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du  Conseil  régional  d'Auvergne

 

   Session des 9 et 10 janvier 2007 (Budget Primitif pour l'exercice 2007)
 
Intervention de M. Jean-Paul Bacquet
, Président du groupe socialiste  

Monsieur le Président, mes Chers Collègues,
Permettez moi tout d’abord à mon tour de vous présenter mes meilleurs vœux de santé bien sûr, de réussite dans vos projets, de prospérité pourquoi pas, de bonheur pour vous-même et pour tous ceux qui vous sont chers.

Je m’associe bien sûr aux orateurs précédents pour souhaiter à nos compatriotes auvergnats une excellente année 2007.

Mes chers collègues, même si 2006, nous a montré encore trop souvent des images de violence, d’intolérance, voire de conflits fratricides, pourquoi ne pas imaginer 2007, année de fraternité et de dialogue entre les peuples, d’écoute et de respect mutuel, année de paix.

Même si 2006 n’a pas apporté les résultats attendus en matière de justice sociale, de croissance et de progression du niveau de vie ; pourquoi ne pas imaginer 2007, année de la reprise économique, de la solidarité retrouvée et de l'emploi.

Peut-on se satisfaire d’une année exceptionnelle pour les bourses mondiales et la bourse française, lorsque les images de sans-abri couchant sous des tentes lorsqu’il gèle, nous jettent au visage qu’un grand nombre de ceux-ci, travaillent, perçoivent un salaire et ne peuvent même pas satisfaire les besoins essentiels de la vie.

Oui il nous faut souhaiter que 2007 soit l’année du possible !

2007, vous le savez sera une année importante dans notre pays avec les élections présidentielles et les élections législatives.

Souhaitons que ce soit l’occasion d’un véritable débat démocratique sur les problèmes de fond qui se posent à notre pays. Souhaitons, oui, que la campagne ne soit pas dénaturée par la médiatisation outrancière d’un évènement, comme ce fût le cas en 2002. Souhaitons que le vote des français soit un vote d’adhésion et qu’il ne soit pas un vote défensif, voire un vote du désespoir.

Au-delà de nos différences, faisons en sorte que notre République sorte renforcée de ces échéances électorales parce qu’elle est l’ordre, garant de toutes les libertés, parce qu’elle est laïque, garante du respect de toutes les opinions, parce qu’elle est sociale, garante d’une volonté d’égalité.

Nous avons tous constaté, les derniers jours de 2006, les inscriptions massives sur les listes électorales. Que cela soit le premier signe d’une crédibilité renforcée dans le suffrage universel et dans la confiance dont sont investis les élus.
 
Ces inscriptions massives sur les listes électorales traduisent certainement une réelle impatience pour exprimer un choix de société, certainement une véritable espérance que l’on n’a pas le droit de décevoir.
 
Et pour ne pas décevoir au-delà des programmes, la crédibilité sera d’autant plus renforcée que les candidats s’engageront sur un calendrier d’exécution de leurs engagements, car dans ce cas seulement ils permettront aux électeurs d’accompagner à tout moment la réforme.

Mes chers collègues, j’ai comme vous sans doute et comme nombre de français entendu les vœux que le Président de la République a égrenés tout au long de la semaine dernière.

Comment ne pas partager sa proposition d’un droit au logement pour tous, mais comment ne pas s’étonner qu’il découvre, après 12 ans de mandat, que la fracture sociale qu’il avait dénoncée jadis s’est tant accentuée pendant ses deux mandats ?

Jacques Chirac promet pour 2007 du pouvoir d’achat, le plein emploi, de l’équité, un aménagement équilibré du territoire, plus de justice fiscale, un service public fort et rénové,  une France forte, riche du respect de ses différences, engagée dans le combat contre le racisme et le communautarisme.

Il détermine aussi pour enjeu le progrès économique et social et prétend connaître les attentes des travailleurs pour ce qui concerne les salaires et le pouvoir d’achat. Il prétend aussi mesurer les responsabilités particulières de la France dans le monde, vouloir faire progresser l’Europe des projets en matière de recherche, d’énergie, de sécurité ou d’immigration…

Mais pourquoi n’a-t-il pas mis en œuvre hier le programme qu’il propose sans complexe aujourd’hui pour demain ?

Ne doit t-on pas voir dans ces incantations la traduction de son propre doute sur l’utilité même de ses 12 ans d’exercice du pouvoir, doute bien souvent partagé par ses ministres et en particulier par celui qui aujourd’hui même prône la rupture, conscient que l’héritage sera lourd à porter, et oubliant par là même qu’il est lui aussi partie prenante du bilan de la majorité et co-responsable de ses échecs.

La vérité c’est que pendant 12 ans, la paupérisation s’est accrue avec l’apparition de ceux que l’on nomme désormais les « travailleurs pauvres » qui ne peuvent accéder avec leurs piètres revenus aux besoins les plus élémentaires. C’est aussi le drame des mal logés, c’est l’occultation par l’Etat de 2 millions de « chômeurs invisibles », selon une formule désormais classique chez les économistes. Ce sont des statistiques du chômage auxquelles plus personne ne croit.

La vérité c’est que les vœux du Président de la République sont l’expression même d’une forme d’impuissance doublée d’une tragique indécence.

Nous avions connu un Président de la République qui, avant de quitter l’Elysée nous assurait « qu’il croyait aux forces de l’esprit et qu’il ne nous quitterait pas ».

Nous voilà aujourd’hui avec un Président de la République partant, qui ne manque certes pas d’esprit mais qui décidément ne se résout pas à nous quitter en quittant l’Elysée.

