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Session du 15 mai 2006 Intervention de M. Jean-Paul Bacquet, Président du groupe socialiste
Monsieur le Président, mes
chers collègues, à entendre Monsieur Proriol, dois-je vous le dire, Monsieur le
Président, je croyais entendre le dauphin, toujours futur Président du Conseil
régional, non confirmé, ni par le pouvoir régalien, ni par le suffrage
universel. Chers
collègues, j’aurais préféré, comme vous tous certainement, que cette séance
plénière du Conseil régional s’ouvre dans un climat politique national serein
où, au-delà des points de vue divergents de la droite comme de la gauche,
symboles du bon fonctionnement de notre démocratie, les grands problèmes qui
préoccupent les Français soient la priorité de nos dirigeants. Or, depuis des
semaines, notre pays vit dans un climat de suspicion, dans une ambiance
délétère, dans une atmosphère de dégradation des mœurs politiques,
d’accusations mutuelles qui discréditent nos institutions et nous conduisent,
c’est évident, à une véritable crise de régime. Cette situation est d’autant
plus préjudiciable qu’elle discrédite, à la fois le monde politique et le monde
judiciaire, favorise les extrêmes, cela d’autant plus facilement que certains
responsables de la majorité véhiculent en permanence les arguments de ceux-ci.
Et tandis que les Français sont de plus en plus inquiets pour leur emploi,
craignent la précarité, redoutent le surendettement ou subissent la baisse de leur
pouvoir d’achat et la hausse du prix de l’essence et des loyers, certains
Ministres sont le matin chez le juge, l’après midi, en meeting électoral,
oubliant leur mission initiale : servir la France et les Français. Quel désastre de voir le
numéro deux du Gouvernement accuser le numéro un ; de voir le numéro trois
porter plainte contre le numéro deux, alors même que l’on vient de
perquisitionner ses bureaux. Quel désastre, quel
contraste, alors que chaque jour, nous rencontrons de plus en plus de familles
qui n’arrivent plus à boucler les fins de mois, de plus en plus de jeunes qui
constatent avec amertume que l’ascenseur social s’est arrêté. Quel désastre de constater
quelle image nous donnons de notre pays à l’étranger, tandis que l’on découvre
chaque jour, dans la presse, des déclarations qui contredisent celles
prononcées la veille, avec un chef de l’État incapable de réagir, de mettre de
l’ordre dans une équipe où les ambitions personnelles l’ont emporté depuis
longtemps sur le sens de l’État. La France avait-elle besoin de cela, après les
émeutes de banlieues qui ont traduit le désespoir d’une jeunesse rejetée que le
Gouvernement refusait d’entendre ? La France avait-elle besoin d’une telle
cacophonie gouvernementale, après la gestion catastrophique de la contestation
du CPE, conséquence d’une vision étriquée des inquiétudes de la jeunesse, avec
un entêtement jusqu’au-boutiste, pour, au final, mieux faire marche arrière,
après pourtant avoir affirmé haut et fort que l’on ne céderait pas ? Et si certains, aujourd’hui,
dénoncent une unité syndicale qui ne se serait faite que de façon
conjoncturelle, pourquoi ne pas se réjouir de cette forte unité syndicale, lors
d’une mobilisation massive du peuple français à l’appel de sa jeunesse, au
moment où cette jeunesse, face à une inégalité inacceptable, a fait
certainement sa première prise de conscience politique dont elle se souviendra,
soyez-en assurés. Ne nous y trompons pas, le
CPE était bien un outil pour précariser la jeunesse, pour licencier sans motif,
pour casser le Code du travail. Mais derrière cela, il y a un véritable risque
d’affrontement générationnel, alors que, pour la première fois dans notre
histoire, notre pays se trouve dans une situation démographique où les plus de
soixante ans sont plus nombreux que les moins de trente ans. Alors, comment ne pas
s’indigner lorsque l’on découvre que, sur l’initiative de Monsieur Sarkozy, une
nouvelle loi sur l’immigration est soumise au Parlement, à peine trois ans
après celle qu’il avait déjà présentée et dont nombre de décrets d’application
n’ont toujours pas été signés ? Pire, cette nouvelle loi sur
l’immigration ne fera que précariser les réguliers, encourager les clandestins,
en ôtant toute chance de « décoller » aux pays sous-développés. Vaste
programme à venir pour notre coopération décentralisée, me direz-vous. Mais il
y a peut-être d’autres méthodes pour favoriser le développement des pays du
Tiers-Monde. Et pourtant Nicolas Sarkozy,
auteur de cette loi, écrivait en 2001 dans son livre programme :
« Libre », je le cite : « Le regroupement familial s’impose
à tous, tout à la fois pour des raisons humanitaires et par souci
d’intégration ». Que ne faut-il pas faire pour
séduire l’extrême droite, alors que l’on sait que la copie n’est jamais à la hauteur
de l’original, comme le répète à l’envi le Président du Front national ?
