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Interventions  des  élus du groupe socialiste

du  Conseil  régional  d'Auvergne

 

   Session du 21 novembre 2006
 
Intervention de M. Jean-Paul Bacquet
, Président du groupe socialiste

Monsieur le Président, mes Chers Collègues,
Notre session de ce jour : Débat d’Orientations Budgétaires 2007, Décision Modificative numéro 2, Délégation de Service Public à Vulcania, s’inscrit dans un contexte économique et financier particulièrement difficile, que ce soit au niveau national ou au niveau régional.
Au plan national tout d’abord, avec l’annonce par l’INSEE d’une croissance nulle au troisième trimestre 2006, qui confirme une situation extrêmement fragile qui ne peut que susciter nos inquiétudes pour l’avenir.
En effet, pour atteindre une croissance de 2,5 % sur l’année, objectif présenté initialement par le gouvernement, il faudrait un rebond de 1,2 % au 4ème trimestre 2006, ce qui est totalement irréaliste.
Inquiétude, lorsque l’on voit notre déficit du commerce extérieur s’aggraver chaque jour un peu plus et battre tous les records.
Inquiétude aussi lorsque l’on constate la faiblesse du pouvoir d’achat qui se traduit par une diminution de la consommation intérieure, alors que nous savons que celle-ci est le principal moteur de notre économie.
Pourquoi ne pas dire la vérité aux français plutôt que de construire des prévisions, au niveau gouvernemental, sur l’insincérité, pire quelquefois même sur le mensonge. Comment ne pas comprendre dans de telles conditions que l’électorat soit désorienté et souhaite le changement quel qu’il soit, avec les surenchères, la démagogie et les votes extrêmes.
Monsieur le Président, je vous sais gré d’annoncer clairement la couleur.  
Oui, la situation financière de la région est difficile.
Oui, nous ne pourrons tenir nos engagements pour ce qui concerne le maintien de la fiscalité et de la dette, vu la situation actuelle, et j’ai noté que même le CESR en avait conscience.    
Cela n’est pas sans importance lorsque l’on sait combien le Président du CESR  est un habitué des choix clairs, courageux et sans ambiguïté.
Monsieur le Président, vous préférez la vérité au mensonge et lorsque vous concluez votre rapport en écrivant que l’on ne pourra faire un budget sans faire varier la fiscalité et l’emprunt, vous avez raison de ne pas masquer la réalité.
Pourtant, nous avions su en deux ans, non seulement maîtriser l’évolution de l’emprunt, mais de plus, baisser légèrement son volume.
Car je vous rappelle que la dette laissée en héritage par nos prédécesseurs s’élevait à 333 millions d’euros auxquels il ne faut pas oublier d’ajouter les 291 millions d’euros de programmes engagés mais non financés.
Bien sûr, nous aurions souhaité ne pas laisser aux jeunes générations cet endettement, c'est-à-dire cet impôt différé qui les saignera demain, ce que d’autres avaient fait massivement, sans le moindre complexe ; mais pour cela encore aurait t-il fallu que l’État, sous prétexte de parfaire la décentralisation, ne nous transfère pas des compétences non compensées financièrement.  
La situation :
Ce sont 1 400 Techniciens et Ouvriers Spécialisés transférés, dès lors que ceux-ci auront opté définitivement pour leur intégration dans le statut de la Fonction Publique Territoriale, ce qui nous amènera à multiplier par sept les effectifs du Conseil régional d’Auvergne.
Je dois vous dire, Monsieur le Président, combien j’ai été choqué par la réaction de Monsieur Aulagnier à l’évocation de la mise en place, par la Région, d’une médecine du travail pour les TOS.
Nous avions entendu sur d’autres bancs, les critiques concernant la non-indépendance d’une médecine du travail, médecine patronale, mais jamais je n’aurais imaginé que l’on puisse évoquer l’inutilité de celle-ci.
Même Le Pen ne s’y était pas essayé.
Il est vrai que plus Monsieur Aulagnier intervient, plus Monsieur Proriol m’apparaît pour un doux baba cool. Je siège à l’Assemblée Nationale à proximité géographique de Monsieur Bayrou. Celui-ci n’est plus dans la majorité sans être pour autant dans l’opposition. Mais ici, avec Monsieur Aulagnier, nous découvrons que l’UDF est l’aile droite de l’UMP.
Je remercie Monsieur Hortefeux de soutenir cette initiative en matière de médecine du travail et d’apporter de la part du gouvernement, une aide financière à son fonctionnement.
Je le remercie d’autant, qu’au-delà des engagements politiques des uns et des autres, il est bon que nous sachions préserver des acquis fondamentaux de notre société.
C’est l’aéroport de Clermont-Aulnat pour lequel il est inéluctable que nous réalisions des investissements massifs pour le maintenir dans le concert des grands aéroports de villes de province.
Ce sont les écoles sociales et médico-sociales dont on mesure les évolutions futures, dans un contexte d’explosion des besoins, particulièrement en direction des soins aux personnes âgées.
Une première évaluation chiffre entre 2,4 et 3 millions d’euros l’écart entre le coût du transfert et les recettes correspondantes accordées par l’État.
Malheureusement, les handicaps ne s’arrêtent pas là :
C’est la limitation par le gouvernement de l’autonomie financière et fiscale des Régions, qui plafonne la taxe professionnelle à 3,5 % de la valeur ajoutée des entreprises, occasionnant pour l’Auvergne une perte de recettes de 6 millions d’euros ;  alors qu’un point d’augmentation d’impôt régional produit 1/10ème de cette perte de taxe professionnelle.
 