Alors mes chers collègues, fort de ces tristes constats, de ces comportements pathétiques et de ces pratiques pitoyables, sachons débattre de notre budget régional 2007 en ayant à l’esprit la nécessité de donner à nos concitoyens l’expression concrète de notre action et un calendrier précis pour la réalisation de nos projets.

La majorité régionale a pris 82 engagements fermes à la suite des assises territoriales. Près des 2/3 sont dores et déjà honorés et il faudra demain par des explications didactiques l’exposer à nos concitoyens.

Les auvergnats peuvent constater que nous avons tenu sur la gratuité des manuels scolaires, sur le premier équipement pour les lycéens en classe professionnelle, sur la création de l’école de la deuxième chance, sur la rénovation de nombreux lycées, sur l’acquisition de matériels roulant neuf pour les TER, sur l’effort accru pour l’enseignement supérieur et la recherche, sur le contrat de plan réalisé à plus de 120% pour la part régionale.

C’est là du concret qui renforce l’idée que notre région avance, malgré les jérémiades de donneurs de leçons toujours prêts pour critiquer mais toujours incapables de propositions alternatives.
 
Et lorsque je relisais il y a quelques semaines Pierre Mendès France dans un livre publié il y a plus de 30 ans qui s’appelait « la vérité guidait leurs pas », où il évoquait Aristide Briand, Clémenceau, Léon Blum, le général De Gaulle, je reconnaissais notre majorité dans ce qu’il écrivait et je le cite :

« Ce que l’on demande à un élu, ce n’est pas d’attendre tranquillement le grand soir, c’est d’agir, fut-ce modestement ; de travailler et de construire… ».

Oui mes chers collègues, je me dis qu’il nous faut continuer à travailler et à construire car nous devons être à la hauteur du défi que nous ont demandé de relever les auvergnats.

Il faut donc un second souffle, et pour cela une progression de notre budget, pour permettre à l’Auvergne de devenir plus attractive parce que plus compétitive, pour parfaire la rénovation des lycées, pour aménager l’intégralité du territoire, parfaire le désenclavement ferroviaire et routier et surtout ne pas rater le désenclavement numérique, ce d’autant que nous sommes actuellement leader en la matière, ce que même la Corée du sud reconnaît. Quant à la Corée du nord sur laquelle s’interrogeait Monsieur Proriol, qu’elle sache bien que nous sommes aussi leader en matière de temps de parole pour l’opposition. Un second souffle enfin pour financer les équipements structurants culturels et sportifs que méritent nos territoires urbains comme ruraux.

Les besoins, nous le savons sont immenses.

Le budget sera donc en 2007 supérieur à 600 millions d’euros de dépenses.

Faut-il pour autant s’en réjouir ? Je ne le pense pas ! L’augmentation d’un budget n’est pas une fin en soi, mais n’a de valeur que s’il répond aux enjeux de demain.

Certes, j’aurais préféré que nous puissions maintenir le budget en deçà des 600 millions d’euros tout en respectant nos engagements programmatiques. Mais l’avalanche de transferts de compétence par l’Etat, transferts  non compensés, non choisis et disons le, imposés, est la première cause de cette escalade budgétaire. Le plafonnement de la taxe professionnelle en est une seconde. Le coût des engagements de nos prédécesseurs, que nous assumons au nom de la continuité républicaine en est une troisième.

Indéniablement, les transferts de compétences pèsent considérablement sur notre budget, même si nous devons quelquefois les assumer à regret.

Prenons l’exemple du transfert des TOS qui par son ampleur, conduira à multiplier par 7 les personnels de la région et dont la première des conséquences est de changer la fonction de la région qui, d’initiatrice de projets, deviendra administratrice de gestion avec les lourdeurs que cela entraînera inévitablement.

J’ai à ce propos, une pensée pour notre regretté Président Pierre-Joël Bonté qui me confiait en 2004, lorsqu’il m’a sollicité pour être dans sa liste, qu’il avait choisi la Région car la lourdeur de la gestion du quotidien, au Département, ne lui permettait pas de s’inscrire dans une véritable projection à long terme ni de lancer une réelle planification pour l’avenir et répondre ainsi aux vrais défis du développement des territoires.

J’imagine combien Pierre-Joël serait aujourd’hui désabusé de cette modification du rôle des régions, ce d’autant que la stratégie de Lisbonne organise la compétition entre elles, sans péréquation, sans réelle autonomie fiscale et avec une amputation des fonds européens qui leurs étaient destinées.

C’est dans ce contexte de gestion que nous assumerons le fonctionnement de l’aéroport de Clermont pour lequel nous pouvons nous réjouir d’avoir réuni dans un syndicat mixte les trois partenaires que sont le Conseil Régional, le Conseil Général du Puy de Dôme et Clermont Communauté.

Faut-il pour cela oublier le coût de ce transfert, oublier nos inquiétudes sur l’avenir de cet aéroport à l’heure où la privatisation d’Air France conduit à la multiplication des suppressions de lignes, oublier que si nous souhaitons l’arrivée de compagnies low cost, il ne faut pas perdre de vue que certaines de ces compagnies appliquent par anticipation, la directive Bolkestein, ce qui confirme que si l’Europe sociale et politique est en panne, l’Europe de la finance se porte bien.

Nous devons assumer aussi le transfert des centres de formation médico- sociale et permettre à ceux qui ne peuvent accéder à une formation de le faire. Mieux même à ceux qui, salariés des hôpitaux, sont privés de la formation qu’ils méritent en raison de l’étranglement financier des établissements hospitaliers. La région devra donc désormais assurer cette charge financière supplémentaire.