Cela n’empêche pas le Ministre de l’Intérieur de déclarer, et je le cite
« qu’il ira chercher, les unes après les autres, les voix du Front
national ». Voilà donc notre pays dans
une crise politique grave, avec un risque d’affrontement générationnel, un risque d’affrontement
entre les hommes, que préparent certains en se servant du populisme et en
favorisant le racisme. Dans le même temps, voilà
malheureusement dans notre pays, une accentuation des inégalités territoriales.
Il n’y a pas de péréquation entre les régions riches et les régions pauvres et
l’on voit malheureusement l’écart entre celles-ci se creuser inéluctablement.
De même, le transfert de compétences nouvelles aux Régions, consécutif à l’Acte
II de la décentralisation de Monsieur Raffarin, va aggraver ces inégalités car
la non prise en compte par l’État des formations sociales, le transfert des
TOS, du patrimoine, des aéroports, de l’AFPA, sera beaucoup plus dur à gérer
pour les Régions pauvres que pour les Régions riches. Enfin, et c’est inacceptable,
voici qu’en raison de l’élargissement de l’Europe, on doit diminuer les zones
susceptibles de bénéficier de la prime à l’aménagement du territoire. Loin de
moi de remettre en cause l’aide européenne aux pays entrants, mais il me semble
que si l’on avait écouté les Socialistes lorsqu’ils proposaient d’augmenter le
budget de l’Europe, et bien aujourd’hui, nous ne serions pas dans une situation
où, en aidant les uns pour décoller, on se retrouve pour les autres sans aide.
Quelle injustice de voir que le Gouvernement n’hésite pas à pénaliser un peu
plus les régions pauvres lorsqu’il rend accessible à la PAT les régions les
plus riches et vous l’avez citée, l’Île de France. Quelle injustice de constater
dans notre région une répartition de la PAT la plus inégalitaire qui soit.
Lorsque j’ai découvert la nouvelle carte, comme tant d’autres, je vous ai dit,
Monsieur le Président, mon indignation et mon refus de cautionner l’asphyxie
des zones difficiles de notre région et mon refus que l’aide européenne ne soit
pas attribuée à des territoires qui ne sont pas les plus fragiles. Pourquoi une telle inégalité,
lorsque l’on se souvient des critères retenus initialement par le Gouvernement
pour respecter une équité dans la distribution de la prime à l’aménagement du
territoire ? §
Les
critères d’emploi, c'est-à-dire le taux de chômage et l’évolution de l’emploi
total. §
Les
critères de richesse relative, c'est-à-dire le revenu fiscal moyen par unité de
consommation. §
Les
critères de vulnérabilité, c'est-à-dire la part de l’emploi de l’industrie et
des services aux entreprises dans l’emploi total ou encore le niveau de
qualification des salariés. Le résultat n’est pas
conforme à ces critères. Au niveau national, une partie de l’Île-de-France
bénéficiera du nouveau zonage, à titre permanent, au détriment de régions bien
plus défavorisées, comme la nôtre. Au niveau régional, le zonage 2000-2006 qui
couvrait l’équivalent de 686.000 habitants de la région Auvergne, ne concernera
plus à titre permanent que 226.000 habitants pour la période 2007-2017, soit
trois fois moins que la situation antérieure. Au niveau
local, à simple titre d’exemple, et alors que demeure connue la fragilité du secteur
de Brioude – Bassin Minier – Issoire, la totalité de ces communes
perd tout classement d’éligibilité à la PAT, à titre permanent. Et tout cela,
sans la moindre concertation ! À qui fera-t-on croire aujourd’hui que le secteur d’Ambert, de Mauriac,
est suffisamment performant pour ne bénéficier d’une PAT que très
temporaire ? À qui fera-t-on croire que le Val d’Allier Sud, qui a
pourtant subi tant de suppressions d’emplois et de fermetures d’entreprises,
serait aujourd’hui guéri de ses plaies et pourrait naviguer sans aide
pérenne ? Pire, Monsieur le Président, cette répartition injuste et
inégalitaire sera aggravée par la règle « de minimis », parce que la
Région, elle aussi, pénalisera les zones « non patables » par des
aides inférieures. Est-ce là la conception sortie des Assises territoriales,
pour une Auvergne dans laquelle la Région compenserait les indices de
fragilité ? Non, rien de tout cela. Monsieur le Président, nous nous devons de dénoncer,
haut et fort, cette répartition injuste et inégalitaire. J’ai apprécié que vous
ne soyez pas complice de telles incohérences où, par
exemple – écoutez donc –, on exclut Lempdes-sur-Allagnon,
alors que dans le même temps, on propose dans le SRDE d’en faire un centre
logistique routier. Il est souhaitable certes, que Lempdes-sur-Allagnon soit
intégré dans une zone de PAT pérenne, qui ne soit pas reliée à
Saint-Flour – non pas par un « vermicelle » au bain-marie,
mais par un « spaghetti » qui se fait des nœuds – mais plutôt
