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Interventions  des  élus du groupe socialiste

du  Conseil  régional  d'Auvergne

 

   Session des 17,18 et 19 décembre 2007
 
Intervention de M. Jean Mallot
, Président du groupe socialiste  

Monsieur le Président,
Mes cher(e)s collègues,
Nous allons voter aujourd’hui le budget primitif de notre Conseil régional pour 2008. Ce sera donc le quatrième budget de notre majorité depuis mars 2004.
C’est l’occasion bien sûr de nous projeter vers l’avenir. Mais c’est aussi l’occasion de dresser un état des lieux de l’Auvergne, principalement dans les domaines relevant de notre compétence, et, plus particulièrement, sur les actions pour lesquelles nous nous sommes engagés devant les électeurs. L’heure d’un premier bilan est donc venue, après trois années d’exercice des responsabilités régionales.
Nous aurions pu établir nous-mêmes ce bilan, et nous adresser aussitôt un auto- satisfecit de bon aloi. C’eût été le choix de la facilité. Nous avons préféré la voie des Assises Territoriales pour laisser à d’autres que nous, c’est à dire aux électeurs, le soin d’évaluer par eux-mêmes le chemin parcouru, les engagements tenus, comme ceux qui restent à honorer.
Nous avons organisé des réunions et des forums dans l’Auvergne entière. Nous avons convié des citoyens désireux de s’impliquer à siéger dans des observatoires. Ils se sont investis au-delà même de nos espérances. Ils ont dressé un bilan objectif, avec des suggestions prospectives sur lesquelles nous pourrons nous appuyer demain. Ce bilan, ils l’ont dressé sans concession et nous leur en savons gré. Car cette nouvelle méthode de démocratie participative, que nous souhaiterions voir systématisée à tous les échelons de la vie publique, consiste à parler vrai.
Ce que l’Etat ne veut pas ou ne sait pas pratiquer, nous l’appliquons tous les jours en Auvergne. Et il est dommage que nos collègues de la minorité, c’est à dire les élus de droite,  aient boycotté largement ce rendez-vous avec les auvergnats.
Ce comportement de leur part mérite d’ailleurs d’être analysé : s’agit-il d’une allergie naturelle au débat ? Probablement. S’agit-il de dépit ? On peut le penser, de la part de responsables politiques qui n’acceptent rien qui ne vienne d’eux.  Du dédain pour la parole des citoyens ? Tout le monde l’a ressenti ainsi.
Notre objectif était de réintroduire  les citoyens dans le champ politique et de leur donner les moyens d’exercer un véritable contrôle sur la réalité des engagements pris devant eux en 2004.
Nous l’avons fait et nous entendons bien continuer.
Nous avons confirmation, donnée par les citoyens, qu’à mi-mandat, sur les 82 engagements que nous avions pris en 2004  : 39 sont réalisés, 27 sont en cours de réalisation, 14 posent problème et 2 malheureusement (mais 2 seulement) sont en panne.
Tels sont, textuellement, les conclusions quantitatives arrêtées par les observatoires des Assises Territoriales. Ces conclusions sont assorties de recommandations ainsi que d’une analyse objective du chemin restant à parcourir dans plusieurs domaines : l’ouverture de l’Auvergne, le développement durable, l’offre de formation  tout au long de la vie, les transports, les services publics.
Certes, la perception de la politique régionale est différente selon que l’on se trouve à Montluçon, au Puy ou encore à Aurillac. Les forums l’ont bien fait apparaître et il faudra en tenir compte.
Et d’une manière générale, la synthèse régionale faite par l’observatoire montre que notre bon bilan, département par département, n’efface pas encore des inégalités territoriales persistantes.
C’est pourquoi les observateurs encouragent le Conseil régional à poursuivre ses efforts pour permettre le meilleur développement de tous les territoires.
A cette forte demande d’équité territoriale, je sais que nous avons déjà répondu favorablement sur un grand nombre de nos programmes, principalement par nos Contrats Auvergne +.
Mais je crois que nous devons entendre cette suggestion de l’Observatoire et donc aller plus loin dans notre souci d’aider plus encore les territoires les plus fragiles, à la condition toutefois que ceux-ci soient porteurs de vrais projets de développement.
Je souhaite pour ma part, Monsieur le Président, que ces conclusions de l’Observatoire soient rendues publiques et largement diffusées aux auvergnats.  
