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Session du 17 septembre 2004 (Décision Modificative n°2) Intervention de M. Jean-Paul Bacquet, Président du groupe socialiste
Monsieur le Président. Monsieur le Préfet, Monsieur le Président, Monsieur le Recteur, mes chers collègues, bilan 2003 du Contrat de Plan, décision modificative n° 2, Charte de développement de plusieurs pays constitués, bilan d'exécution de la gestion des crédits européens... Voici donc un ordre du jour chargé que le Président nous propose et qui confirme que l'Assemblée régionale choisie par les électrices et les électeurs d'Auvergne, en mars dernier, est désormais pleinement impliquée dans le devenir de notre territoire. Le Conseil Économique et Social a fourni, comme à son habitude son avis, dont nous tiendrons bien sûr le plus grand compte. Ordre du jour chargé, et pourtant, les Assises territoriales à venir n'ont pas encore apporté tous les éléments et les ambitions pour notre région que les principaux acteurs économiques, sociaux, donneurs d'ordre, responsables et élus ne manqueront pas de nous transmettre pour nous conduire demain à modifier en profondeur les modes d'interventions de la Région, pour plus d'efficacité et plus de crédibilité. Car, comme vous le savez, le rapport « Diry » nous a démontré une fois de plus combien la situation est grave et combien l'enjeu à venir dépend de notre volonté de faire bouger les choses. Cela nous confirme combien nous ne pouvons ignorer le contexte politique et économique national et international dans lequel l'Auvergne évolue. Comme vous le savez, ce contexte influe notablement sur la santé de l'économie auvergnate, sur l'attente de nos concitoyens, mais aussi sur leurs inquiétudes, ô combien justifiées... et ce sont ces inquiétudes que je souhaiterais évoquer. La première, bien sûr, et tous les sondages en attestent, reste et demeure la crainte du chômage. Et, ne nous berçons pas d'illusions sur un taux de chômage régional inférieur à la moyenne nationale, dès lors que celui-ci n'est dû qu'au départ anticipé d'une jeunesse à qui nous n'offrons pas la possibilité de construire son avenir sur place. Chômage qui frappe directement les demandeurs d'emploi, mais aussi plus insidieusement menace de chômage à travers des délocalisations, d'autant plus inacceptables qu'elles deviennent aujourd'hui banalisées. Oui, cette menace permanente sur les emplois industriels français est non seulement présente mais elle devient quotidienne. Et, comment pourrait-il en être autrement quand le Baron Ernest-Antoine Seillière de La Borde, au nom du MEDEF, tient un discours qui encourage un odieux chantage contre les salariés, l'organisation générale d'un recul social, la crainte et la précarisation, au point de voir s'installer dans notre pays un climat d'insécurité sociale grandissant ? Le Baron Seillière préconisait d'ailleurs au Gouvernement de renoncer à la hausse du SMIC, prétextant que cela pénaliserait les entreprises alors que dans le même temps : • AXA publiait un résultat net semestriel en hausse de 590 % au 1er semestre 2004 par rapport à 2003. • « Renault » voyait son bénéfice net semestriel progresser de 28,5 %. • « PSA Peugeot Citroën » affichait un chiffre d'affaires en hausse de 4,25 %. • « Total » et « Arcelor » en raison de la hausse du cours des matières premières obtenaient des résultats nets trimestriels en hausse de 22 % pour le premier trimestre et 280 % pour le second. • Le groupe « Alcatel » confirmait un résultat de 23 millions d'euros pour le 1er trimestre 2004, etc... Et depuis quelques semaines, les sociétés du CAC 40 annoncent des chiffres spectaculaires. Certes, il serait trop facile et purement polémique de considérer toute forme de délocalisations comme une atteinte à l'économie de notre pays, car nous connaissons des entreprises qui s'installent à l'extérieur pour développer et « solvabiliser » sur place un marché spécifique. J'ai eu l'occasion d'en visiter en tant que rapporteur du budget du commerce extérieur à la Commission des Affaires Étrangères, et je mesure ce que les entreprises apportent à notre pays. C'est le cas de « Renault », entreprise performante, qui en décidant d'investir en Europe de l'Est produira sur place un véhicule spécialement adapté et destiné à la clientèle locale. Cela permettra non seulement d'asseoir la position d'une marque française à l'étranger, mais aussi de développer en France des emplois de recherche et d'ingénierie. Cette externalisation ne peut être condamnée car il