à un bassin minier du Puy-de-Dôme, qui a subi au moins autant de difficultés
que le bassin minier de la Haute-Loire. Il est encore temps, Monsieur le
Président, de vous opposer à ce projet, au nom de notre Assemblée, et de mettre
en avant l’iniquité de ce zonage, ainsi que l’hérésie qui a consisté à ce que
cette carte soit élaborée sans véritable concertation. J’ai eu mercredi, à l’Assemblée nationale, des assurances de Monsieur
le Ministre des Collectivités Territoriales, sur de prochaines modifications de
zones patables en Auvergne, mais tant que nous n’avons pas le nouveau schéma,
il est indispensable que nous continuions à dire, et si possible tous ensemble,
notre désaccord et notre souhait de révision du schéma actuel. J’en viens à présent à deux
autres dossiers capitaux pour le développement de notre région :
l’aéroport de Clermont-Ferrand et Vulcania. L’aéroport, tout d’abord, qui
nous est transféré par l’État, avec bien sûr les déficits qui vont avec. Le
groupe Socialiste ne peut, à l’évidence, que manifester sa solidarité dans la
volonté du Conseil régional de défendre cet outil indispensable, tant sont
grandes les implications économiques et le désenclavement aérien que celui-ci
génère. Cela ne nous dispense pas de regretter à la fois les conditions de son
transfert, mais aussi les renoncements successifs, particulièrement celui
d’« Air France », privatisé, qui assoit désormais ses seuls choix sur
les critères de rentabilité, oubliant au passage toute notion d’aménagement du
territoire et programmant, soyons-en sûrs, à moyen terme la disparition du Hub
de Clermont-Ferrand. Ces nouvelles options ont
conduit à des fermetures de lignes, à la non utilisation d’un outil performant
qui a fait l’objet, notamment de la part des collectivités locales, d’aides
financières conséquentes pour la réalisation d’investissements lourds. Au final, nous voilà
confrontés à des déficits d’exploitations chroniques que l’on nous demande
d’assumer. J’admets que nous aurons dans le cadre de cette compétence
transférée, à réduire ce déficit chronique de 1,5 million d’euros annuels, mais
en aucun cas nous ne pourrons accepter que la Région participe à l’apurement du
passif de 12 millions d’euros, laissé en héritage par l’ancien concessionnaire
exploitant. C’est le sens de la délibération qui nous est proposée, dans votre
rapport, Monsieur le Président, et soyez-en sûr, nous y souscrivons. J’en viens à présent à
Vulcania dont la nouvelle saison touristique vient de débuter. Il serait bien
sûr facile pour moi d’aborder ce sujet sur le mode polémique, en revenant sur
l’historique de sa démesure, sur le choix discutable de son implantation, sur
l’impact de son coût pour les contribuables auvergnats, sur le bilan de la SEM
qui a masqué sciemment la réalité financière de la gestion de cet équipement,
en prenant en charge des dépenses d’investissement qui n’auraient pas dû lui
être imputées. Mais je ne choisirai pas
cette stratégie de la critique car, désormais, quoique que l’on puisse dire,
l‘outil existe, avec ses déficits et nous devons en assumer son fonctionnement.
Notre ambition est donc d’inscrire cet outil dans une perspective de
redressement à long terme. Pour cela, nous lui en donnons les moyens : 5,3
millions d’euros inscrits à l’investissement, sans oublier cette fois, les
partenaires environnants, sans oublier non plus que Vulcania doit être en
adéquation avec les réelles attentes du public et être dimensionné sur des
objectifs de fréquentation réalistes. Que Vulcania n’ait pas tout à fait la
vocation touristique initiale souhaitée, soit ! Que Vulcania n’aboutisse
au final que dans le cadre d’un projet plus ludique, loin de ses options
d’origine, soit ! Mais qu’au moins celui-ci devienne en quelque sorte un
outil d’identification de la région Auvergne, produit d’appel, emblème, logo
qui identifie l’Auvergne et cela, bien au-delà du Massif Central. Quel est, en
effet, l’Auvergnat qui ne se soit pas trouvé à l’étranger, rencontrant des
interlocuteurs ignorant l’existence même de l’Auvergne et de Clermont-Ferrand
et qui, à l’évocation du seul nom de « Michelin », a laissé entrevoir
clairement la localisation de notre région ? Il devrait en être de même
avec Vulcania, pour tirer de cet emblème l’impact économique, la dynamique
régionale, l’identification géographique immédiate dont toute notre région
pourrait bénéficier. Le problème du déficit d’exploitation deviendra
secondaire, si les retombées pour l’Auvergne, sont au rendez-vous. Sachons
ensemble tirer les leçons des difficultés de Vulcania. Premièrement, l’objectif
touristique était certainement surdimensionné, il faut qu’il devienne plus