Ma seconde proposition sera, puisque nous en sommes à l’exercice de vérité, de  prendre les auvergnats à témoin de ce qu’il est advenu du Contrat de Plan Etat – Région 2000 – 2006, signé par les deux parties, le 20 juillet 2000 et dont nous avons aujourd’hui le bilan définitif.
Je sais bien que son analyse n’est pas très digeste, qu’il convient de se plonger dans des tableaux rendus complexes à dessein, où l’Etat prend grand soin de masquer ses carences en présentant des pourcentages flatteurs, en tirant des ratios qui comparent les sommes mandatées rapportées aux sommes engagées.
Mais nous devons la vérité aux habitants de la Région Auvergne.
En 2000, l’Etat s’était engagé à investir 426,7 millions d’euros sur la période 2000 - 2006, chiffres qui figurent à la page 3  du bilan d’exécution du Contrat de Plan Etat - Région.
Il n’aura, au final, engagé que 319,7 millions d’euros de crédits, soit 75 % de ce qu’il avait promis.
Pire encore, sur ses engagements pris au Contrat, il n’aura mandaté que 219 millions d’euros, soit 51,3 % de ce qu’il avait contractualisé.
Je vous laisse mesurer, mes chers collègues, de quelle façon l’Etat aura honoré sa signature d’un contrat avec l’Auvergne.
Comparons à présent la réalité des réalisations du Conseil régional dans ce même Contrat de Plan.
Nous nous étions engagés pour 278 millions d’euros sur la période 2000 – 2006.
Nous avons effectivement engagé 377 millions d’euros pour atteindre ces objectifs, soit un pourcentage de réalisation de 136 %. Autant dire que nous avons fait « exploser » nos engagements.
Du côté des mandatements, nous sommes au final à 296 millions d’euros, ce qui amène notre pourcentage d’exécution du contrat à 106,5 %.
Voilà ce que nous révèle l’exercice de vérité du dernier Contrat de Plan 2000 – 2006. La réalité est que non seulement le Conseil régional a dépassé ses engagements et respecté sa signature, mais qu’il s’est une nouvelle fois substitué à un Etat défaillant.
Or, mesdames et messieurs de l’UPA, depuis 2002 l’Etat, c’est vos amis !  
J’ai encore en mémoire les déclarations triomphales de Messieurs Proriol, Hortefeux ou Giscard d’Estaing qui, ici même en séance le 20 juillet 2000, déclaraient tout de go que leur négociation avait abouti à ce que l’Etat apporte 1,83 euro lorsque la Région n’apporterait qu’un euro. Ainsi, nous disait-on, la solidarité nationale jouerait à plein.
Le résultat final, mes chers collègues, à l’issue du Contrat, c’est que là où la Région aura apportée un euro, l’Etat lui, aura finalement déboursé 80 centimes d’euros.  
Même le Conseil Economique et Social Régional s’en plaint. C’est dire !
Alors  je pose la question. Où est passée l’indispensable péréquation ? Où s’est exercée la solidarité nationale dont l’Auvergne a besoin ?
On retrouve là, de fait, le culte des inégalités auquel se livre la droite et qui est si bien théorisé par Madame Lagarde au plan national. Les inégalités seraient le moteur de la société.
Or nous savons que dans le monde tel qu’il est, les choses ne se passent pas comme ça et que, comme le montre Jean-Paul Fitoussi dans une récente analyse parue dans Le Monde : « Les inégalités d’aujourd’hui aggravent les inégalités de destin, en un mouvement cumulatif insoutenable socialement Les opportunités que créent les nouvelles inégalités ne peuvent être saisies que par ceux qui bénéficient de conditions déjà favorables ».
Nous voyons dans la réalisation effective du Contrat de Plan Etat – Région Auvergne 2000 -  2006, l’illustration de ce creusement des inégalités que subit l’Auvergne par rapport aux régions les plus riches.
Monsieur le Président, à l’heure ou nous ouvrons l’ère d’un nouveau contrat de sept ans avec l’Etat, je formule le souhait de pouvoir vérifier annuellement que l’Etat inscrit, engage et mandate réellement les crédits prévus, comme nous l’avons toujours fait et continuerons de le faire, car les enjeux contractualisés sont capitaux, tant pour les transports ferroviaires, que pour les TIC, l’accueil de populations nouvelles ou encore les grands projets départementaux. Soyons fermes sur ce point et les auvergnats nous en seront reconnaissants.
J’en viens maintenant à notre budget primitif pour 2008.
Je le qualifierai d’ambitieux et raisonnable, et cela pour deux raisons majeures :
La première est que nous faisons le choix, sage, de ne pas augmenter la fiscalité régionale, malgré les répercussions des transferts massifs de compétence par l’Etat qui « oublie » de nous transférer les ressources correspondantes.