s'agit d'une « délocalisation de capacité n'entamant en rien le tissu économique français, bien au contraire », comme l'écrit Yves Messarovitch, dans le journal « Le Figaro ». Mais il n'en est pas de même des délocalisations sauvages qu'ont précédé souvent les tristement célèbres licenciements boursiers, délocalisations qui obéissent à une seule règle, celle de la rentabilité maximale, celle des « patrons voyous », comme le disait Monsieur Raffarin. La liste est malheureusement trop longue, « Sediver », bien sûr et tous les orateurs l'ont cité « ST-Microelectronics », « Kindy », « Facom », « BS2 » (filiale de SFR), « Vishay », « Doux », « Bosch », et tant d'autres. Pour qualifier ces méthodes, je reprendrai là encore les termes du « Figaro », qui n'est pas, comme chacun sait, l'organe du Parti Socialiste : « certains chefs d'entreprises répondent aux seules exigences d'actionnaires financiers dénués de toute stratégie industrielle, actionnaires qui exigent la meilleure profitabilité possible, comprise entre 15 % et 25 %, soit quatre fois ce que rapporte une obligation ». Cette procédure doit être condamnée car elle est inacceptable. On avait, il y a quelques années, reproché à François Mitterrand de dénoncer « ceux qui s'enrichissent en dormant ». Et bien aujourd'hui, ceux-là mêmes vont plus loin et s'enrichissent en supprimant les emplois salariés français, quelle que soit la rentabilité de l'entreprise. Le seul objectif est désormais le profit et seulement le profit, même si celui-ci doit se faire au détriment du tissu économique et social de notre pays, et même si cela doit se faire en enlevant tout espoir d'harmonisation sociale aux salariés à bas prix des zones d'implantation. Il suffit de lire le rapport du Département du Travail Américain sur le coût horaire moyen de la main-d'œuvre de l'industrie manufacturière pour s'insurger contre ces démarches de délocalisation : 20,3 dollars aux États-Unis, 22,9 dollars en Allemagne, 15,9 dollars en France, mais seulement 2,9 dollars au Mexique et 0,4 dollar en Chine. Oui, si l'on doit s'en tenir à une telle analyse comptable et ne rechercher que le profit, le dumping social ne peut que durer, les délocalisations se renforcer, les inégalités devenir de plus en plus criantes et les plus pauvres, quel que soit leur pays, devenir toujours plus pauvres. Le groupe Socialiste dénonce avec force cette triste réalité, mais il dénonce aussi l'hypocrisie de la droite qui fait pleurer Monsieur Borloo sur une situation sociale qu'il ne peut aujourd'hui masquer et contre laquelle les propositions qu'il fait ne sont pas accompagnées de moyens financiers suffisants. Dans le même temps, la droite, par la voix de Monsieur Sarkozy, fait un plaidoyer en faveur de l'ultralibéralisme. Le 4 septembre dernier à Avoriaz, il déclarait : « Je reconnais le droit des nouveaux États membres de diminuer leur impôt, voire pour certains de le réduire à 0 % pour renforcer l'attractivité de leur territoire, et attirer ainsi les industries et les richesses dont ils ont besoin », précisant d'ailleurs que dans ce cas, ils n'iront pas demander des Fonds de compensation Structurels. Quelle belle hypocrisie et quel bel encouragement à la délocalisation des emplois industriels français ! Face à cette hypocrisie, il faut, pour être crédible, des réponses politiques coordonnées aux niveaux européen et international, en particulier en engageant l'Europe sur la voie de l'harmonisation fiscale et sociale. Le peuple français, à trois reprises cette année, a clairement manifesté sa désapprobation vis à vis de la politique gouvernementale. Mais nous savons, nous socialistes, que le peuple n'acceptera, ni l'inaction, ni les promesses sans lendemain, et ce d'où qu'elles viennent. Nous sommes persuadés que l'action politique ne pourra se réduire à une communication aussi bien faite soit-elle, qui ne serait qu'illusion, même si certains croient que cela est encore possible. Dans le journal « Le Monde » du 2 septembre, notre collègue Brice Hortefeux déclarait au sujet de son fidèle ami - et parce qu'il est son conseiller -, Nicolas Sarkozy : « Au moment où il prend une panoplie de mesures difficiles, en matière d'immigration, il en prend une autre qui fait écran ». Dans ce contexte, le plan Borloo ne serait-il pas, en faisant écran, l'aveu de l'échec gouvernemental ou plutôt le désaveu de l'action de ce pauvre Monsieur Raffarin comme dit le Baron Seillière ? Plan Borloo parce qu'après deux ans de gouvernement de droite, celui-ci découvre les