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Session des 10 et 11 janvier 2006 (Budget Primitif pour l'exercice 2006) Intervention de M. Jean-Paul Bacquet, Président du groupe socialiste
Monsieur le Président, mes
chers collègues, permettez-moi en ce début d’année, de vous présenter mes
meilleurs voeux, de vous souhaiter une excellente année 2006 en espérant que
cette année sera favorable à notre pays, favorable à notre région et que nos
débats, dans le respect des idées de chacun, conduiront à plus de développement
et plus d’avenir pour l’Auvergne. 2005, hélas, fut une année bien
difficile ! Débutée sur les conséquences
dramatiques du Tsunami, elle s’est poursuivie par l’ouragan de la
Nouvelle-Orléans aux États-Unis, nous révélant d’ailleurs l’incapacité de la
plus grande puissance mondiale à faire face rapidement, puis par le séisme au
Pakistan où l’aide internationale n’est pas à la hauteur de ce qu’elle fut pour
l’Asie du Sud-Est. 2005, hélas toujours année de conflits : en Irak où la
démarche pour la démocratie est entachée de prisons clandestines et de
tortures ; en Côte d’Ivoire, en Tchétchénie, sans oublier les attentats
meurtriers de Londres. Seule, au Moyen-Orient, l’évacuation de la bande de Gaza
ouvre, je le pense, l’espoir d’un dialogue porteur de tolérance et de sécurité.
2005, c’est malheureusement dans notre pays la progression de la misère et de
l’exclusion, du nombre de Rmistes, et c’est l’explosion des banlieues,
révélatrice d’une véritable urgence sociale. Face à cette crise, seule la
République, dans la promotion de ses valeurs, peut apporter réponse, parce
qu’elle est l’ordre sans lequel il n’y a pas de liberté, parce qu’elle est
sociale et garante de l’égalité, parce qu’elle est laïque et refuse toute forme
de communautarisme. 2005, c’est pour notre pays, malheureusement aussi, une
dette phénoménale dont les intérêts sont à peine couverts par le produit de
l’impôt sur le revenu, un déficit abyssal de la Sécurité sociale, un commerce
extérieur déficitaire à un niveau jamais atteint, une économie atone, un
chômage qui, nous dit-on, baisserait sans la moindre création d’emplois
marchand. 2005 enfin, c’est le moral des français qui se trouve au plus
bas ! 2005, ce fut pour notre Région, d’abord le respect des engagements
de nos prédécesseurs au nom de la continuité républicaine, ensuite la mise en
place de schémas d’action différents, parce que nous les voulons plus opérationnels
et plus adaptés aux souhaits que la population auvergnate a manifestés lors des
Assises territoriales. Un seul exemple pour illustrer cette nécessité de
réforme : penser qu’en 1990, l’Auvergne, c’était 2 % du PIB national
et qu’en 2004, ce n’est plus que 1,8 %, c’est constater que malgré les
aides financières nombreuses attribuées aux entreprises, le résultat n’est pas
à la hauteur des espérances. Penser que dans la majorité des cas, les aides
n’ont pas eu l’effet de levier attendu et que les investissements se seraient
faits quoi qu’il arrive sans celles-ci, c’est constater que la méthode ne
correspond pas à l’enjeu du développement souhaité. C’est pourquoi, le budget
régional 2006 qui nous est proposé, dans le domaine économique, comme ailleurs,
est un budget novateur, souvent un budget de rupture, animé par une ferme
volonté de faire avancer l’Auvergne. Retenons que 2005 fut pour l’Auvergne
l’année de définition des contrats de territoires validés à l’échelle des Pays,
au plus près des habitants qui ainsi agissent sur leur propre destin.
Trente-six contrats signés en 2005, trente programmés en 2006, permettant
d’envisager la couverture de 100 % du territoire régional. 2005 fut aussi l’année de
refonte des programmes du secteur touristique, gisement sur lequel
reposent de nombreux espoirs qui nous font envisager la création de plus de
2.000 emplois supplémentaires à échéance de cinq ans. En 2005 nous avons créé
les premiers emplois-tremplins régionaux et il n’est pas désagréable de
constater aujourd’hui, que ceux qui les ont tant critiqués, comme ils ont tant
critiqué les CES, les CEC, les emplois-jeunes au point de les supprimer, se
vantent de mettre en place des contrats aidés pour tenter de corriger leur
échec calamiteux en matière d’emploi. Oui, 2005, dans notre Région, c’est
l’ouverture de nos aides économiques sur l’économie sociale et solidaire, c’est
la confirmation de la gratuité des manuels scolaires pour tous les lycéens,
c’est la tarification sociale ferroviaire pour les personnes à faibles ressources.