modeste, mais par contre qu’il soit un véritable objet d’identification de
l’Auvergne. Deuxièmement, le résultat d’exploitation est malheureusement
déficitaire, mais il serait déplacé de faire le procès de ce seul investissement,
au résultat financier décevant, car malheureusement ce n’est pas le seul
investissement déficitaire de l’Auvergne. Cessons donc
de muséifier notre région, muséification qui conduit le plus souvent à
l’accumulation de déficits de gestion, à des niveaux de fréquentation
ridicules, au regard des investissements consentis. Savez-vous, mes chers
collègues que notre région abrite plus de 150 musées, l’immense majorité étant
publique et étant déficitaire ? Alors, sans vouloir trop généraliser mon
propos, je crois qu’il faut désormais cesser de subventionner des
investissements qui, parfois, n’ont d’attractifs que les illusions de leur seul
promoteur, mais dont les tristes bilans de gestion nous ramènent à plus de
réalité. 800.000 visiteurs attendus à
Vulcania en 2005, 380.000 seront finalement venus ! Le Manoir de Veygoux
en attendait 50.000, on en constatera 10.000. La Tour de l’Horloge à Issoire,
que nous avons subventionnée, présente un déficit voisin de 90 % de son
coût de fonctionnement et que dire, sans vouloir froisser leurs
promoteurs – j’en ai pris un de chaque côté, vous avez
remarqué –, du futur Rhinopolis ? Que dire des craintes émises sur la
future exploitation du Scénoparc de la Vache Salers, du Conservatoire botanique
de Chanaleilles, du futur Musée de la Céramique de Lezoux ? Et nous
pourrions continuer. Bref, mes
chers collègues, ayons conscience de la nécessité, certes, d’une rigueur de
gestion de notre collectivité, mais aussi d’une plus grande rigueur sur
l’analyse des retombées potentielles pour les investissements que l’on nous
demande de subventionner. Cela est d’autant plus nécessaire, que nous mesurons
les dépenses incontournables que nous aurons à honorer, particulièrement dans
le cadre des transferts de compétences auxquelles nous oblige l’État :
transfert de TOS, transfert de l’aéroport, transfert de l’AFPA, transfert de
l’inventaire du patrimoine, transfert des formations sanitaires et sociales.
Tout cela sans même évoquer le futur Contrat de plan ou le futur Contrat de
projets avec l’État, le tramway de Clermont-Ferrand, le Musée Crozatier du Puy
en Velay et tant d’autres dossiers. Sans même évoquer non plus les vicissitudes
liées aux TER qui nous conduisent à acquérir et financer des trains régionaux
flambants neufs, pour les mettre sur un réseau ferroviaire où le manque
d’investissement de RFF les empêche de circuler, ou dans le meilleur des cas,
les conduise à ralentir considérablement sur certaines portions de réseau
devenues dangereuses. Oui, mes
chers collègues, la langue de bois n’est pas de mise et je crois devoir dire
que, malheureusement, face à ces perspectives de dépenses nouvelles et de
déficits à assumer – médico-social : 3 millions d’euros ;
déficit de Vulcania : 2 millions d’euros ; pertes sur la taxe
professionnelle : 5,2 millions d’euros ; transfert des TOS à ce jour
(cela peut évoluer) : 4 millions d’euros ; transfert des TOS des
lycées agricoles à ce jour : 1,3 million d’euros ; aéroport : 12
millions d’euros de déficit cumulé et 1 million d’euros de déficit chaque année ;
transaction de la Grande Halle : 3,6 millions d’euros – et bien,
je crains que désormais, l’ensemble des engagements que nous avions pris en
2004 ne puissent être tenus et que la fiscalité soit appelée à évoluer, à moins
que nous refusions l’effort collectif qui nous est imposé. Je ne parle pas la
langue de bois, je mets mes collègues du Conseil régional face à notre
responsabilité collective. Dans ce cas, il faudra dire
clairement, au-delà de ce que nous imposent la décentralisation et les
transferts non compensés, quels sont les projets à abandonner et quels sont les
déficits qu’il conviendra de refuser de couvrir. Alors, mes chers collègues,
plutôt que de s’affronter dans des débats stériles, je vous propose de nous
unir pour refuser désormais les investissements à forte vocation déficitaire,
pour conforter au mieux ceux qui existent en leur donnant, comme pour Vulcania,
leur véritable dimension d’identification de notre région. Je vous invite aussi à sortir
des polémiques stériles pour faire en sorte que soient compensées les
inégalités territoriales, en dénonçant, comme je le disais en introduction, les
répartitions qui favorisent les grandes régions et qui refusent obstinément
toute idée de péréquation des ressources. Faisons
œuvre commune pour que jouent réellement les solidarités et refusons, ensemble,
l’abandon par l’État de nos territoires. Monsieur le Président, mes chers
collègues, je vous remercie.