C’est l’évolution des nouveaux fonds européens sur lesquels, manifestement, l’État souhaite faire main basse  
financer ses propres programmes et de ce fait pénalise les régions.
Fallait t-il pour cela abandonner tout projet, toute initiative régionale et se contenter de limiter la dépense ?
Encore faudrait t-il pour cela savoir quelles dépenses il faudrait supprimer ?
Quand certains ici se plaignent d’un manque de grands projets régionaux, qu’ils nous disent comment ils les financeraient ?
Quand certains ici sont dubitatifs sur les actions de solidarité que nous engageons et sur notre capacité à gérer une Auvergne économe, qu’ils nous disent quels programmes ils souhaitent supprimer ?
Faut t-il supprimer les aides économiques pour les commerces et les petits artisans locaux ?
Faut t-il supprimer la multitude des aides que nous déclinons à chaque commission permanente en faveur de l’agriculture ?
Faut t-il supprimer les aides aux équipements sportifs ? Piscines, tennis couverts ?
Faut t-il ne pas participer à la sauvegarde des abattoirs en difficulté ?
Faut t-il supprimer les subventions aux nombreuses structures que nous aidons en matière touristique et sur lesquelles nous n’exerçons aucun contrôle ?
La liste pourrait être très longue, mais que l’on me réponde !! Que faut t-il supprimer ?
Et lorsque dans le même temps on refuse toute suppression de prestations mais que l’on demande encore plus d’interventions pour les entreprises,  pour le maintien de la médecine en zone de désertification, pour les manifestations festives, culturelles ou sportives locales, pour le désenclavement routier, ferroviaire, aérien et pour les hypothétiques grands projets, que l’on me dise comment on financera tout cela ? 
Soyez-en sûr, Monsieur le Président, nous vous accompagnons dans le choix de la transparence et de la vérité, et comme vous, nous refusons  l’immobilisme, les promesses démagogiques, pire les programmes non financés.  
Face à l’avalanche de contraintes financières qui pèsent sur notre collectivité et que je viens d’énumérer, nous soutenons vos propositions volontaristes :