J’ajouterai que le même Etat met fin autoritairement au pacte de croissance et de solidarité conclu avec les collectivités locales, qu’il nous fait subir les effets du  plafonnement de la taxe professionnelle à proportion de la valeur ajoutée des entreprises, plafonnement qui nous coûte annuellement 14 millions d’euros de recettes.
Notre seconde option est la maîtrise de notre recours à l’emprunt, lequel n’est en fait qu’un impôt différé. La majorité précédente s’adonnait beaucoup à l’emprunt sans se donner les moyens de rembourser. Nous procédons différemment, et je m’en félicite.  
Et je ne souhaite pas que nous suivions la proposition de la Droite régionale d’endetter considérablement l’Auvergne pour participer à la régénération des voies ferrées qui est de la seule responsabilité de Réseau Ferré de France et de l’Etat.
Car nous savons que pour honorer cet emprunt injuste, il nous faudrait augmenter la fiscalité régionale de plus de 40 %. Je suis sûr que les auvergnats le comprennent et jugent sage notre position !
Enfin, et ce n’est pas la moindre des qualités de ce budget pour 2008, nous sommes clairs dans nos priorités qui portent avant tout sur les lycées, la formation, les transports ferroviaires, tout en conservant un fort pouvoir d’action sur l’économie en général mais aussi sur l’environnement.  
Sur ce dernier point, je citerai deux exemples assez notables de notre engagement. L’introduction de l’éco conditionnalité dans nos critères d’octroi de subventions est un signal fort de la volonté de l’Auvergne de participer aux efforts définis notamment depuis le Sommet de la Terre et confirmés depuis lors. C’est pour nous une bonne façon d’inciter nos partenaires à adapter leurs programmes selon des normes énergétiques compatibles avec nos engagements internationaux. 
Il en est de même de notre objectif de parvenir à réduire de 20 %, la consommation énergétique des lycées, aux mêmes conditions de confort pour les élèves, bien entendu. Nous pourrons sans doute aller plus loin encore, c’est tout au moins la suggestion que je formule et que je vous demande d’étudier. Toutes celles et tous ceux d’entre nous qui siègent dans les conseils d’administration des lycées de la Région savent l’importance et la grande sensibilité de ce sujet.
Mes chers collègues, la sagesse que je viens d’évoquer et qui préside à l’élaboration de ce budget ne nous empêche pas d’innover. Car la gestion rigoureuse des deniers publics ne signifie pas l’inertie.
Pour preuve les engagements financiers consentis pour la couverture des zones blanches et assurer l’accès de tous nos territoires à l’Internet à haut débit, avec un échéancier de réalisation à 16 mois.
Pour cette réalisation, les regards de toutes les régions françaises convergent avec envie sur l’Auvergne. Il convient donc, Monsieur le Président, de réussir cet équipement indispensable à l’aménagement et au développement de l’intégralité de notre territoire.
Autre innovation d’importance, notre prise en charge de l’A.F.P.A., transfert que nous avons préféré anticiper par convention pour utiliser, dès 2008, ce bel outil comme un levier qualitatif de la Formation.
Nous inscrivons donc 17,3 M€, avec deux axes majeurs dès cette année : l’aéronautique et l’informatique.
Nous sommes ainsi en parfaite adéquation avec nos ambitions technologiques et avec les filières industrielles et de services que nous avons choisi de développer en Auvergne.
Au rang des grandes ambitions de ce budget pour 2008 figure aussi la création d’une mission régionale « Lignes à Grande Vitesse » qui nous permettra de suivre et d’orienter les études et travaux devant aboutir à la desserte ferroviaire à grande vitesse de notre Région, à la fois vers Paris et sur la liaison Est – Ouest, « Transline ».
Je n’oublierai pas notre accompagnement de la montée en puissance du  « nouveau Vulcania», notamment par la recapitalisation de la SEM Volcans et le financement des investissements prévus par la délégation de service public qui nous lie à elle.  
Il s’agit là d’un nouvel effort pour conforter les chiffres de fréquentation qui étaient, je vous le rappelle, de 42 000 visiteurs supplémentaires enregistrés en 2007, et faire ainsi progressivement mais sûrement de Vulcania un outil de développement du territoire régional.