Session du 15 mai 2006 Intervention de M. René Souchon, Président du Conseil régional d'Auvergne
Mesdames et Messieurs les Conseillers régionaux, mes
chers collègues, en ce début de Session, je voudrais tout d’abord saluer notre
collègue Françoise Mercier-Rayet. Vous le savez, la Cour d'appel de Riom l'a reconnue
totalement innocente des faits qui lui étaient reprochés. La Cour s'est
exprimée avec des termes particulièrement durs pour ses accusateurs, puisque
cette Cour considère, je cite, que « juger autrement reviendrait à ouvrir
la porte aux manipulations les plus sordides et conduirait à de criantes
injustices ». Chère Françoise, on a tenté de vous abattre. Un
complot a été tramé contre vous et alors que votre vie professionnelle,
politique, sociale et personnelle était ébranlée, vous avez fait face et
aujourd'hui vous êtes,
fort heureusement, lavée de tout soupçon. Vous aviez quitté vos fonctions de Vice-Présidente
durant cette période difficile. Par ce geste, vous aviez montré le respect
suprême que vous portez à la démocratie et à nos électeurs. Pour protéger l'image de notre institution
et de notre exécutif, vous aviez fait le choix de vous mettre en retrait. Un exemple que nos plus hauts
dirigeants devraient méditer au moment où l'affaire « Clearstream »
éclabousse le sommet de l'État et porte le discrédit sur notre République. Madame Mercier-Rayet, vous sortez grandie de
l'épreuve et j'ai souhaité que vous retrouviez vos fonctions de Vice-Présidente
dès aujourd'hui. Nous procéderons en premier point de l’ordre du jour à votre
élection et je voudrais vous féliciter pour le courage dont vous avez fait preuve. Mes chers collègues, notre Session s'ouvre alors que
notre pays est en crise. Nous vivons une véritable débâcle institutionnelle,
doublée d'une débâcle financière. Le révélateur de cette crise a été le Contrat
première embauche. Sur le fond, la jeunesse nous a donné un formidable
message d'espoir. Alors que le Gouvernement disait aux jeunes « vous
voulez du travail, acceptez la précarité », la jeunesse a répondu
« nous voulons travailler, nous voulons nous impliquer mais nous voulons
être respectés ». Et respecter les jeunes, mes chers collègues, ce n'est
certainement pas les laisser pendant deux ans sous la menace permanente d'un
licenciement. Les jeunes ont rappelé au Gouvernement que
l'économie devait être au service de l'homme et pas l'inverse. Les jeunes ne
veulent pas être les victimes d'une société, ils veulent construire leur avenir
au sein d'une société juste et solidaire. Ils ont rejeté la société du tout
libéral, la société de la loi de la jungle, de la loi du plus fort, cette
société que la droite voulait leur imposer. Le Gouvernement et sa majorité ont donc perdu sur le
fond, mais ils ont aussi perdu sur la forme. En effet, s'il y avait eu écoute,
s'il y avait eu respect des syndicats et des organisations de jeunesse, ce
conflit se serait terminé beaucoup plus vite et le summum a été atteint avec
l'intervention abracadabrantesque du Président de la République qui promulguait
une loi, en précisant qu'elle ne serait pas appliquée et qu'il allait la faire
annuler par le Parlement. Les constitutionnalistes en rient encore. Mais plus
triste, les pays étrangers se moquent aujourd’hui de la France. Aujourd'hui, le CPE est enterré. Pour autant, le
Contrat nouvelle embauche continue de placer de nombreux salariés dans une
précarité inacceptable. Nous venons de le voir avec plusieurs jugements de
tribunaux. Le CNE, un contrat qui remet en cause le Code du travail, le CNE, un
contrat qu'il faudra changer lorsque la gauche reviendra aux responsabilités. En fait, mes chers collègues, plus que les
préoccupations des jeunes et des salariés, ce qui a guidé le Gouvernement,
durant le mouvement social que nous avons vécu, c'est le combat des chefs.