-    
20 millions d’euros supplémentaires pour les lycées afin de poursuivre la modernisation des établissements, tant en travaux qu’en équipements,
-    
la gratuité de la formation pour les aides soignantes, pour ne plus voir tant de candidats ou de candidates renoncer à entreprendre, faute de moyens financiers, une formation dans un de ces métiers en tension,
-   
l’accélération du programme de couverture des zones blanches pour l’Internet Haut Débit et le développement des services publics,
-   
la relance de Vulcania pour lequel sont prévus des investissements conséquents, et pour lequel d’ailleurs nous avons à nous prononcer dans le cadre de la délibération de Délégation de Service Public,
-
les équipements sportifs intercommunaux, notamment les piscines, qui bénéficieront en 2007 d’un effort indispensable et très attendu,
-   
la nette augmentation du budget environnemental, avec notamment la refonte du plan Energie,
-   
plusieurs actions en faveur de l’installation des médecins généralistes en zone rurale,
-   
des aides directes en faveur des entreprises agro-alimentaires.
-   
Un plan de déprécarisation des agents Techniques et Ouvriers de Service dans les lycées.
Mes chers collègues, comment ne pas évoquer brièvement le futur Contrat de Projets avec l’Etat pour la période 2007-2013
   pour   lequel  nous  ne   pouvons  envisager, dans  le meilleur des cas, qu’un financement 40% Région, 60% État et nous inquiéter de la difficulté à obtenir un volet territorial dans une région où celui-ci est primordial pour aider les zones rurales ?
Comment ne pas évoquer aussi le contexte dans lequel nous avons à intervenir, c'est-à-dire la mise en compétition des territoires entre eux avec l’injustice intolérable d’une absence de péréquation entre les régions, qui ne peut que rendre plus riches les plus riches et appauvrir les plus pauvres ?
Ce Débat d’Orientations Budgétaires, nous le mesurons tous, pose la question de la fiscalité et de l’emprunt.
Nous avons certes supprimé de nombreuses interventions que nous savions inopérantes.
Il n’en demeure pas moins qu’il faudra assumer les contraintes qui nous sont imposées par l’Etat et les ambitions que nous nous donnons pour la Région.  
Il est vrai, Monsieur le Président que face à ces choix, certes difficiles mais ô combien courageux, je m’interroge pour savoir si nous avons eu raison de jouer la continuité républicaine à assumer les ardoises laissées par nos prédécesseurs.
Monsieur Proriol, tout à l’heure, s’interrogeait pour savoir si nous aurions la capacité financière à assumer nos ambitions.
Il est vrai que tout cela nous serait plus facile si nous n’avions pas à payer les programmes engagés ou prévus par d’autres et si nous les avions supprimés en arrivant.
D’autres Régions ont fait ce choix et seul le peuple jury-citoyen-expert jugera de la justesse de ces choix.
Pour ce qui me concerne, je ne regrette pas les choix que nous avons faits pour Vulcania II pour sortir d’un gouffre financier dont nous ne mesurons peut-être pas la réelle dimension.
Constater que seuls 5 intervenants privés ont répondu à l’appel d’offres de délégation de service public est déjà inquiétant. Découvrir que seulement deux ont répondu est encore plus inquiétant.
Et se résoudre à ce qu’un seul n’ait soumis un dossier complet démontre la fragilité de l’édifice, les risques financiers que nous encourons et devrait nous servir de leçon pour les investissements à venir.
Monsieur le Président je ne regrette pas ce choix pour Vulcania, mais il est vrai qu’il m’est insupportable de recevoir des leçons en matière de gestion de ceux qui nous ont imposés tant de dépenses que nous n’avons pas choisies, tant de dépenses qui déséquilibrent aujourd’hui notre budget.
J’ai cru comprendre que certains ici nous reprochaient l’évolution de la TIPP.
Faut-il leur rappeler que l’Etat ayant pris conscience du financement partiel des compétences qu’il nous a transférées a donné la possibilité aux régions de faire varier la TIPP, c'est-à-dire a fait le somptueux cadeau aux régions de pouvoir lever l’impôt là où il n’a pas eu le courage d’assumer ses responsabilités ?
Faut-il leur rappeler, contrairement à ce qu’affirmait, il y a un instant Monsieur Proriol, que la région Alsace, qu’il nous cite si souvent en exemple, a décidé une variation de TIPP bien supérieure à la nôtre ?

Non, Monsieur Proriol, la Région Alsace n’a pas fait varier la TIPP d’une façon inférieure à l’Auvergne, bien au contraire. 0,85 centime l’hectolitre pour l’Auvergne, 1,6 centime pour l’Alsace.

Et permettez-moi de vous lire un passage d’un excellent article d’Adrien Zeller, le 7 octobre 2006 au Journal Le Monde : « 
Aujourd’hui, tout est en place pour que le rôle stratégique de modernisation joué par la plupart des régions depuis dix ou quinze ans, non pas s’accroisse, mais diminue, faute de pouvoirs réels, de compétences et de moyens.
D’ici quatre ans au plus, même en tenant compte des marges de 1,5 centime d’euros par litre de carburant prévues en faveur des régions en matière de TIPP, celles-ci ne pourront plus faire face à leurs diverses missions d’aménagement, d’équipement, de transport, de formation initiale et continue, de recherche-développement et d’innovation, d’environnement et de développement économique et culturel régional.

« On » risque de réussir le tour de force de réduire à peu de chose une des plus jeunes et plus prometteuses institutions de notre pays, naguère imaginée par le général de Gaulle et plus tard par Gaston Defferre, conçue et mise en place pour relever progressivement quelques-uns des défis les plus essentiels du pays. »

De même, vous avez cité, Monsieur le Président, Eric Doligé, Sénateur UMP du Loiret qui dénonçait les transferts de compétences non-compensés de l’État.  
Et connaissant bien cet élu, puisque siégeant à la Conférence Nationale des SDIS à Paris, je peux vous affirmer qu’il sait, là aussi, dénoncer les dérives financières que doivent assumer les collectivités territoriales.
Alors, il est difficile d’accepter des leçons en matière de gestion financière de ceux qui nous imposent aujourd’hui des intérêts d’emprunt régionaux indexés sur le Franc suisse, comme naguère ils avaient imposé à la Nation des emprunts indexés sur le cours de l’or.

