous leur proposons pour
anticiper les modalités de leur développement. De leur côté, les organismes de
formation professionnelle ont besoin d’anticiper les évolutions du e-learning. 2/
L’enjeu est de taille Le
désenclavement numérique est un dossier stratégique. On ne peut se permettre de
répéter sans cesse le même scénario. En effet il est inconcevable que
l’Auvergne soit la dernière région à être servie comme elle a pu l’être par le
passé sur d’autres dossiers (nous y reviendrons). Inconcevable
de rester dans la posture du territoire qui doit toujours rattraper son retard
sur les autres et livrer d’interminables batailles sans jamais être entendu ou
pris en considération. Cette fois nous prenons les choses en main et nous
postulons à la première place des régions françaises en matière de couverture haut
débit. Fin mars 2009, 50% des 338 communes aujourd’hui mal couvertes
bénéficieront d’un débit de 8Mb/s permettant l’accès au triple play (TV,
internet, téléphone) aujourd’hui réservé aux zones urbaines. Nous sommes
précurseurs tout en restant fidèles au principe d’un aménagement du territoire
pour le bénéfice de tous. Cette nouvelle image d’une Auvergne dynamique,
audacieuse et innovante nous permet de bénéficier aujourd’hui d’une
reconnaissance nationale et européenne, une reconnaissance que les Auvergnats
méritaient. Cela ne
veut pas dire que tout est gagné, il faut rester réactif et savoir anticiper
les évolutions, aujourd’hui nous avons toutes les cartes en main et je compte
bien faire fructifier cet acquis. L’Auvergne
relève le pari du ferroviaire Le succès
du désenclavement numérique n’efface pas les retards qui ont été pris dans
d’autre domaine tel que le désenclavement ferroviaire. En effet,
la grande époque de la priorité à la croix autoroutière a déclassé le train au
rang d’un moyen de transport désuet, dépassé, et sans avenir. Nous le payons
aujourd’hui, l’Auvergne a pris un retard considérable comparé à d’autres
régions. Le train
redevient un moyen de transport à la mode pour des raisons fondamentales qui
auraient pu en partie être anticipées dès les années 70 : moins cher,
moins polluant que la route, il redevient un moyen de transport d’avenir. 1/ Le train est également un outil central de
l’aménagement du territoire comme le démontre le bilan TER 2006 inscrit à
l’ordre du jour de cette session, et qui confirme la tendance avec une
augmentation de 20% du trafic voyageurs. C’est
pourquoi la Région a investi pour améliorer le confort des voyageurs en
assurant le renouvellement du matériel. En 2006, l’objectif qualité a été
atteint et même dépassé, nous avons également réduit le temps de parcours
Clermont- Lyon, enfin notons le succès de la carte solidarité + 308% au
bénéfice d’usagers en situation de précarité. En 2007 nous avons poursuivi la
modernisation des gares et procédé à l’installation d’équipements spécifiques
pour les personnes handicapées. Ce bilan est malheureusement terni par le
mauvais état du réseau qui entraîne des ralentissements inadmissibles sur 170
km de voies aujourd’hui. Dans les
semaines qui viennent, 80 km de voies supplémentaires connaîtront des
ralentissements. J’ai écris
directement à deux reprises à M. Hortefeux pour solliciter son aide. La réponse
du ministre m’inquiète à double titre : · Concernant l’état du réseau ferré, M. Hortefeux souligne que
les récentes rénovations ne couvrent pas l’ampleur du problème qui résulte
d’une longue période de sous-entretien. Sur ce point nous sommes tous d’accord,
mais le ministre ne prend aucun engagement concret pour améliorer la situation
à court terme. · Le deuxième point concerne la liaison TGV en Auvergne. Un
projet qui s’inscrit sur le long terme mais pour lequel il faut agir dès
maintenant. M. Hortefeux fait référence à
une étude sur l’évolution des autres moyens de transports, qui est
certes un élément à prendre en compte, mais qui n’exclut pas l’enjeu
stratégique et la pertinence d’une ou plusieurs liaisons TGV passant par
l’Auvergne. 2/ La Ligne
Grande Vitesse, que tous les Auvergnats appellent de leurs voeux, est un outil
indispensable au rayonnement de notre région vers l’extérieur. C’est une
