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Session du 24 avril 2007 Intervention de M. Jean-Paul Bacquet, Président du groupe socialiste
Mesdames, Messieurs, mes cher(e)s
collègues, Comment ne pas évoquer l’Élection
Présidentielle puisque cette session se tient quarante huit heures après le
premier tour et dans l’effervescence de la préparation du deuxième tour. Pourquoi d’ailleurs ne pas évoquer
cette élection puisque les orateurs précédents l’ont fait ? Pour ce qui me concerne je
retiendrai trois éléments : 1 Une participation massive avoisinant celle de la première
élection du Président de la République au suffrage universel de 1965. Et cela ne peut que réjouir tous les
démocrates de ce pays, alors que les commentateurs depuis des mois se gaussaient
de la politique qui n’intéressait, prétendaient-ils, plus grand monde. Une
participation massive, c’est un signe de vitalité de notre Démocratie. 2 Contrairement à ce qu’ont pronostiqué longtemps les
commentateurs, la Gauche sera au deuxième tour et effacera l’échec de 2002,
échec que cette Gauche a su assumer en apportant ses voix à un candidat qu’elle
ne soutenait pourtant pas, pour mieux marquer son attachement à la République. Nous voilà donc dans un schéma
traditionnel de la Vème République : l’affrontement entre les valeurs de
la Gauche et celles de la Droite, qui nous évitera les « blancs –
bonnets » et «bonnets blancs » ou les votes contre son camp pour
éviter le pire. Je m’associe bien volontiers à
Nicolas Beytout lorsqu’il écrivait hier, dans le Figaro : « Comme
dans toutes les grandes démocraties, les Français vont maintenant pouvoir
confronter deux projets de société… l’un de droite, l’autre de gauche… La
bataille du second tour sera difficile… comme elle l’est dans tous les grands pays
où les majorités se jouent sur un fil »… 3 Le Front National s’est effondré et nous ne
pouvons que nous en satisfaire, bien que nous nous en satisferions encore
beaucoup plus si certains candidats n’étaient pas allés braconner sur les
thèmes de l’Extrême Droite, au risque de banaliser l’intolérance, de confondre
immigration et identité nationale, voire de flirter avec les théories
génétiques que l’on croyait oubliées. Je ne ferai aucun pronostic et
n’élaborerai aucun scénario pour le deuxième tour et ne ferai aucun appel aux
partis politiques. Il me semble plus sage que chacun
en la matière, et quels que soient ses choix, réserve ceux-ci à sa propre
organisation politique et que nous remettrons aux électeurs. En ce qui me concerne, comme vous
vous en doutez, je ne serai bien sûr pas inactif. La session qui nous réunit aujourd’hui aborde des sujets fondamentaux
pour notre région, comme l’a souligné la presse locale et je suis sûr que cela
n’a échappé à personne : -
La faisabilité d’une unité de production utilisant la
biomasse – bois, avec une implantation à Commentry, secteur à reconversion
difficile. -
L’adhésion à l’Établissement Public Foncier SMAF pour
permettre la constitution de réserves foncières régionales, aider les
collectivités locales pour l’application de la loi SRU. Pourquoi demain ne pas
aider le Préfet en la matière à faire appliquer partout cette loi de 20 % de
logements sociaux dans les communes ? -
La création de l’Institut d’Auvergne du Développement
Territorial dans le cadre du Contrat de Projets État - Région 2007 – 2013, dont
chacun mesure la nécessité et l’intérêt. -
La mise en place de la révision du Schéma Régional
d’Aménagement et de Développement du Territoire d’Auvergne, au moment ou pour
la première fois l’évolution démographique de notre région s’inverse et devient
légèrement positive. -
Les conventions triennales d’objectifs avec les Parcs