Chacun se reconnaîtra et j’espère assumera ses choix.

Mes chers collègues, notre région mérite beaucoup plus que des états d’âmes, mérite beaucoup plus que vos incantations et elle mérite que nous poursuivions, loin des projets surdimensionnés et à la communication tapageuse, un travail de fond permettant une vraie solidarité sur nos territoires, en anticipant si possible par rapport aux autres régions, et nous pouvons nous réjouir d’être désormais leader en matière de désenclavement numérique.

Monsieur le Président, nous nous reconnaissons dans la gestion rigoureuse initiée par Pierre Joël
Bonté et que vous continuez. J’en veux pour preuve les deux décisions modificatives de cette année qui ne font varier que de 1,65% le budget initial que nous avons voté en janvier.
Mes chers collègues, Il est certes plus difficile d’annoncer la vérité et d’assumer des choix budgétaires que de se contenter d’effets d’annonces et d’engagements non financés, mais je suis persuadé que les auvergnats se reconnaîtront dans cette méthode.

e vous remercie.


   Session du 21 novembre 2006 
 Intervention de M. René Souchon, Président du Conseil
régional  d'Auvergne

Mes cher(e)s collègues,
Je souhaiterais commencer mon propos en figeant un instant le temps afin de prendre la photographie objective du contexte général dans lequel s’inscrit notre action politique.

Pour reprendre une formule de JAURES qui m’est particulièrement chère, je voudrais que nous nous arrêtions un instant pour « comprendre le réel ».

Nous sommes à la fin de l’année 2006, cela fera bientôt 3 ans que la Région Auvergne a changé d’orientation politique.

C’est presque le temps du mi-mandat !

Grâce à la concertation et au dialogue, la Région Auvergne est devenue l’interlocuteur incontournable de l’ensemble des acteurs des territoires auvergnats.

Avec  la  mise  en  œuvre  de  la  territorialisation de notre politique régionale, elle agit en chef d’orchestre pour impulser, fédérer, coordonner, en s’appuyant sur des dispositifs transversaux de développement et en concentrant son action en direction des territoires les plus en difficulté, en illustrant le slogan, il faut « donner plus à ceux qui ont moins ».

L’identité et la lisibilité de l’action de l’institution Régionale n’étaient perçues jusqu’en 2004 que de manière approximative par les Auvergnats, la Région étant d’abord considérée comme un guichet auquel on s’adressait pour tout et parfois n’importe quoi !

Les choses ont changé, même s’il reste beaucoup à faire ici ou là, et la Région est aujourd’hui plus que jamais au cœur de la vie quotidienne de nos concitoyens, même lorsqu’ils ne le savent pas.
 
A travers l’ensemble de nos champs de compétences, c’est  bien  la solidarité  active  qui  constitue le cœur de notre politique, son fil rouge.

Nous avons en grande partie gagné notre pari de 2004 ! Celui des Assises Territoriales ! Comme les auvergnats nous l’ont demandé,
  nous sommes sur la voie d’une « Auvergne plus accueillante, ouverte au Massif Central, à la France, à l’Europe et au Monde ! » 

I- COMPRENDRE LE REEL

Arrêtons nous un instant et prenons le temps de prendre cette photographie.

Qu’y voit on ?

Tout d’abord, on s’aperçoit que depuis notre prise de responsabilité, en mars 2004, le contexte national créé par la politique gouvernementale pèse de plus en plus sur l’autonomie des collectivités locales.

La droite a terni l’image de la décentralisation, en substituant à une exigence de solidarité et de proximité, une politique systématique de désengagement de l’Etat, obligeant les régions à faire davantage appel à la fiscalité régionale, la plus injuste qui soit.

Le Conseil Economique et Social lui-même reconnaît que cet appel à la fiscalité est inévitable.

Le divorce est désormais consommé entre l’Etat et les collectivités locales qui se doivent d’assumer des charges et des responsabilités croissantes, alors que dans le même temps, la politique ultra-libérale mise en œuvre par la droite remet en cause la libre administration fiscale et financière des Régions.

En transférant des compétences nouvelles sans les moyens budgétaires équivalents, le Gouvernement fait ainsi la part belle à l’esprit de revanche qui l’anime depuis sa défaite aux élections régionales de 2004.