Pour les TOS, il nous faut aussi créer et assumer financièrement 18 postes complémentaires d’encadrement, mettre en place les financements d’harmonisation des grilles indiciaires, du coût de la mise en place d’une médecine de travail, contestée ici même, lors de notre dernière session par l’opposition la plus extrême.

Un député de la Majorité UMP, Monsieur Wauquiez, dénonçait lui-même les insuffisances de la médecine préventive du travail chez les étudiants ainsi que les aberrations statutaires des personnels concernés. Comment peut-on dénoncer à Paris ce que l’on accepterait à la Région.

Bref, nous devons faire face à toutes ces carences d’un Etat qui se défile faute de pouvoir assumer ses responsabilités. Mais comment ne pas le comprendre lorsque la dette est supérieure à 1100 milliards d’Euros et que tous les comptes sociaux sont en déficit.

Aéroport, service de l’inventaire, AFPA, formation médico-sociale, agents techniques des lycées…comment résister financièrement à une telle avalanche de transferts de compétences sans toucher à l’impôt ?

Fallait t-il renoncer à moderniser nos lycées, nos transports régionaux, sacrifier la formation professionnelle continue ? Que ceux qui le pensent le disent clairement.

S’agissant de compétences régionales initiales, il n’était pas question pour nous de renoncer.

Fallait t-il privilégier l’explosion des charges d’emprunt et faire reposer sur les seules générations futures le remboursement de la dette ? D’autres ici l’ont fait et nous savons ce que l’emprunt hérité pèse sur notre budget comme pèseront sur les générations montantes les dettes de l’Etat.

Fallait t il trancher dans le vif et sacrifier nos programmes en faveur de l’agriculture, de l’artisanat, du commerce, des services, des communes, des associations ? Que n’aurait t-on entendu de ceux qui aujourd’hui critiquent la progression du budget régional, alors qu’ils déposent sans vergogne des amendements demandant plus de dépenses, à l’exception, il faut le préciser, d’amendements abaissant les dotations de fonctionnement pour les lycées publics. Il faut croire que les élus de l’opposition régionale connaissent mal les lycées publics, et je suis à leur disposition pour leur faire connaître des ateliers dans lesquels il gèle en hiver, ou il pleut quelquefois, au Lycée Sainte-Claire Deville à Issoire notamment. N’oublions pas non plus que ces mêmes élus de l’opposition régionale ont approuvé sans ambiguïté l’avalanche des transferts de l’Etat sur la Région qui plombe aujourd’hui nos finances.

Pour poursuivre sur la voie de la modernité et le respect des engagements pris devant les électeurs, il est inévitable de faire appel à l’impôt dynamique, c'est-à-dire tourné vers l’investissement.

Il faut bien sûr du courage et des efforts pour refuser à l’Auvergne le déclin et pour l’inscrire de façon durable dans le mouvement et l’avenir.

Assurons pleinement nos responsabilités, même si les transferts non compensés et la coûteuse continuité républicaine, nous obligent à des prélèvements fiscaux supplémentaires.

Le CESR, dont nous connaissons comme je le disais ici même, la traditionnelle prudence et les choix courageux et sans ambiguïté de son Président, conclue objectivement à la nécessité de cette augmentation de fiscalité. Je profite d’ailleurs de cette intervention pour féliciter le Président Doly de sa promotion au grade de Chevalier dans l’Ordre de la Légion d’Honneur, insignes qu’il a reçu à Paris dans la plus discrétion et que nous avons appris grâce à la presse régionale.

Sachons lui dire combien nous partageons les compliments dithyrambiques prononcés à son égard par Monsieur le Ministre des Collectivités Territoriales, notre collègue Brice Hortefeux, lorsqu’il lui a remis au ministère cette prestigieuse distinction.

J’ai entendu tout à l’heure Monsieur Proriol faire reproche du coût de l’indemnité des élus. Parler du CESR me ré-évoque l’augmentation de l’indemnité des membres de ce Comité qui est de plus 144 % alors qu’ils ne percevaient auparavant que de rares vacations, étant certainement considérés par la Droite comme des élus tout à fait secondaire. Je le rappelle donc : plus 144 % pour les membres du CESR plus 27 % pour les élus du Conseil régional, ce qui ne pèse globalement que pour 0,33 % du budget régional. Chacun jugera de la pertinence des critiques de l’opposition.

Bien sûr, j’aurai préféré, comme en Poitou-Charente, sous la présidence de Ségolène Royal, que nous n’augmentions pas les impôts. Encore aurait t il fallu pour cela que nous arrêtions tous les engagements de la majorité Giscard, comme Ségolène l’a fait pour les engagements de la majorité régionale Raffarin.

Lorsque Monsieur Proriol reprochait tout à l’heure l’embauche de 38 personnes au CRDTA, dois-je lui rappeler que s’il y avait eu de l’ingénierie au CRDTA auparavant, nous ne serions pas obligés aujourd’hui de verser 9 millions d’euros à Vulcania.

Je dois vous dire Monsieur le Président combien je partage votre souci de transparence et votre courage politique lorsque vous annoncez dans la presse, huit jours avant que nous nous réunissions, l’augmentation de 25% des impôts, c’est à dire en prenant les auvergnats à témoin et non pas en masquant la vérité, comme le prétend Monsieur Proriol.

C’est là une façon chevaleresque d’assumer ses responsabilités qui contraste avec la conférence de presse surréaliste et quelque peu pitoyable d’une opposition perdue dans ses contradictions et incapable de la moindre proposition, 24 heures avant notre session.