dégâts causés par la destruction du traitement social du chômage, des emplois jeunes, des CEC, des CES, de la politique d'insertion, bref, de tout ce qui est indispensable au maintien de la cohésion sociale d'un pays, même dans des conditions économiques difficiles. Et cela a été fait dans la plus grande précipitation et sans passer par le « 49-3 »... Nous souhaiterions bien sûr que ce plan réussisse pour que les plus faibles sortent de la précarité et de la marginalisation dans lesquels on les a rejetés. Mais comment croire aux promesses de Monsieur Raffarin lorsqu'on sait qu'il fera demain l'inverse de ce qu'il annonce aujourd'hui, comme nous l'avons vu dernièrement pour ce qui concerne la revalorisation du SMIC ou le rapatriement des capitaux ? Comment croire que le chômage va baisser lorsque la droite vient d'inventer dans notre pays la croissance sans emploi ? En effet, pour la première fois depuis 1945, les emplois industriels ne sont même plus compensés par les emplois de services. Oui, Monsieur le Président, nous abordons cette séance avec sérieux et détermination, mais aussi avec beaucoup d'inquiétude. C'est la raison pour laquelle les groupes de la majorité du Conseil régional ont décidé de déposer un vœu commun pour interpeller le Chef de l'État et le Premier Ministre pour qu'ils prennent de vraies mesures contre les délocalisations. Vraies mesures, car l'annonce faite lors du Comité Interministériel d'Aménagement et de Développement du Territoire qui consiste à créer des pôles de compétitivité où se cumuleraient exonérations fiscales et sociales ne peut s'apparenter qu'à une « mesurette ». Elle risque, d'ailleurs, d'avoir pour principal effet une accentuation de la fracture régionale dont l'Auvergne serait inéluctablement victime, alors qu'à l'évidence des aides devraient être orientées en direction des régions et secteurs en difficulté ou en devenir, pour leur permettre de se reconvertir ou de créer des emplois à très haute valeur ajoutée, et pourquoi pas conduire vers une péréquation régionale. C'est ce type de mesures que l'Auvergne attend. Et il y a urgence, d'autant plus que les délocalisations touchent notre région quelquefois de la manière la plus brutale et la plus primaire, comme chez « Sediver », où le chantage exercé sur les 294 salariés apparaît d'un autre âge et laisse entendre - et laisserait entendre, je l'espère - que désormais tout serait permis. C'est pourquoi, Monsieur le Président, il est indispensable qu'à la suite de l'audit que vous avez lancé, se mette en place un meilleur système de contrôle des subventions allouées par la Région et en particulier un contrôle a posteriori pour mesurer si la motivation initiale du subventionnement a été respectée et suivie de l'efficacité souhaitée. Monsieur le Président, mes chers collègues, le contexte politique et économique national n'est guère encourageant, et il nous impose encore plus de travail et plus de volonté pour développer notre Région dans la justice sociale comme nous l'avons fait lors de la mise en place de la gratuité des manuels scolaires. Les Assises régionales vont maintenant se tenir, nous attendons beaucoup de celles-ci pour donner à l'Auvergne la crédibilité qu'elle mérite. Je vous remercie.
Session du 17 septembre 2004 (Décision Modificative n°2) Intervention de M. Pierre-Joël Bonté, Président du Conseil régional d'Auvergne
Monsieur le Préfet, Monsieur le Recteur, Mesdames, Messieurs les Conseillers régionaux, chers collègues. Voilà sonnée l'heure de la rentrée pour notre institution. J'espère vous retrouver en pleine forme, prêts à affronter une fin d'année 2004, déterminante pour le Conseil régional avec la tenue des Assises territoriales, Assises qui vont se dérouler dans un climat économique et social morose. Il est vrai que les inquiétudes sont nombreuses pour nos concitoyens, notamment avec la multiplication des délocalisations. Inquiétudes aussi pour les élus locaux qui vont devoir assumer une décentralisation qu'ils ne souhaitaient pas. Cette rentrée est aussi l'occasion pour nous d'accueillir pour la première fois, Jean-Michel Bérard, Préfet de Région, et Gérard Besson, Recteur de l'Académie, que je remercie de leur présence qui témoigne de l'intérêt qu'ils portent à notre collectivité. Mes chers collègues, l'été passé, il nous appartient de dresser un premier bilan de la saison touristique. L'Auvergne n'a pas échappé à la tendance nationale : la saison n'a pas été bonne, même si la baisse de fréquentation régionale est inférieure à celle