Quoi que l’on en dise, en effet, les transferts opérés dans le cadre de la loi du 13 août 2004 ne se font pas à « l’euro près » et
  en dépit des affirmations du Gouvernement, les surcoûts occasionnés atteignent volontairement des sommes exorbitantes qui plombent les budgets de l’ensemble des Régions.

Comme il ne faut pas affirmer sans démontrer, prenons quelques exemples précis en nous appuyant sur les dépenses liées à l’application des nouvelles compétences non compensées par l’Etat :  
En 2007, nous devons faire ce que l’Etat n’a pas fait vis-à-vis des TOS : 

-     assurer une visite médicale annuelle 

-     permettre la formation 
-    assurer des prestations sociales 

-    prévoir le remplacement de ces agents en cas de maladie

Ce sont 2 120 000 euros de dépenses incontournables qui ne seront pas compensées (60 000 euros pour la médecine du travail, 640 000 euros pour la formation, 520 000 euros pour les œuvres sociales, 800 000 euros pour l’organisation de la suppléance tout au long de l’année, 100 000 euros pour l’adaptation de l’outil informatique) !
Le transfert de l’aéroport au 1
er Janvier 2007 nous obligera à investir sur cet équipement majeur pour le développement économique et le désenclavement, mais aussi sur le déficit de gestion, sans aucune aide de l’Etat.
Ce sont vraisemblablement 700 000 euros qui devront être budgétés à cet effet, dont 200 000 euros pour le seul déficit !
Face à l’absence d’informations fiables, il devient également très difficile d’évaluer le surcoût réel occasionné par le transfert des formations sanitaires et sociales.
Aujourd’hui et avant la réunion de la Commission Consultative d’Evaluation des Charges, nous savons qu’elle coûtera au moins 100 000 euros en dépenses pour l’informatisation et la saisie des bourses (70 000 euros) ainsi que pour la procédure contradictoire d’analyse des comptes financiers (30 000 euros).
Mais nous sommes très inquiets car nous savons que nous pouvons nous attendre au final et dans ce seul domaine, à une différence comprise entre 2 et 3 millions d’euros entre les besoins effectifs et les transferts financiers de l’Etat, selon l’estimation de notre conseil, le cabinet KPMG.
Au total, si l’on considère le transfert des agents des lycées, de l’aéroport, du travail sur les bourses sanitaires et sociales, nous estimons aujourd’hui à 4 120 000 euros le montant réel des surcoûts non compensés, qui incluent le coût salarial des 15 agents supplémentaires que nous avons dû ou devrons recruter pour mettre tout cela en musique.

Et ceci sans compter l’incertitude de 2 à 3 millions d’euros sur les formations sanitaires et sociales que j’évoquais il y a un instant !

4 120 000 euros, mes cher(e)s collègues, qu’il faudra prévoir  dans  le  Budget Primitif  2007  même  si  le  risque existe que le différentiel final soit bien supérieur, de l’ordre de 7 millions d’euros.
Un coup dur pour nos collectivités, qui pousse même le sénateur UMP et Président du Conseil Général du Loiret, Eric DOLIGE à s’exprimer dans un article du Monde du 6 novembre dernier, en parlant de « bombe à retardement financière » et en expliquant que la décentralisation «  a été très insuffisamment anticipée ».
Il déclare même, je cite,
  que les « dotations de compensation que l’État a proposées ne couvrent aujourd’hui que 85 % des charges » et que les collectivités seront donc forcées de « remettre au pot à hauteur de plusieurs milliards d’euros » !
J’entends aussi à droite et à gauche, ou plutôt « à droite et à droite », que notre collègue Brice HORTEFEUX se plaindrait du « manque de projets du Conseil Régional » et expliquerait à tout va que « les impôts augmentent sans qu’il y en ait la nécessité » ou encore que nous procéderions à de « nouvelles hausses d’impôts, sauf la dernière année du mandat » (Article de la Montagne du 6 novembre dernier).
Il est en effet très facile d’éluder publiquement et volontairement l’étroitesse de la base des impôts régionaux, de comparer les taux d’augmentation de la fiscalité entre collectivités en ne faisant systématiquement jamais allusion à leur augmentation en valeur absolue.
 
-    Lorsque le taux de TP est, au niveau régional, de 2,86 %, il est de 11,33 % dans l’Allier.
-    Lorsque le taux du foncier bâti est de 3,63 % pour la Région, il est de 14,70 % dans le Cantal.

Lorsque le département du Puy-de-Dôme reçoit 85,65 M€ de TP, la Région n’en reçoit que 57,70 M€.