De même, il est plus courageux de votre part, Monsieur le Président, d’assumer l’augmentation de la TIPP régionale que de voir l’opposition critiquer cette possibilité d’impôt qu’elle a pourtant créée en votant la loi de finances.
 
Et nous savons bien, hélas, que si ces recettes sont nécessaires, elles n’en demeurent pas moins injustes, lorsqu’elles servent à compenser l’amputation de la taxe professionnelle, car comme vous le savez, la taxe professionnelle est payée par les entreprises et les professions libérales, alors que la TIPP est payée par le riche comme par le pauvre, au même taux.

C’est pourquoi j’espère que demain un gouvernement de gauche saura rétablir au niveau national la TIPP flottante et je ne doute pas que la Région saura trouver alors les moyens d’appliquer un mécanisme similaire.

Monsieur le Président, mes chers collègues, assumons pleinement nos choix budgétaires, assumons les d’autant plus qu’ils sont indispensables face à la situation dans laquelle le gouvernement a placé les régions.
J
e rappellerai à ce sujet ce qu’Adrien ZELLER, président UMP de la région Alsace écrivait dans le journal Le Monde le 7 octobre 2006 et je le cite :
« Aujourd’hui, tout est en place pour que le rôle stratégique de modernisation joué par la plupart des régions depuis 10 ou 15 ans, non pas d’accroisse, mais diminue, faute de pouvoirs réels, de compétences et de moyens. D’ici 4 ans au plus, même en tenant compte des marges de 1,5 centimes d’euros par litre de carburant prévu en faveur des régions en matière de TIPP, celles-ci ne pourront plus faire face à leurs diverses missions d’aménagement, d’équipement, de transport, de formation initiale et continue, de recherche-développement et d’innovation, d’environnement et de développement économique et culturel régional. « On » risque de réussir le tour de force, de réduire à peu de chose une des plus jeunes et plus prometteuses institutions de notre pays, naguère imaginée par le Général de Gaulle et plus tard par Gaston Defferre, conçue et mise en place pour relever progressivement quelques uns des défis les plus essentiels du pays ».

Monsieur le Président, mes chers collègues, c’est parce que nous refusons cette fatalité que nous assumerons pleinement nos choix budgétaires.
J
e vous remercie.


   Session 9 et 10 janvier 2007 (Budget Primitif pour l'exercice 2007)
 Intervention de M. René Souchon, Président du Conseil
régional  d'Auvergne

I – 2007 : Le contexte politique général
Mes Cher(e)s Collègues,  
Je souhaiterais tout d’abord vous adresser ainsi qu’à vos proches, mes meilleurs vœux de bonheur, de prospérité et de santé pour cette nouvelle année 2007.  
Je voudrais aussi que chacun d’entre nous puisse avoir aujourd’hui une pensée pour notre ami Pierre Joël qui nous a quitté il y a maintenant un an, un an déjà.
2007 commence malheureusement dans la morosité : précarité, instabilité et insécurité de l’emploi (le pourcentage de salariés ayant connu un déclassement a doublé en 20 ans pour atteindre 7%), baisse du pouvoir d’achat, difficultés grandissantes pour accéder à un logement décent, panne de la croissance française au 3ème trimestre 2006 (l’évolution du PIB est restée proche de 0%...)…
Ce climat pèse lourdement sur le moral des français mais ce n’est malheureusement pas une surprise.
La politique de la droite a amplifié les effets dévastateurs de la crise généralisée de notre société : le déficit de l’Etat est passé de 32 milliards d’euros en 2001 à 41,6 milliards d’euros en 2007, la dette publique atteint quant à elle 63,6% du PIB soit une hausse de 7,4 points de PIB par rapport à 2001.
Il s’agit je le pense sincèrement de « 5 années perdues pour la France ».
5 années durant lesquelles la fracture sociale n’a eu de cesse de se creuser même si ces « 5 années de perdues » ne l’ont pas été pour tout le monde :  
En effet, depuis 2002, les 10% de Français les plus riches ont pu se partager près de 6 milliards de baisse d’impôt sur le revenu…
….dans le même temps, on apprend que 6,9 millions de Français vivent actuellement avec moins de 800 euros par mois.
2007, c’est aussi l’application totale de l’Acte II de la décentralisation, l’application de la loi du 13 août 2004 voulue par Jean-Pierre RAFFARIN.
Cette réforme, nous l’appelions pourtant de nos vœux, nous, forces de gauche.
Nous la souhaitions pour changer notre logiciel d’action publique, pour en finir
  avec ce centralisme historique qui verrouille et bloque notre Pays.
Mais ce changement n’a pas eu lieu.
Il n’a pas eu lieu car l’Acte II de la décentralisation nécessitait 3 préalables incontournables :

-
 une fiscalité locale adaptée aux nouvelles responsabilités des collectivités
-
 une juste péréquation pour les collectivités les plus fragiles,
-
 des moyens juridiques et humains pour assumer les nouvelles compétences.
En esquivant ces 3 obligations, la décentralisation est devenue une idée impopulaire, synonyme de délestage de l’Etat et d’aggravation des inégalités territoriales.
La décentralisation s’est donc faite par défaut, dans le soupçon, accentuant la méfiance justifiée des territoires envers l’Etat, instillant le doute dans l’esprit de nos concitoyens quant à son bien fondé.  
La décentralisation y a perdu son âme et sa philosophie, l’Etat se retirant sur la pointe des pieds, se montrant incapable de réformer, maintenant ses structures verticales, ajoutant de la complexité et des contrôles au lieu de libérer les énergies et la créativité.  
Ce constat dramatique, tous les échelons territoriaux et toutes les sensibilités politiques s’accordent pour le dénoncer :
Lors du 89ème Congrès des Maires qui s’est tenu du 21 au 23 novembre dernier, ce sont en effet tous les élus des collectivités locales qui ont pointé du doigt la crise sans précédent des finances locales.
Des finances locales, surtout celles des Régions, littéralement asphyxiées par les mesures de plafonnement de la Taxe Professionnelle et le « bouclier fiscal » mis en place par le gouvernement. 
 