constatée dans le sud de la France. Alors certes, le soleil n'a pas été au rendez-vous mais la couleur du ciel n'explique malheureusement pas tout. Le contexte économique et social a sûrement gravement influé sur le taux de départ en vacances des Français, en régression cette année. Plus inquiétant encore pour le Massif Central, l'Auvergne et le Limousin restent à la traîne en terme d'accueil des étrangers. Il y a donc du pain sur la planche. D'ores et déjà, sur l'initiative d'André Chapaveire, deux séminaires ont réuni le CRT, les CDT de la région et les principaux acteurs du tourisme, notamment Vulcania, qui jusque-là ne s'associait pas à ce genre de rendez-vous. Des perspectives d'actions ont été engagées. La « Commission Tourisme » sera prochainement réunie et il est important, urgent de rassembler les acteurs, de travailler en synergie, c'est la condition sine qua non du redressement. Les Assises territoriales participeront bien entendu à la mise en œuvre de cette synergie. Aujourd'hui même, à Vulcania, sont réunis les professionnels du tourisme de l'Auvergne et du Limousin. Ils réfléchissent notamment à l'élaboration de nouveaux outils communs à destination des marchés étrangers. Je le dis souvent, nous avons un potentiel extraordinaire en matière de tourisme. Les acteurs ont pris conscience de la nécessité de travailler ensemble. La volonté politique des élus est manifeste. Dès lors, je crois que nous pouvons être optimistes pour l'avenir. Tournons la page de l'été, et intéressons-nous, si vous le voulez bien, à la rentrée scolaire. Le 9 septembre, Alain Bussière et moi-même, en présence de Monsieur le Recteur, avons eu le plaisir de recevoir à Vulcania, les chefs d'établissement d'Auvergne. La totalité des établissements publics et la quasi-totalité des établissements privés étaient représentés. Lors de cette réunion, comme lors des visites de rentrée que j'ai effectuées au lycée « Virlogeux » de Riom, au lycée agricole de Durdat Larequille ou au lycée professionnel de Commentry, j'ai malheureusement eu confirmation du retard pris en matière de rénovation des locaux dans les bâtiments publics. Il est clair que quelques réalisations, aussi prestigieuses soient-elles, ont masqué la situation des lycées qui sont globalement en mauvais état. Un rattrapage est réellement nécessaire et de nombreux travaux se dérouleront dans les années à venir. L'effort sera conséquent et lourd pour les finances régionales. Cette rentrée a vu la mise en place, pour la première fois en Auvergne, de la gratuité des manuels scolaires. Pour 2004, cette mesure s'adresse seulement aux élèves de Terminale. Chaque famille comptant un élève concerné se verra attribuer une aide régionale de 75 euros en remboursement des dépenses engagées pour l'acquisition des manuels scolaires. C'était un engagement de campagne. Nous avons tenu à ce qu'un geste significatif soit fait dès la première année. À la fin du mois, une réunion rassemblera dans cette salle tous les acteurs du monde éducatif concernés par la question de la gratuité des manuels scolaires afin de réfléchir ensemble à un dispositif pérenne pour les années à venir. Le fonds social destiné à l'acquisition du premier équipement a été, vous le savez, fortement renforcé. Là encore, il nous faudra avancer vers un dispositif plus abouti. D'ores et déjà, les chefs d'établissement nous ont confié ne pas être hostiles à la gestion par les établissements du matériel prêté tous les ans aux élèves. Cette mesure devra également s'appliquer au premier équipement des apprentis. Vous avez pu découvrir sur vos pupitres un cahier de correspondance. Rassurez-vous, il ne vous est remis que pour information. Vous ne serez pas tenus de me le présenter à chaque session. Ce cahier, réalisé par le Conseil régional, a été distribué à tous les élèves de l'Académie. Changement par rapport à l'an dernier : nous avons souhaité que sa couverture soit un peu plus vivante et plaisante pour les jeunes. Nous avons surtout consacré les 6 pages « Région » à des réalisations d'élèves de l'Académie ainsi qu'à des informations pratiques, notamment de santé. Nous avons ainsi rompu avec les années passées où ces pages se résumaient à la gloire de la Région. Les visites de terrain m'ont aussi permis de rencontrer des personnels TOS. Cet été, alors que beaucoup étaient en congés, Jean-Pierre Raffarin faisait le « forcing » pour que soient adoptées les lois de décentralisation. Il faut croire que c'était une urgence. Il aurait mieux valu se consacrer