Alors que la France était paralysée, que tous les jours le pire était à
craindre, le Président et deux Ministres, pour n’en citer que deux, se
battaient entre eux, à 10.000 lieux des attentes de la population. Et ce
feuilleton continue aujourd'hui avec l'affaire « Clearstream ». Les années Chirac resteront comme les années du
mépris de l'expression des Français. En 2002, celui-ci, Chirac est porté au
pouvoir par une vague républicaine de 82 % de Français. Mais il ne
gouvernera pendant quatre ans que pour les 19 % qui lui avaient fait confiance
au premier tour. Les années Chirac resteront comme les années de la surdité. Les conditions du retrait du CPE et l'affaire « Clearstream »
ont fini de discréditer la droite parlementaire et plus grave encore, toutes
nos institutions. Si l'on rajoute à ce constat, la terrible image de
l'impuissance du politique, affichée par la grève de la faim d'un député de la
majorité, acte désespéré, courageux certes, mais déplacé, le constat est
clair : les années Chirac laissent la France dans une crise de régime, une
crise institutionnelle, politique et sociale sans précédent. Mais, comme si cela
ne suffisait pas, la crise est aussi financière. La médiocrité gestionnaire du
Gouvernement, ses mauvais choix en matière fiscale ont plongé le pays dans le
marasme financier. Le déficit de l'État se creuse, la croissance est au ralenti
et les caisses se vident. Face à cette situation, le Gouvernement a fait son
choix : se désengager, se débarrasser de ses charges et alourdir celles
des collectivités locales, celles des Régions de préférence. La répartition des aides européennes, comme celle de
la prime à l'aménagement du territoire, montre que le Gouvernement a abandonné
toute idée de solidarité des territoires et toute volonté de développer et
d'aménager ce territoire. Le Gouvernement agit toujours de la même façon, il
arrose où c'est mouillé et tant pis pour les autres ! La répartition des
Fonds européens, en diminution de 32,80 %, illustre un profond mépris de
l'Auvergne, mépris accentué par le refus de prolonger la gestion des Fonds
européens par le Conseil régional d’Auvergne. Comme vous le savez, il y avait deux Régions en
France qui géraient ces Fonds européens : l’Alsace et l’Auvergne. L’Alsace
pense bien, donc elle va pouvoir continuer, l’Auvergne est à gauche, donc on
arrête. Aujourd'hui, nos collègues Maires, Présidents de
Communautés de communes, Présidents de Conseils généraux ou régionaux sont tous
confrontés à la même question : comment faire face financièrement au
désengagement de l'État et aux charges nouvelles imposées par la
décentralisation ? Les dégâts que chacun peut constater sur le terrain,
nous les subissons déjà de plein fouet. Un seul exemple : pour les formations
sanitaires et sociales, une étude est en cours, puisque nous avons confié un
audit à la société KPMG, mais il semble que nous soyons, d’après ses résultats,
sur un déficit 2006 de 3 millions d'euros, alors même que nous sommes encore en
année transitoire. À l'avenir, ces charges seront alourdies
avec, entre autres, l'aéroport de Clermont/Aulnat, dont nous parlerons durant
la Session, et dont le déficit annuel de gestion est de l'ordre de 1,5 million
d’euros par an, sans parler des 12 millions d'euros de passif relatifs aux
avances de la CCI à l'État, que l'État nous demande d'assumer, au moins en
partie, au motif que lorsqu’on prend l’actif, il faut prendre le passif – mais
nous n’avons jamais rien demandé et on nous répète à longueur de discours
officiels que tous les transferts de charges sont compensés à l’euro près, ce
qui est totalement inexact. C'est dans ces circonstances difficiles qu'il nous
faut mener à bien l'exercice budgétaire 2006 et bâtir les budgets futurs. Nous
sommes attelés à ce travail. Les difficultés dues à la politique
gouvernementale, mais aussi, vous le savez, aux erreurs et à certains errements
de la précédente majorité, qui a fait financer par le Conseil régional, seul,
des équipements qui auraient dû bénéficier de cofinancements d'autres
collectivités, notamment pour Vulcania et la Grande Halle d'Auvergne. Alors,
certes, les conditions sont difficiles mais nous continuerons notre tâche et
nous respecterons les engagements pris devant les électeurs qui nous ont fait
confiance. Nous continuerons avec la même méthode qui est celle de l'écoute et
de la concertation. C'est d'ailleurs dans cet esprit
que nous avons ouvert le débat sur les Organismes génétiquement modifiés. Les
événements des derniers étés, l'absence de transparence du Gouvernement sur
cette question, nous ont incités à organiser ces journées, ces quatre débats
citoyens. L'enquête d'opinion réalisée par l'agence « Campana Eleb »
montre que nos concitoyens sont en attente forte d'informations. Elle montre
aussi que les avis sont moins tranchés qu'on aurait pu le penser. Nos
concitoyens ont parfaitement intégré la complexité de la question. Deux débats
ont déjà eu lieu à Montluçon et à Aurillac, nous serons mercredi au
Puy-en-Velay et lundi prochain à Clermont. Grâce à ces débats, nous
repositionnons les citoyens et les élus locaux au cœur de la réflexion sur les
OGM, et le Conseil régional poursuivra donc avec cette méthode : écouter pour
mieux innover et écouter pour mieux réformer. Une volonté de réforme, de mouvement, de relance de
notre région que j'illustrerai par trois exemples au service du développement
régional et de tous les Auvergnats : Vulcania tout d'abord. Nous nous prononcerons lors de cette Session sur un
plan de relance de Vulcania. Et pour cela, il est impératif de ne pas
renouveler les erreurs commises par la précédente majorité. Nous avons hérité
d'un équipement mal réfléchi dès le début : § 118 millions d'euros ont été consacrés aux
bâtiments – ils sont admirables en effet –mais seulement 12
millions d'euros à la scénographie et à l'accueil du public. § Le renouvellement des attractions et l'entretien des
bâtiments n'avaient pas été prévus. Or, on sait bien que ce sont les nouveautés
annuelles qui font vivre les parcs de ce type. Le résultat, malheureusement, on le connaît, une
fréquentation qui n'a cessé de baisser. Seuls 350.000 visiteurs se sont rendus
à Vulcania en 2005. On est bien loin des 800.000 annoncés et promis par Valéry
Giscard d'Estaing. Vulcania n'est pas aujourd’hui la locomotive
touristique attendue, pas plus qu'il n'est un moteur de développement des
territoires. Mais nous entendons bien tout faire pour qu'il le devienne, afin
que l'argent des contribuables régionaux ne soit pas parti en fumerolles.