Nationaux Régionaux Livradois – Forez et des Volcans d’Auvergne, afin de mieux
identifier leur rôle, leur mission, et faire en sorte que leur action se fasse
en cohérence et non en compétition avec les Pays. -
En matière de moyens généraux, l’actualisation d’un tableau
des effectifs qui dépendra directement du Président et n’autorisera plus le
Directeur Général des Services à gérer ces recrutements, évitant de ce fait les
interrogations et les doutes de notre dernière session en la matière. Mesdames,
Messieurs, mes chers collègues, j’aurai souhaité finir ici cette brève
intervention mais comment ne pas, au moment où nous voulons aborder des sujets
concernant le développement économique, penser à tous ceux qui viennent de
perdre leur emploi ou qui sont menacés ici ou partout ailleurs. On nous
annonce par exemple 10 000 pertes d’emplois chez PSA alors que l’on vient
d’annoncer 10 000 suppressions d’emplois chez EADS. Cela ne peut que nous
inquiéter et nous attrister mais cela doit aussi nous faire condamner sans
ambiguïté les parachutes dorés dont bénéficient ceux qui souvent ont fait
preuve de tant d’incompétences ; ce que la presse nationale n’a pas manqué
de souligner avec force et courage. C’est ici Noël Forgeard, ancien PDG d’Airbus et
co-Président du groupe EADS qui se fait accorder 8,56 millions d’euros avec la
bénédiction de notre Ministre des Finances ; C’est là Serge Tchuruk, PDG d’Alcatel, qui empoche 8,2
millions d’euros alors qu’il a supprimé 12 500 emplois ; C’est Jean-François Rovareto, PDG d’Effiage qui bénéficie de
23 millions d’euros de stock options pour son départ ; C’est Daniel Bernard, PDG de Carrefour qui prend 9
millions d’euros pour son départ, en plus d’un complément de retraite de
29 millions d’euros ; C’est Antoine Zacharias ex PDG du groupe Vinci qui
engrange 250 millions d’euros de stock options, plus une prime de départ de 8
millions d’euros ; Mieux, c’est Jean-Marie Messier, PDG de Vivendi, dont chacun a
pu apprécier la mégalomanie et l’incompétence qui bénéficie de 21 millions
d’euros pour son licenciement en 2002 ; Sans même évoquer les 2,5 millions
d’euros que s’est octroyée Laurence Danon,
PDG du Printemps, lorsqu’elle a démissionné pour raisons personnelles alors que
ses employés, dans le même cas, n’auraient même pas eu droit aux ASSEDIC. Mes chers
collègues, comment accepter que l’on récompense ainsi l’échec des dirigeants des grandes
entreprises ? Comment
croire aujourd’hui ceux qui prétendent vouloir moraliser ces cadeaux ?
Alors qu’ils se sont opposés, avec l’appui de la majorité de l’UMP, à une proposition
de loi déposée en 2005 sur ce sujet par les Socialistes à l’Assemblée
Nationale. Le résultat étant que cette proposition de loi n’a même pas pu être
discutée au Parlement. Cette absence d’éthique choque les esprits dans une
période où les attentes sont fortes en matière de revalorisation du pouvoir d’achat, où les licenciés du CPE mesurent leur inégalité de
traitement, où les sur-endettés n’ont droit qu’à des crédits revolving qui les
accablent. Cette absence d’éthique scandalise
à juste titre, d’autant qu’elle se situe dans une période où les dividendes des
actionnaires se font exclusivement par la limitation de l’évolution salariale. Il devient patent que les défauts
de contrôle, les erreurs stratégiques dans la nomination des dirigeants, les
dérives vers une logique essentiellement financière ne peuvent qu’entraîner de
tels dérapages, pour ne pas dire de tels scandales. Légiférer devient donc urgent pour
assurer une réelle transparence. N’oublions pas en effet que cette
débauche intervient dans un contexte d’aggravation des inégalités sociales.