Une crise dont les causes ne sont liées ni à des dépenses déraisonnables ni à l’irresponsabilité des gestionnaires des collectivités locales, mais qui se trouve bien pour une part dans les contraintes que l’Etat impose et pour l’autre dans les missions dont il se défausse !
Le projet d’avis sur la fiscalité et les finances publiques locales remis le 13 décembre dernier au Conseil Economique et Social par Philippe VALLETTOUX parle de lui-même !
Les arguments évoqués dans ce rapport qui recherche « une nouvelle donne pour la fiscalité locale » auraient d’ailleurs dû depuis longtemps faire taire toute polémique puisque l’on nous confirme notamment :

-
  que l’investissement des collectivités locales représente aujourd’hui plus de 70% de l’investissement public Français ;
-
  qu’il est massivement réalisé par autofinancement et qu’il contribue au maintien de 850 000 emplois en France ;
-
  que l’endettement global des collectivités locales est extrêmement faible par rapport à celui de l’Etat et des comptes sociaux ;
-  que les prélèvements des Conseils Régionaux atteignent seulement 4,4 milliards d’euros (sur un montant total de ressources hors emprunt s’élevant à 17,5 milliards d’euros).
Il faudra donc réformer les finances locales car elles sont devenues, outre leur injustice, d’une trop grande complexité au fil des ans, notamment en raison des multiples dégrèvements et compensations décidés par le législateur.
Il faudra les réformer en s’appuyant sur les principes de clarté, simplification et responsabilité énoncés par le rapport VALLETTOUX que je crois bon de retenir comme « feuille de route » et que je me permettrai d’évoquer ici très rapidement :

-
  d’abord favoriser la relation directe entre la collectivité territoriale et chaque catégorie de redevable ;
-  ensuite permettre une identification immédiate du niveau territorial détenant le pouvoir fiscal par le contribuable, selon le principe « 1 collectivité = 1 impôt »  ;
- enfin, éviter que l’Etat se substitue à telle ou telle catégorie de contribuables par des exonérations fiscales (qui représentent aujourd’hui 14 milliards d’euros)
-
  il faudra aussi revoir les bases fiscales aujourd’hui obsolètes ;
-
 
il sera également nécessaire de corriger les disparités les plus criantes entre Collectivités territoriales, grâce à l’Etat qui doit conserver un rôle de péréquation fort.  
Je crois en effet que ce n’est qu’au prix d’un véritable « Big Bang Fiscal » que les Régions seront enfin dotées de moyens réels en rapport avec leurs compétences pour bâtir la société de demain !
Des moyens qui pourraient être mobilisés dans le cadre d’une nouvelle régionalisation.
Une régionalisation juste, radicale et loyale basée sur la définition de blocs de compétences clairs pour chaque niveau de collectivité territoriale, au lieu et place d’un croisement et d’une superposition incompréhensible d’interventions dans laquelle le citoyen se perd.
Une régionalisation véritable, condition incontournable d’un Etat fort ramassé sur ses compétences régaliennes et son rôle de péréquation.  
Un Acte III de la régionalisation qui permettra de recentrer le pouvoir de la Région sur ses domaines de compétences prioritaires c'est-à-dire ceux qui sont directement pourvoyeurs d’un développement économique durable pour l’ensemble de ses territoires.  
Dans l’immédiat, la décentralisation Raffarin constitue un handicap majeur pour les Régions.
Je rappelle en effet que d’après l’audit réalisé récemment pour le Forum de la Gestion des Villes sur les conséquences de l’Acte II de la décentralisation, 50 millions d’euros manqueront dores et déjà en 2007 à l’ensemble des Régions pour faire face aux compétences transférées et non compensées à l’euro près.
Et cela sans compter le manque à gagner pour les Régions lié aux nouvelles règles de l’écrêtement de la Taxe Professionnelle qui s’élèverait au minimum à 290 millions d’euros (selon une récente étude réalisée par DEXIA).