Ce budget comporte de nombreuses mesures particulièrement opportunes qu’il conviendra de mettre en valeur : 

-     bien sûr l’effort considérable sur les T.E.R., même si ce dossier pour être bien compris suppose une clarification des rôles entre la Région, Réseau Ferré de France et la SNCF,
-      
la mise en place du fonds régional d’ancrage des entreprises,
-      
les contrats Auvergne + éco,
-      
les volets culturels des Contrats Auvergne +, et nous savons combien il y a à faire pour développer une action culturelle sur nos territoires, qui sont demandeurs à la fois pour les populations locales et pour attirer de nouveaux habitants,
-       
la poursuite de l’effort sur les équipements sportifs,
-       
l’augmentation de 35 % des crédits pour l’économie sociale et solidaire, de 20 % pour la filière bois, avec la création d’un fonds de garantie pour les entreprises de travaux forestiers,
-       
notre politique territoriale de santé, si indispensable pour assurer, à terme, l’accès de tous nos concitoyens simplement à un médecin quand ils en ont besoin ! (maison de santé et aides aux stages des étudiants en médecine),
-        
le complément (à hauteur de 1,1 million d’euros) pour les bourses d’études sanitaires et sociales, etc…
Je terminerai cette énumération non exhaustive en évoquant notre effort en faveur des lycées.  
Nous inscrirons, cette année, plus de 140 millions d’euros de crédits de paiement en faveur de l’Education, avec une enveloppe de 64 millions d’euros pour le fonctionnement et l’aide aux familles, de 8 millions d’euros pour les équipements et près de 69 millions d’euros pour les travaux dans les lycées, alors que sur cette dernière rubrique, la précédente majorité mettait péniblement 25 à 35 millions d’euros.
Notre effort est considérable et sans précédent !
Mais c’est le prix à payer pour assurer l’égalité des chances, offrir les meilleures conditions d’études aux lycéens, et aussi, disons-le, rattraper les retards pris avant 2004, lorsque la Région d’alors avait d’autres priorités.
Je saisis l’occasion pour dire que, selon nous, l’annonce par le Ministre de l’Education Nationale de  supprimer progressivement les filières B.E.P. est une très mauvaise nouvelle pour la France comme pour l’Auvergne. D’autant que  cette annonce s’accompagne d’un retrait sans précédent du nombre de postes mobilisés dans notre Académie par l’Etat.
Cette mesure va à l’inverse de l’objectif de réduire sensiblement le nombre de jeunes sortant sans diplôme du système éducatif.
Elle se fait aussi, comme cela devient une habitude, en l’absence totale de concertation sur le contenu des réformes en cours dans les filières professionnelles.
A l’évidence cette suppression des parcours en quatre ans vers le bac professionnel, entraînera inévitablement un accroissement des sorties du système éducatif sans diplôme, et un basculement des sorties diplômantes au niveau 5 sur l’apprentissage, impliquant ainsi un transfert de charges massif de l’Etat à la Région.
Ceci n’est pas acceptable et le vœu du groupe socialiste déposé sur ce sujet devrait, je l’espère, nous permettre de nous retrouver unanimement pour demander à l’Etat de faire marche arrière sur son projet.
Mais je suis bien obligé de constater que cette intention du gouvernement n’est pas isolée et que l’actualité nous amène à regretter des mesures très négatives pour l’Auvergne et pour l’aménagement de notre territoire.
A commencer par les décisions autoritaires prises sans concertation par la Garde des Sceaux, qui entraînent la suppression de nombreux tribunaux, notamment à Moulins, Riom, Thiers, Yssingeaux, Brioude, Mauriac, Murat, Issoire, Ambert, Gannat…  
L’Auvergne est la région de France la plus touchée par la modification de la carte judiciaire.
Ces décisions arbitraires et contraires à l’intérêt général suscitent un mécontentement très compréhensible, puisqu’il s’agit d’une atteinte grave à la justice de proximité.  
Je souhaite d’ailleurs que notre Assemblée sache se retrouver unanime pour voter le vœu de l’intergroupe majoritaire demandant au Gouvernement de renoncer à cette refonte injustifiable de la carte judiciaire et
d’en revenir à l’élaboration d’un projet équitable, issu d’une réelle concertation avec les populations concernées, les élus, les fonctionnaires, les magistrats et l’ensemble des professionnels de la Justice.
Ce travail doit se faire sur la base de critères clairs permettant d’assurer un service public de proximité, de qualité et accessible à tous, en cohérence avec les nécessités de l’aménagement de notre territoire.

Il faut, par exemple, tenir compte :

-      que certaines communes sont éloignées des villes – centres et que d’autres sont situées dans des zones de montagne avec des conditions climatologiques et de circulation difficiles,
 
-      que
les motivations comptables de ces suppressions ne sont pas justifiées,
-      que la non prise en considération des bassins de vie est une erreur puisqu’ils constituent une réalité sur laquelle toute réforme mal conçue viendra buter.

Voilà en résumé la position sur laquelle je souhaite que tous les bancs de notre Assemblée se retrouvent, pour faire de ce vœu un texte unanime de notre Conseil régional, susceptible dès lors d’être écouté par le gouvernement, et pas seulement par les membres auvergnats de ce gouvernement qu’on a peu entendus jusque là sur ce dossier douloureux.
Les auvergnats attendent pourtant de nous que nous sachions faire bloc, toutes sensibilités politiques rassemblées, lorsque les intérêts de l’Auvergne sont à ce point menacés.
Je souhaiterais enfin aborder un sujet d’une extrême gravité pour les bénéficiaires des minima sociaux et les demandeurs d’emploi en difficulté, pour lesquels le dernier espoir d’insertion par le travail passe par les contrats aidés par l’Etat.

Le gouvernement a décidé de réduire de près d'un tiers le nombre de nouveaux contrats aidés et de réduire de moitié ses aides pour 2008.
Les Contrats d’Accompagnement dans l’Emploi, subventionnés à 95% au niveau du SMIC, sont les premiers concernés par cette réduction drastique du nombre de subventions d’Etat allouées.
Par exemple, au niveau national, à la fin du deuxième trimestre de cette année, 202 726 personnes bénéficiaient d'un CAE. A l'heure actuelle aucun nouveau recrutement et aucun renouvellement n'est envisagé.  
Aujourd'hui, c'est l'ensemble du dispositif des contrats aidés à destination du secteur non marchand qui est gelé et toute une dynamique d'insertion par l'emploi qui est menacée.
Cette situation pose d'énormes difficultés de gestion et d'organisation aux employeurs concernés, à savoir les collectivités locales, les associations, les établissements publics d'enseignement, les établissements sanitaires publics, ou encore les structures de l'insertion par l'activité économique. Pour certaines de ces structures, il en va de leur survie.