aux raisons de l'augmentation du chômage, de l'augmentation du nombre de personnes en grande difficulté, à la diminution générale du pouvoir d'achat des Français. Et bien non, l'urgence, selon Monsieur Raffarin, c'était la décentralisation ! Au 1er janvier 2005 ou plus tard, si les décrets ne sont pas prêts, les TOS deviendront des fonctionnaires territoriaux, dirigés opérationnellement et quotidiennement par des fonctionnaires de l'État. Ne cherchons pas de logique là où il n'y en a pas. Le Conseil régional d'Auvergne va devoir préparer l'intégration de 1.200 personnes, ce qui va multiplier par 7 ses effectifs salariés ! Les personnels TOS sont aujourd'hui inquiets. Je voudrais les rassurer. Tout sera mis en œuvre pour que leur intégration se fasse dans les meilleures conditions possibles. Ils peuvent être rassurés également quant à notre attachement à un grand service public de l'Éducation nationale et au rôle qu'ils ont à jouer en son sein. Qu'ils sachent surtout qu'aucun secteur de leur activité ne sera privatisé, et surtout pas la restauration scolaire, partie intégrante de l'éducation des élèves. Nous attendons maintenant que le Gouvernement nous en dise un peu plus sur les modalités de transfert et sur les compensations financières. Plus que jamais, nous refusons une décentralisation qui se résumerait à un transfert des déficits de l'État. Mais en Républicains, nous appliquerons la loi. Notre crainte d'un État qui transfère ses déficits aux collectivités locales est renforcée par le désengagement de l'État qui se généralise. Vous avez reçu récemment le rapport du CESR sur la réalisation du Contrat de Plan État-Région. Vous avez pu constater à quel point l'État est loin d'avoir respecté tous ses engagements, notamment dans le domaine ferroviaire. Si on prend l'exemple de la ligne Clermont-Paris, 10 millions d'euros devaient être apportés par l'État en 2004. Au bout du compte, l'État ne mettra rien en 2004 ! La situation du transport est sinistrée par l'attitude du Gouvernement, y compris hors Contrat de Plan. Rappelons-nous que les collectivités locales ont du pallier le désengagement de l'État pour le tramway de l'agglomération clermontoise - 15 millions d'euros rien que pour la Région. Aujourd'hui, la SNCF souhaiterait faire payer aux Régions les déficits de certaines de ses lignes nationales, Bordeaux-Lyon et Nantes-Lyon pour ce qui nous concerne. Par ailleurs, les tarifs pratiqués par Réseau Ferré de France contraignent les entreprises à confier leur fret à la route. Tout cela n'est pas acceptable. Aujourd'hui plus que jamais, nous avons besoin de l'État, besoin d'un État moteur d'un aménagement équilibré et solidaire du territoire. Nous n'en prenons pas à notre avis le chemin. Ce désengagement de l'État s'inscrit dans une période trouble pour le secteur industriel qui voit se multiplier les délocalisations. Un ministre du Gouvernement Raffarin, en visite ces derniers jours en Auvergne, a déclaré que les destructions d'OGM en plein champ n'étaient pas dignes d'un pays civilisé. J'ai été assez frappé par cette remarque. Est-ce qu'un pays qui tolère qu'un ouvrier, après 25 ans dans la même entreprise pour un salaire de 1.200 euros par mois, se retrouvant licencié suite à une délocalisation, témoigne d'un pays civilisé ? Alors oui, la région est mobilisée pour l'emploi, elle se sent aussi bien impuissante face à des groupes multinationaux qui se comportent souvent comme des voyous. Et là je fais référence à la situation de « Sediver ». Monsieur Sarkozy est venu, à grands renforts de médias, signer les contrats de site et d'agglomération des bassins de Vichy, de Thiers et des Combrailles. Nous souhaitons qu'au-delà du médiatique, il use de tous ses pouvoirs, et notamment fiscaux, mais aussi en terme de commandes de l'État, en tant que Ministre de l'Économie, pour faire plier le groupe « Vetroarredo » et permettre ainsi une poursuite de l'activité. Un rendez-vous est prévu avec Nicolas Sarkozy, le 29 septembre, à Paris et je remercie publiquement Brice Hortefeux d'avoir été un intermédiaire actif dans nos rapports avec le Ministre de l'Économie et des Finances. Je voudrais dire à tous les salariés qui vivent aujourd'hui dans l'inquiétude qu'ils peuvent compter sur la solidarité et sur l'implication de tous les élus régionaux sans distinction, et aussi plus largement, sur le soutien de la population, particulièrement sensible au drame qui les touche. Mes chers collègues, parce que nous refusons de laisser faire, parce que nous croyons