II- 2007 : Le contexte politique régional
En région Auvergne, ce sont environ 7 millions d’euros qui correspondent à des compétences nouvelles et qui ne seront pas compensées.
7 millions d’euros auxquels il convient d’ajouter le poids encore très lourd de l’héritage ou plutôt des héritages de l’ère Giscardienne :
Je vous rappelle en effet qu’en 2004, nous avons fait le choix de la continuité républicaine en décidant d’assumer les autorisations de programme engagées par la majorité régionale précédente.
Cela correspondait à la somme de 291 millions d’euros soit quasiment autant que le montant de la dette régionale.
En d’autres termes, nous avons décidé de réaliser ce qui avait été promis par nos prédécesseurs alors que nous n’y étions en rien obligés.
A ce moment là, d’autres Régions ont fait le choix de « repartir à zéro » (Poitou-Charentes et Languedoc Roussillon). Avec le recul, on peut se demander si nous avons eu raison.
En 2004, nous avons aussi hérité de Vulcania et pour aller vers plus « d’émotionnel et de sensationnel », nous venons de décider courageusement d’inscrire 9,8 millions d’euros de crédits de paiements au budget primitif 2007 en faveur de Vulcania II.
Mais le plus frappant, mes cher(e)s collègues, c’est que depuis le 1
er Janvier 2007 la Région n’est plus véritablement une « administration de mission » comme elle l’était traditionnellement jusque là.
Elle est devenue avant tout une « administration de gestion ». En ce sens, nous vivons une véritable révolution culturelle.  
Une révolution qui coûte cher. Mais cela, vous le savez maintenant que trop bien.
Une révolution culturelle qui se traduit aussi pour la Région par un changement interne sans précédent puisque 378 nouveaux agents des Lycées, que nous aurons le plaisir d’accueillir officiellement lors de la cérémonie des vœux du 11 janvier prochain font partie du personnel régional depuis le 1
er Janvier dernier.
378 personnes pour lesquelles nous avons décidé de conduire une politique sociale digne de ce nom, en prenant des mesures nécessaires et entièrement assumées financièrement par la Région à hauteur de 2 millions d’euros pour ce qui concerne la formation, la médecine du travail, l’action sociale.
Avec 680 agents, nous avons vu nos effectifs doubler en un an et ils vont encore doubler, car seuls 30 % des agents de lycée ont, pour l’instant, opté pour l’intégration dans la fonction publique territoriale.
Vous conviendrez donc, mes cher(e)s collègues, qu’il relèverait du miracle de parvenir à doubler nos effectifs sans augmenter nos dépenses de fonctionnement en 2007.  
C’est pure démagogie de dire, comme le fait l’UPA, que nous pourrions gérer ce doublement des effectifs avec le même personnel affecté à la gestion.
Pour compenser une partie des charges transférées, le gouvernement nous a donné la possibilité de bénéficier d’une part de la TIPP ; cette fraction d’impôt, faut-il le souligner, n’est pas dynamique puisqu’elle est liée au volume de consommation de carburant des particuliers qui a tendance à baisser.
Elle est par ailleurs injuste et incohérente dans la mesure où dans une logique de développement durable nous préférons inciter les citoyens à limiter l’utilisation de leur véhicule personnel en faveur du train ou des transports collectifs.
Elle constitue donc un cadeau empoisonné que nous avons du nous résoudre, à accepter, comme la quasi-totalité des Régions (y compris du Président de droite A. Zeller), parce que nous n’avions pas le choix.
L’augmentation coûtera en moyenne 1 centime par litre d’essence soit 12 millions d’euros qui devront d’abord compenser la perte de taxe professionnelle (comprise entre 4,7 et 6 millions d’euros selon les estimations fluctuantes du gouvernement) et ensuite être utilisés pour la modernisation des TER :
Les automobilistes participeront ainsi directement au développement du transfert ferroviaire des voyageurs : cela va dans le sens des actions fortes que nous souhaitons mener en faveur du développement durable.  
Alors oui, mes cher(e)s collègues, dans ce contexte qui pèse lourdement sur le budget de notre collectivité, nous avons fait le choix nécessaire de l’augmentation de la fiscalité.
Un choix incontournable si l’on considère que l’écart de développement entre régions se creuse.
Nous n’avons pas le droit de contribuer à cette fracture territoriale en nous retranchant derrière la responsabilité du gouvernement, pour
  ne pas nous donner les moyens d’action indispensables.
Nous avons donc besoin de moyens nouveaux pour tenir le pari d’un développement équilibré de l’Auvergne et éviter le décrochage avec les autres Régions françaises.
Alors non, mes cher(e)s collègues, les Régions Socialistes ne s’adonnent pas à avec joie à des « des ponctions injustifiées sur les contribuables » (La Gazette des Communes du 20 Novembre 2006) comme se plait à le dénoncer sans cesse le gouvernement ou l’ensemble du groupe UPA (à des fins purement électoralistes !).  
Je note d’ailleurs que le groupe UPA a déposé 34 amendements qui impliquent tous des dépenses supplémentaires, sans proposer, la plupart du temps, les recettes équivalentes… Démagogie totale !  
Nous récusons la méthode de Valéry Giscard d’Estaing, qui ne levait pas l’impôt mais finançait l’investissement à crédit, faisait payer aux générations futures ses choix de gestion, d’où l’endettement par habitant de la région Auvergne qui nous place en 2
ème rang en France.
Nous, nous avons préféré la « gestion responsable » car nous agissons pour le futur et nous n’envisageons pas de léguer une Auvergne criblée de dettes aux générations à venir.
L’augmentation des taux d’imposition nous permettra une ressource supplémentaire de 16 millions d’euros. 16 millions d’euros payés par les contribuables concernés c'est-à-dire ceux qui doivent s’acquitter de la taxe professionnelle et/ou des taxes foncières sur les propriétés bâties et non bâties puisque je rappelle que la Région ne perçoit pas la taxe d’habitation versée par les locataires.
Ces 16 millions d’euros sont constitués pour 4,3 millions par la Taxe Professionnelle et pour 11,7 millions par la Taxe sur le Foncier Bâti.
La Taxe sur le Foncier Bâti de 11,7 millions d’euros s’appliquera pour 3,27 millions d’euros aux entreprises et pour 8,43 millions d’euros aux particuliers propriétaires.
Ces 8,43 millions d’euros correspondent à une augmentation annuelle moyenne de 14 euros 40 centimes pour les ménages concernés, soit 1 euro 20 centimes par mois, les locataires étant exclus, je le répète, de cet effort.
1 euro 20 centimes par mois et par ménage imposé, le prix d’un café, c’est ce que représentera en moyenne
 
l’augmentation du taux d’imposition de la Région Auvergne.
L’augmentation de la part régionale de la fiscalité entraînera une hausse de la fiscalité locale totale inférieure à 4 %.
Ces moyens financiers sont nécessaires pour raisonnablement assumer l’ensemble des nouvelles charges qui nous incombent sans avoir recours à l’emprunt de manière excessive.