Si le gouvernement persiste dans son erreur, c'est l'ensemble des bénéficiaires de contrats aidés qui vont se retrouver au chômage, placés de nouveau face à l'exclusion
.
Je crois que dans ce domaine, comme dans d’autres, le gouvernement ferait bien de se ressaisir. Car cette politique de creusement des inégalités, d’ignorance de la vie chère, de remise en cause du droit du travail, de privilèges fiscaux accordés aux plus fortunés, d’atteinte à l’accès aux soins pour les moins fortunés… conduira à accroître les fractures sociales.
Pour sa part, dans l’exercice de ses compétences, le Conseil régional agit pour réduire la fracture territoriale et les inégalités. Son budget 2008 en est la preuve.

Je vous remercie.


   Session des 17,18 et 19 décembre 2007
 Intervention de M. René Souchon, Président du Conseil
régional  d'Auvergne

Mes cher(e)s collègues,
C’est au lendemain de l’étape 2007 des assises territoriales que se tient cette session, consacrée essentiellement à l’examen et au vote du budget primitif pour 2008.  
Notre engagement n° 81 précisait je cite : « qu’un suivi des assises territoriales, pour vérifier régulièrement la mise en œuvre des engagements » serait réalisé.
La majorité a souhaité répondre à cette exigence démocratique et a accepté de se soumettre à l’analyse et à la critique, en organisant un observatoire des engagements.
Ce rendez-vous a largement répondu à nos attentes.  
Ce moment d’échange aura permis à des citoyens, de tous horizons, de tous âges, de tous les territoires, de se familiariser avec le Conseil régional, avec les compétences de notre collectivité, mais aussi avec les contraintes qui pèsent sur elle, tout en émettant des avis sur le respect de nos 82 engagements qui constituent la feuille de route délivrée par les Auvergnats eux-mêmes, en février 2005.  
Un constat prédomine au lendemain de ces quatre réunions, qui se sont déroulées du 15 novembre au 12 décembre dernier, et qui auront réuni près de 1500 Auvergnats : un souffle nouveau pousse l’Auvergne en avant.  
Notre région bouge, s’ouvre vers l’extérieur, attire davantage de nouvelles populations et entend faire le pari de la modernité et du mouvement pour rompre avec certains clichés, qui, dans un passé encore récent, nous enfermaient dans le carcan d’une région trop isolée, trop peu connue, trop peu attractive.
Les Auvergnates et les Auvergnats aiment leur région et entendent désormais la promouvoir ; ils en sont fiers.  
Ils veulent accompagner son développement, conscients de son potentiel, de ses atouts, tout en restant lucides sur ses faiblesses structurelles et ses besoins.
Le transport durable est à coup sûr le défi majeur qui s’impose à notre collectivité. Nos territoires veulent être respectés, desservis par des modes de transports performants. Ils ont, et c’est bien normal, l’exigence du train confortable qui part et qui arrive à l’heure.
Ils estiment avoir le droit à la grande vitesse qui irrigue aujourd’hui la plupart des régions françaises, facilitant ainsi leur attractivité et leur notoriété. Les Auvergnats revendiquent cette mobilité qui fait aujourd’hui encore défaut, du fait d’un réseau ferroviaire non entretenu, sinon parfois abandonné, par un Etat défaillant.
Je ne ferai pas un catalogue des bons et des moins bons points décernés par l’observatoire des engagements, le premier du genre à ma connaissance, dans une collectivité de la taille de la Région Auvergne.  
Je dirai simplement, parce que je m’attache à ce que nous devons collectivement réaliser, qu’il nous faut aller plus loin encore en matière d’accueil de nouvelles populations, de préservation de l’environnement et de développement durable, d’accès à la formation pour tous, d’aménagement équilibré du territoire ; que ce soit en terme d’équipements économiques, culturels, sportifs, ou encore dans le domaine de la santé où les inégalités sont de plus en plus criantes.  
Nous devons tendre vers ce modèle de développement auvergnat qui combine la modernité et la solidarité pour une croissance durable de notre territoire.

Ce défi, nous l’avons initié avec Pierre Joël BONTE dès 2004.

Nous nous sommes engagés à le relever à travers 82 engagements pris publiquement devant la population début 2005.
A ce jour, et c’est l’observatoire qui le dit, 39 de ces engagements sont réalisés, 27 sont en cours de réalisation, alors que 16 continuent à poser problème, bien souvent du fait d’évolutions survenues notamment sur le plan financier, de la décentralisation ou de difficultés spécifiques qui peuvent survenir dans un des 4 départements d’Auvergne sur tel ou tel engagement.  
Cette feuille de route est partagée par la majorité, mais elle doit également inspirer l’opposition compte tenu du bien fondé des actions réalisées ou engagées et des enjeux qui s’imposent à nous.
Tout cela pour dire, que le seul débat qui nous intéresse c’est celui de nos engagements, de l’avenir de l’Auvergne dans un contexte économique et social particulièrement difficile.
 
Les Régions sont confrontées aujourd’hui à la triple peine.
 