Et c’est aussi la mise en place des comités de ligne très attendus par les
usagers des transports ferroviaires. Oui, nous attendons beaucoup de ce budget
2006, avec en particulier le schéma régional de développement économique et le
plan régional des formations. Et pourtant déjà, dans ces 21 premiers mois
d’exercice, nombre de décisions ont été prises, malgré un contexte financier
des plus difficiles, c'est-à-dire une dette régionale à 387 millions d’euros au
31 décembre 2004, ce qui correspond à un endettement par habitant deux
fois supérieur à la moyenne nationale. Alors, je ne rentrerai pas
dans la polémique d’un surendettement régional ou d’un important endettement
régional. Je regarde simplement les chiffres. Personnellement, je ne m’associe
pas à ceux qui cautionnent ce que propose un ministre, à savoir d’hypothéquer
ses biens pour consommer plus parce que la baisse du pouvoir d’achat n’a pas
permis de maintenir la consommation intérieure. Je sais que l’opposition
n’apprécie pas que nous rappelions ces chiffres et pourtant elle nous démontre
chaque jour au niveau national, la même incurie, avec une dette qui s’élève à
1.100 milliards d’euros, record historique pour notre pays que Monsieur Breton,
Ministre des Finances chiffre même, au grand désarroi du Premier Ministre, à
2.000 milliards. Aujourd’hui, pourquoi ne pas
le dire, le redressement des finances régionales est entrepris et pour la
première fois depuis dix-neuf ans – c’est à dire depuis 1987 et le
premier budget de l’ère Giscard – l’encours de la dette régional est en baisse, passant de 387,6 millions d’euros au 1er janvier
2005, à 355,1 millions d’euros au 1er janvier 2006. Je suis persuadé
que Monsieur Aulagnier sera rassuré par ces chiffres, lui qui émettait l’an
passé quelques réserves sur notre capacité à désendetter l’Auvergne. Je suis
persuadé qu’il appréciera d’autant plus cette saine méthode de gestion qu’elle
est à comparer au 573,5 millions d’euros d’autorisations de programme
inscrites par la majorité précédente au 31 mars 2004, c'est-à-dire beaucoup
plus que le budget régional, ce qui traduisait, c’est le moins que l’on puisse
dire, une politique d’affichage, une fuite en avant, bien peu conforme avec la
rigueur qu’il nous demandait il y a un an. Oui, Monsieur Proriol, je préfère
que nous baissions les autorisations de programme plutôt que d’inscrire tout et
n’importe quoi, sachant que nous ne pourrons pas le financer. Nous avons choisi
de ne pas transférer le poids de la dette sur les générations à venir,
c'est-à-dire de ne pas infliger un impôt naissance, comme l’a fait le
Gouvernement Raffarin pour la protection sociale. De même, dans le budget 2006,
nous refusons le saupoudrage et les pratiques électoralistes en préférant à la
politique de guichet où l’on vient discuter « le bout de gras », une politique
de projets ciblée sur des actions concrètes dans les territoires. Nous voulons
en effet cibler chaque euro sur des « actions levier », en matière d’emploi
et de développement, avec pour finalité la recherche d’une efficacité optimale. 2006 sera donc l’année de la
refonte complète du dispositif d’actions en direction de l’économie, pour nous
recentrer sur les filières prioritaires, différencier le montant de nos aides
selon les territoires, coordonner les acteurs publics ou para-publics,
prospecter les projets innovants en matière de technologie et de recherche. 2006 sera aussi l’année de la
création de l’École de la deuxième chance, celle de la signature de contrats
d’objectifs et de moyens sur l’apprentissage et sur l’insertion sociale
et professionnelle des jeunes, celle de la remise des conclusions sur le
plan régional pour le développement de la formation. 2006, ce sera en la
matière : + 12,63 % de crédits pour la formation
professionnelle – et je rappelle quand le budget primitif 2005
inscrivait 33.373.500 euros pour celle-ci, le budget primitif 2006 inscrit
37.580.000 euros, c’est-à-dire + 12,63 % pour corriger les erreurs qui ont
été annoncées tout à l’heure –, un accroissement du rôle des missions
locales pour favoriser la proximité, la prise en charge de la formation du
sanitaire et du social sans que l’État n’ait apporté la moindre compensation
financière. 2006 sera l’année de la
couverture totale du territoire pour les Contrats régionaux « Auvergne