Ils sont nécessaires aussi, pour traduire dans la réalité, notre rôle de développeur des territoires en accentuant la déclinaison de nos priorités sur l’ensemble des territoires de l’Auvergne.

III- 2007 : l’année de la « rupture totale »  
Mes cher(e)s collègues, 2007 sera l’année de la rupture totale avec les programmes et les méthodes hérités du passé.
En 2004, nous nous somme hissés à la hauteur de l’enjeu majeur de cette élection régionale : la renaissance d’une Auvergne qui regarde tous ses problèmes en face et sans tabou pour mettre ses valeurs en conformité avec ses actes et avec son époque.
Depuis 2004, la méthode a changé. Elle est dorénavant basée sur la concertation, le partenariat, l’écoute et la démocratie participative, qui doit trouver leur place au côté de la démocratie sociale et représentative.

Depuis 2004, pas un
  seul des anciens programmes de la Région n’aura échappé à la réforme pour mieux coller aux attentes des Auvergnates et des Auvergnats.
Depuis 2004, nous avons construit le cadre méthodologique de notre action économique avec le Schéma Régional de Développement Economique, avec le Schéma Régional de Développement Touristique, celui de notre action en faveur de la formation avec le Plan Régional Des Formations que nous examinerons aujourd’hui, celui du développement et de l’aménagement du territoire.
 
Nos interventions en faveur du sport, de l’environnement, de l’agriculture ont été revues et, en septembre prochain, nous soumettrons l’Agenda 21 au vote de note assemblée plénière pour introduire le développement durable dans l’ensemble de nos programmes et de nos pratiques.
   
En 2007, nous avons décidé de passer à la vitesse supérieure afin de renforcer la confiance qui nous unit aux citoyens auvergnats et de rechercher plus d’efficacité.

Plus que jamais, notre méthode sera caractérisée par le passage d’une logique de guichet à une logique de projets.

Plus que jamais nous afficherons la justice territoriale comme ambition première.

Plus que jamais, nous agirons en cohérence avec les attentes de nos concitoyens déclinées dans les 82 engagements de notre projet pour l’Auvergne, dont près de 60 % sont aujourd’hui tenus.

Ce qui nous importe c’est de rendre lisible une action régionale dynamique car ce que les Auvergnats attendent avant tout, et c’est bien normal, c’est la politique par la preuve.
La préparation de ce budget s’est faite en parallèle avec la préparation du Contrat de Projet Etat-Région 2007-2013.

Sans rentrer dans le détail de son contenu que j’aurai l’occasion de vous présenter lors de la session extraordinaire du 5 février prochain, je souhaiterais vous dire que le compromis auquel nous sommes parvenus est acceptable.

Après un bras de fer difficile avec le gouvernement, c’est finalement une rallonge de 21% qui nous a été accordée.

En bataillant sans relâche et en donnant la parole à l’ensemble des forces vives de l’Auvergne lors des conférences de
s territoires que nous avons organisées le 30 septembre et le 19 décembre 2006, nous avons imposé à l’Etat de respecter le rapport 60/40 ainsi que l’assemblée l’avait fixé dans son mandat de négociation.  
C’est le gage d’une meilleure prise en compte de la solidarité nationale vis-à-vis de notre région alors que le gouvernement souhaitait un rapport 50/50 dans la droite ligne de la mise en compétition des territoires.
Nous disposerons donc au final de 471,213 millions d’euros sur la période 2007-2013 avec un engagement de 188,485 millions d’euros pour la Région Auvergne sous réserve de la validation par le Conseil Régional. 471,213 millions d’euros auxquels il convient d’ajouter les 162,9 millions d’euros qui sont disponibles dans le cadre de notre Convention Interrégionale de Massif que j’aborderai également plus précisément lors de notre prochaine session.

471,213 millions d’euros qui nous permettront de recentrer notre action sur des priorités fortes que l’on retrouve bien sûr dans le budget 2007 :

-
 désenclavement ferroviaire

-
 aménagement et développement du territoire

-
 éducation, formation, innovation

-
 nouvelles technologies

-
 environnement et développement durable

Ces priorités se traduisent dans le budget 2007 par l’amplification de nos programmes actuels en direction des Lycées (+ 20 millions d’euros supplémentaires par rapport à 2006), du développement durable (+ 2,175 millions d’euros), des TIC (+ 2,3 millions d’euros), de Vulcania (+ 7,55 millions d’euros).
Ces priorités expliquent les actions nouvelles en faveur :