Elle se produit dans un contexte de paupérisation constante de la population,
dans un contexte de chômage massif, d’apparition de travailleurs pauvres qui ne
peuvent satisfaire aux besoins les plus élémentaires, d’explosion du nombre de
RMistes, d’explosion du nombre de ménages surendettés. Il est donc plus que temps de
revenir à une politique plus équitable qui privilégie la redistribution plutôt
que les dividendes des actionnaires, qui donne les moyens aux plus démunis de consommer, de se soigner, de se loger,
bref de vivre décemment, à la hauteur de ce qu’un pays comme la France peut
offrir à ses citoyens. Ces inégalités sont intolérables,
au même titre que les inégalités territoriales que connaît notre pays, et c’est
dans cet esprit que, en Auvergne comme nous avons créé les Contrats Auvergne +
qui permettent de compenser la fragilité de certains territoires, nous
proposons aujourd’hui, dans cette session, des mesures qui ne peuvent que
favoriser le développement de l’ensemble de notre région, sans exclusion. Je souhaite, mes chers collègues,
que chacun d’entre vous partage aujourd’hui l’intérêt et le sens de notre
démarche.Je vous remercie.
Session du 24 avril 2007 Intervention de M. René Souchon, Président du Conseil régional d'Auvergne
Mes cher(e)s collègues, Notre session s’ouvre au
surlendemain d’un scrutin majeur pour la France. Chacun a aujourd’hui les yeux
tournés vers le 6 mai. Néanmoins, les affaires continuent ! L’ordre du jour de cette session
sera consacré au lancement de notre nouveau Schéma Régional d’Aménagement et de
Développement Durable des Territoires (SRADDT),
à l’approbation de conventions triennales d’objectifs avec les deux Parcs
Naturels Régionaux ainsi qu’à la création de l’Institut de Développement
Territorial d’Auvergne (IADT). Cela m’amène donc tout
naturellement à centrer mon propos introductif sur notre politique régionale d’aménagement
du territoire. Une politique d’aménagement du
territoire, rénovée, que nous avons voulue novatrice et ambitieuse, au service
d’un développement global de notre Pays. Une politique qui porte ses fruits
sur tous les territoires, seulement 3 ans après son lancement. Plus globalement, grâce aux
Régions, la France est en train de se moderniser et de trouver un nouveau
souffle porteur de dynamisme économique et d’aménagement plus équilibré du
territoire. Pour illustrer mon propos, je
donnerai simplement trois exemples : Ø
Formation Professionnelle : 1600 millions d’euros
d’investissement en 2005 et 2239 millions d’euros en 2006 ; Ø
Apprentissage : 1652 millions d’euros
d’investissement en 2005 et 1841 millions d’euros en 2006 Ø
Lycées et cadre de vie des Lycéens : 3464 millions
d’euros en 2005 et 3859 millions d’euros en 2006 Mais les Régions ne pourront pas
longtemps continuer à investir autant pour le développement de leurs
territoires si elles ne sont pas dotées de moyens financiers complémentaires
pour assumer leurs missions. C’est aussi l’un des enjeux de
l’élection présidentielle en cours. Tous les analystes prévoient en
effet une détérioration inéluctable des finances régionales, si l’Etat
persistait à ne pas vouloir donner aux Régions les moyens correspondants
aux compétences qui sont les leurs. A ce propos, la société Moody’s,
spécialisée dans l’analyse et la gestion des risques financiers vient de publier une étude alarmante que je vous
invite à consulter. Elle révèle notamment qu’en
l’absence d’une refonte radicale de la fiscalité locale, les Régions «devraient
enregistrer une dégradation de leur performance due à une amplification d’un
effet de ciseaux entre les recettes et les dépenses qui aboutirait
inéluctablement à une hausse significative de leur endettement et entamerait
leur qualité de crédits ». Notre collègue Brice HORTEFEUX
lui-même se résout finalement à déclarer dans la gazette des communes du 19
février dernier que le système fiscal français est « à bout de souffle ». Un peu tard pour s’en rendre
compte ! I - Un bilan extrêmement positif à mi-parcours Venons en concrètement à
l’aménagement du territoire. Dès notre arrivée aux
responsabilités régionales et « afin de donner plus aux territoires qui
ont le moins » nous avons décidé de lancer trois grands programmes
territoriaux majeurs qui portent désormais leurs fruits et appellent les
crédits nécessaires à la réalisation des projets : Il s’agit d’abord de la politique
contractuelle de développement territorial nouvelle que nous avons instaurée
avec la mise en place de nos Contrats Régionaux de Développement Durable mieux
connus sous le nom de « Contrats Auvergne + », élaborés sur la base
d’indices de fragilité au profit des territoires les plus défavorisés. Ils
seront d’ailleurs prochainement complétés par les nouveaux Contrats Auvergne +
« Eco ». Il s’agit ensuite de la
déclinaison d’une politique originale de renouvellement urbain dans les
quartiers les plus sensibles avec la construction d’un partenariat étroit avec
l’Agence Nationale de Renouvellement Urbain (ANRU), participation toujours
refusée par la majorité précédente. Il
s’agit enfin de la politique active d’accueil de nouvelles populations qui
s’est rapidement concrétisée par la création de l’Agence Régionale de
Développement des Territoires d’Auvergne (ARDTA) le 22 décembre 2005. Je suis heureux de vous annoncer
aujourd’hui que si nous incluons les trois territoires de projet qui vous ont
été présentés lors de la Commission Permanente d’hier, ces politiques
territoriales s’appliquent dès à présent à 100% des EPCI de la Région Auvergne,
deux ans seulement après leur lancement.