Même chose pour le foncier bâti : lorsque le département du Puy-de-Dôme reçoit 63,39 M€, le Conseil Régional d’Auvergne, pour toute la région, n’en perçoit que 40,86 M€.
J’appelle donc notre collègue Hortefeux à plus d’honnêteté et de modération dans ses critiques sur l’impôt régional.

Il convient aussi de regarder les taux pratiqués par les Régions voisines, comme le Limousin par exemple.
Les choses pourraient être très différentes si la fiscalité régionale était à la hauteur des compétences transférées.
La vérité est que la Région est la collectivité locale qui dispose du moins de ressources fiscales : sur 100 euros d’impôts locaux payés par le contribuable, 70 euros reviennent à la Commune ou à la Structure Intercommunale, 25 euros au Département, 5 euros à la Région. Dès lors, la collectivité qui augmente le plus ses taux de fiscalité n’est pas forcément celle qui recevra le plus d’argent supplémentaire.
Avec le plafonnement de la Taxe Professionnelle décidé par le Gouvernement, les Régions voient leurs bases plafonnées régresser, au mépris de leur autonomie financière, rendant ainsi les prévisions budgétaires pour 2007 pour le moins délicates.
En Auvergne, ce sont entre 5 et 6 Millions d’euros sur lesquels il ne faudra plus jamais compter et que nous devrons rembourser à l’Etat en 2007, et les années suivantes, à partir de l’augmentation de la fiscalité de l’année 2005.
Un drame budgétaire qui abaisse le point d’impôt régional de 250 000 euros pour le ramener à seulement 650 000 euros ! 

Eh oui ! : Chaque fois que la fiscalité directe progresse de 1%, la recette supplémentaire n’est pour la Région que de 650 000 euros !
 Les impôts comptaient déjà très peu sur l’ensemble des ressources de la Région mais avec le plafonnement, il faudra que nous jouions encore plus finement sur les deux leviers de la fiscalité locale et de l’emprunt, pour garder un bon rapport entre eux et ainsi ne pas léguer une Auvergne surendettée aux générations futures !
Les Régions sont véritablement étranglées par le Gouvernement.  
Que voit-on encore  sur cette photographie que je vous propose ?
Du côté de l’Etat, depuis 2002, tous les budgets se suivent et se ressemblent : peu pour la croissance et l’emploi ; rien pour le pouvoir d’achat.

Comme chaque année depuis 4 ans, le Gouvernement promet une nouvelle fois de faire pour l’année à venir ce qu’il n’a pas réalisé depuis son retour au pouvoir.

Le budget 2007 de l’État se singularise d’ailleurs par un degré d’injustice inégalé :
D’un côté le Gouvernement opère un tour de vis général : hausse des prélèvements de 17 milliards d’euros, augmentation sensible des tarifs publics, déremboursement des médicaments, privatisations… .  
De l’autre, il octroie des avantages aux plus riches avec près de 4 milliards de baisse liée à la refonte du barème de l’impôt sur le revenu, dont 30% iront à 1% des ménages les plus aisés alors que les 10% les plus pauvres ne recevront que 2% des gains et les classes populaires seulement 20% !
La non-sincérité du budget 2007 de l’État marque elle aussi les esprits :
Comment le Gouvernement peut il en effet honnêtement affirmer  que la baisse de la dette est sa priorité alors qu’elle est passée en quatre ans de 58,6% à 66,6% du PIB !?
Comment le Gouvernement peut-il en effet sincèrement déclarer que la dépense publique est contenue, alors que les statistiques annexées au Projet de Loi de Finances indiquent qu’elle est passée de 51,5% du PIB en 2001 à 53,9% en 2005 et cela sans compter les 10 milliards d’euros d’engagements annoncés mais restant à financer ? 

Qu’y voit-on aussi ?
On y voit la fin d’une période de contractualisation avec l’État, la fin également des anciens fonds européens 2000-2006 !
Et aussi le début d’une ère nouvelle placée sous le signe de la compétitivité des territoires qui favorise les plus riches !. Malgré ce contexte politique très défavorable, malgré la gangrène de la décentralisation Raffarin-Chirac, nous allons poursuivre la construction de l’Auvergne du
21
ème siècle.
La photographie étant prise, le temps ne s’arrêtera pas et nous sommes plus que jamais déterminés à inscrire notre action dans la continuité des Assises Territoriales, fidèles à nos 82 engagements pris envers les auvergnats.

Nous continuerons à inscrire dans l’histoire l’empreinte de notre stratégie politique, de notre volonté, de notre devoir même « d’Aller vers l’Idéal » !
II- ALLER VERS L’IDEAL
« Comprendre le Réel » et « Aller vers l’Idéal », oui, mes cher(e)s collègues, c’est bien de cela qu’il s’agit lorsque l’on croit aux valeurs de gauche et que l’on souhaite construire durablement un monde plus juste.