+ », du lancement de l’agenda 21 sur l’ensemble de l’Auvergne pour le
développement durable, du haut débit sur tout le territoire en fin d’année, de
la mise en place des premières maisons médicales dans les territoires les plus
fragiles – comme vous avez pu le lire ce matin dans la presse. Ce qui
ne pourra que rassurer Monsieur Proriol qui s’inquiétait de la désertification
médicale d’une partie de l’Auvergne, sans savoir que ce n’est pas la Région,
mais la DASS qui détermine les zones de fragilité, sans connaître manifestement
le rapport du Doyen Berland sur la démographie médicale demandé par Monsieur
Mattéi, sans connaître non plus les propositions ou plutôt l’absence de
proposition du Sénateur Honoraire Descour en la matière. Oui, après
concertation et réflexion avec les différents acteurs du secteur de la santé,
nous allons pouvoir passer à l’action et dans ce domaine, Monsieur Proriol,
nous souhaitons que vous utilisiez toute votre influence pour convaincre votre
ami, le Ministre de la Santé de ne pas condamner les maisons médicales, parce
que le FASQMV – Fonds pour l’amélioration des soins et de la qualité
de la médecine de ville – n’est plus abondé. 2006, ce sera le nouveau
schéma éolien auquel certains ont dû adhérer, au vu de leurs cartes de vœux,
schéma éolien avec une concertation sur les sites d’implantation et une taxe
professionnelle répartie. Mais 2006 sera surtout la première année où s’appliquera
réellement notre politique d’accueil de populations nouvelles. Nous relevons le
défi démographique, avec toute la volonté nécessaire pour réussir, car chacun
sait que c’est de ce défi que dépend l’avenir de notre région. L’INSEE a
dressé un état des perspectives démographiques qui nous indique que, d’ici
2030, la population française augmenterait de 9 %, tandis que celle de
l’Auvergne baisserait encore de 8 %, avec une perte de 100.000 habitants.
Cette perte de population serait de 4 % pour le Puy de Dôme, de 14 %
pour l’Allier et de 19 % pour le Cantal, la Haute-Loire verrait quant à
elle sa population stabilisée. Plus grave encore, le vieillissement
accéléré : la population des 0 à 15 ans passerait de 165.000 individus
contre 205.000 habitants de plus de 75 ans. Ces quelques chiffres justifient la
mise en place d’un outil : l’Agence régionale de développement des territoires
d’Auvergne. De la réussite de cette agence découlera non seulement la promotion
de l’Auvergne comme région d’accueil, mais aussi le devenir des territoires, le
devenir des services publics et des services au public, celui de l’école, des
conditions d’égalité d’accès aux soins, d’égalité aux transports collectifs,
d’accès à l’énergie… Le pari est difficile, nous
en avons pleinement conscience. Il est d’autant plus difficile qu’au-delà du
contexte d’endettement de la Région, nous avons à faire face à un transfert
massif des TOS, mal compensé ; du sanitaire et social, non compensé ;
du transfert des lignes secondaires ferroviaires sur un réseau totalement
déficitaire et sur lequel nous n'avons aucune certitude d'engagement de l'État
quant à sa remise à niveau ; ou d’une réforme de la taxe professionnelle
qui, non seulement va nous imposer de rembourser 7 millions d’euros, mais
qui de plus accentuera le poids de l’effort fiscal sur les ménages. Alors, j'ai
entendu, bien sûr, les propos qui étaient tenus sur la taxe professionnelle. Je
n'oublierai pas que l'actuel Président de la République l'avait qualifiée
« d'impôt imbécile », lui qui l’avait mise en place, lorsque Valéry
Giscard d’Estaing était Président de la République. Mais qui se souvient encore
qu’il le fût ? Car vous avez pu remarquer dans les derniers sondages qu’il
est le dernier des Présidents de la République dans le cœur des Français pour
le bilan des Présidents ayant effectué un mandat complet. Et que dire des
investissements qu’il faudra faire ou ne pas faire dans des lycées
professionnels, pour lesquels nous ne savons pas quelle sera l’évolution des
effectifs, suite à la décision de fixer l’âge d’entrée en apprentissage dès 14
ans ? Et que dire de la nécessité d’investir dans la contractualisation
avec les Pays lorsque le Ministre des Collectivités Territoriales laisse planer
le doute sur leur éventuelle disparition ? Oui, le défi est difficile.