Ce résultat atteste en effet de la réactivité et de l’efficacité des services de la Région pour
déployer et faire connaître les nouveaux dispositifs sur l’ensemble de nos
territoires et je tiens aujourd’hui à les en remercier tout particulièrement. Mais il permet également de
confirmer le fait que les acteurs de proximité ont bel et bien compris que
seule une réelle politique contractuelle d’aménagement et de développement
durable pouvait générer de véritables effets de leviers structurants sur
l’ensemble de nos territoires. J’en tiens pour preuve les
premiers résultats de l’évaluation quantitative de nos « Contrats Auvergne
+ » qui montre qu’en 2 ans à
peine, ce dispositif nouveau a trouvé
toute sa place dans le paysage institutionnel auvergnat tant les projets portés
par les Pays et les EPCI sont nombreux, riches et variés. Au total, 834 projets ont en effet
été présentés à la Région principalement dans les domaines du tourisme (225
projets), de l’amélioration de l’attractivité économique et sociale du
territoire (68 projets), de l’habitat (95 projets), de la culture (90 projets),
du développement du service au public (72 projets), des énergies renouvelables
et de la protection de l’environnement (61 projets). On sait déjà que les projets
relatifs à la politique de l’enfance et de la jeunesse (37 projets), aux sports
(26 projets), à la politique de déplacements (11 projets) à la promotion du
bois, (10 projets), au développement des TIC et des e-services (7 projets) ou
encore à l’accueil de nouvelles populations (20 projets) connaîtront pour leur
part une explosion lors de la prochaine génération de contrats. Très prochainement, nous
disposerons d’éléments d’évaluations qualitatifs qui nous permettrons d’affiner
notre analyse et de négocier la nouvelle génération de contrats de territoires
qui devrait voir le jour à partir de mars 2008. Je peux cependant vous annoncer
dès aujourd’hui que si dans cette période de lancement, nous avons
volontairement concédé quelques souplesses vis-à-vis des projets des
collectivités territoriales, le prochain cahier des charges sera plus exigeant
et totalement recentré sur les grandes priorités de la Région issues des
assises territoriales. Mes cher(e)s collègues, notre
nouvelle politique d’aménagement du territoire arrive désormais à maturité. Nous avons fait les bons choix,
mais en matière d’aménagement du territoire, il ne faut jamais se satisfaire
des acquis. Il faut au contraire toujours
évaluer et adapter nos outils pour imaginer et construire au mieux l’avenir de
nos territoires avec une méthode : la transversalité. II- Un nouveau souffle C’est d’ailleurs cette nécessaire
transversalité qui nous a conduit à imaginer et à proposer de financer la
création de l’Institut d’Auvergne du Développement Territorial (IADT) dans le cadre de la réorganisation
du site universitaire clermontois et de la mise en place du Pôle de Recherche
et d’Enseignement Supérieur (PRES)
prévues dans le CPER 2007-2013. L’IADT permettra d’abriter au sein
d’une maison commune, l’ensemble des formations de niveau « Master »
et « Post-Master » consacrées aux métiers du développement
territorial. En partenariat avec les
collectivités locales, l’Institut réunira tous les acteurs de l’enseignement
supérieur travaillant dans ce domaine : les deux Universités, le CEMAGREF,
l’ENGREF et l’ENITA. Nous entrons par ailleurs
aujourd’hui dans une phase nouvelle de planification territoriale avec la
révision de notre Schéma Régional
d’Aménagement et de Développement Durable des Territoires (SRADDT) qui
devrait raisonnablement être adopté par notre Assemblée début 2009 soit 10 ans
après la précédente version. Conformément aux termes de la Loi