D'ores et déjà, nous avons pris nos responsabilités pour limiter les
dégâts : la nouvelle équipe de direction a réduit les dates d'ouverture et
a mené à bien, avec humanité et en collaboration étroite avec les représentants
du personnel, un plan social qui a permis de réduire de moitié le nombre de
salariés. Les charges diminuées, il va maintenant falloir
attirer le public. Des nouveautés sont en place dès cette année et de nouveaux
aménagements seront accessibles dès 2007, si vous en êtes d'accord tout à
l’heure. La nouvelle majorité régionale fait face. Elle n'est pas responsable
de la situation. Pour autant, elle l'assume et est déterminée à renverser la
vapeur. Qu'on le veuille ou non, Vulcania est là ! Il est la propriété de
tous les Auvergnats. Il fait partie du patrimoine régional. Nous ferons le
maximum pour qu'il devienne enfin un outil dont les Auvergnats seront fiers. Notre volonté de réformer et de développer la région
s'est aussi illustrée dans le domaine clé de l'économie dont je pense qu’elle
permettra des débats abondants tout à l’heure. En début d'année, nous nous sommes interrogés sur
notre mode d'intervention. Fallait-il ou non maintenir une multitude d'aides,
qui mobilisent l'essentiel de notre budget économie ou concentrer nos crédits
sur des projets structurants, susceptibles de déclencher un mouvement collectif
et d'aider nos entreprises à capter de nouveaux marchés, comme nous le faisons
avec « Oasis » ? L'étude du cabinet « Katalyse » a montré
que les attentes premières des entreprises n'étaient pas forcément financières.
Les indicateurs disent clairement que nos entreprises n'investissent pas
suffisamment en Auvergne. En fonction de ces données, nous avons réformé nos
aides économiques. Les aides directes n'ont pas disparu – je tiens à
le redire ici, contrairement à ce que certains d'entre nous colportent. Elles
ont été maintenues et même renforcées là où elles étaient les plus efficaces,
sur la création et la reprise d'entreprises notamment. Parce que l'innovation est une des clés de la survie
et de la réussite de nos entreprises, elle devient un axe fort de la politique
économique. Le problème de l'Auvergne, c'est la faible quantité de projets.
C'est pourquoi nous voulons, d'une part, favoriser la détection systématique de
projets innovants, d'autre part, faire appel à des « émergeurs »
professionnels dans les laboratoires et les universités. L'enjeu est ici de
fédérer et de renforcer la présence publique en ante-création, avant l'entrée
du projet dans un incubateur d'entreprises. Nous sommes également attachés à créer un
environnement attractif pour les entreprises auvergnates et les investisseurs
extérieurs potentiels. Le schéma des parcs d'activités, la régionalisation de
l'établissement public foncier, le fonds régional pour l'implantation
d'entreprises et notre souci permanent de fédérer les acteurs pour favoriser
les partenariats industriels, de recherche et de formation, répondent à cet
objectif. Enfin, et parce que les entreprises auvergnates
n'investissent pas assez, nous avons créé le fonds régional pour l'emploi.