bataille qu’il faut mener pour que le dossier auvergnat devienne une priorité
dans tous les bureaux parisiens et bruxellois! En effet la Commission
européenne a défini comme axe stratégique majeur un corridor reliant Kiev à
Lisbonne dans lequel l’Auvergne a toutes ses chances puisqu’elle figure parmi
les options du tracé TGV. Le temps
n’est donc plus au doute et aux questionnements, c’est maintenant qu’il faut
agir et porter le projet au risque de rater cette opportunité. Il s’agit de
l’inscrire à l’ordre du jour du calendrier de réalisation. Véritable
trait d’union entre le couloir rhodanien et la façade atlantique, cette ligne
donnerait à l’Auvergne une position centrale modifiant ainsi de manière
radicale la configuration de nos échanges nationaux et internationaux. En effet au
delà de nos frontières nationales, la transversale permettrait aux territoires
du Massif central, aujourd’hui non desservis par la grande vitesse, d’être en
position de carrefour entre l’Espagne et l’est de l’Europe. De plus la
future ligne Lyon-Turin permettrait une connexion avec l’Italie, et le futur
TGV Rhin-Rhône ferait le lien avec l’Allemagne tout en évitant la saturation du
trafic liée aux nécessaires transits via Paris. Les enjeux
sont énormes, la vocation interrégionale et européenne du projet présente une
opportunité économique majeure dont nous ne pouvons pas nous passer. Le
désenclavement est une composante majeure de notre développement économique et
Clermont-Ferrand ne peut pas rester la seule métropole régionale à l’écart du
TGV. Nous avons eu durant 18 ans un ancien président de la République à la tête
de la Région qui n’a pas pu faire avancer ce dossier. Nous avons aujourd’hui 4
ministres auvergnats proches du président de la République qui sont bien
silencieux sur ce dossier alors que nous avons besoin de leur appui. Il est
urgent d’agir aujourd’hui pour demain. C’est cette même responsabilité qui nous
incombe face au péril environnemental. Et je rappelle à ce titre, qu’en
privilégiant le train nous limitons également la consommation d'énergie
polluante, les émissions de gaz à effet de serre et les nuisances liées aux
transports routiers. Pour toutes
ces raisons nous avons décidé d’organiser un colloque le 26 octobre qui mobilisera
l’ensemble des milieux politiques, institutionnels, économiques et associatifs
concernés, au plan national et européen afin de faire connaître ce projet de
ligne transversale grande vitesse et le défendre. Cette
grande manifestation sera l’occasion de présenter la première étape qui a déjà
été réalisée grâce à l’aide de nombreuses collectivités territoriales qui
sont déjà mobilisées pour défendre cette ligne, et au concours financier de
l’État dans le cadre des crédits Massif central. Mais par delà
cette ligne transversale que nous allons baptiser « transline », il
faut entreprendre des études sur la desserte Nord/Sud en utilisant la nécessité
pour RFF de trouver à terme une alternative à la Vallée du Rhône. Celle-ci
pourrait passer à proximité de Clermont-Ferrand. Il faut aussi explorer cette
piste. Trop
longtemps on a mis dans la tête des Auvergnats qu’ils n’auraient pas le TGV. Pour ma
part, je dis que c’est possible et mieux encore, indispensable. Il n’y a que
les batailles que l’on ne livre pas que l’on est sur de perdre. Cette bataille
du TGV j’entends la conduire avec tous les acteurs économiques et politiques et
tous les Auvergnats. Une action
concertée et collective sur l’ensemble du territoire est la clé du succès. Pour
faire bouger leur région les Auvergnats doivent se serrer les coudes et mettre
toutes leurs forces dans la balance. Nous avons ici des potentiels qu’il s’agit
d’utiliser. Notre situation n’est pas figée et nous le voyons bien, lorsque
nous sommes vraiment mobilisés, nous obtenons des résultats et nos initiatives
sont reconnues. Ce que nous sommes en train de réussir pour le désenclavement
numérique nous devons le réussir pour le désenclavement ferroviaire. Ce n’est
plus seulement une question de transport mais aussi et surtout, une question de
dignité. Je vous
remercie.
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