Voynet du 25 Juin 1999, le SRADDT doit fixer « les orientations
fondamentales, à moyen terme du développement du territoire régional ». L’élaboration du SRADDT, qui
intégrera en Auvergne le Schéma Régional d’Infrastructures et Transports (SRIT)
est une démarche qui devrait prendre 18 mois et qui comportera 3 phases bien
distinctes : Ø
La première phase d’analyse visera à établir avec l’ensemble
des partenaires concernés un diagnostic partagé. En outre,
je propose de mettre en place un comité de pilotage ouvert à toutes les
sensibilités politiques et un comité technique transversal regroupant les
différents services de la Région qui suivront l’intégralité de ce
dossier ; Ø
La seconde phase de consultation des partenaires est imposée
par la loi. Elle
réunira d’une part les représentants des Conseils Généraux, du Conseil
Economique et Social Régional et la population qui formuleront des avis et
d’autre part le Préfet de Région et les représentants des Conseils Régionaux
limitrophes qui seront invités à émettre des observations ; Ø
La troisième phase d’adoption du SRADDT tiendra compte des
avis et observations reçus après la consultation des partenaires et de la
population et elle devra comporter les motifs justifiant les principaux choix
et orientations retenus. Mes cher(e)s collègues, Nous veillerons à ce que le
nouveau SRADDT ne soit pas une énième « copie » technocratique, mais
au contraire un socle et une boussole qui permettront de tracer le chemin à
suivre pour les 15 à 20 ans qui viennent. Notre volonté est bien de préparer
l’avenir, d’anticiper les choix dans un souci de cohésion sociale et
territoriale. En amont de l’élaboration du
SRADDT, je pose 3 préalables : Ø
Tout d’abord, je souhaite que le SRADDT permette à l’ensemble
des acteurs auvergnats de se projeter dans l’avenir autour d’une vision
mobilisatrice qui permettra d’inventer de nouvelles formes de solidarités et de
générosités collectives. Il doit nous amener à surmonter les disparités, à
maîtriser les mutations qui bouleversent notre tissu social, afin d’inscrire
l’Auvergne dans le film d’un progrès et d’une modernisation maîtrisée mais
voulue. Ø
Ensuite, je souhaite que le SRADDT se nourrisse de cette
« demande » qui monte des territoires et profite de ce « besoin »
de Région que je sens partout où je
vais, pour mettre les initiatives en synergies, pour coordonner, guider et
accompagner des acteurs trop souvent « noyés » dans l’écheveau des
responsabilités locales. Nous devons nous situer dans le droit fil des assises
territoriales. Ø
Dans ce cadre, je n’imagine pas que le SRADDT soit
unilatéralement élaboré par les services de la Région sans une concertation et
une implication de tous les acteurs régionaux : le dialogue est la
première ambition à partager si nous voulons mobiliser dans le contexte
d’aujourd’hui. Car je suis de ceux qui pensent que nous ne parviendrons à
renforcer les lignes de force de notre action régionale que si nous élevons
notre degré d’exigence de participation citoyenne. Au-delà du débat que nous avons
bien évidemment déjà engagé avec le Conseil Economique et Social Régional, j’ai
ainsi proposé d’organiser une Conférence des Territoires dès le mois de Juin
afin de lancer la concertation avec nos principaux partenaires institutionnels. Mais ce vaste chantier de
planification territoriale, mes cher(e)s collègues, ne doit pas me faire
oublier de vous dire quelques mots sur l’actualité des négociations que je mène
activement pour conforter l’aménagement et le développement durable de notre
territoire régional. III- Des négociations en voie
d’aboutir Dans quelques instants, nous
soumettrons à votre approbation la signature de conventions trisannuelles
visant à clarifier et à stabiliser les relations de la Région avec les Parcs