Entendons-nous bien, il ne s'agit pas de se substituer aux banques et capitaux
risques, mais bien de donner un coup de pouce pour débloquer les prêts
bancaires sur des dossiers à fort potentiel pour la région. Mais notre action
ne s'arrête pas aux dispositifs du Conseil régional. Le schéma régional de développement économique nous
a aussi mobilisés en ce début d'année. Avec le SRDE, il y avait le risque
d'aboutir à un énième plan, une série d'incantations, loin des préoccupations
des Auvergnates et des Auvergnats, loin des réalités régionales. Grâce à Jacques Mizoule, grâce à sa méthode et son
dévouement, grâce à la mobilisation des services du Conseil régional, nous
avons évité cet écueil. Nos préoccupations, l'emploi, un aménagement équilibré
de notre territoire, un développement à la croisée de l'économie, de
l'environnement et de l'humain, des projets concrets et réalisables sous cinq
ans, sont devenues les préoccupations de tous. Avec le SRDE, nous opérons un
changement culturel, autour de six idées fortes qui seront développées tout à
l’heure : une logique de filières, des plans économiques sur mesure pour les
territoires ruraux, des efforts redoublés sur l'innovation, s'ouvrir et
accueillir, la promotion d'un modèle de développement durable et la
coordination des institutions. J'aspire à ce que progressivement, avec cette même
méthode, nous passions d'une culture de la dispersion, de l’éparpillement de
nos forces et de nos moyens, à une culture du « faire ensemble », du
partage des décisions économiques, à l'image des clusters anglo-saxons ou des
districts industriels italiens. Jusqu'ici le sens de l'intérêt général a
prévalu. J'espère, malgré l'approche d'échéances électorales, que nous saurons
faire preuve, collectivement, de la même attitude responsable. Autre exemple : l'accueil de populations. Après
des années où le déclin démographique de l'Auvergne était occulté, nous sommes
passés, dès l'issue des Assises territoriales, à l'action. Depuis des mois,
méthodiquement, nous construisons notre programme d'accueil pour contrer la
désertification de nos campagnes. Nous avons conçu une méthodologie, des outils
et un dispositif d'accompagnement permettant aux territoires, aux élus, aux
agents de développement, de professionnaliser leurs démarches d'accueil et
d'atteindre leurs objectifs en matière d'installation de nouvelles populations. Les étapes se sont
enchaînées : conception des offres labellisées et mise en ligne sur un
site portail unique destiné à l'accueil et l'accompagnement des nouveaux
arrivants. D’ailleurs, le nouveau site est en ligne depuis vendredi dernier, je
vous invite à aller le voir, il a profondément évolué. L'Agence régionale des
territoires d’Auvergne référence chaque semaine, grâce à son réseau de
partenaires, plus de 700 offres d’accueil. Certaines ont fait l'objet d'une
étude approfondie et bénéficient du label « Offre service + ».
Aujourd'hui notre volonté est d'aller plus loin encore dans le sens de la
rigueur et de la qualité en incitant les partenaires régionaux de l'accueil à
souscrire à une démarche de certification. Toutefois, toutes nos bonnes
volontés et nos politiques ne pourront aboutir que si les conditions de
l'accueil sont également favorables. Les Auvergnats peuvent tout à la fois
constituer des ambassadeurs ou des freins. « L'autre » peut être
perçu comme un concurrent, comme un intrus, en particulier dans un contexte de
pénurie d'emploi, de pénurie de logement, ou tout simplement par souci de
préserver son territoire contre tout type d'évolution. Les mentalités doivent pourtant s'adapter à ces
nouvelles nécessités et des actions de sensibilisation de la population sont en
cours. Les partenariats média avec les chaînes « Demain » et
« France 3 » remplissent cet objectif. Du 15 juin au 30 juin, dans
quelques semaines, avant la séquence météo et l'édition nationale, « France 3 »
diffusera une série de quinze témoignages liés à l'accueil de nouveaux
arrivants. Dans le même temps, un questionnaire destiné à tous les Maires et
Conseillers municipaux de la région, nous permettra d'évaluer les
représentations des élus sur cette question. Moment fort pour l'Auvergne et notre programme
d'action : la tenue, en juin, de la première Université européenne de
l'accueil de nouvelles populations. Cette Université a une visée à la fois
politique, technique et prospective. Les élus européens, nationaux, locaux, viendront
confronter leurs démarches. Les techniciens échangeront leurs méthodes et leurs
outils. Les universitaires et chercheurs spécialistes de ces thématiques
viendront éclairer les enjeux de demain. En alternance avec la foire à
l'installation de Limoges, nous référençons ainsi l'Auvergne et le Massif
Central, comme laboratoires de construction des politiques d'accueil. Une
soirée citoyenne, avec débats, expositions et projections, sera également
organisée le jeudi 29 juin à Clermont-Ferrand et, bien sûr, vous y êtes tous
conviés. Économie, tourisme, éducation, formation,
environnement, vous l'aurez compris, après des années de ronronnement, la
Région s'est mise en mouvement. Mes chers collègues, face à la débâcle
gouvernementale qui ruine la confiance des Français envers leurs élus, face à
cette débâcle qui affaiblit le pays, qui génère une croissance des plus
faibles, face à cette débâcle qui pèse sur les budgets des collectivités
locales, face à cette débâcle, il nous faut d'abord faire front, mais aussi
montrer aux Français qu'un autre chemin est possible. En France, les Régions de gauche apportent un air
frais sur la politique. Elles montrent à nos concitoyens que la solidarité,
l'écoute sont des valeurs sur lesquelles on peut construire le développement,
alors même que l'ultralibéralisme porté par la droite ne génère qu'incompréhension,
mépris des citoyens, exclusion, chômage et absence de croissance. Contestations dans les rangs de l’opposition. Vous auriez du mal à me démontrer le
contraire ! Cette réussite des politiques régionales, portées
par des majorités de gauche, montre qu'une autre France est possible à
condition de s'unir. La gauche unie après avoir transformé les Régions, doit
maintenant proposer aux Français un contrat à même de relever le pays et de
redonner ses lettres de noblesse à l'action politique et à l’action publique.
Je vous remercie.
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