Elles paient tout d’abord un contexte économique dégradé qui sévit en France sur fond de croissance au ralenti, de baisse du pouvoir d’achat, et ce malgré des cadeaux fiscaux en direction de certains contribuables qui font l’objet de bienveillantes attentions électorales.
Ce contexte de récession n’est pas sans conséquences sur nos recettes, du fait notamment de la baisse de la consommation de carburant dont on peut par ailleurs se réjouir sur le plan du respect de l’environnement.
Elles paient également les frais d’une décentralisation qui n’est pas financièrement intégralement compensée et politiquement non assumée par ceux qui l’ont décidée.
La Région au 1
er janvier 2008 comptera 1505 agents contre 220 au 1er avril 2004 !
lle doit faire face au financement des formations sanitaires et sociales, à celui de l’AFPA, aux transferts des TOS devenus agents des lycées, à la VAE (validation des acquis de l’expérience) et à d’autres dépenses issues de la décentralisation qui n’est pas une bonne affaire pour les Régions, contrairement à ce que j’ai pu lire dans la presse locale.

Un rapport  du cabinet KPMG avait déjà conclu, pour la partie formations sanitaires et sociales, à des surcoûts par an de l’ordre de 3 millions d’euros pour les exercices 2006, 2007 et 2008.  
Une autre étude réalisée par le cabinet Kloppfer concernant les TOS, la formation professionnelle et l’inventaire du patrimoine –hors formations sanitaires et sociales-, a conclu à un écart au détriment de la Région de près de 3,9 millions d’euros en 2007 entre la dépense que devra supporter la collectivité et la compensation prévue par l’Etat.  
Voila le contexte financier dans lequel nous avons dû préparer ce projet de budget.

Mes cher(e)s collègues, nos collectivités souffrent d’une répartition trop complexe des compétences au sein d’un mille-feuilles territorial qui facilite les financements croisés et qui encourage les interventions hors compétences, dans lesquelles l’opinion ne se retrouve plus.
 
Je pense, pour ma part, qu’il faut respecter les Lois de la République et que chaque échelon territorial en fasse autant pour plus de lisibilité et d’efficacité pour les contribuables et les usagers.  
Il faut dire clairement qui fait quoi et je me réjouis que le Rapport Lambert propose de mettre un terme à la compétence générale où toutes les collectivités peuvent intervenir dans tous les domaines.
Lorsque cela sera fait et si cela se fait, l’UPA ne pourra plus demander que la Région emprunte plusieurs millions d’euros pour rénover des voies ferroviaires à la charge de l’Etat via RFF, malgré la présence de 4 représentants de la Région au Gouvernement curieusement tous silencieux sur ce point, sauf pour demander des financements régionaux.

La Région a des compétences et ne souhaite pas s’en voir imposer de nouvelles lors de chaque session plénière.  Depuis quelques semaines, le financement de la régénération des voies ferrées, auparavant, le financement des routes nationales, et voilà que certains en rajoutent avec l’agriculture, en demandant à la Région de financer, à la place de l’Etat défaillant, certains bâtiments agricoles ou, maintenant, la lutte contre la fièvre catharale !
Tout cela décrédibilise la fonction d’élu.
Je le dis avec solennité à la minorité de cette Assemblée :  
on ne peut pas demander tous les jours à la Région de se substituer à l’Etat, sur des compétences qui ne sont pas les siennes, tout en se plaignant du poids de la fiscalité, du poids de l’endettement ou de la progression des frais de fonctionnement.

La Région souhaite un Etat fort à ses côtés, qui tienne ses engagements, dans le cadre de compétences clairement identifiées et exclusives.
Notre collectivité n’a plus de marge de manœuvre financière compte tenu de notre capacité d’endettement totalement obérée par la précédente majorité.
En 2004, juste derrière le Nord-Pas-de-Calais, nous étions la Région la plus endettée de France par habitant. Aujourd’hui, nous sommes en 4
ème position !
Pour être très clair sur le lancinant problème de la régénération des voies ferrées, l’Auvergne a besoin de la solidarité nationale et d’un plan de rattrapage.
 
Je voudrais, à ce stade, vous livrer une double interrogation :  
Quelles sont les ressources fiscales directes des Régions ? Une fraction du Foncier Bâti et de la Taxe Professionnelle. C’est-à-dire les mêmes impôts que les Communes ou les Départements, Taxe d’Habitation en moins.
Est-il venu à l’idée de l’un des membres de l’UPA de demander aux Départements et aux Communes de financer les voies ferrées de l’Etat ou les Routes Nationales ? Non ! Alors pourquoi le demander à la Région ?
Depuis quand le Foncier Bâti et la Taxe Professionnelle doivent-ils payer les voies ferrées ?
Le Groupe UPA s’est réuni à Saint-Eloy-les-Mines avec M. Hortefeux pour déplorer la suspension de la ligne Volvic/Lapeyrouse et réclamer un engagement financier de la Région ; il n’y a pas plus de légitimité pour la Région à intervenir sur la régénération de cette voie qu’il y en a pour la Commune de Saint-Eloy-les-Mines ou une autre. Nous ne sommes ni dans les compétences de la Région, ni dans celles de la Commune !
Il n’est pas sain de profiter de la méconnaissance des compétences régionales par nos concitoyens pour se défausser des carences du Gouvernement et renvoyer la responsabilité sur les Régions. J’attends des Ministres auvergnats une intervention forte auprès de leurs collègues du Gouvernement et du Président de la République, et pas qu’ils tendent la sébile à la Région !!!