en l'Auvergne, nous souhaitons impulser une dynamique nouvelle. La méthode, vous la connaissez, impliquer les acteurs, leur donner la parole à travers les Assises territoriales. Aujourd'hui, et conformément à l'engagement pris, nous allons réunir toutes celles et tous ceux dont la volonté est d'inverser la tendance du déclin de notre région. Il est, je crois, utile de rappeler que les indicateurs économiques, sociologiques et démographiques sont préoccupants. L'Auvergne qui perd des habitants tous les ans, l'Auvergne dont 13 bassins d'activités sur 15 sont en difficulté, l'Auvergne éternellement oubliée de l'aménagement du territoire, cette Auvergne doit réagir. On ne peut plus laisser l'écart se creuser avec les autres régions, sauf à oser le désert. Ce n'est pas notre choix. Alors, des Assises pour quoi faire ? Tout d'abord : mobiliser toutes les énergies. Ces Assises ne seront pas un simple débat d'idées, mais répondent à un enjeu majeur : pour la première fois les habitants, les responsables économiques, associatifs, culturels, politiques vont se retrouver pour décider de notre avenir commun en Auvergne. Pour la première fois, les acteurs de la Région vont être amenés à travailler ensemble, de façon transversale, sur des projets d'intérêt général, afin que toutes les actions convergent vers un seul but : rendre la région attractive pour attirer des populations, des visiteurs, des activités, des entreprises. Il est un luxe que l'Auvergne n'a plus les moyens de se permettre, sous peine d'un retard irrattrapable, c'est le cloisonnement des projets, les rivalités stériles entre territoires, la dispersion des moyens budgétaires. Tel est le défi que lance aujourd'hui le Conseil régional à travers les 12 rencontres qui auront lieu entre le 1er octobre et le 1er décembre sur l'ensemble du territoire auvergnat. Le parti pris de cette opération repose sur l'implication des citoyens. Nous pensons que cette dynamique de transformation de la région doit être portée par tous. Ce doit être le début d'une nouvelle ère. C'est pourquoi les réunions auront lieu en fin de journée pour accueillir tous ceux qui veulent mettre la région en mouvement. Je le répète, la réussite des Assises territoriales doit être celle de notre région et non celle du Conseil régional ou de sa majorité. Concrètement, les réunions seront découpées en deux temps : une séance plénière durant laquelle seront présentés les résultats d'une enquête qualitative sur l'opinion publique auvergnate autour de la question : « Quelle Auvergne voulons-nous ? ». Puis, après un débat sur l'état de l'Auvergne aujourd'hui et la validation collective du constat, les grands enjeux de développement seront traités dans le cadre d'ateliers thématiques où tous les domaines d'activités d'un projet de vie seront abordés : éducation, formation, culture, économie, agriculture, recherche, environnement, développement durable, politique de la ville, services publics, transports... À l'issue des Assises, un échéancier des réformes sera proposé permettant de repositionner le rôle de notre institution. Vous l'avez compris, je souhaite que ces Assises soient l'occasion pour tous de s'exprimer sans sectarisme et sans exclusive, contrairement aux a priori que j'ai pu entendre, ici ou là, de la part de membres de cette Assemblée, notamment à la radio ce matin. Face à ces quelques réactions politiciennes, je préfère l'attitude des élus du Comité de Massif - Massif Central qui s'est réuni mercredi dernier. J'ai senti chez tous ces élus, qu'ils soient de droite ou de gauche, la même volonté de travailler au développement du Massif Central. Ils m'ont fait l'honneur de m'élire Coprésident du Comité de Massif, à l'unanimité, à côté de Monsieur le Préfet. Ils ont fait passer la volonté de travailler ensemble au développement du Massif Central avant des intérêts partisans. J'espère que l'on retrouvera cet esprit lors des Assises. Les Auvergnats n'attendent pas un combat entre la droite et la gauche. Ils attendent une mobilisation de tous pour bâtir l'avenir de l'Auvergne. Ces Assises ne doivent pas être les Assises de la droite ou de la gauche, elles doivent être le lieu de débats des Auvergnats et le départ d'un redressement décidé en commun.Je vous invite, toutes et tous, à prendre votre place dans ce processus, sans a priori, et avec la seule volonté d'aller de l'avant. Je compte sur vous pour mobiliser les acteurs du développement et la population. Je vous remercie.
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