Oui, le contexte est incertain. Pour certains, il y a trop de fonds en Auvergne
et bien personnellement, je préfère qu’il y ait trop de fonds, plutôt que le
débat manque de fond ! Mais sachez bien, Monsieur le Président que rien ne
pourra freiner notre volonté de faire avancer l’Auvergne. C’est ce que nous ont
demandé les Auvergnats et c’est ce que nous leur devons. Monsieur le Président,
mes chers collègues, je vous remercie.
Session des 10 et 11 janvier 2006 (Budget Primitif pour l'exercice 2006) Intervention de M. Pierre-Joël Bonté, Président du Conseil régional d'Auvergne
Mes chers collègues, permettez-moi
tout d'abord de vous adresser à tous, mes meilleurs vœux pour cette année 2006, des vœux de santé et de
bonheur pour vous et pour vos proches. Une année 2006 qui a bien commencé pour
la représentation régionale puisque deux d'entre nous viennent d'être nommés au
Comité des Régions : notre jeune collègue Élisabeth Thévenon-Durantin
ainsi que – le toujours jeune – Jean Proriol. Félicitations
à tous les deux. Mes chers collègues, le début
d'année 2006 est à l'image de la fin 2005. La morosité, le doute, la peur, la
nostalgie ont envahi notre pays. L'insécurité, cheval de bataille du Ministre
de l'Intérieur, atteint des sommets. Et dire qu'il fallait le juger sur ses
résultats... L'économie est quelque peu atone, l’éducation nationale sacrifiée.
Nous venons d'apprendre qu'en deux ans, plus de 250 postes d'enseignants auront
été supprimés pour la seule région Auvergne. À grands coups de radiation, les
chiffres du chômage baissent. Selon le principe des vases communicants, le
nombre de Rmistes s'envole et une réforme fiscale profondément injuste va
alléger l’impôt des privilégiés. Après presque 4 ans de Gouvernement de droite,
le pays se replie
sur lui-même. La France doute. Alors oui, mes chers collègues, ce Gouvernement
a tout faux... Et il n'y a pas lieu de s'en réjouir car beaucoup de nos
concitoyens souffrent quotidiennement des décisions gouvernementales. Chaque
jour, la solidarité, la fraternité reculent. Il nous appartient localement de
montrer à nos concitoyens qu'une autre action est possible. C'est ce que nous
faisons avec le budget 2006. Je rappellerai simplement, en
ouverture de cette session, les grands axes de ce budget, axes qui découlent de
notre programme et des vœux des Auvergnats émis lors des Assises
territoriales. Ce
budget traduit nos priorités. Les premières d'entre elles
sont l'éducation et la formation. L'effort consenti pour rénover les lycées est poursuivi.
Vous savez qu'un gros retard a été pris dans ce domaine. À notre arrivée, 60 % des lycées d'Auvergne
n'avaient pas connu de travaux lourds depuis 1986. Mais nous intervenons aussi
pour aider les familles. Le budget 2006 prévoit la poursuite des programmes « gratuité des manuels
scolaires et du premier équipement professionnel » mis en place l'an
dernier. Par ailleurs, la mise à disposition d'assistants de langue par la Région est renforcée pour
l'anglais et étendue à l'allemand, l'italien et l'espagnol. De plus, le budget prévoit la mise
en œuvre, cette année, d'une aide à la mobilité pour les élèves et les classes. 2006 verra également la
finalisation du PRDF, plan régional de développement des formations. Ce plan, élaboré en concertation
avec l'ensemble de nos partenaires, vise à renforcer la pertinence de l'offre
de formation et plus globalement, pose la formation comme meilleur atout pour
l'emploi. Dès cette année, l'École de la deuxième chance visera à offrir une formation à
ceux qui sont sortis du système scolaire sans diplôme, ni qualification. Deuxième grand axe de notre
action : l'emploi et le développement économique Nous adopterons en 2006
le schéma régional de développement économique, le SRDE. Je souhaite insister
sur le fait qu'il s'agit vraiment d'un schéma régional et non pas d'un schéma
du Conseil régional. En effet, il est élaboré en concertation avec les autres
collectivités et tous les acteurs du monde économique, notamment les chambres consulaires. Son
objectif est l'efficacité dans les interventions en direction de l'économie
auvergnate. Nous avons des atouts, il faut permettre leur valorisation. Le