Mes cher(e)s collègues, concernant la « grande vitesse », plus de 1 500 Auvergnats ont d’ores et déjà signé le manifeste pour une croix ferroviaire à grande vitesse, sur le site Internet de la Région.
Je citerai en exemple l’initiative d’un commerçant de Haute-Loire qui m’a récemment adressé une liste de 120 signataires recueillis auprès de ses clients, ce qui témoigne de la mobilisation des Auvergnats.
Pour ma part, j’ai rencontré voici 10 jours le Secrétaire d’Etat aux Transports, à Paris, en tant que Président d’Altro, afin d’évoquer TRANSLINE et la liaison vers PARIS.
Comme je vous l’avais annoncé, j’ai également réuni, lors d’une réunion de travail à Strasbourg à l’occasion du congrès de l’ARF, les Présidents des Régions Centre et Limousin, afin de travailler sur les projets de liaisons TGV. Je regrette qu’une partie de la presse locale ait réservé aussi peu de place à l’événement
Les Présidents de Région entendent, dans cette affaire, jouer pleinement leur rôle pour travailler à des actes concrets et pour obtenir des engagements de l’Etat et pas simplement des annonces !
A cette fin -et à ce stade-, les trois Présidents de Région ne souhaitent pas prendre partie, dans le cas du Paris / Clermont-Ferrand, sur la desserte de telle ou telle ville.
Il convient de laisser faire les études en demandant très clairement et très fermement un tracé qui desserve Clermont-Ferrand et qui prépare le Clermont / Lyon dont nous avons besoin dans la perspective d’une aire urbaine forte composée de Lyon, Saint-Etienne et Clermont-Ferrand.
Les trois Présidents ont aussi affirmé leur convergence de vue sur la desserte Nord/Sud et Ouest/Est (projet Transline) et sont prêts à dialoguer avec l’Europe, l’Etat et tous les partenaires possibles, Départements ou Villes.  
Notre message est clair : ce TGV dont l’Auvergne a grand besoin, faisons-le ensemble !
N’en faisons pas un enjeu politicien mais bel et bien un enjeu majeur pour l’Auvergne et le Massif Central.
Dans ce combat-là, je vous propose un travail en commun dans le respect des termes du vœu adopté par notre Assemblée lors de notre dernière session, à l’unanimité des suffrages exprimés.
Je reviens maintenant au projet de budget 2008 qui est aujourd’hui et demain soumis à l’examen de notre Assemblée. Celui-ci s’élève à 648 770 771 €, soit une hausse de plus de 8 % par rapport à 2007, liée principalement à l’intégration de 770 nouveaux agents des lycées en 2008 !
L’occasion de rappeler, contrairement à ce qui avait pu être dit par l’opposition en session, que nous avons su donner envie à ces agents de rejoindre la fonction publique territoriale. Outre une revalorisation sensible de leurs indemnités, lissée sur 5 ans, un système de remplacement plus efficace a été mis en place.
La Région a adhéré au CNAS, Centre National d’Action Sociale, lequel dispense un certain nombre de prestations en direction des agents.
Enfin, les agents des lycées ont désormais accès à la médecine du travail, alors que tel n’était pas le cas lorsqu’ils étaient fonctionnaires d’Etat.
Les Lois du 13 août 2004 ont pour conséquence directe de considérablement augmenter la partie fonctionnement de notre budget.
Depuis 2004, nous avons 1300 agents supplémentaires et je vous invite à méditer sur les coûts que voici ! !

-          agents des lycées : 39 millions d’euros
-         
dépenses de fonctionnement des AFPA : 17 millions d’euros
-         
formations sanitaires et sociales : 15 millions d’euros
Ces dépenses de fonctionnement, d’un montant total de 71 millions d’euros, font évoluer notre structure budgétaire, laquelle prévoit près de 280 millions d’euros en investissement, soit 43% du budget, et 370 Millions d’euros pour le fonctionnement, soit 57% de nos crédits.
Alors oui, la section fonctionnement augmente de façon importante, ici comme ailleurs.
J’invite celles et ceux qui souhaiteraient voir ce rapport Investissement/Fonctionnement s’inverser à se tourner vers les Parlementaires qui ont voté la Loi du 13 août 2004 relative aux libertés locales dans le cadre de la décentralisation RAFFARIN.