Naturels Régionaux. En 2006, j’ai en effet souhaité
que la Région Auvergne s’engage dans une politique de contractualisation
spécifique pluriannuelle avec les deux Parcs Naturels Régionaux, afin de :
Ø
Mieux identifier la spécificité et le rôle des Parcs
Naturels Régionaux parmi les différentes structures de développement
territorial, dotées de compétences en matière d’aménagement et de développement
territorial et notamment les Pays. Ø
Donner aux Parcs Naturels Régionaux une visibilité à trois
ans afin qu’ils puissent développer sereinement leurs missions classiques et
mettre en place les actions innovantes de leur choix. Ø
Préparer le renouvellement de leurs chartes qui arrivent à
échéance en 2010 pour le Parc Livradois-Forez et en 2012 pour le Parc des
Volcans d’Auvergne, l’objectif étant d’aboutir, à une vision partagée entre
l’Etat, la Région, les Départements et les Parcs Naturels Régionaux déclinée au
sein d’une nouvelle convention triennale. Pour plus de cohérence et de
lisibilité, nous avons par ailleurs convenu
avec les deux Présidents et les Directeurs des Parcs concernés d’instaurer de
manière pérenne une clause de revoyure
annuelle qui nous permettra d’examiner globalement l’ensemble des projets
proposés au regard des objectifs de notre stratégie régionale. Nous allons donc franchir un grand
pas dans nos relations de partenariat avec les Parcs dès que notre assemblée en
aura débattu. Parallèlement, j’ai rencontré Madame Nelly OLIN,
Ministre de l’Environnement et du Développement Durable, en présence des
représentants de la Fédération Nationale des Parcs Naturels Régionaux le 27
mars dernier à Paris. Dans le but de tracer les
perspectives d’avenir des Parcs, de défricher et apaiser leurs relations avec
les Pays en émergence, le Conseil d’Administration de l’Association des Régions
de France m’avait en effet mandaté il y a un an et demi pour mener à bien la
négociation. L’objectif était clair :
mettre en synergie les actions des Parcs et des Pays au service d’un
aménagement équilibré et durable de notre territoire. Mais la mission restait cependant
délicate du fait de la multiplicité des acteurs et de la superposition des
missions de chacun. Je ne peux donc que me réjouir du
résultat positif de cette négociation qui a finalement donné lieu à un accord de principe validé par
Madame OLIN. Un accord de principe qui a permis
de faire figurer les Parcs dans le volet régional du CPER et d’obtenir une
enveloppe de 810 000 euros de l’Etat dédiée à leur ingénierie alors
qu’aucune ligne budgétaire n’était au départ prévue. Mais l’aménagement durable de
notre territoire régional, vous le savez bien, nous le réussirons réellement
que si nous parvenons d’abord à gagner le combat du désenclavement de
l’Auvergne toute entière. Mes cher(e)s collègues, Circulant dernièrement en voiture
entre Aurillac et Clermont-Ferrand, je méditais précisément sur cette question
tout en observant le TER qui roulait d’abord à mes côtés puis quelques secondes
plus tard, loin derrière mon véhicule. Au même moment, j’entendais à la
radio que le TGV venait de battre son record de vitesse à plus de
574km/h ! Et bien je dois vous dire qu’à cet
instant précis, l’expression « la France à deux vitesses » a
brutalement retenti en moi en prenant une nouvelle fois tout son sens. Non, il n’est plus possible d’accepter que Clermont-Ferrand se situe à
4h d’Autoroute de 80% de la population française et dans le même temps à 4h de
train de seulement 20% de la population de notre Pays. L’installation d’un simulateur de
grande vitesse dans le hall de la gare de Clermont est une véritable
provocation. Plus que jamais, nous devons faire