-
 de la gratuité des formations médico-sociales (+0,180 millions d’euros),
-
 d’un programme d’équipements sportifs soucieux d’un véritable équilibre territorial (+2,75 millions d’euros),
-
 de la prise en compte des dépenses pédagogiques des exploitations des Lycées agricoles (+0,2 millions d’euros),
-
 d’une politique active en direction de l’installation des médecins en zone rurale (+ 0,12 millions d’euros)
-
 ou encore de la mise en place d’un système d’aides directes pour les entreprises agro-alimentaires (+0,5 millions d’euros)… .
Mais la priorité de nos priorités pour 2007 et les années suivantes, c’est d’accélérer le désenclavement ferroviaire, routier, aérien et numérique des territoires, condition sine qua non pour accueillir de nouvelles populations.
Condition sine qua non pour que l’Auvergne devienne « plus attractive, plus accueillante, ouverte au Massif-Central, à la France, à l'Europe et au Monde » (
Point 1 de la Charte pour L’Auvergne)  et que « le désenclavement constitue enfin un droit pour chacun de ses territoires » (Point 5 de la Charte pour l’Auvergne).
Cet objectif majeur, nous l’affichons tout d’abord clairement dans le Contrat de Projet 2007-2013 en prévoyant 50 millions d’euros pour l’amélioration des lignes Clermont/ Paris, Clermont/Lyon, Clermont/ Le Puy et Clermont/Aurillac.
50 millions d’euros en faveur du développement du transport ferroviaire, sans compter l’achat de matériel neuf, cela constitue une véritable première.
Mais c’est bien le minimum lorsque l’on croit au développement durable qui passe par un nécessaire encouragement à la résurrection du rail.

C’est un minimum et il faudra que l’on nous confirme l’inscription des crédits d’études « ALTRO » dans la Convention Interrégionale de Massif 2007-2013.

Des crédits indispensables à la préfiguration de la Ligne Transversale Grande Vitesse Atlantique/Limoges/Clermont/Lyon, sans laquelle l’Auvergne resterait malheureusement à jamais enclavée.
 
Cet objectif majeur du désenclavement, nous l’affirmons ensuite en dédiant des sommes significatives à l'aménagement des routes départementales dans le cadre des conventions triennales qui nous lient aux Conseils Généraux.

Nous l’affirmerons encore en assumant le moment venu, car le transfert de l’aéroport n’est pas fait à ce jour, pleinement notre gestion dynamique de la plateforme aéroportuaire de Clermont-Ferrand grâce à la création d’un syndicat mixte où nous sommes majoritaires (avec 40%) aux côtés de l’Agglomération et du Département.

Cet objectif majeur du désenclavement, nous pensons enfin qu’il faut l’aborder sous l’angle des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC).

Dans ce domaine, nous sommes partis de très loin et nous avons engagé des efforts conséquents pour combler notre retard :

En 2006, nous avons ainsi été les premiers en France à signer un Partenariat Public/Privé (PPP) pour une couverture optimale des 4% des « zones blanches » Haut-Débit de l’Auvergne.

Pour rapprocher les citoyens des services publics de base, nous avons aussi déployé 21 Points Visio-Publics (PVP) en un temps record dans 19 Communautés de Communes rurales. Là encore, nous sommes, en France, des pionniers.

En 2007 nous installerons 40 bornes utilisateurs et 20 bornes experts supplémentaires et le contrat de projet nous permettra d’amplifier encore ce programme dans les années qui viennent.

Nous continuerons aussi à renforcer et innover dans les domaines des services à la personne (Auvergne Mobil’Assistance..) de la santé (mise en réseau des acteurs, télémédecine) de l’E-admistration (logiciel GRC, dématérialisation des marchés publics…) de l’éducation (Environnements Numériques de Travail…) car nous sommes persuadés du caractère incontournable et de l’impact positif des TIC sur le développement et l’attractivité des territoires.

L’Auvergne ne doit pas manquer la révolution numérique. Celle-ci peut et doit constituer une chance historique pour rattraper de nombreux retards et afficher une image de modernité, rompant avec le passé et de nature à rendre l’Auvergne plus séduisante pour les investisseurs et de nouvelles populations.
L’actualité parmi nos priorités c’est aussi bien sûr la mise en œuvre de notre Plan Régional Des Formations (PRDF) qui devra nous permettre
  de réussir l’égalité des chances et l’universalité de la formation de toutes et de tous tout au long de la vie.
Il se traduira par la mise en place immédiate d’au moins un Comité Territorial Emploi-Formation (COTEF) par département…
Mais je laisse le soin à ma collègue Arlette ARNAUD LANDAU de vous présenter plus précisément ce dossier tout à l’heure !
Mes cher(e)s collègues,
 
J’ai la conviction que les Auvergnates et les Auvergnats sentent que les choses bougent, évoluent dans le bon sens tant dans les méthodes que dans les choix politiques.

Je crois qu’ils ont compris que le Conseil Régional a pris un bol d’air, que nous avons ouvert les portes et les fenêtres d’une institution trop longtemps isolée et repliée sur elle-même… .

Ils ne seront d’ailleurs pas déçus lorsque nous leur présenterons cette année le taux de réalisation des engagements des assises.

Nous sommes en train de faire la preuve de ce que les Régions sont capables d’apporter à la France : l’écoute, la créativité, l’innovation, le dynamisme, la réactivité, l’efficacité.

Nous poursuivrons dans notre logique de rupture dynamique même si nous savons que dans une société déboussolée par 30 années de crise, les marchands d’illusions et les charlatans ne cesseront de se « bousculer au portillon ».
Nous savons qu’en période électorale nos opposants ne regarderont pas les intérêts des auvergnats et que là où nous « mettons les problèmes sur la table » ils s’évertueront à les « pousser sous le tapis ».
Nous savons donc malheureusement que là où nous voulons rétablir une hiérarchie de valeurs et de
priorités, ils multiplieront les surenchères et les rideaux de fumée.
Mais nous continuerons à agir pour faire avancer le grand chantier de rénovation de l’Auvergne toute entière, un grand chantier basé sur un ordre territorial juste.
Un ordre territorial
  juste qui rassemble toutes les valeurs de la gauche : la solidarité, l’égalité des chances, la laïcité, les services publics, l’excellence environnementale, l’innovation, la recherche et le développement durable.
Je vous remercie.


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