En revanche, les seules dépenses de fonctionnement du siège restent stables en pourcentage du budget.
Malgré ces contraintes, la Région Auvergne maintient un fort niveau d’investissement de 214 € par habitant en 2008. En 2007, notre Région est la 3
ème pour l’investissement par habitant.
Ce budget s’inscrit dans la continuité de celui de 2007, un budget consacré aux deux tiers à nos compétences majeures que sont l’éducation, la formation professionnelle, l’apprentissage et bien sûr les transports, avec notamment d’importants investissements ferroviaires dans le cadre du contrat de projet Etat/Région 2007-2013.
20 millions d’euros de crédits de paiement sont prévus en 2008 pour différentes opérations d’investissement en matière ferroviaire. Il y a bien longtemps qu’un tel niveau n’avait pas été atteint au sein de notre budget régional. Cela concerne des acquisitions de matériel, mais aussi des aménagements au sein des gares, ou encore des études et des travaux concernant les lignes Clermont/Paris, Clermont/Aurillac et Clermont/Le Puy en Velay.
Le budget transport devient d’ailleurs en 2008 le 1
er budget, juste devant l’éducation, la formation professionnelle et l’apprentissage.
En matière de désenclavement numérique, 2008 sera l’année de la réalisation du partenariat public/privé qui permettra une couverture des zones d'ombre en haut débit.
Je rappelle que compte tenu de la qualité d’un montage financier intelligent, notre Région n’aura à verser que 12 millions d’euros sur 10 ans afin de permettre ce taux de couverture, que nous enviera l’ensemble des Régions françaises.
Parce que l’Auvergne qui gagne doit relever le défi technologique et numérique, je vous propose également d’adopter notre schéma haut et très haut débit. Cela passe par une collaboration avec les Agglomérations et les Conseils généraux afin d’obtenir une mutualisation qui sera favorable à nos territoires pour obtenir le juste prix à l’échelle de l’Auvergne auprès de l’opérateur qui sera choisi.
Nous avons pris, avec le plan « Auvergne Haut Débit » une longueur d’avance ; essayons, avec le Très Haut Débit, d’en prendre 2 et démontrons une fois de plus que l’Auvergne peut faire la course en tête.
Parmi les nouveautés de ce projet de budget, je citerai tout d’abord la mise en place progressive de l’éco-conditionnalité dans le cadre de l’Agenda 21, qui a été adopté lors de notre dernière session.
Des aides, dans le domaine de l’hébergement touristique ou encore des parcs d’activités économiques, seront assujetties à un certain nombre de conditions environnementales à respecter, pour une meilleure prise en compte du développement durable en Auvergne.
Toujours au plan économique, un nouveau dispositif d’aide en direction des entreprises est  proposé avec le Fond Régional pour l’Ancrage des Entreprises, abondé à hauteur de 4,5 millions d’euros en 2008.
Ce dispositif vient compléter le Schéma Régional de Développement Economique pour accompagner au mieux les entreprises auvergnates dans leur développement.
Un effort sera poursuivi en faveur du nouveau Vulcania, qui a enregistré la saison dernière d’excellents résultats, lesquels ont justifié les décisions prises de recentrer l’outil vers le ludique pour accueillir et fidéliser de nouveaux visiteurs, et notamment parmi les plus jeunes.
Une Mission lignes à grande vitesse sera créée en 2008 afin de poursuivre le lobbying pour obtenir des liaisons ferroviaires vers Paris et sur l’axe Transline vers Lyon.   
2008 sera également marquée par l’aboutissement de la Délégation de Service Public de l’aéroport de Aulnat/Clermont-Ferrand Auvergne.
Au 1
er janvier, un nouveau gestionnaire sera en place. Cet aéroport doit constituer un levier du développement économique et touristique, avec l’arrivée de compagnies low-cost et l’implantation d’activités dans le domaine de l’aéronautique, ce secteur étant un gros employeur au plan régional.
2008 devrait voir l’aboutissement de nos négociations avec Regional Airlines sur l’avenir du Hub et de l’atelier de maintenance.
Sur le plan des recettes, j’en ai parlé précédemment, la baisse de l’activité économique pénalise les finances régionales. Nous maintenons cependant la fiscalité à son niveau 2007, conformément à ce qui avait été annoncé. L’occasion de rappeler que les recettes fiscales ne représentent que 26% des recettes de la Région alors que les dotations de l’Etat sont estimées à 47% de notre budget.
L’autonomie fiscale des Collectivités est un principe constitutionnel décidemment bien mis à mal par la réalité de nos finances publiques locales. L’occasion de rappeler aussi que les Régions représentent seulement 8 % de la fiscalité locale.
Nous proposons, pour les cartes grises, de porter l’exonération de 50% à 100% pour les véhicules propres dans le cadre de notre politique d’incitation au respect de l’environnement. Il s’agit de la 37
ème action de notre agenda 21 qui doit inspirer toutes nos politiques y compris la fiscalité régionale.
Le vote de ce budget permettra à notre collectivité d’œuvrer pour l’Auvergne, avec les moyens qui seront les nôtres, dans le cadre d’un modèle de développement que nous voulons original et partagé.
L’Auvergne qui gagne, c’est celle qui saura associer la qualité de vie et l’innovation, les hautes technologies et l’agriculture biologique et durable, les pôles de compétitivité et la formation pour tous, la ruralité et les cultures urbaines.
L’Auvergne qui gagne, c’est aussi et avant tout un état d’esprit associé à la volonté d’une équipe qui travaille sans relâche pour que notre région réussisse le seul pari qui compte : celui de la modernité pour une Auvergne en mouvement.  
Je vous remercie.


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