du désenclavement ferroviaire, aérien et numérique la priorité de nos priorités
pour les 3 ans à venir. Nous devons passer à la vitesse
supérieure. Ce sera un combat difficile que
nous devrons gagner : c’est un devoir pour préparer l’avenir de
l’Auvergne. Le 2 mars dernier, je me suis
rendu à Londres pour rencontrer des compagnies aériennes Low-Cost afin de les
convaincre de mettre en place un ou plusieurs vols quotidiens entre
Clermont-Ferrand et Londres. Ce que je peux vous dire, c’est
que les premiers échanges avec ces compagnies sont prometteurs et que d’autres
rendez-vous sont prévus, notamment avec la compagnie Ryan Air que mes
collaborateurs rencontreront demain au salon « French Connect » à
Paris. Celle-ci a répondu hier à mon
courrier de sollicitation, en se disant ouverte à la discussion et à la
possibilité d’ouvrir une ligne d’été, à raison de 3 jours par semaine. Je ne vois pas pourquoi la Région
Auvergne ne parviendrait pas à obtenir le même résultat que la Région Limousin
qui à force de négociation, est parvenue à mettre en place 5 vols quotidiens
A/R entre Limoges et Londres alors qu’il n’en existait pas un seul auparavant. Sur le front du désenclavement
ferroviaire, j’ai interpellé le Ministre des Transports et le Ministre des
Collectivités Territoriales sur l’état du réseau ferré auvergnat : ni
l’un, ni l’autre ne m’ont répondu. J’ai également reçu dernièrement
le Directeur Régional de Réseau Ferré de France, Philippe de Mester, pour
obtenir la remise en état d’urgence de 25km de voies et la remise en service de
la ligne Neussargues/Saint-Chély. Cela s’est traduit par
l’engagement immédiat de 8 à 9 millions d’euros de crédits pour une remise en service de la ligne au
mois de Juillet prochain. Enfin, je tenais à vous faire
savoir que je compte par ailleurs donner après la période électorale un nouveau
souffle au désenclavement ferroviaire de l’Auvergne. Je ne rentrerai pas aujourd’hui
dans le détail de la méthodologie que nous avons choisie pour faire avancer le
dossier ALTRO mais je tiens cependant à vous faire part de ma satisfaction à
entendre M. Pierre SABLIER, le tout nouveau Directeur Régional de la SNCF. Il a en effet déjà évoqué devant
la Presse son « ambition sur la relation Clermont-Lyon » en entendant
par ailleurs réfléchir sur la « manière d’améliorer l’accès au réseau
TGV ». (La Montagne du 6 avril 2007). Tout cela est très bien mais les
discours de la SNCF ne suffisent pas : nous voulons des actes qui montrent
l’intérêt de l’exploitant pour nos lignes. Actuellement, nous enregistrons
une pluie de protestations : mauvaise qualité du service, trains sales,
capacité insuffisante, dysfonctionnements, retards, sont quotidiens. Je recevrai prochainement le
nouveau Directeur Régional et Madame IDRAC, Présidente de la SNCF.
***
Mes cher(e)s collègues, Nous pouvons nous réjouir du
succès de nos nouvelles politiques territoriales. Au-delà des effets de leviers
générés sur l’ensemble des territoires auvergnats, elles auront permis une
accélération très nette de la structuration des territoires en Pays et en
espaces de projets. Dans un délai extrêmement court,
nous avons ainsi réussi à transformer le paysage institutionnel auvergnat qui
présente désormais une cohérence territoriale évidente. Il faut maintenant aller plus
loin. Pour cela, je forme le vœu que
l’échéance du 6 mai nous permette de vivre et d’être pleinement acteur d’un
acte III de la décentralisation. Une véritable régionalisation qui
permette de recentrer le pouvoir de la Région sur ces domaines de compétences
prioritaires, c’est-à-dire ceux directement pourvoyeurs d’un développement
économique durable de l’ensemble de ses territoires. Je vous remercie.
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