saupoudrage stérile ne peut servir de politique économique. Nous avons des
potentiels à exploiter. C'est en créant de l'activité et de l'emploi que
l'Auvergne pourra attirer et retenir de nouvelles populations. Car voilà
bien le principal enjeu : lutter contre la déprise démographique,
accueillir de nouvelles populations. Pour cela, la Région doit aider chaque
territoire à se faire plus dynamique et plus accueillant. Elle le fera grâce
aux Contrats « Auvergne + » qui lient la Région, les Communautés
de communes ou d’agglomération et les Pays. Ce dispositif montera en puissance
en 2006 afin de soutenir efficacement les projets structurants des territoires. Pour porter
cette politique volontariste d'accueil de population, la Région s'est dotée
depuis quelques jours d'un nouvel outil entièrement dédié à cet objectif :
l'Agence régionale de développement des territoires d'Auvergne. Elle aura
notamment pour mission de proposer des offres packagées (un emploi, un
logement, des services, des activités culturelles et sportives...) afin
d'attirer de nouveaux habitants. D'ores et déjà, le site internet présente
plusieurs centaines d'offres. Un des premiers supports choisis pour faire
connaître ce site a été le partenariat avec le Stade de France, autour du
spectacle pour le centenaire de la mort de Jules Verne. Nous avions décidé en
juin 2005 de nous associer à cette manifestation, après un vote très partagé,
avec beaucoup de doutes affichés, y compris chez ceux qui ont voté pour. Le spectacle
a fait parler de lui : en bien avant, et en mal après ! Je vous
rappelle que nous n'étions, ni à l'origine du projet, ni organisateurs du
spectacle. René Souchon avait bien précisé que nous n'avions aucune maîtrise
sur le spectacle proprement dit. La somme investie par le Conseil régional ne
représentait d'ailleurs que 5 % du budget de l'opération. Pour nous, il
s'agissait de profiter de cet événement pour diffuser notre message sur
l'accueil en Auvergne et, à ce titre-là, il nous faut tirer notre propre bilan
qui n'est, heureusement, pas celui du spectacle. Ce bilan,
quel est-il ? Notre clip a été regardé par plus de 230.000 spectateurs au
Stade de France. Une banderole géante a été vue par des millions
d'automobilistes empruntant l'autoroute A1 à la sortie du périphérique.
L'adresse de notre site internet sur l'accueil en Auvergne n'a été, pour
l'instant diffusé, qu'auprès des 230.000 spectateurs du Stade de France. Or, ce
site a reçu un peu plus de 10.000 connexions. Le taux de retour est donc de plus
de 5 %. Un taux excellent, puisqu'en terme de marketing, sur des envois
non ciblés, on considère qu'un retour de plus de 2 % est très bon.
Paradoxalement, il y a tout lieu d'être satisfait. Une telle campagne de
promotion, hors de cet événement, nous aurait coûté beaucoup plus cher. Les
dizaines de témoignages que nous avons reçus montrent bien que les spectateurs
font le distinguo entre l'organisateur et les partenaires. L'image de
l'Auvergne n'est pas entachée par cet échec, pas plus que celle de TF1, de
« Carrefour » ou des autres partenaires de l'événement. Nous aurions préféré être
partenaires d'un succès. Mais cette opération n'est pas un échec pour nous au
regard de nos objectifs. Je clos la parenthèse « Stade de France »
mais je crois qu'elle était nécessaire. Trois
grandes priorités donc pour la Région : §
l'éducation et la formation, §
le développement économique et l'emploi, §
l'accueil de nouvelles populations. Mais, même
si je ne le développe pas, ce budget affiche également de grandes ambitions en
matière de tourisme, d'agriculture, d'environnement, de développement durable,
de transport, de développement culturel. Mes chers collègues,
ce budget 2006 traduit les orientations validées par les électeurs en 2004 et
celles des Assises, mais je ne vous cacherai pas qu'il a été bâti dans la
difficulté, tant notre marge de manœuvre budgétaire est limitée. Limitée
d'abord par la situation propre de notre collectivité, en butte à un endettement
massif.
L'Auvergne
était au 31 décembre 2003, la Région la plus endettée avec une dette par
habitant deux fois supérieure à la moyenne nationale. Au 31 décembre 2004, nous
échappons à cette dernière place, mais nous restons en deuxième position.