Nous avançons à petit pas mais avec détermination et courage vers cet idéal avec des moyens très limités.

Néanmoins, notre combativité nous permet d’engranger quelques satisfactions.
Dernièrement, par exemple, nous avons obtenu une augmentation significative de la participation de l’État à la Convention Interrégionale de Massif à hauteur de 16,4 millions d’euros ce qui correspond à une dotation totale de 61,2 millions d’euros pour la période 2007-2013. Je remercie M. Hortefeux de son appui sur ce dossier.
Avec les 5 autres Régions concernées, nous devrions donc avoir les moyens de renforcer le cadre de notre stratégie commune  d’accueil  des  nouvelles  populations  à   l’échelle   du Massif, à condition que l’État ne tente pas une OPA sur les fonds Massif Central.
 
Sommes-nous pour autant sortis d’affaire et pouvons nous baisser la garde ?
 Non je ne le pense pas car je le répète : pour obtenir tout cela, il a fallu batailler sans relâche :  
Batailler sans relâche en demandant au Préfet de Région un nouveau mandat de négociation pour le futur Contrat de Projets 2007-2013. Je ne connais d’ailleurs pas, à ce jour, de façon officielle, le détail du nouveau mandat de négociation confié au Préfet, mais je sais que nous obtiendrons un accroissement des sommes affectées à la contractualisation de 21 %. La rallonge, à périmètre identique, devrait être de 49,21 millions d’€ portant le mandat de négociation à un montant de 282,7 millions d’€.
Batailler sans relâche comme nous le ferons le 16 décembre prochain lors d’une nouvelle Conférence des Territoires qui nous permettra d’échanger avec l’ensemble des acteurs institutionnels de la société auvergnate pour affiner notre projet contractuel commun pour l’Auvergne !
Le 6 novembre dernier, lors de l’Assemblée Générale de l’Association Logistique Transport Ouest (ALTRO), nous avons très concrètement avancé sur le projet de TGV qui relierait la façade Atlantique à Lyon en passant par Poitiers, Limoges et Clermont-Ferrand.
J’ai d’ailleurs été chargé de fédérer les Présidents des Régions concernées pour que des études de faisabilité soient inscrites soit aux Contrats de projet Etat-Région, soit à la Convention Interrégionale de Massif. J’ai la conviction que nous pouvons désormais « croire au rêve devenant réalité » en avançant progressivement sur ce dossier, même s’il ne voit le jour que dans 20 à 30 ans.
 
Cela démontre aussi que n’avons pas, contrairement à d’autres, les yeux fixés sur la seule échéance électorale de 2007 !

L’avancée du dossier ALTRO est une avancée qui va dans le sens de l’idéal que nous visons pour l’Auvergne !
 Je vous rappelle, mes cher(e)s collègues, que ce que veulent aussi les Auvergnats, c’est que le « désenclavement soit érigé en droit fondamental pour chacun de ses territoires » (axe 5 de la Charte pour l’Auvergne).
« Aller vers l’Idéal » c’est enfin croire encore et toujours plus en la concertation car nous avons la conviction que tout bon projet doit être partagé et porté collectivement !Je me réjouis d’ailleurs des relations de travail que nous avons pu nouer avec les élus et services des Conseils Généraux pour aboutir à la signature des conventions triennales qui vont définir nos relations en matière de développement économique, de désenclavement routier et d’aménagement numérique des territoires.

Je voudrais maintenant en venir plus concrètement aux propositions que nous envisageons dans le cadre de ce Débat d’Orientations Budgétaires, des propositions qui vont selon nous dans le sens de cette plus grande justice qui est une composante essentielle de l’idéal à poursuivre.
Je voudrais d’abord souligner l’effort conséquent que nous souhaitons engager en direction des lycées avec environ 20 Millions d’euros supplémentaires prévus par rapport à 2006 !
Au total ce sont bien 350 millions d’euros que nous comptons consacrer aux travaux des lycées auvergnats d’ici 2010 ! Est-ce que ce c’est pas un grand projet que de donner à notre jeunesse des conditions d’enseignement nettement meilleures ?
Je voudrais aussi mettre l’accent sur quelques mesures nouvelles emblématiques ; je pense :  