Même si l'endettement est la conséquence de la gestion précédente, c'est à nous
aujourd'hui de gérer la situation. Notre marge de manœuvre est aussi limitée
par les décisions gouvernementales. Le désengagement de l'État touche toutes
les collectivités et les met en difficulté. Les médias simplifient souvent les
choses en opposant les Régions de gauche et le Gouvernement de droite. Mais en
réalité, c’est l'ensemble des collectivités territoriales qui souffrent de la
politique gouvernementale. Les Conseils
généraux de la Haute-Loire, de l'Allier ou du Cantal vont, cette année encore, augmenter
fortement les impôts – plus 6 % d’impôts en Haute-Loire et dans le
Cantal représentent, en valeur absolue, plus que les 30 % d'augmentation
de la Région l'an dernier. Monsieur Proriol, dans la dernière livraison de
MIAM, nous explique, je cite, qu'il « n'y a pas de fatalité à la hausse
des impôts ». Notre collègue Proriol continue en renvoyant, je cite
toujours, la « responsabilité des augmentations d'impôts à ceux qui les
ont décidées ». Quelle
sévérité face aux décisions des Présidents Roche, Dériot et Descoeur et de
leurs majorités ! À l'UMP, quand on est député, on prône la baisse des
impôts. Mais quand on est à la tête d'un Conseil général ou d'une Commune, on
fait l'inverse. Et ce n’est pas par plaisir. À travers ces exemples, on voit
bien que c'est l'ensemble des collectivités locales qui sont aujourd'hui
financièrement garrottées et mises à mal par l'État. Par ailleurs, la réforme
de la taxe professionnelle, telle qu'elle vient d'être adoptée par le
Parlement, est un coup dur de plus qui nous prive de précieuses ressources.
Elle affiche un caractère rétroactif et distingue les taux selon les
collectivités, les plus touchées étant, comme par hasard, les Régions. Cette
loi est proprement scandaleuse et malheureusement, nous sera imposée. La
décision gouvernementale sur la taxe professionnelle va à l'encontre des
principes édictés par notre Constitution qui stipule que les collectivités
locales bénéficient d'une part déterminante de ressources propres. Autre gros
problème qui se pose à nous, la décentralisation « Raffarin », que
nous continuons à juger très sévèrement. Les transferts de compétence ne se
feront pas à l'euro près. J'ai déjà demandé à nos services de présenter de
manière séparée, dans le budget régional, les dépenses et les recettes liées à
la décentralisation, afin que chacun puisse juger, en toute clarté et
objectivité, y compris l’évolution dans le temps. Alors, certes, il a été
difficile de boucler ce budget. Pour autant, nous n'augmenterons pas les impôts
cette année, afin de ne pas renforcer le marasme qui touche nos concitoyens. Le
vœu de stabilité fiscale est finalement repris par notre Assemblée et Monsieur
Proriol bafoué par ses propres amis, dans les Conseils généraux qu'ils
dirigent, va finir par apparaître comme un suppôt des Socialistes à son retour
en Haute-Loire ! Pas
d'augmentation de la fiscalité donc. De plus, nous continuerons à réduire
progressivement le poids de notre dette. Il n'est pas question pour moi de
laisser à mon successeur ou à la Présidente éventuelle, en 2010, des finances
régionales dans l'état, obérées par des emprunts conséquents. Mes chers collègues, je
crois, que, devant la vague de défiance qui touche les élus, il nous faut
respecter nos engagements et donner au maximum la parole à tous nos partenaires
et à l'ensemble des citoyens, afin de les ré-impliquer dans la chose publique.
Nous le ferons notamment, cette année, sur la question des OGM. Il nous faut
continuer nos réformes pour plus de solidarité : solidarité envers les
plus démunis, envers les familles, envers les territoires. Chaque fois qu'un
Rmiste profite de nos réductions sur les lignes TER pour se déplacer, chaque
fois qu'une famille est soulagée de ne pas devoir dépenser 500 euros pour
l'équipement de son fils ou de sa fille en lycée professionnel, chaque fois
qu'un stage de formation professionnelle débouche sur un emploi et fait
reprendre espoir, chaque fois qu'une entreprise s'implante ou qu'un commerce
rouvre, grâce aux efforts de la Région, nous devons en être fiers. Mais nous
devons avoir en tête qu'il reste encore beaucoup de chemin pour redonner espoir
à l'ensemble de l'Auvergne, aux femmes et aux hommes qui y vivent. Je compte
sur vous tous pour ne jamais oublier nos objectifs et notre idéal d'une
Auvergne vivante, active, accueillante et solidaire. Je vous
remercie.
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