-         à la gratuité de la formation pour les aides soignant(e)s dont les compétences seront de plus en plus recherchées sur nos territoires malheureusement vieillissants ;
-         à la meilleure prise en compte des dépenses pédagogiques des exploitations des établissements d’enseignement agricole ;
-         aux crédits supplémentaires que nous consacrerons aux équipements sportifs avec un programme résolument nouveau en faveur des équipements intercommunaux ; des crédits qui nous permettront aussi d’écouler plus facilement l’enveloppe considérable d’autorisations de programmes que nous traînons depuis plusieurs années ;
-
         à nos efforts considérables pour réduire la fracture numérique des territoires grâce à notre programme TIC de couverture des zones blanches et de développement des services au public.  
Nous devons nous persuader que l’avenir de l’Auvergne dans sa diversité passe par notre capacité à tirer le meilleur parti de ces nouvelles technologies ;

-         à une forte augmentation du budget en faveur de l’environnement et du développement durable (refonte du plan énergie, agenda 21 local…) ;
-
         à l’aide que nous prévoyons en faveur de l’installation des médecins généralistes en zone rurale et des maisons de santé ;
-         ou encore à la mise en place d’un système d’aides directes pour les entreprises agro-alimentaires pour lever du FEADER et compenser la Prime d’Orientation Agricole que l’État ne leur versera plus !
Et je ne reviens pas sur notre nouvelle politique de formation et d’action sociale en direction des agents des Lycées !

Quelques mots enfin sur VULCANIA qui tiendra une place très importante dans le budget 2007.  
En imaginant VULCANIA, je crois justement, pour reprendre le fil directeur de mon propos, que Valery GISCARD D’ESTAING n’a pas su « Comprendre le Réel ».
 
S’il avait « compris le Réel », il n’aurait assurément pas voulu « calibrer le parc européen du volcanisme pour 450 000 visiteurs par an» comme il se plait à le rappeler dans son ouvrage récent « le pouvoir et la vie », alors que toutes les études montrent pourtant qu’il doit l’être sur 300 000 !
 En édifiant ce sanctuaire surdimensionné, je ne sais pas si Monsieur GISCARD D’ESTAING a voulu « Aller vers l’Idéal »  mais ce qui est certain, c’est qu’il a voulu construire « son propre idéal » !

Mais ce n’est pas comme cela, et vous le savez bien, que l’on sert l’intérêt général !
En tout cas, ce n’est pas comme cela que nous concevons pour notre part la mission politique que nous ont confiée les Auvergnats en 2004 !
Mais VULCANIA, je le répète une fois de plus, « coûte que coûte », et c’est bien le cas de le dire, fait partie de notre héritage collectif et du patrimoine auvergnat.
Nous vous proposons donc aujourd’hui d’attribuer la délégation de service public concernant l’exploitation de VULCANIA à la SEM Volcans pour une durée de 10 ans
.
Le programme d’investissements qu’elle propose est extrêmement lourd ! : 11 millions d’euros d’investissements sont prévus sur la période 2007-2010, sans compter les 1,6 millions de travaux de gros entretien du bâtiment immédiatement nécessaires.

Mais cet effort conséquent devrait permettre de redynamiser VULCANIA en rétablissant et en maintenant ensuite une fréquentation de l’ordre de 300 000 visiteurs par an !
                                                                                          * * *
Mes cher(e)s collègues, c’est en « comprenant le réel » et en « allant vers l’idéal » que l’on pourra consolider les bases de « l’Auvergne que nous voulons ».Pour atteindre ces objectifs, nous sommes malheureusement contraints de considérer les paramètres financiers de « l’Auvergne que nous pouvons. »  
En passant d’un système de décentralisation contractuelle entre l’État et les collectivités à un mode de désengagement de l’Etat sans les ressources financières permanentes pour y faire face, le Gouvernement a pris le risque de mener la France dans une impasse.
Il nous revient d’incarner une nouvelle espérance pour les territoires, de reconstruire le lien politique et de faire vivre la démocratie territoriale.
Nos orientations budgétaires pour 2007 sont la preuve que la détermination de la majorité régionale est forte et que nous entendons bien redonner tout son sens au pacte social qui nous lie aux citoyennes et aux citoyens de l’ensemble des territoires de l’Auvergne.
A presque mi-mandat, j’ai le sentiment que les fondations de notre nouvelle politique régionale sont désormais solidement ancrées dans notre riche sol volcanique.

Je m’engage devant tous les Auvergnats en affirmant que c’est sur ces bases solides que nous allons désormais continuer à aller de l’avant pour construire, cette « Auvergne que nous voulons » ! L’Auvergne des Assises Territoriales !

Une Auvergne « plus accueillante, plus dynamique, ouverte au Massif Central, à la France, à l’Europe et au Monde ! ». 

Je vous remercie


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